Algérie: Nouveau déboire judiciaire pour Saïd Bouteflika, frère de l’ex-président

Saïd Bouteflika, frère du défunt ex-président algérien Abdelaziz Bouteflika (Photo, AFP).
Saïd Bouteflika, frère du défunt ex-président algérien Abdelaziz Bouteflika (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 11 mai 2022

Algérie: Nouveau déboire judiciaire pour Saïd Bouteflika, frère de l’ex-président

  • Saïd Bouteflika doit désormais répondre au chef d’inculpation de «financement du terrorisme»
  • Deux hommes d'affaires, Mahieddine Tahkout et Ahmed Mazouz – tous deux concessionnaires automobiles – feraient également face à ce nouveau chef d’inculpation

RABAT: Pour Saïd Bouteflika, frère du défunt ex-président algérien Abdelaziz Bouteflika, la descente aux enfers judiciaire ne semble qu’empirer. Après avoir été inculpé et mis sous mandat de dépôt pour « financement occulte de campagne électorale » à l’aube du mouvement pro-démocratie « Hirak » de 2019, il doit désormais répondre au chef d’inculpation bien plus grave de « financement du terrorisme ».

Âgé de 64 ans, l’homme qui pour beaucoup d’Algériens dirigeait le pays par procuration à la place de son frère – diminué par des problèmes de santé handicapants – risque de terminer ses jours en prison.

Ce nouveau chef d’inculpation aurait été ordonné par le magistrat instructeur du pôle pénal près le tribunal de Sidi M’hamed, selon le quotidien francophone El Watan – qui cite des sources judiciaires.

Toujours d’après El Watan, les faits relèveraient du financement de la chaîne de télévision Amel TV de l’opposant Hichem Aboud, exilé en France, condamné à plusieurs reprises et visé par plusieurs mandats d’arrêt, notamment pour « atteinte à l'unité nationale et participation à une entreprise de démoralisation de l'armée ». Avant d’être journaliste, Hichem Aboud était officier dans le renseignement algérien. Actuellement, il figure parmi les personnalités de l’opposition en exil accusées d’appartenance à des organisations récemment désignées comme terroristes.

Deux hommes d'affaires, Mahieddine Tahkout et Ahmed Mazouz – tous deux concessionnaires automobiles – feraient également face à ce nouveau chef d’inculpation de « financement du terrorisme ». Ils auraient versé des fonds à Amel TV avec l’accord de Saïd Bouteflika. 

Pour rappel, Saïd Bouteflika a été arrêté le 4 mai 2019 pour « atteinte à la sécurité de l’armée », soit un peu plus d’un mois après la démission de son frère Abdelaziz le 2 avril 2019, poussé vers la porte de sortie par une rue de plus en plus grognonne et une institution militaire pressée de la faire taire.

Selon la version officielle, Saïd Bouteflika aurait rencontré la cheffe du parti des travailleurs, Louisa Hanoune, ainsi que l’ex-patron du renseignement Bachir Tartag, afin de destituer le défunt chef d’État-major des armées Gaid Salah alors que l’avenir d’Abdelaziz Bouteflika à la tête du pays devenait de plus en plus incertain. Tous trois avaient été arrêtés avant d’être défilés sur la chaîne de télévision étatique ENTV

Cette rencontre lui vaudra l’accusation de « complot contre l’armée et l’autorité de l’État » avant d’être acquitté le 3 janvier 2021.

Mais ses déboires judiciaires ne vont pas s’arrêter là, il fera face à deux autres accusations dans un cadre plus civil : « financement occulte de campagne électorale » au profit de son frère ainsi que pour avoir intervenu auprès de l’ancien ministre de la Justice, Tayeb Louh, afin d’assister des hommes d’affaires qui lui seraient proches et faire annuler des mandats d’arrêt internationaux émis en 2013 contre l’ancien ministre de l’Énergie, Chakib Khelil. 

Selon le magazine Jeune Afrique, citant des proches, Saïd Bouteflika vivrait très mal sa détention à la prison d’El Harrach où il parlerait à lui-même et se frapperait le torse.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".

 


Le Liban exige le retrait d'Israël de deux «zones pilotes» pour participer à des négociations à Rome 

  • Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies
  • Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah

BEYROUTH: Le Liban exige qu'Israël se retire de deux "zones pilotes" dans le sud du pays avant de participer à un nouveau cycle de pourparlers prévu à Rome, a indiqué mercredi à l'AFP une source diplomatique au courant des négociations.

L'Italie et Israël ont annoncé que ces négociations se tiendraient les 15 et 16 juillet à Rome, mais les autorités libanaises n'ont pas confirmé leur participation dans l'immédiat.

Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies.

Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

"Le Liban pose comme condition le retrait d'Israël de deux zones pilotes pour participer aux négociations", a affirmé la source diplomatique ayant requis l'anonymat.

Le Hezbollah est opposé à ces négociations et refuse d'être désarmé.

La formation pro-iranienne a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en soutien à Téhéran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, qui ont tué près de 4.300 personnes, selon Beyrouth.

Discussions "cruciales" 

Selon la source diplomatique, le département d'Etat américain a informé les deux délégations qu'il ne pouvait pas accueillir les négociations "de façon permanente", d'où le choix de Rome.

Elle a expliqué que des discussions "cruciales" étaient attendues et que les négociateurs auraient besoin de se concerter avec leurs autorités, ce qui ne serait "pas possible" à Washington du fait de la distance avec Israël et le Liban.

La source diplomatique a ajouté qu'Israël avait rapidement accepté la tenue des négociations à Rome, dans l'idée de "réduire la pression exercée directement" sur la partie israélienne pendant les précédentes discussions par le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

La partie libanaise a cependant reçu la garantie de Washington qu'il maintiendrait le "même niveau d'engagement et la même ligne de conduite dans la gestion des pourparlers" de Rome, selon cette source diplomatique.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix km de sa frontière.

L'armée israélienne poursuit ponctuellement des frappes meurtrières, malgré une trêve entrée en vigueur le 21 juin, à la suite de la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

L'Iran a exigé que le cessez-le-feu au Liban soit inclus dans cet accord, mais Beyrouth "veut négocier par lui-même" et rejette toute ingérence, a souligné la source diplomatique.

Les négociations à Rome seront suivies par une visite courant juillet du président libanais, Joseph Aoun, à Washington, à l'invitation de son homologue américain.

M. Aoun a estimé mercredi que cette invitation traduisait "le soutien des Etats-Unis à un processus visant à trouver une solution durable à la série de guerres et d'agressions israéliennes contre notre pays".


L'Iran fait état d'un appel entre son chef de la diplomatie et le Premier ministre qatari

  • Lors de cette conversation téléphonique, Abbas Araghchi et Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani ont "souligné l'importance de l'utilisation des capacités diplomatiques (...) et ont insisté sur la nécessité de maintenir les contacts"
  • Le Qatar avait accusé mardi l'Iran d'avoir ciblé un de ses méthaniers au large des côtes d'Oman et convoqué le chargé d'affaires à Doha

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères s'est entretenu mercredi avec le Premier ministre du Qatar, selon la diplomatie iranienne, sur fond de cessez-le-feu fragilisé par de nouvelles frappes entre la République islamique et les Etats-Unis.

Lors de cette conversation téléphonique, Abbas Araghchi et Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani ont "souligné l'importance de l'utilisation des capacités diplomatiques (...) et ont insisté sur la nécessité de maintenir les contacts et la coordination afin d'éviter une escalade des tensions dans la région", a précisé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le Qatar avait accusé mardi l'Iran d'avoir ciblé un de ses méthaniers au large des côtes d'Oman et convoqué le chargé d'affaires à Doha.