Nouveaux exercices militaires de Taïwan après les menaces répétées de Pékin

La présidente de la Chambre des États-Unis, Nancy Pelosi (D-CA), s'exprime aux côtés de membres de la délégation du Congrès qui se sont récemment rendus dans la région indo-pacifique lors d'une conférence de presse au Capitole des États-Unis le 10 août 2022 à Washington, DC. (AFP).
La présidente de la Chambre des États-Unis, Nancy Pelosi (D-CA), s'exprime aux côtés de membres de la délégation du Congrès qui se sont récemment rendus dans la région indo-pacifique lors d'une conférence de presse au Capitole des États-Unis le 10 août 2022 à Washington, DC. (AFP).
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Publié le Jeudi 11 août 2022

Nouveaux exercices militaires de Taïwan après les menaces répétées de Pékin

  • Les forces taïwanaises ont effectué des tirs d'obusiers et de fusées éclairantes dans le cadre d'un exercice de défense
  • Les autorités ont minimisé la portée de ces exercices, assurant qu'ils étaient déjà programmés et n'étaient pas une réponse à ceux de la Chine

TAIPEI: L'armée taïwanaise a procédé jeudi à un nouvel exercice à munitions réelles, après que Pékin, qui poursuit ses menaces, a mis fin à ses plus importantes manoeuvres militaires jamais organisées autour de l'île.

Les forces taïwanaises ont effectué des tirs d'obusiers et de fusées éclairantes dans le cadre de cet exercice de défense, a expliqué à l'AFP Lou Woei-jye, porte-parole du 8e corps d'armée.

Ces manoeuvres dans le comté de Pingtung (sud), démarrées à 08H30 (00H30 GMT), ont duré une heure, a-t-il ajouté.

Une retransmission en direct a montré des pièces d'artillerie alignées sur la côte et des soldats, répartis en unités, tirant l'un après l'autre les obusiers vers le large.

Taïwan avait déjà mené un exercice militaire mardi à Pingtung.

Selon l'armée, des centaines d'hommes ont participé à ces deux sessions.

Les autorités ont minimisé la portée de ces exercices, assurant qu'ils étaient déjà programmés et n'étaient pas une réponse à ceux de la Chine.

Pékin s'est emporté après une visite à Taïwan, la semaine dernière, de la présidente de la Chambre des représentants des Etats-Unis Nancy Pelosi, lançant des exercices aériens et maritimes de plusieurs jours autour de l'île.

Taipei a accusé la Chine d'avoir pris prétexte de la visite de Mme Pelosi pour s'entraîner à une invasion.

Les nouveaux exercices menés jeudi par Taïwan ont "deux objectifs", "s'assurer du bon état de l'artillerie et de sa bonne maintenance" et "confirmer les résultats" de précédents exercices militaires organisés en 2021, a expliqué M. Lou.

« Un pays, deux systèmes »

Pékin avait de son côté annoncé mercredi la fin de ses manoeuvres, déclarant que ses forces avaient "mené à bien diverses tâches" dans le détroit de Taïwan tout en promettant de continuer à patrouiller dans ses eaux.

Dans la même déclaration, la Chine assurait qu'elle "continuera à mener des entraînements militaires et à se préparer à la guerre".

Parallèlement, le Bureau chinois des affaires taïwanaises a déclaré mercredi dans un livre blanc que Pékin ne renonçait "pas à l'usage de la force" contre son voisin et se réservait "la possibilité de prendre toutes les mesures nécessaires".

"Nous sommes disposés à créer un vaste espace (de coopération) afin de parvenir à une réunification pacifique", indique le document. "Mais nous ne laisserons aucune marge de manœuvre aux actions séparatistes ayant pour objectif une pseudo-indépendance de Taïwan."

Le ministère des Affaires étrangères de Taïwan, en accord avec son principal organe de décision sur la Chine, a rejeté le modèle "un pays, deux systèmes" que Pékin a proposé pour l'île.

"L'ensemble de la déclaration de la Chine va absolument à l'encontre du statu quo et de la réalité du détroit", a déclaré Joanne Ou, porte-parole du ministère, lors d'une conférence de presse.

L'expression "un pays, deux systèmes" fait référence au principe censé offrir une certaine autonomie aux régions chinoises de Hong Kong et Macao.

Taïwan organise régulièrement des exercices militaires simulant une invasion chinoise. Le mois dernier, elle s'est exercée à repousser un débarquement dans le cadre d'une "opération d'interception conjointe", lors de ses plus grands exercices annuels.

Depuis la fin des années 1990, l'île est passée d'un pouvoir autoritaire à une démocratie dynamique, et une identité taïwanaise distincte a émergé.

Les relations entre les deux rives du détroit se sont considérablement dégradées depuis que Tsai Ing-wen est devenue présidente de Taïwan en 2016.

Mme Tsai et son Parti démocratique progressiste ne considèrent pas que Taïwan fait partie de la Chine. Leur conception relève de la définition large donnée par Pékin du séparatisme taïwanais, qui inclut ceux qui plaident pour que l'île ait une identité distincte du continent.


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.