Le ministre de la Justice assure avoir «personnellement approuvé» la perquisition chez Trump

Le procureur général américain Merrick Garland (Photo, AFP).
Le procureur général américain Merrick Garland (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 12 août 2022

Le ministre de la Justice assure avoir «personnellement approuvé» la perquisition chez Trump

  • Cette perquisition sans précédent par le FBI chez un ancien président des Etats-Unis a eu lieu lundi dans la résidence de luxe de Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride
  • M. Trump, qui a reçu une copie du mandat mais ne l'a pas révélée, a jusqu'à vendredi pour contester cette requête

WASHINGTON: Le ministre américain de la Justice Merrick Garland a affirmé jeudi avoir "personnellement approuvé" la perquisition spectaculaire du FBI chez l'ancien président Donald Trump en Floride, et a condamné les "attaques infondées" contre son ministère et la police fédérale après ce raid qui a suscité la colère des républicains.

Lors d'une conférence de presse exceptionnelle, M. Garland n'a rien dévoilé des raisons et des résultats de cette opération mais il a - fait inhabituel - annoncé avoir demandé que le mandat ayant permis la perquisition soit rendu public.

"J'ai personnellement approuvé la décision de réclamer un mandat de perquisition pour cette affaire", a déclaré M. Garland lors d'une courte et rare intervention télévisée.

"Le ministère ne prend pas ce genre de décision à la légère", a-t-il ajouté, précisant qu'elle avait été approuvée par un juge fédéral.

Soulignant que des "obligations éthiques" l'empêchaient de détailler les raisons du raid, M. Garland a dit avoir demandé à un juge de Floride de lever la confidentialité du mandat, M. Trump ayant publiquement confirmé la perquisition et au vu de "l'intérêt public important" pour cette affaire.

M. Trump, qui a reçu une copie du mandat mais ne l'a pas révélée, a jusqu'à vendredi pour contester cette requête.

Pour des analystes, M. Garland renvoie ainsi la balle à Donald Trump, qui assure que la perquisition est injustifiée et a été menée pour des raisons politiques, le mettant de fait au défi de s'opposer à la publication du mandat.

La perquisition de la police fédérale a-t-elle à voir avec les nombreux cartons que Donald Trump a emportés avec lui en quittant la Maison Blanche en janvier 2021? Est-elle liée à l'enquête sur sa responsabilité dans l'assaut du Capitole? Concerne-t-elle plutôt les soupçons de fraude financière dont la Trump Organization fait l'objet à New York?

Dans le document judiciaire demandant la levée de la confidentialité du mandat, le ministère de la Justice a mentionné, sans les contredire, les déclarations publiques de représentants de M. Trump indiquant que le FBI était à la recherche de documents d'archives issus de la Maison Blanche et peut-être classifiés.

Selon le Washington Post, citant des sources anonymes proches du dossier, certains des documents recherchés ont trait à des armes nucléaires.

Sans précédent

Cette perquisition sans précédent par le FBI chez un ancien président des Etats-Unis a eu lieu lundi dans la résidence de luxe de Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride.

Outré, le 45e président américain a écrit jeudi sur son réseau social Truth Social que ses avocats étaient en train de coopérer "pleinement" avec les autorités quand "soudain et sans prévenir, Mar-a-Lago a été perquisitionné, à 06h30 du matin, par un TRES grand nombre d'agents".

Il s'est aussi plaint du fait que les agents aient "fouillé les placards de la Première dame et cherché dans ses vêtements et ses effets personnels", les laissant dans "un désordre relatif".

La veille, il avait suggéré que le FBI avait pu avoir "placé" des preuves contre lui lors de cette opération.

Jamais un ancien locataire de la Maison Blanche n'avait été inquiété par la justice de cette façon.

Des sympathisants républicains, pourtant connus pour afficher d'ordinaire leur soutien aux forces de l'ordre, ont critiqué le FBI de manière virulente.

L'Association des agents du FBI a qualifié jeudi les "appels à la violence contre la police" d'"inacceptables" et le directeur du FBI, Christopher Wray, a dénoncé des "attaques infondées" qui "sapent le respect de l'Etat de droit".

Jeudi, un homme armé qui avait tenté de pénétrer dans des bureaux du FBI dans l'Ohio a été tué par les forces de l'ordre après une longue confrontation.

Sous pression

Dans la foulée de la perquisition, les ténors républicains ont fait bloc avec leur ancien président, qui n'a pas reconnu sa défaite en 2020 et envisage de se représenter en 2024.

L'ancien vice-président Mike Pence, lui-même possible rival de Donald Trump dans deux ans, a fait part de sa "profonde préoccupation" après le raid du FBI.

Le milliardaire républicain a aussi été soumis à une audition sous serment, mercredi, dans le bureau de la procureure générale de New York.

Mais il a invoqué pendant quatre heures plus de 440 fois son droit de ne pas répondre aux questions, en vertu du 5e amendement de la Constitution américaine, selon des médias américains.

La plus haute magistrate de l'Etat de New York, Letitia James, enquête au civil depuis 2019 sur des soupçons de fraudes financières et fiscales au sein du groupe familial Trump Organization.


Manifestations en Iran: 450 nouvelles arrestations dans le nord

 Des manifestants pro-gouvernementaux iraniens agitent un drapeau national géant lors d'un rassemblement contre les récentes manifestations anti-gouvernementales en Iran, à Téhéran, le 25 septembre 2022. (AFP).
Des manifestants pro-gouvernementaux iraniens agitent un drapeau national géant lors d'un rassemblement contre les récentes manifestations anti-gouvernementales en Iran, à Téhéran, le 25 septembre 2022. (AFP).
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  • Les manifestations ont commencé le 16 septembre, date du décès de Mahsa Amini arrêtée trois jours auparavant à Téhéran
  • Selon un bilan officiel non détaillé, incluant manifestants et forces de l'ordre, 41 personnes ont été tuées en dix jours de protestations

TEHERAN: Les autorités ont interpellé 450 nouveaux manifestants dans le nord de l'Iran où plus de 700 personnes ont déjà été arrêtées pour avoir participé aux protestations contre la mort d'une jeune femme détenue par la police des moeurs, a annoncé lundi un média officiel.

"Lors des troubles de ces derniers jours, 450 émeutiers ont été arrêtés à Mazandaran", a déclaré le procureur général de la province, Mohammad Karimi, cité par l'agence officielle Irna.

Samedi, les autorités avaient fait état de 739 manifestants arrêtés parmi lesquels 60 femmes à Guilan, province voisine de Mazandaran, dans le nord du pays.

Les manifestations ont commencé le 16 septembre, date du décès de Mahsa Amini arrêtée trois jours auparavant à Téhéran pour "port inapproprié de vêtements" dans la République islamique où le code vestimentaire pour les femmes est strict, en particulier le port du voile islamique.

Le mouvement de contestation s'est propagé dans plusieurs villes du pays, où les manifestants ont crié des slogans hostiles au pouvoir, selon les médias locaux.

"Au cours des derniers jours, des émeutiers ont attaqué des bâtiments gouvernementaux et endommagé des biens publics dans certaines régions de Mazandaran sous la direction d'agents étrangers", a-t-il affirmé.

Dimanche, le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a menacé de ne faire preuve d'"aucune indulgence" vis-à-vis des manifestants et appelé les forces de l'ordre à agir "fermement" contre "ceux qui portent atteinte à la sécurité".

Selon un bilan officiel non détaillé, incluant manifestants et forces de l'ordre, 41 personnes ont été tuées en dix jours de protestations. Mais le bilan pourrait être plus lourd, l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, faisant état d'au moins 57 manifestants tués.

L'agence de presse Tasnim a publié lundi une vingtaine de photos de manifestants parmi lesquels des femmes dans diverses rues de Qom, importante ville sainte chiite située à près de 150 km au sud de la capitale.

Les institutions militaires et sécuritaires ont publié ces images des "meneurs des émeutes" et appelé les habitants à les "identifier et informer les autorités", ajouté l'agence.


Ukraine: un ex-militaire russe fuit l'ordre de mobilisation par «dégoût»

Un ancien officier russe anonyme est photographié lors d'un entretien en Finlande, le 24 septembre 2022 (Photo, AFP).
Un ancien officier russe anonyme est photographié lors d'un entretien en Finlande, le 24 septembre 2022 (Photo, AFP).
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  • Né en Crimée, péninsule du sud de l'Ukraine annexée en 2014 par la Russie, Alex témoigne sans que son identité complète ne soit révélée, de peur des conséquences pour sa femme et sa fille qu'il a dû laisser en Russie
  • A cause de son passé d'officier, Alex craint de figurer parmi ceux que la Russie veut mobiliser pour le front ukrainien

HELSINKI: Dès qu'il a entendu le président russe Vladimir Poutine annoncer une "mobilisation partielle" pour la guerre en Ukraine, Alex, un ancien officier russe, a sauté dans sa voiture et roulé jusqu'en Finlande avec une seule valise.

"Je ne veux pas tuer mon peuple slave, mes frères, mes sœurs", dit le quadragénaire à l'AFP depuis une modeste chambre d'hôtel dans le pays nordique, où il est arrivé jeudi.

"J'ai un dégoût physique d'être en présence de nos citoyens russes qui soutiennent la guerre", explique celui qui est aujourd'hui ingénieur en informatique.

Né en Crimée, péninsule du sud de l'Ukraine annexée en 2014 par la Russie, Alex témoigne sans que son identité complète ne soit révélée, de peur des conséquences pour sa femme et sa fille qu'il a dû laisser en Russie.

«Premier menacé»

"Elles sont otages, si mon visage apparaît elle risquent la prison", dit l'ancien militaire.

A cause de son passé d'officier, Alex craint de figurer parmi ceux que la Russie veut mobiliser pour le front ukrainien. "J'ai été dans l'armée pendant huit ans (...) J'ai un rang d'officier. Je suis le premier menacé", plaide-t-il.

Pour lui, "tout a changé" lorsqu'il a participé à une manifestation à Saint-Pétersbourg au lendemain de l'annonce de la mobilisation et qu'il a vu que si peu de ses concitoyens y participaient.

C'est alors, dit-il, qu'il a réalisé qu'il n'y avait "plus rien à faire" pour la Russie et qu'il s'est convaincu que le pays allait s'effondrer: "Je sais ce que l'armée russe est de l'intérieur, je suis profondément convaincu que Poutine va perdre".

"Des esclaves qui ne veulent pas se battre ne vaincront jamais quelqu'un de leur vie", assure l'ancien officier.

Né à Sébastopol, en Crimée, avant la chute de l'URSS, Alex a eu pendant un temps un passeport ukrainien, mais il n'a pu garder sa double nationalité quand il a entamé sa carrière militaire.

Aujourd'hui, ses parents le considèrent comme un "traître" et il "ne serait pas surpris" si sa mère le dénonçait au FSB, le service de renseignement russe.

En juillet, dès que les restrictions aux frontières liées au Covid-19 ont été levées et que l'entrée en Finlande est redevenue possible, Alex a commencé à travailler pour un réseau de volontaires appelé "Rubikus", qui aidait des Ukrainiens évacués de force côté russe à quitter la Russie.

«Maison» contre «patrie»

Dans ce but, il a obtenu un visa Schengen de touriste pour conduire des Ukrainiens vers la Finlande et l'Estonie.

Inquiet de la décision d'Helsinki de bloquer sous peu l'entrée des citoyens russes munis de ces visas, Alex a la voix qui tremble en parlant des Ukrainiens qui tentent de fuir.

"L'Ukraine est ma patrie. Et la Russie c'est ma maison. En ce moment, ma maison tue ma patrie", lâche-t-il.

Confrontée à un afflux de Russes à sa frontière depuis l'ordre de mobilisation de Vladimir Poutine mercredi, la Finlande a annoncé vendredi qu'elle allait "significativement restreindre" leur accès au pays nordique, déjà devenu un lieu de transit cet été pour le reste de l'Europe.

Même si Alex dit comprendre les inquiétudes d'Helsinki, il pense que c'est une erreur. "La plupart des gens qui passent la frontière (...) ne veulent pas tuer, ne veulent pas servir le régime", souligne l'ex-officier.

Pour lui, l'Occident ne devrait pas considérer chaque Russe comme responsable de la guerre en Ukraine. En fermant la frontière, l'Ouest "rejette" les Russes "qui croient encore en lui".

Aujourd'hui Alex fait son possible pour exfiltrer sa famille de Russie. Avec une certitude: celle de ne plus jamais vouloir y vivre.


Les Etats-Unis et la Corée du Sud débutent des manœuvres navales conjointes

Ces exercices démarrent au lendemain d'un test de missile balistique par Pyongyang, le dernier en date d'une longue série entamée il y a plusieurs mois (Photo, AFP).
Ces exercices démarrent au lendemain d'un test de missile balistique par Pyongyang, le dernier en date d'une longue série entamée il y a plusieurs mois (Photo, AFP).
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  • Les exercices, d'une durée de quatre jours, mobilisent plus d'une vingtaine de navires
  • Ils consisteront en des simulations de combat naval et de lutte anti-sous-marins, dans des manœuvres tactiques et autres opérations maritimes

SEOUL: La Corée du Sud et les Etats-Unis ont entamé lundi leurs premiers exercices navals combinés en cinq ans près de la péninsule, au lendemain du lancement par la Corée du Nord d'un missile balistique.

Les Etats-Unis sont le principal allié en matière de sécurité de la Corée du Sud, où sont stationnés quelque 28 500 soldats américains pour protéger le pays contre son voisin du Nord doté de l'arme nucléaire.

Le président conservateur sud-coréen Yoon Suk-yeol, arrivé au pouvoir en mai, cherche à renforcer cette alliance militaire après l'échec des tentatives de rapprochement diplomatique avec Pyongyang menées par le gouvernement précédent.

"Cet exercice a été préparé pour démontrer la forte volonté de l'alliance Corée-du-Sud-Etats-Unis de répondre aux procations nord-coréennes", a affirmé la marine sud-coréenne dans un communiqué.

Les exercices, d'une durée de quatre jours, mobilisent plus d'une vingtaine de navires, parmi lesquels le porte-avions américain à propulsion nucléaire USS Ronald Reagan, ainsi que d'importants moyens aériens.

Ils consisteront en des simulations de combat naval et de lutte anti-sous-marins, dans des manœuvres tactiques et autres opérations maritimes, a précisé la marine.

Ces exercices démarrent au lendemain d'un test de missile balistique par Pyongyang, le dernier en date d'une longue série entamée il y a plusieurs mois. La Corée du Nord, sous le coup de sanctions internationales pour ses programmes d'armement, a par ailleurs adopté début septembre une nouvelle doctrine proclamant qu'elle ne renoncera jamais à l'arme nucléaire.

Washington et Séoul effectuent depuis longtemps des exercices militaires conjoints. Les deux alliés insistent sur leur caractère purement défensif, mais la Corée du Nord les considère comme des répétitions générales pour une future invasion de son territoire.

Le mois dernier, les Etats-Unis et la Corée du Sud ont mené leurs plus grands exercices militaires conjoints depuis 2018. Ces exercices avaient été réduits en raison de la Covid-19 et d'un réchauffement diplomatique, désormais terminé, entre Séoul et Pyongyang.