Energie solaire: les sciences photovoltaïques vers leur zénith

Les technologies permettant de produire de l'électricité à partir du soleil évoluent très vite et les coûts se réduisent fortement, donnant à la science photovoltaïque une place centrale dans la transition énergétique. (AFP)
Les technologies permettant de produire de l'électricité à partir du soleil évoluent très vite et les coûts se réduisent fortement, donnant à la science photovoltaïque une place centrale dans la transition énergétique. (AFP)
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Publié le Vendredi 12 août 2022

Energie solaire: les sciences photovoltaïques vers leur zénith

  • Selon un rapport des scientifiques du Giec publié début 2022, les coûts unitaires du solaire ont chuté de 85% entre 2010 et 2019, et ceux de l'éolien de 55%
  • Entre l'envolée des prix des énergies fossiles et les craintes sur la sécurité énergétique causées par l'invasion russe de l'Ukraine, le développement des renouvelables est déjà amorcé

PARIS: Les technologies permettant de produire de l'électricité à partir du soleil évoluent très vite et les coûts se réduisent fortement, donnant à la science photovoltaïque une place centrale dans la transition énergétique.

Pour atteindre la neutralité carbone en milieu de siècle et limiter le réchauffement climatique à 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle -comme prévu par l'accord de Paris sur le climat- la planète devra installer chaque année d'ici 2030 quatre fois plus de capacités solaires qu'elle ne le fait aujourd'hui, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

La bonne nouvelle est que les prix ont baissé de façon spectaculaire.

Selon un rapport des scientifiques du Giec publié début 2022, les coûts unitaires du solaire ont chuté de 85% entre 2010 et 2019, et ceux de l'éolien de 55%.

Mais "c'est probablement le moyen le moins cher qu'ait trouvé l'humanité pour produire de l'électricité à grande échelle", estime Gregory Nemet, professeur à l'Université de Wisconsin-Madison, l'un des principaux auteurs du rapport.

Entre l'envolée des prix des énergies fossiles et les craintes sur la sécurité énergétique causées par l'invasion russe de l'Ukraine, le développement des renouvelables est déjà amorcé.

Selon un rapport de BloombergNEF, les investissements mondiaux dans les projets solaires ont progressé de 33% au premier semestre par rapport à l'an dernier, à 120 milliards de dollars. Dans l'éolien, ils ont augmenté de 16% à 84 milliards de dollars.

Et le plan climatique de Joe Biden en passe d'être adopté au Congrès américain a musclé cette impulsion, avec 370 milliards de dollars d'argent public en incitations fiscales destinées à faire baisser de 40% les émissions américaines de gaz à effet de serre d'ici 2030 (par rapport à 2005).

"Le plan de M. Biden va permettre de réinstaller une industrie de panneaux solaires aux Etats-Unis", a jugé la directrice de la Fondation européenne pour le climat, Laurence Tubiana, dans le quotidien français Le Monde jeudi.

Selon M. Nemet, il est plausible que le solaire à lui seul représente la moitié de l'électricité mondiale d'ici le milieu du siècle. "Il y a un gros potentiel", dit-il.

Découverte française 

"L'effet photovoltaïque" --processus qui permet de produire de l'électricité à partir du rayonnement solaire-- a été découvert en 1839 par le physicien français Edmond Becquerel.

Les premières cellules à base de silicium ont été développées aux Etats-Unis dans les années 1950. Mais aujourd'hui, la grande majorité des panneaux solaires sont fabriqués en Chine.

Selon l'AIE, les nouvelles cellules photovoltaiques sur le marché sont 20% plus efficaces pour convertir la lumière en énergie qu'elles ne l'étaient il y a seulement cinq ans, grâce à de nouveaux matériaux hybrides.

Parmi les innovations figurent les panneaux dits "à couche mince", moins chers que les cellules en silicium. Ils peuvent être "imprimés" sur tous types de support, à partir d'encres en cristaux de perovskite, un matériau découvert au 19e siècle par le minéralogiste russe Lev Perovski.

Selon les experts, cette découverte pourrait révolutionner le secteur en multipliant les lieux où l'on peut produire de l'énergie solaire. A condition que cette nouvelle génération de panneaux se dégrade moins vite qu'actuellement, et puisse durer au moins 20 ans.

Ce que des recherches récentes semblent rendre possible.

Dans la revue Science en avril, des scientifiques ont rapporté être parvenus à rendre les panneaux en perovskite aussi efficaces que ceux en silicium.

Une autre étude publiée dans Nature parie sur des semi-conducteurs en "tandem" pour accroître la conversion en énergie du domaine spectral du rayonnement solaire: le perovskite pour les infrarouges et un matériau plus carboné pour les ultraviolets.

«Créativité»

Reste à résoudre le problème de la nuit, lorsqu'il n'y a plus de rayonnement solaire.

Des chercheurs de Stanford ont réussi cette année à produire une cellule solaire qui peut générer de l'énergie durant la nuit grâce à la chaleur générée par la Terre.

"Il y a beaucoup de créativité dans cette industrie", relève Ron Schoff, qui dirige la recherche sur les renouvelables au sein de l'Institut sur la recherche électrique (EPRI) basé aux Etats-Unis.

Selon lui, l'une des réponses au problème de l'occupation croissante des sols par les fermes solaires reposera sur les panneaux bifaces: ils produisent de l'électricité sur leurs deux faces à partir de la lumière du soleil et de la lumière réfléchie par le sol.

D'autres solutions parient sur l'agrivoltaïsme, des panneaux semi-transparents abritant des cultures. En Inde, des panneaux sont installés sur des canaux depuis une décennie, produisant de l'électricité et réduisant l'évaporation.

Selon M. Nemet, les consommateurs peuvent aussi jouer un rôle en faisant évoluer leurs heures de consommation ou en se regroupant en réseaux privés dans une approche Airbnb.


Marque légendaire et florissante, Porsche promet d'électriser la Bourse

Volkswagen voit grand et lance Porsche jeudi en bourse, valorisant sa marque de bolides des dizaines de milliards d'euros dans l'une des plus grosses opérations boursières de la place de Francfort (Photo, AFP).
Volkswagen voit grand et lance Porsche jeudi en bourse, valorisant sa marque de bolides des dizaines de milliards d'euros dans l'une des plus grosses opérations boursières de la place de Francfort (Photo, AFP).
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  • Porsche est actuellement détenu à 100 % par le groupe Volkswagen, qui est lui-même contrôlé par la holding Porsche SE
  • Volkswagen va céder 25% du capital à Porsche SE qui disposera d'une minorité de blocage chez le constructeur de voitures de sport

 

FRANCFORT: En pleine morosité des marchés financiers, Volkswagen voit grand et lance Porsche jeudi en bourse, valorisant sa marque de bolides des dizaines de milliards d'euros dans l'une des plus grosses opérations boursières de la place de Francfort.

Pour séduire les investisseurs, le constructeur de la mythique 911 mise sur sa santé financière insolente, comme tout le secteur de l'automobile de luxe, et sur une histoire presque centenaire qui en a fait une référence des voitures de sport "made in Germany".

"Certains clients potentiels ne sont peut-être pas encore en mesure de s'offrir une Porsche, mais ils peuvent acheter des actions", notait récemment le directeur financier Lutz Meschke, confiant dans la puissance de la marque.

En termes de volume d'émission, il s'agira de la deuxième introduction en bourse en Allemagne après celle de Deutsche Telekom en 1996 et de la plus importante en Europe depuis 2011 avec le géant suisse des matières premières Glencore.

Si Volkswagen ne place pas plus de 12,5% du capital de sa pépite en Bourse, le deuxième groupe automobile mondial compte en tirer des milliards de liquidités à injecter dans sa coûteuse transition vers la voiture électrique et autonome.

Mega valorisation 

Volkswagen propose un total de 114 millions d'actions de "Porsche AG", à un prix unitaire compris entre 76,50 à 82,50 euros. Soit un volume d'émission entre 8,7 à 9,4 milliards d'euros et une valorisation stratosphérique d'environ 75 milliards d'euros.

Cette capitalisation dépasserait la valeur d'autres géants allemands tels que BMW (49 milliards d'euros) et Mercedes-Benz (61 milliards d'euros) qui vendent bien plus de voitures que la firme de Zuffenhausen, près de Stuttgart (sud).

L'opération est d'autant plus exceptionnelle que, ces derniers mois, les introductions en Bourse sont rares en Europe dans un environnement marqué par l'inflation, la hausse des taux et la guerre en Ukraine.

Mais l'arrivée de Porsche en Bourse suscite l'appétit : des titres s'échangeaient la semaine dernière à près de 94 euros sur le marché gris, selon Bloomberg.

Volkswagen a déjà confirmé avoir attiré des actionnaires de référence comme les fonds d'investissement publics du Qatar et d'Abu Dhabi, le fonds souverain norvégien et le gestionnaire d'actifs américain T. Rowe Price.

Ensemble, ils vont détenir près de 3,6 milliards d'euros d'actions préférentielles, le Qatar représentant la plus grande part.

Les perspectives florissantes de l'entreprise y sont pour beaucoup : le nombre d'unités vendues a franchi l'an dernier la barre symbolique des 300 000.

Pour cette année, Porsche a relevé son objectif de marge opérationnelle qui doit désormais atteindre entre 17 et 18 %. Le chiffre d'affaires est attendu en croissance de 11 à 14% par rapport à 2021.

Exception dans sur un marché automobile poussif, le secteur des voitures de luxe se porte au mieux, il "augmentera de 13 % par an à long terme, soit plus de trois fois plus vite que le segment du marché de masse", selon les analystes de Berenberg.

Le fabricant de bolides se convertit progressivement à l'électrique, avec le "Tycan" dont il a écoulé près de 20.000 exemplaires de janvier à juin, une nouvelle "Macan" électrique attendue en 2024 et le lancement d'un nouveau SUV au milieu de la décennie.

Influence des familles Porsche et Piëch 

Porsche est actuellement détenu à 100 % par le groupe Volkswagen, qui est lui-même contrôlé par la holding Porsche SE, trésor des familles Porsche et Piëch qui vont renforcer leur assise à travers cette IPO.

Outre les actions dites préférentielles - sans droit de vote - que vont s'arracher les investisseurs, Volkswagen va céder 25% du capital à Porsche SE qui disposera d'une minorité de blocage chez le constructeur de voitures de sport.

Volkswagen va au total encaisser une manne d'environ 19 milliards d'euros, dont la moitié servira aux investissements dans l'électrique, le groupe prévoyant de construire six usines de cellules de batteries en Europe et de muscler Cariad, la filiale qui développe les logiciels des voitures électriques et autonomes.

Volkswagen espère aussi que la cession partielle de Porsche va gonfler sa valeur en Bourse qui est d'environ 90 milliards d'euros, soit une fraction de la capitalisation boursière de son rival américain Tesla, valorisé environ 950 milliards de dollars


Les actifs du secteur bancaire saoudien devraient atteindre 1 200 milliards de dollars d’ici à 2030

Le total des actifs bancaires s’élève à 3 500 milliards de riyals saoudiens à la fin du deuxième trimestre 2022. (Shutterstock)
Le total des actifs bancaires s’élève à 3 500 milliards de riyals saoudiens à la fin du deuxième trimestre 2022. (Shutterstock)
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  • Le ministre des Finances note que le dynamisme croissant de l’économie saoudienne reflète la solidité des politiques financières et son aptitude à s’adapter aux défis
  • Il salue les résultats obtenus par le Programme de développement du secteur financier, le Programme de viabilité financière et le Programme du centre national de privatisation

RIYAD: Le secteur financier saoudien vise à porter le total des actifs du secteur bancaire à plus de 4 500 milliards de riyals saoudiens (SAR), soit 1,2 milliard de dollars (1 dollar = 1,04 euro) d’ici à 2030, a déclaré le ministre des Finances du Royaume.

Lors du discours qu’il a prononcé à l’occasion de la 92e fête nationale, Mohammed ben Abdallah al-Jadaan précise que le total des actifs bancaires s’élève à 3 500 milliards de riyals saoudiens à la fin du deuxième trimestre 2022, selon Asharq al-Awsat.

Il indique que le dynamisme croissant de l’économie saoudienne reflète la solidité des politiques financières et son aptitude à s’adapter aux défis.

Il salue les résultats obtenus par le Programme de développement du secteur financier, le Programme de viabilité financière et le Programme du centre national de privatisation.

En septembre 2022, le Programme de développement du secteur financier avait déjà porté le nombre d’entreprises efficaces dans la technologie financière à plus de cent vingt, ajoute M. Al-Jadaan.

En ce qui concerne le Programme de viabilité financière, le ministre note qu’il contribue à la réalisation de nombreuses réformes structurelles.

Il fait en outre observer que l’augmentation des taux de croissance et d’emploi ainsi que le maintien de la viabilité financière permettront d’atteindre la stabilité financière et économique.
M. Al-Jadaan explique que le programme de privatisation a contribué à renforcer le partenariat entre les secteurs public et privé.

Il ajoute que le Programme du centre national de privatisation a aidé à l’élaboration des structures générales du système de privatisation.

En août, le secteur bancaire saoudien a montré qu’il continuait à surpasser ses homologues régionaux en 2021. Ses actifs connaissent en effet une croissance record de 10%, ayant atteint 3 300 milliards de SAR, selon un rapport publié par The Banker.

Le classement des cent meilleures banques arabes établi par ce magazine a montré que les fonds propres de catégorie 1 combinés des prêteurs saoudiens sont plus élevés que ceux de tout autre pays de la région.

Le classement a été publié pour l’année 2022 et les données utilisées pour la liste se rapportaient à 2021.

Alors que la hausse des prix du pétrole a favorisé un redressement de la croissance économique du Royaume de 3,1% en 2021, contre une contraction de 4,1% l’année précédente, c'est le marché hypothécaire en plein essor du pays, alimenté par les initiatives gouvernementales visant à aider les citoyens saoudiens à acquérir des biens, qui continue de dynamiser les bilans des banques.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'industrie en Ukraine, autre grande victime de la guerre

Des employés travaillent sur une machine à coulée continue dans l'usine de l'entreprise sidérurgique intégrée ArcelorMittal Kryvyj Rih, dans la ville de Kryvyj Rih, dans le centre de l'Ukraine, le 21 septembre 2022 (Photo, AFP).
Des employés travaillent sur une machine à coulée continue dans l'usine de l'entreprise sidérurgique intégrée ArcelorMittal Kryvyj Rih, dans la ville de Kryvyj Rih, dans le centre de l'Ukraine, le 21 septembre 2022 (Photo, AFP).
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  • En envahissant le sud-est ukrainien, Moscou a pris le contrôle de ports majeurs, notamment ceux de Marioupol et Berdiansk
  • Dans le sud-ouest, ceux d'Odessa et Tchornomorsk sont encore sous bannière ukrainienne

KRYVYÏ RIG: Dans le gigantesque complexe ArcelorMittal de Kryvyï Rig (Sud), trois des quatre hauts fourneaux sont à l'arrêt, tout comme la mine de fer et le reste tourne au ralenti. En Ukraine, la guerre frappe l'industrie, poumon de l'économie nationale.

Le dernier haut fourneau en activité, immense cathédrale de métal qu'enserrent de colossaux tuyaux, est en activité réduite lors de la venue de l'AFP. Une poignée d'ouvriers se relaie autour d'une petite rivière de métal rougeoyant.

Dans un autre hangar de ce site de 70 km2, grand comme les deux tiers de la ville de Paris, des billettes, grosses poutres d'acier carrées, sortent sur un vaste tapis roulant. Mais deux autres installations similaires attendent en silence, un peu plus loin, que le travail reprenne.

Plus grand site "intégré" d'Ukraine, comprenant une mine de fer et une aciérie, le complexe de Kryvyï Rig est un joyau national, acheté en 2005 par ArcelorMittal pour 4,85 milliards de dollars. Ses produits ont permis l'édification de Burj Khalifa, plus haut gratte-ciel du monde, à Dubaï.

Mais depuis l'invasion de l'Ukraine le 24 février, le complexe connaît un énorme coup de frein. D'abord arrêté pendant un mois, alors que les troupes russes étaient aux portes de Kryvyï Rig, il a ensuite redémarré, à un rythme bien moins élevé.

Fin août, la production atteignait "entre 15 et 20%" de ce qu'elle était sur les huit premiers mois de 2021, estime Artem Filipiev, le directeur adjoint du site.