A Gaza, trois jours de bombardements et 16 enfants morts

Des proches pleurent pendant les funérailles de quatre adolescents palestiniens de la famille Najm à Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, le 8 août 2022, après qu'ils aient été tués lors des trois derniers jours de conflit entre Israël et les militants palestiniens avant un cessez-le-feu. (AFP).
Des proches pleurent pendant les funérailles de quatre adolescents palestiniens de la famille Najm à Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, le 8 août 2022, après qu'ils aient été tués lors des trois derniers jours de conflit entre Israël et les militants palestiniens avant un cessez-le-feu. (AFP).
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Publié le Mardi 09 août 2022

A Gaza, trois jours de bombardements et 16 enfants morts

  • 16 enfants figurent parmi les 46 personnes tuées dans la confrontation qui s'est poursuivie jusqu'à l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu dimanche soir
  • Dans son quartier de Chajaya de la ville de Gaza, Alaa était en train de toquer à la porte de sa tante, fin prête pour aller jouer au parc, quand un missile est tombé à côté de la fillette

GAZA : Rasha Kaddoum serre contre elle le cartable rose de sa fille, qui ne sera plus jamais porté sur son dos. Alaa, cinq ans, est la première des 16 enfants tués en trois jours d'hostilités entre Israël et le Jihad islamique à Gaza.

"C'était un vendredi comme les autres, elle était joyeuse. Elle voulait aller au parc avec sa tante", raconte Mme Kaddoum, 27 ans.

Mais ce jour-là, face à une "menace imminente", Israël a lancé une "attaque préventive" dans la bande de Gaza contre le groupe armé palestinien Jihad islamique, qui a répliqué avec des salves de roquettes vers le sol israélien.

Selon les autorités de l'enclave palestinienne sous blocus israélien et contrôlée par le Hamas, autre mouvement islamiste, 16 enfants figurent parmi les 46 personnes tuées dans la confrontation qui s'est poursuivie jusqu'à l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu dimanche soir.

Dans son quartier de Chajaya de la ville de Gaza, Alaa était en train de toquer à la porte de sa tante, fin prête pour aller jouer au parc, quand un missile est tombé à côté de la fillette, vêtue d'un t-shirt rose assorti au ruban glissé dans ses cheveux bruns.

Sa mère Rasha tient dans ses mains le t-shirt souillé, incapable de comprendre pourquoi sa fille est morte.

"Ma fille n'avait rien à voir avec les missiles, ce n'était pas de sa faute", dit-elle. "Elle n'a jamais pu aller jouer au parc, ses vêtements m'ont été rendus plein de sang".

Après la frappe dans laquelle a été tuée la fillette, l'armée israélienne a indiqué avoir ciblé des membres du Jihad islamique opérant dans le secteur.

Elle soutient aussi que des Palestiniens, dont des enfants, ont été tués par des roquettes tirées par cette organisation islamiste vers Israël mais tombées par erreur dans l'enclave palestinienne.

Mais Alaa a été tuée vendredi après-midi, bien avant que le Jihad islamique ne tire ses premiers projectiles en soirée. "Quel était l'intérêt de cette guerre? Nous avons perdu des enfants", soupire Rasha Kaddoum.

Enfances gâchées

Ailleurs dans la ville de Gaza, à quelque 200 mètres de la mer Méditerranée dans un quartier où les maisons sont collées les unes aux autres, le domicile des Shamalagh a été soufflé samedi. Ne reste plus qu'un trou béant.

Dans les gravats, un frigo tout neuf, un canapé écrasé par des tonnes de béton, une peluche et des dizaines de pages déchirées de ce qui fut un manuel scolaire d'anglais. "Think of your ideal location for a holiday" ("Pense à ton endroit idéal pour des vacances").

Dix-sept personnes demeuraient ici, dont des enfants, qui ont eu 30 minutes pour déguerpir avant le raid aérien, prévenues par les autorités israéliennes.

"Je ne pouvais pas dormir (...) je me disais 'ils (Israël) vont frapper'", relate Nadia Shamalagh, 70 ans, assise près des décombres, que vient inspecter le voisinage.

"Tout le monde a eu peur. Les enfants n'arrêtaient pas de pleurer. Mais ils ne sont pas liés au Hamas, au Fatah, ni au Jihad islamique!", s'exclame-t-elle.

Déjà en mai 2021, 66 mineurs palestiniens et deux autres israéliens avaient péri lors d'une guerre-éclair de 11 jours entre Israël et des groupes armés palestiniens à Gaza qui a fait plus de 270 morts en tout.

Dans un rapport publié en juin, l'organisation britannique Save the children s'alarmait d'"enfances gâchées par cinq escalades de violence et une décennie et demi de blocus" israélien, imposé depuis la prise du pouvoir du Hamas à Gaza en 2007.

Les enfants gazaouis "ont de façon répétée vécu ou été témoins d'événements traumatiques et de graves violations de leurs droits", soulignait l'ONG.

Lasse, Nadia Shamalagh répète en boucle: "c'est quoi cette vie? On va continuer à vivre cette tragédie?"

Derrière elle, des fillettes ont récupéré une planche de bois qu'elles ont posé en équilibre sur un morceau de béton. L'une de chaque côté et la planche devient une modeste balançoire à bascule.


Le Liban oeuvre à «un retrait israélien global», dit son Premier ministre depuis le sud du pays

Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël. (AFP)
Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël. (AFP)
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  • "Nous continuerons à mobiliser les efforts politiques et diplomatiques pour parvenir à un retrait israélien global du sud", a dit le chef du gouvernement, après avoir planté un drapeau libanais à Zawtar al-Gharbiya
  • L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans cette localité dont l'armée israélienne contrôlait les abords. Mais, signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé les forces israéliennes d'avoir "ouvert le feu" à proximité de ses unités

ZAWTAR AL-GHARBIYAH: Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël.

Cette déclaration intervient au lendemain de la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche, où il a insisté sur la nécessité d'un "retrait total" israélien pour avancer dans la mise en oeuvre de cet accord.

"Nous continuerons à mobiliser les efforts politiques et diplomatiques pour parvenir à un retrait israélien global du sud", a dit le chef du gouvernement, après avoir planté un drapeau libanais à Zawtar al-Gharbiya.

L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans cette localité dont l'armée israélienne contrôlait les abords. Mais, signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé les forces israéliennes d'avoir "ouvert le feu" à proximité de ses unités.

Israël a indiqué de son côté avoir tiré "des coups de semonce en l'air" après l'entrée de soldats libanais dans une zone qui "ne faisait pas partie de la zone pilote".

Malgré l'accalmie dans les combats entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes dans le sud, comme mercredi à Nabatiyé al-Fawqa, selon l'agence de presse officielle libanaise ANI.

"En sécurité et dignité" 

L'accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël -qui occupe toujours une partie du sud du pays- sous réserve d'un désarmement du Hezbollah.

La formation chiite, qui est opposée à l'accord et refuse d'être désarmée, a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, ayant fait plus d'un million de déplacés.

Il continue d'occuper des zones du sud et des responsables israéliens ont déclaré à plusieurs reprises leur intention de s'y maintenir, pour assurer la sécurité du nord d'Israël.

"En parallèle du déploiement en cours de l'armée, nous continuerons d'ouvrir les routes, retirer les décombres, assurer les services essentiels, pour permettre à notre peuple de retourner en toute sécurité et dignité" chez lui, a affirmé Nawaf Salam.

Plus de 700.000 déplacés sont rentrés chez eux depuis la dernière trêve en juin, selon l'ONU.

"La tête haute" 

Des dizaines d'habitants déplacés de Zawtar al-Gharbiya ont attendu en vain mercredi matin aux abords de la localité qu'on les laisse y entrer, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'armée libanaise les avait appelés mardi à ne pas s'y rendre "en attendant que la situation se stabilise".

"Nous y entrerons la tête haute, grâce à la présence de l'armée libanaise dont nous sommes fiers", a déclaré Abbas Yaghi, 73 ans, à l'AFP.

Les troupes libanaises continuent de ratisser la localité, imbriquée géographiquement avec une autre du nom de Zawtar al-Charqiya, où des forces israéliennes sont toujours présentes, comme elles le sont aussi dans des localités environnantes.

Déplacé de Zawtar al-Charqiya, Moustafa Ammar dit espérer qu'Israël se retire d'autres localités comme la sienne.

"Nous marcherons derrière l'armée si elle nous donne l'autorisation d'entrer", lance le sexagénaire.

Pour Wafaa Ismaïl, 64 ans, déplacée de Zawtar al-Gharbiya, le Premier ministre "aurait dû faire entrer les gens derrière lui pour signaler une victoire".


Le ministre saoudien des Affaires étrangères et ses homologues européens discutent de la sécurité maritime en mer Rouge

Le prince Faisal ben Farhane s'est entretenu mardi avec ses homologues espagnol, italien et allemand. (Photo : X)
Le prince Faisal ben Farhane s'est entretenu mardi avec ses homologues espagnol, italien et allemand. (Photo : X)
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  • Les ministres soulignent la nécessité de préserver la sécurité maritime et rejettent toute action menaçant la liberté de navigation

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'est entretenu mardi avec ses homologues d'Espagne, d'Italie et d'Allemagne au sujet des menaces des Houthis contre la navigation en mer Rouge et des efforts visant à apaiser les tensions plus larges au Moyen-Orient.

Lors d'entretiens distincts, José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, et Antonio Tajani, son homologue italien, ont condamné les menaces des rebelles houthis du Yémen contre le sud de l'Arabie saoudite, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Les ministres ont souligné l'importance de préserver la sécurité maritime en mer Rouge et dans le Golfe, tout en rejetant toute action mettant en péril la liberté et la sécurité de la navigation.

Le prince Faisal s'est également entretenu avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, des conséquences sécuritaires et économiques du conflit en cours entre les États-Unis et l'Iran.

Lundi, le ministère saoudien des Affaires étrangères a dénoncé les déclarations d'un porte-parole militaire houthi affirmant que le groupe avait imposé un blocus maritime contre le Royaume, accusant les Houthis d'entraîner le Yémen dans un conflit régional plus large.

Selon le ministère, les attaques houthies contre les navires commerciaux internationaux en mer Rouge aggravent la situation humanitaire des Yéménites, en limitant leurs déplacements et en détériorant les conditions économiques dans les zones contrôlées par le groupe armé.

Le Royaume a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités en appliquant les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, notamment les résolutions 2216 sur le Yémen et 2722 sur la protection de la liberté de navigation en mer Rouge. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une rencontre saoudo-française vise à renforcer la coopération en matière de défense

Les délégations saoudienne et française se sont réunies lundi à Riyad. (Ministère saoudien de la Défense)
Les délégations saoudienne et française se sont réunies lundi à Riyad. (Ministère saoudien de la Défense)
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  • Rencontre à Riyad entre les chefs d’état-major saoudien et français
  • Renforcement de la coopération en matière de défense

Le chef d’état-major général des forces armées saoudiennes, le lieutenant-général Fayyad bin Hamed Al-Ruwaili, a tenu lundi à Riyad des discussions avec son homologue français, le général Fabien Mandon.

La rencontre a porté sur les moyens de développer la coopération bilatérale dans les domaines de la défense et des affaires militaires. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharqal-Awsat.