Renforts européens contre les feux qui se multiplient en France, gigantesque brasier en Gironde

La Première ministre française Elisabeth Borne (C) salue les membres de la Croix-Rouge alors qu'elle visite le centre de commandement des pompiers près du site d'un incendie de forêt à Hostens, dans le sud-ouest de la France, le 11 août 2022. PHILIPPE LOPEZ / POOL / AFP
La Première ministre française Elisabeth Borne (C) salue les membres de la Croix-Rouge alors qu'elle visite le centre de commandement des pompiers près du site d'un incendie de forêt à Hostens, dans le sud-ouest de la France, le 11 août 2022. PHILIPPE LOPEZ / POOL / AFP
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Publié le Jeudi 11 août 2022

Renforts européens contre les feux qui se multiplient en France, gigantesque brasier en Gironde

  • Dans le Maine-et-Loire, les deux principaux feux qui ont ravagé plus de 1.500 hectares sont désormais fixés.
  • Emmanuel Macron a loué la «solidarité européenne», annonçant l'arrivée de l'aide de «l’Allemagne, la Grèce, la Pologne, et dans les prochaines heures la Roumanie et l’Autriche»

HOSTENS: Six pays européens vont envoyer des renforts pour aider les pompiers qui luttent particulièrement dans les Landes et la Gironde, où est arrivée Elisabeth Borne, contre les feux dans des "conditions climatiques extrêmes", alors que les brasiers se multiplient en France dans des forêts desséchées par les vagues de chaleur et le manque historique de pluie.

Avant la tombée de la nuit mercredi, huit feux importants brûlaient en France, en Gironde, dans le Maine-et-Loire, le Jura, la Drôme, l'Aveyron et la Lozère... Sans compter d'innombrables départs de feux plus petits chaque jour du nord au sud.

L'un des deux incendies de forêt qui ont ravagé plus de 330 hectares dans le sud du Jura depuis mardi, était toujours en cours jeudi matin. Et 500 vacanciers et habitants des villages de Rivière-sur-Tarn et Mostuéjouls, dans l'Aveyron, ont été évacués mercredi soir, l'incendie qui s'est déclaré lundi étant toujours actif.

Dans le Maine-et-Loire, les deux principaux feux qui ont ravagé plus de 1.500 hectares sont désormais fixés.

Emmanuel Macron a loué la "solidarité européenne", annonçant l'arrivée de l'aide de "l’Allemagne, la Grèce, la Pologne, et dans les prochaines heures la Roumanie et l’Autriche". "Sauver toutes les vies, sauver tout ce qui peut l’être, puis reconstruire: personne ne sera oublié", a-t-il ajouté sur Twitter.

Quatre avions de la flotte de l'UE ont été envoyés en France depuis la Grèce et la Suède, a aussi annoncé la Commission européenne.

La Pologne avait annoncé qu’elle allait envoyer 146 sapeurs-pompiers pour combattre les incendies dans le sud, qui devraient arriver vendredi midi selon l'Elysée. L'Allemagne envoie 64 pompiers et 24 véhicules prévus dès jeudi soir.

A Hostens (Gironde), où sont arrivés la Première ministre Elisabeth Borne et le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, soucieux de démontrer la mobilisation du pouvoir pendant les vacances gouvernementales, les pompiers ont poursuivi leur lutte contre une reprise de feu du gigantesque incendie de Landiras en juillet (14.000 hectares brûlés).

Quelque 6.800 hectares avaient été ravagés depuis mardi, selon un dernier bilan, 10.000 personnes évacuées dont 2.000 dans les Landes, pour la deuxième fois pour certains.

Jeudi matin, un voile de fumées sombres couvrait une partie du ciel en direction du sud- ouest, où les feux ont progressé dans la nuit.

Sur la D110, l’unique route ouverte à la circulation, plus à l’est, quelques braises encore fumantes persistaient dans des parcelles de pins à moitié brûlés, dont seule la tête gardait son vert.

«On se croirait en Californie»

Plusieurs habitations évacuées arboraient des banderoles "merci pour nos maisons", "merci les pompiers", peintes sur des draps blancs.

"On se croirait en Californie, c’est gigantesque... pourtant il y a une culture du feu de forêt" localement, indiquait les yeux cernés à l’AFP Rémy Lahay, pompier professionnel de la Rochelle, 22 ans de carrière, "mais là on se fait déborder de partout. Personne ne peut s’attendre à ça".

La sécheresse qui sévit toujours sur la région et les températures caniculaires, se conjuguant avec un air très sec, créent toujours un "risque très sévère d'éclosion de feu", selon la préfecture de Gironde.

Dans le Sud-Ouest, selon Météo-France, 35 à 39 degrés sont attendus, localement jusqu'à 40 degrés en Nouvelle-Aquitaine, mais le reste du pays n'est pas épargné avec 31 à 36 degrés sur la moitié nord, ainsi que dans le Languedoc-Roussillon, en Auvergne-Rhône-Alpes et en PACA.

Plus de 40.000 hectares ont déjà brûlé cette année en France selon la sécurité civile, mais il y aurait plutôt de l’ordre de 50.000 hectares selon des données satellitaires européennes: c'est dans tous les cas plus de trois fois la moyenne annuelle des dix dernières années, à l’image d’autres pays comme l’Espagne, alors que l'été n'est pas terminé.

Et la pluie n'est pas attendue avant dimanche.

L'un des effets les plus scientifiquement vérifiés du changement climatique est que les vagues de chaleur vont se multiplier, s'allonger et s'intensifier. Une canicule se définit par trois critères: des températures anormalement élevées, des nuits chaudes qui empêchent le corps de se refroidir, pendant plusieurs jours.

Les scientifiques estiment qu'en Europe, le nombre de morts liées au stress thermique pourrait doubler voire tripler selon l'ampleur du réchauffement de la planète au cours du siècle.

En Gironde et dans les Landes, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé mercredi le renforcement des moyens qui comprennent désormais "plus de 1.000 sapeurs-pompiers, 9 avions et de deux hélicoptères bombardiers d’eau".

Le ministre a par ailleurs dit soupçonner un acte d'incendiaires car huit feux très rapprochés ont démarré entre 08H et 09H mercredi.

Dans les Landes, l'autoroute A63 de Bordeaux à Bayonne a été coupée dans les deux sens au niveau de Saint-Geours-de-Maremme, la fumée environnante représentant un "risque pour les usagers".

Selon le gestionnaire d'autoroute Vinci, la barrière de péage du Biriatou a été un temps fermée aux poids lourds en direction de Bordeaux. Interrogé à ce sujet, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a dit qu’il allait "entrer en contact avec (son ) homologue pour voir ce qui peut être fait".

Dix-huit départements, du sud-ouest jusqu'à la pointe de la Bretagne, sont jeudi matin en vigilance orange, le niveau d'alerte où les habitants doivent être "très vigilants". Le niveau supérieur, rouge, n'a pas encore été activé comme mi-juillet.


Reconnaissance faciale, caméras: plainte de La Quadrature du net contre l'Intérieur

Dans la plainte collective concernant la vidéosurveillance, l'association, a expliqué à l'AFP Noémie Levain juriste à La Quadrature, s'attache à mettre en exergue "l'influence du ministère de l'Intérieur sur l'installation des caméras de surveillance (autorisations, subventions)". (AFP).
Dans la plainte collective concernant la vidéosurveillance, l'association, a expliqué à l'AFP Noémie Levain juriste à La Quadrature, s'attache à mettre en exergue "l'influence du ministère de l'Intérieur sur l'installation des caméras de surveillance (autorisations, subventions)". (AFP).
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  • Cette fois, l'association de défense des libertés numériques veut s'attaquer à ce qu'elle appelle les «quatre piliers» d'un «système de surveillance de masse»
  • Ces 4 piliers sont :  la «vidéosurveillance», la «détection automatisée des comportements», le «fichage» et la «reconnaissance faciale»

PARIS : L'association La Quadrature du net a annoncé dimanche avoir déposé une plainte collective contre le ministère de l'Intérieur pour dénoncer l'utilisation de la reconnaissance faciale, le fichage et la vidéosurveillance.

Ces plaintes collectives, au nombre de trois, ont été déposées devant la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) après que l'association a recueilli le mandat de près de 13 000 personnes via une campagne de signatures sur le site plainte.technopolice.fr.

La Quatrature du net, qui se présente comme défenseur des libertés fondamentales dans l'environnement numérique, s'est inspirée des plaintes collectives qu'elle avait déposées en 2018 contre les Gafam en s'appuyant sur le règlement général sur la protection des données (RGPD).

Ces procédures avaient abouti à de lourdes amendes contre Google et Amazon, respectivement de 50 et 746 millions d'euros.

Cette fois, l'association de défense des libertés numériques veut s'attaquer à ce qu'elle appelle les "quatre piliers" d'un "système de surveillance de masse":  "vidéosurveillance", la "détection automatisée des comportements", le "fichage" et la "reconnaissance faciale".

Dans la plainte collective concernant la vidéosurveillance, l'association, a expliqué à l'AFP Noémie Levain juriste à La Quadrature, s'attache à mettre en exergue "l'influence du ministère de l'Intérieur sur l'installation des caméras de surveillance (autorisations, subventions)", puis à démontrer "en quoi ces dispositifs sont illégaux car leur proportionnalité n'est jamais justifiée". L'objectif étant d'obtenir le retrait de l'ensemble des caméras déployées dans l'espace public.

La seconde plainte concerne les fichiers TAJ (Traitement automatisé des antécédents judiciaires), qui comprend "huit millions" de photos de visage.

La troisième a trait aux fichiers TES (Titres électroniques sécurisés) qui comportent les photos de tout demandeur de carte d'identité ou de passeport.

S'agissant des TAJ, l'association dénonce l'illégalité des données collectées, car "un grand nombre d'informations ne sont pas en rapport avec une procédure judiciaire, soit pas mises à jour".

Elle relève aussi que les policiers et gendarmes l'utilisent en "dehors de toute procédure judiciaire, notamment lors de contrôles d'identités".

Concernant les TES, la plainte dénonce notamment "le manquement à l'obligation de sécurité du ministre par les choix d'une architecture centralisée, malgré les risques de détournement", a expliqué la juriste.

Il s'agit pour l'association d'obtenir le retrait des photos.


Spectaculaire incendie dans un entrepôt du marché de Rungis

Des pompiers s'efforcent d'éteindre un incendie dans un bâtiment du marché de gros alimentaire "Marché international de Rungis" à Rungis, au sud de Paris, le 25 septembre 2022. (AFP).
Des pompiers s'efforcent d'éteindre un incendie dans un bâtiment du marché de gros alimentaire "Marché international de Rungis" à Rungis, au sud de Paris, le 25 septembre 2022. (AFP).
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  • «Trente engins sont sur place et une centaine de pompiers sont mobilisés», a indiqué un porte-parole des sapeurs-pompiers de Paris
  • «Le feu est presque maîtrisé, il n'y a pas de victimes et il n'y a pas de risque de propagation du feu», a-t-il ajouté

PARIS : Un spectaculaire incendie s'est déclaré dimanche en fin de matinée dans un entrepôt du marché de Rungis sans faire de victimes, selon les premiers éléments fournis par les pompiers contactés par l'AFP.

"Trente engins sont sur place et une centaine de pompiers sont mobilisés", a indiqué un porte-parole des sapeurs-pompiers de Paris. "Le feu est presque maîtrisé, il n'y a pas de victimes et il n'y a pas de risque de propagation du feu", a-t-il ajouté.

"Un incendie s'est déclaré dans un entrepôt de fruits et légumes vers 12h20", a précisé sur son compte Twitter la préfecture du Val-de-Marne. Une épaisse fumée noire était visible plusieurs kilomètres à la ronde en milieu de journée au sud de Paris.

Les pompiers ont conseillé, via leur compte Twitter, d'éviter les "déplacements dans ce secteur" et de faciliter "le passage des secours".

Le marché d'intérêt national (MIN) de Rungis, le plus grand marché de gros et de produits frais au monde, s'étend sur 234 hectares. Il est situé à sept kilomètres au sud de Paris dans le Val-de-Marne.

Fin juin, un incendie s'était déclenché dans la zone industrielle du marché sans faire de blessé ni provoquer de danger immédiat. Un feu de four s'était déclenché avant de se propager dans un catalyseur.


Cinq policiers blessés lors d'un refus d'obtempérer près de Bayonne

Les policiers étaient intervenus aux alentours de 03H00 du matin pour mettre fin à un rodéo urbain entre deux véhicules dans la commune d'Anglet. (AFP).
Les policiers étaient intervenus aux alentours de 03H00 du matin pour mettre fin à un rodéo urbain entre deux véhicules dans la commune d'Anglet. (AFP).
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  • Selon Éric Marrocq, secrétaire régional du syndicat de police Alliance Aquitaine, ces policiers ont tenté de contrôler l'un des conducteurs pour mettre fin à un rodéo urbain
  • Mais ce dernier choisit de prendre la fuite, faisant d'abord une marche arrière puis une marche avant, et blesse au passage trois premiers policiers

BORDEAUX : Cinq policiers ont été légèrement blessés dans la nuit de samedi à dimanche en tentant de mettre fin à un rodéo urbain près de Bayonne, à Anglet, a t-on appris de sources ayant connaissance du dossier.

Le conducteur, qui a refusé d'obtempérer, a pris la fuite. Son véhicule, volé, a été retrouvé un peu plus tard.

Les policiers étaient intervenus aux alentours de 03H00 du matin pour mettre fin à un rodéo urbain entre deux véhicules dans la commune d'Anglet.

Selon Éric Marrocq, secrétaire régional du syndicat de police Alliance Aquitaine, ils tentent alors de contrôler l'un des conducteurs, toujours présent sur place.

Mais ce dernier choisit de prendre la fuite, faisant d'abord une marche arrière puis une marche avant, et blesse au passage trois premiers policiers. L'un d'eux, qui s'était accroché au véhicule, s'est notamment "fait rouler sur le pied".

Un quatrième policier, en état de choc, a alors ouvert le feu à plusieurs reprises en direction du véhicule, indique une source.

Le fuyard a par la suite percuté une autre voiture de police, faisant un dernier blessé léger.

Le véhicule "qui avait été volé" a été retrouvé vide un peu plus tard dans la nuit indique Éric Marrocq qui exprime "son soutien à (s)es collègues".

La police judiciaire de Bayonne a été saisie.