La Tunisie sort du référendum sur la Constitution plus divisée que jamais

 Un panneau publicitaire représentant le Tunisien Kais Saied est accroché sur le côté d'un bâtiment dans la ville de Kairouan, dans le centre-est du pays, le 26 juillet 2022. (AFP).
Un panneau publicitaire représentant le Tunisien Kais Saied est accroché sur le côté d'un bâtiment dans la ville de Kairouan, dans le centre-est du pays, le 26 juillet 2022. (AFP).
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Publié le Mardi 02 août 2022

La Tunisie sort du référendum sur la Constitution plus divisée que jamais

  • La ligne de fracture entre partisans et adversaires du président Kaïs Saïed traverse toutes les strates de la société
  • C’est une véritable course contre la montre qui s’engage entre le chef de l’État et ses opposants

TUNIS: Les Tunisiens apparaissent plus divisés que jamais après le référendum du 25 juillet sur la nouvelle Constitution. La ligne de fracture entre partisans et adversaires du président Kaïs Saïed traverse toutes les strates de la société.  

Les échanges apparaissent plutôt policés entre les intellectuels, bien qu’ils soient, sur le fond, sans concession, comme le montre l’édition du 28 juillet d’Assabah, quotidien de langue arabe, qui donne la parole à plusieurs contributeurs externes. 

Pro-Saïed déclaré, Faouzi Ennouri estime que «les résultats du référendum sont un coup de grâce pour ceux qui ont été écartés du pouvoir». Le taux de participation? «Un record au regard de l’absence d’enjeu politique direct.» Surtout, cette opération a montré selon lui «la véritable popularité de Kaïs Saïed». 

À l’opposé, Afif Bouni, un anti-Saïed assumé, invite le président «à ne pas se tromper dans la compréhension» de l’issue du référendum. Ce spécialiste de la civilisation arabe considère que «ceux qui ont voté oui ont dit non à Ghannouchi» et que «ceux qui ont voté non ont dit qu’il n’est pas permis de remplacer une mauvaise Constitution par une autre mauvaise Constitution». Quant aux abstentionnistes, «ils désespèrent […] des Frères musulmans et n’attendent rien des promesses de Kaïs Saïed». 

Sur les réseaux sociaux, les échanges entre partisans et détracteurs du président sont d’une violence inouïe. Les premiers n’hésitent pas à injurier les seconds, qui donnent surtout dans la dérision.  

Les pays étrangers qui critiquent l’action du président tunisien en prennent aussi pour leur grade. Mokhtar Rassaa est un ancien directeur de la télévision nationale. Énervé par les déclarations très sévères des Américains Ned Price, le porte-parole du Département d’État, puis par celles d’Antony Blinken, le secrétaire d’État, après la proclamation des résultats du référendum, il a appelé à l’expulsion du nouvel ambassadeur américain, qui n’est pas encore arrivé en Tunisie. 

La discorde est tout aussi grande entre les politiques. Dans le camp présidentiel, l’euphorie prédomine. Brahim Bouderbala, bâtonnier de l’Ordre des avocats de Tunisie – l’une des trois personnalités chargée par Kaïs Saïed de piloter les travaux de la commission qui a travaillé sur le projet de nouvelle Constitution – considère que «les résultats du référendum étaient attendus, le taux de participation raisonnable et [que] les appels au boycott ont échoué». 

L’opposition, elle, n’a nullement l’intention de faciliter la tâche au président Saïed. C’est une véritable course contre la montre qui s’engage entre le chef de l’État et ses opposants, dont les thèses trouvent un soutien de plus en plus grand auprès des principaux pays occidentaux. 

Après avoir réclamé la démission de Kaïs Saïed après la proclamation des résultats provisoires du référendum, le Front du salut national (FSN), qui regroupe le mouvement Ennahdha et ses alliés, veut convaincre les autres composantes de l’opposition de s’unir pour lancer un «dialogue national inclusif». Ce dernier sera appelé à former un gouvernement d’union nationale auquel l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) – élue en 2019 et dissoute par Kaïs Saïed – accorderait sa confiance, même dans le cadre d’une session à distance. 

Le président, sourd à ces critiques et à ces manœuvres, veut mettre en place son projet politique au plus vite. Il a reçu le 27 juillet la Première ministre, Najla Bouden, et lui a demandé de préparer trois projets de décrets qui concernent l’élection de la future ARP, celle de la 2e «Assemblée des régions et territoires» ainsi que la création de la Cour constitutionnelle. 


Liban: 14 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Photo prise à Tyr montrant des baigneurs sur la plage tandis que de la fumée s’élève d’une frappe aérienne israélienne à Deir Qanoun Ras Al-Ain (8 juin 2026, AFP).
Photo prise à Tyr montrant des baigneurs sur la plage tandis que de la fumée s’élève d’une frappe aérienne israélienne à Deir Qanoun Ras Al-Ain (8 juin 2026, AFP).
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait 14 morts et plus de 20 blessés, tandis que le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre les forces israéliennes
  • Malgré l’annonce par l’Iran de la fin de son opération contre Israël, Téhéran menace de représailles plus sévères si les attaques se poursuivent au Liban, tandis qu’Israël promet de continuer à frapper le Hezbollah

BEYROUTH: Quatorze personnes ont été tuées et plus d'une vingtaine blessées lundi dans des frappes israéliennes dans le sud du Liban, selon les autorités et la Croix-Rouge, Israël promettant de continuer à viser le Hezbollah pro-iranien malgré les menaces de nouvelles représailles de Téhéran.

"Le raid de l'ennemi israélien à l'aube aujourd'hui sur le village de Zifta dans la région de Nabatiyé" a fait sept morts, dont "un enfant syrien et une femme, et huit blessés dont deux femmes", a annoncé le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Dans la soirée, le ministère a indiqué qu'une frappe sur Tyr avait fait cinq morts et huit blessés. Plus tôt dans la soirée, l'armée israélienne avait lancé un appel à évacuer dans une zone de Tyr.

Une autre frappe dans la soirée a coûté la vie à deux personnes parmi lesquelles un enfant et fait dix blessés à Marwanieh, dans le sud, selon la même source.

Lundi, les frappes israéliennes se sont abattues sur plus d'une quinzaine de localités dans le sud du Liban, notamment à Tyr, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI, officielle).

L'une des frappes a "ciblé une voiture (...) près d'un bâtiment de la Croix-Rouge libanaise" dans cette ville côtière, selon la même source. Quatre secouristes ont été blessés dans cette frappe. Atteints par des éclats de verre, ils ont été hospitalisés, selon la Croix-Rouge.

Un photographe de l'AFP a vu un épais panache de fumée s'élever d'une route côtière de la ville.

Le Hezbollah a revendiqué pour sa part de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas contre le nord d'Israël.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés du Liban "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessés.

- "Actions plus sévères" -

Lundi à la mi-journée, après des frappes réciproques depuis la veille au soir entre l'Iran et Israël, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël.

Mais il a prévenu qu'"en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seraient entreprises".

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a rétorqué que son pays "continuera(it) d'agir "contre le Hezbollah. Il a promis que "toute tentative iranienne d'établir un lien entre le Liban et l'Iran afin d'attaquer Israël recevra(it) une réponse d'une grande force"..

Téhéran insiste pour traiter en même temps le conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large au Moyen-Orient, tandis que les Etats-Unis souhaitent gérer le dossier libanais dans un second temps.

Israël avait mené dimanche une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, qui a fait deux morts, en riposte à des tirs ayant visé son territoire, après avoir prévenu qu'il frapperait Beyrouth en cas d'attaques du Hezbollah contre son territoire.

Il s'agissait des premières frappes sur la banlieue sud de la capitale depuis un nouvel accord de cessez-le-feu annoncé mercredi à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington. Une trêve précédente avait été annoncée le 17 avril sans jamais être respectée.

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah pro-iranien et Israël, les frappes israéliennes ont fait plus de 3.600 morts selon les autorités. 


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
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  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".