Reconduire l'union de la gauche aux européennes? La discussion s'engage

Manuel Bompard, député du parti de gauche français La France Insoumise (LFI) et membre de la coalition de gauche NUPES, à Paris, le 21 juin 2022. (Photo, AFP)
Manuel Bompard, député du parti de gauche français La France Insoumise (LFI) et membre de la coalition de gauche NUPES, à Paris, le 21 juin 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 10 août 2022

Reconduire l'union de la gauche aux européennes? La discussion s'engage

Manuel Bompard, député du parti de gauche français La France Insoumise (LFI) et membre de la coalition de gauche NUPES, à Paris, le 21 juin 2022. (Photo, AFP)
  • Le député LFI Manuel Bompard a évoqué dimanche l'idée d'une union de la gauche pour les lointaines élections européennes de 2024
  • De surcroît, le chef des écologistes Julien Bayou estime que la discussion est prématurée: «Les européennes sont dans deux ans. Chez EELV, la question ne sera débattue qu'au second semestre 2023...»

PARIS: La gauche Nupes à nouveau réunie pour les européennes de 2024? Sur ce sujet épineux, la proposition de La France insoumise a reçu un accueil sceptique des Verts et prudent du Parti socialiste et du PCF. 

Le député LFI Manuel Bompard, l'un des architectes des accords ayant créé au printemps la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) en vue des élections législatives de juin, a évoqué dimanche l'idée d'une union de la gauche pour les lointaines élections européennes de 2024. 

« J’y suis favorable. Je pense que c’est l'objectif qu’on doit se fixer. Il y a une attente, on ne peut pas retourner chacun dans notre coin », a-t-il déclaré au Figaro, arguant: »90% de nos votes au Parlement européen sont communs avec les socialistes et les écologistes ». 

En réponse, le chef des écologistes Julien Bayou s'agace d'abord, auprès de l'AFP: « Si Manuel Bompard y tenait, il en aurait parlé en petit comité. En parler dans la presse est la meilleure manière que ça ne se fasse pas ». 

De surcroît, il estime que la discussion est prématurée: « Les européennes sont dans deux ans. Chez EELV, la question ne sera débattue qu'au second semestre 2023... » 

Sur le fond, l'Europe est un des sujets les plus compliqués à gauche. 

La Nupes était parvenue à un accord sur ce volet en actant que ses membres sont « prêts à ne pas respecter des règles européennes » - condition sine qua non posée par LFI. Mais « du fait de nos histoires, nous parlons de désobéir pour les uns, de déroger de manière transitoire pour les autres », est-il écrit dans le programme. 

Si les Verts s'étaient targués alors d'avoir infléchi l'euroscepticisme des Insoumis, ils restent néanmoins convaincus que leurs visions sont fondamentalement divergentes. « On est farouchement pro-européens, fédéralistes, l'Europe est cardinale dans notre projet politique », rappelle Julien Bayou. Tandis que les Insoumis et les communistes, eux, sont historiquement critiques d'une Union européenne jugée trop libérale et difficile à réformer. 

« Confirmer l'espoir »  

La numéro 2 du parti Sandra Regol a cependant précisé, mardi sur Sud Radio, qu'EELV n'opposait pas un « refus catégorique » à la main tendue des Insoumis: « Ce sera au corps militant de se décider. Qui aurait pu savoir il y a deux ans que nous mènerions main dans la main cette campagne des législatives, que nous aurions un projet commun? » 

Signe que le débat ne fait que commencer dans le parti, l'ancienne finaliste de la primaire pour la présidentielle Sandrine Rousseau voit dans la Nupes « une construction sur le temps long d’une écologie et d’une gauche radicales, sociales et populaires ». Selon l'« éco-féministe », « aux prochaines élections et à celles qui suivront, il nous faudra confirmer l'espoir qui en est né ».  

Chez les socialistes, pro-européens, le porte-parole et négociateur Pierre Jouvet se veut prudent: « Je ne ferme rien par principe » « car nous serons toujours les garants du rassemblement ». Mais »nos désaccords sont connus sur l'Europe et les questions internationales avec LFI et le PCF », dit à l'AFP le bras droit d'Olivier Faure. 

A l'aile gauche du parti, le député Jérôme Guedj a plutôt abondé en faveur de Manuel Bompard: « L'union est toujours un combat, surtout sur les sujets qui fâchent. Raison de plus pour essayer d'y parvenir ». 

Un autre député socialiste confie en privé: « Aux européennes, ça va être difficile. Si on est divisés on donnera une mauvaise image, les Verts seront en tête, et LFI et le PS, on va s'auto-annuler ». 

Côté communiste enfin, Ian Brossat, bras droit du patron Fabien Roussel, glisse « ne pas dire non par principe », mais »cela suppose du travail ». 

Un dirigeant de gauche analyse l'initiative inattendue de Manuel Bompard: « LFI a compris que les européennes n'étaient pas une très bonne élection pour elle car l'électorat populaire s'abstient massivement. Les Insoumis voient toutes les élections intermédiaires comme un mauvais moment à passer ». 

Et puis, s'interroge ce responsable, c'est « peut-être aussi un moyen de s'inviter dans les congrès des différents partis », qui s'échelonneront de novembre 2022 pour le PS à avril 2023 pour le PCF. 


Tournée de Barrot dans le Golfe: fermeté et solidarité de la France avec ses partenaires régionaux

Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à droite), accueille le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, avant une réunion ministérielle consacrée à la mise en œuvre du plan de paix au Moyen-Orient, au Quai d'Orsay à Paris, le 9 octobre 2025. (AFP)
Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à droite), accueille le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, avant une réunion ministérielle consacrée à la mise en œuvre du plan de paix au Moyen-Orient, au Quai d'Orsay à Paris, le 9 octobre 2025. (AFP)
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  • La tournée du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans le Golfe, menée dans un contexte de fortes tensions après les frappes iraniennes, s’inscrit dans une double logique de fermeté et de diplomatie
  • Répondant aux questions d’Arab News en français à son retour à Paris, Barrot a souligné que sa tournée visait à réaffirmer la solidarité de la France avec ses partenaires régionaux, tout en mettant en avant sa crédibilité sécuritaire

PARIS: La tournée du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans le Golfe, menée dans un contexte de fortes tensions après les frappes iraniennes, s’inscrit dans une double logique de fermeté et de diplomatie.

Répondant aux questions d’Arab News en français à son retour à Paris, Barrot a souligné que sa tournée visait à réaffirmer la solidarité de la France avec ses partenaires régionaux, tout en mettant en avant sa crédibilité sécuritaire, illustrée par des actions concrètes de défense.

Dans le même temps, la France continue de plaider pour une désescalade et une solution politique durable, fondée sur la reprise du dialogue avec l’Iran et la stabilisation de l’ensemble du Moyen-Orient.

De la sécurité du Golfe à la situation critique du Liban, en passant par les tensions israélo-iraniennes et la question palestinienne, la tournée de Barrot souligne la volonté française de maintenir un rôle d’équilibre, entre engagement stratégique et recherche constante d’une issue diplomatique aux crises régionales.

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La tournée dans le Golfe que vous avez effectuée à Riyad, Mascate et Abou Dabi intervient après les bombardements iraniens qui ont visé la région. Quel message avez-vous porté aux quatre pays qu’englobe cette tournée ?

J’ai porté un message de solidarité auprès des pays du Golfe, qui ont tous été visés par des frappes iraniennes injustifiables, que la France a condamnées avec la plus grande fermeté.

La France a démontré qu’elle était un partenaire fiable et prévisible : nous avons, en légitime défense, abattu des drones dès les premières heures du conflit pour défendre l’espace aérien de nos alliés. La sécurité de nos partenaires régionaux est une priorité absolue. Ils savent pouvoir compter sur nous.

La France prône la désescalade, mais a-t-elle les moyens d’influencer les acteurs majeurs du conflit ?

Nous portons le même message depuis le début du conflit : la prolongation indéfinie des opérations militaires sans objectif précis comporte le risque d’un engrenage qui entraînerait la région dans une longue période d’instabilité, dont l’issue serait très incertaine et porterait atteinte aux pays de la région, aux intérêts européens et à l’économie mondiale.

Notre priorité est donc la désescalade et la recherche d’un règlement politique durable : c’est ce à quoi la France, aux côtés de ses partenaires, appelle. Il faut pérenniser le cessez-le-feu et faire en sorte que les négociations entre les États-Unis et l’Iran reprennent. Une paix durable dans la région n’est possible qu’à travers une solution politique pérenne au défi iranien, garantissant que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire et répondant aux menaces posées par son programme balistique et ses activités de déstabilisation.

Entre Washington et Téhéran, la voix de la France est-elle encore audible ?

Nous ne sommes pas belligérants et ne souhaitons pas le devenir. Mais recul ne signifie pas inaction. Notre crédibilité repose sur la constance de nos positions, que nous défendons sans relâche auprès des différentes parties et qui sont validées par les évolutions en cours.

La France est l’un des rares pays à maintenir des contacts réguliers avec l’Iran et à ne pas avoir fermé son ambassade à Téhéran pendant la guerre. 

Jean-Noël Barrot

Nous échangeons régulièrement avec nos alliés américains à propos de cette guerre. Le président de la République échange régulièrement avec le président Trump au sujet de la crise iranienne. La menace à la sécurité internationale que fait peser l’Iran exige une réponse collective, comme cela a été le cas avec le JCPOA en 2015.

La France est l’un des rares pays à maintenir des contacts réguliers avec l’Iran et à ne pas avoir fermé son ambassade à Téhéran pendant la guerre. Le président de la République a échangé à de nombreuses reprises avec le président iranien et je m’entretiens très régulièrement avec mon homologue.

Considérez-vous cette tournée comme un succès diplomatique ?

Cette tournée a permis à la France de renforcer sa coordination avec ses partenaires régionaux, qui doivent être des acteurs centraux de la nouvelle architecture de sécurité régionale. Nous partageons des intérêts de sécurité avec nos partenaires du Golfe ; ce travail diplomatique est donc indispensable pour rapprocher nos positions et bâtir une paix durable dans la région. L’enjeu était aussi d’approfondir nos partenariats bilatéraux, dont la crise a montré à quel point ils sont essentiels pour notre sécurité et notre prospérité communes.


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
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  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".