Tunisie: Une irruption policière dans le show d'un humoriste fait polémique

M. Abdelli a pris à témoin le public pour dénoncer le comportement «hostile» de «trois policiers» (Photo, Instagram: @lotfiabdelli).
M. Abdelli a pris à témoin le public pour dénoncer le comportement «hostile» de «trois policiers» (Photo, Instagram: @lotfiabdelli).
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Publié le Mercredi 10 août 2022

Tunisie: Une irruption policière dans le show d'un humoriste fait polémique

  • Lotfi Abdelli, 52 ans, se produisait sur scène lorsque des policiers ont tenté d'arrêter le spectacle
  • «La censure exercée par la police est une agression contre la liberté d'expression»

TUNIS: Des policiers ont tenté d'interrompre le spectacle de l'humoriste tunisien très populaire Lotfi Abdelli, arguant d'"une atteinte aux bonnes mœurs", suscitant la polémique et la crainte d'un retour de la censure en Tunisie comme à l'époque du dictateur Ben Ali.

Alors que l'humoriste et acteur Lotfi Abdelli, 52 ans, se produisait sur scène dimanche lors d'un festival à Sfax (centre-est), des policiers qui assuraient la sécurité, ont tenté d'arrêter le spectacle après une scène dans laquelle il critiquait les autorités et la police, en faisant plusieurs doigts d'honneur.

M. Abdelli a alors pris à témoin le public pour dénoncer le comportement "hostile" de "trois policiers" qu'il a accusé d'avoir jeté des bouteilles d'eau dans sa direction. Il a pu terminer tout de même son spectacle.

Pour justifier le comportement des agents, un syndicat de police a partagé mardi sur sa page Facebook "la scène du spectacle qui nous a irritée", se disant "désolé" de publier "de "telles futilités" et "bêtises".

Deux policiers ont déposé une plainte contre M. Abdelli à Sfax pour "atteinte aux bonnes mœurs", a indiqué mardi à l'AFP un responsable au ministère de l'Intérieur.

Ce responsable a tenu à préciser que les déclarations du syndicat "ne représentent en aucun cas la position officielle des autorités ou du ministère de l'Intérieur".

La "position (du ministère) n'est délivrée que par ses structures officielles" et "son devoir est de veiller à ce que les citoyens exercent les libertés publiques et individuelles dans le cadre de ce qui est autorisé par la loi", a affirmé le ministère dans un communiqué.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux de Tunisiens ont critiqué l'attitude des policiers et rejeté toute influence sur le contenu des spectacles. Ils ont également exprimé leurs craintes d'un retour à la "répression" des libertés en Tunisie, alors que les spectacles satiriques comme celui de M. Abdelli n'étaient pas autorisés sous la dictature de Zine El Abidine Ben Ali, renversé par une révolution en 2011.

Pour l'avocat et militant des droits humains Bassem Trifi, "la censure exercée par la police est une agression contre la liberté d'expression, la liberté d'opinion et la liberté des médias garanties dans la Constitution de 2022", à peine adoptée lors d'un référendum.

Sur Facebook, il a qualifié l'irruption des policiers de "précédent dangereux", estimant que le ministère de l'Intérieur n'a pas adopté "des sanctions suffisamment rigoureuses" face au comportement des policiers. "Quand un groupe de +sécuritaires+ décide de ce qui est présenté (en spectacle), sache que tu es dans un Etat policier".

Le syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a pour sa part dénoncé "des agressions" contre des journalistes qui filmaient "l'attaque d'un policier syndicaliste contre Lotfi Abdelli".

Depuis 2011, les policiers ont le droit de s'organiser en syndicats.

Après le coup de force du président Kais Saied qui s'est arrogé les pleins pouvoirs il y a un an, des ONG et des représentants de la société civile ont mis en garde contre un possible recul des libertés dans le pays.


Liban: Israël vise un commandant de haut rang du Hezbollah dans la banlieue de Beyrouth

Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense
  • Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

BEYROUTH: Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne.

Par ailleurs, au moins 11 personnes ont été tuées mercredi dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé, alors que Israël poursuit ses opérations malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Une frappe à Saksakiyeh, entre Saïda et Tyr, a notamment fait quatre morts et 33 blessés, dont six enfants, selon le ministère.

D'autre part, quatre soldats israéliens en opération dans le sud du Liban ont été blessés, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

A Beyrouth, "Malek Ballout, commandant des opérations de la force al-Radwan", l'unité d'élite du groupe, a été tué, a déclaré à l'AFP la source proche du Hezbollah.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense.

Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

De la fumée s'est élevée du quartier visé, ont constaté des journalistes de l'AFP qui ont vu des habitants quitter les lieux avec leurs effets personnels.

De nombreux Libanais ont déjà fui cette banlieue au début des hostilités le 2 mars, quand le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en visant Israël, en représailles à l'offensive israélo-américaine sur l'Iran.

D'après une source de sécurité libanaise s'exprimant sous couvert d'anonymat, la frappe a ciblé un appartement où se tenait une réunion de responsables de la force al-Radwan.

Depuis le 8 avril, date à laquelle l'aviation israélienne avait mené des frappes massives sur le Liban, faisant plus de 350 morts, Beyrouth et sa banlieue n'avaient plus été visées.

"Chaque occasion" 

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir ciblé des forces et véhicules israéliens dans plusieurs localités frontalières du sud du Liban, affirmant riposter à "la violation du cessez-le-feu par l'ennemi israélien".

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours" du Hezbollah.

"Nous saisirons chaque occasion pour approfondir le démantèlement du Hezbollah et continuer à l'affaiblir", a averti le chef de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, venu rendre visite aux soldats israéliens déployés dans le sud.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait près de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.

Sur cette période, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) "a vérifié 152 attaques contre des structures de santé, qui ont fait 103 morts et 241 blessés", selon son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Ces attaques ont entraîné la fermeture de trois hôpitaux et de 41 centres de soins (...) et endommagé 16 autres hôpitaux", a-t-il précisé sur X.


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
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  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.