Le scénario catastrophe en Afghanistan continue, un an après le retrait américain

Un an après la prise de contrôle du pays par les talibans, les Afghans paient au prix fort le retour au pouvoir des militants en Afghanistan. (AFP/photo d'archives)
Un an après la prise de contrôle du pays par les talibans, les Afghans paient au prix fort le retour au pouvoir des militants en Afghanistan. (AFP/photo d'archives)
Short Url
Publié le Samedi 13 août 2022

Le scénario catastrophe en Afghanistan continue, un an après le retrait américain

  • L'économie qui dépend des dons continue sa chute libre depuis la prise de contrôle par les talibans de ce pays ravagé par la guerre
  • Les prix des denrées alimentaires et autres produits de première nécessité ont grimpé en flèche, la sécheresse aggravant l'effondrement financier

KABOUL : Lorsque les talibans ont pris Kaboul le 15 août 2021, au moment du retrait des forces américaines d'Afghanistan, leur retour au pouvoir a marqué la fin de deux décennies d’une guerre qui a fait des dizaines de milliers de victimes afghanes sur leur propre sol. 

Un an plus tard, sous la nouvelle direction, alors que le pays est appauvri et isolé sur la scène mondiale, la vie des Afghans a changé, en grande partie pour le pire.

Au cours de leur premier passage au pouvoir, de 1996 à fin 2001, les talibans ont proclamé un émirat islamique, imposant une interprétation stricte de la loi islamique, appliquée au moyen de châtiments publics et d'exécutions brutales. 

Les femmes et les jeunes filles étaient exclues de la vie publique, empêchées de travailler ou d’accéder à l’éducation, et il leur était même interdit de quitter la maison sans le niqab qui les enveloppait entièrement et sans qu'un parent masculin ne les chaperonne.

En octobre 2001, les forces américaines ont envahi l'Afghanistan et chassé les talibans du pouvoir, accusant le groupe d'abriter Oussama ben Laden, le chef d'Al-Qaida jugé responsable des attentats du 11 septembre 2001 qui ont fait près de 3 000 morts aux États-Unis.

image 4
Edi Maa tenant son bébé recevant un traitement contre la malnutrition dans un centre de nutrition de Médecins Sans Frontières (MSF) à Hérat. (AFP)

S'ensuivirent 20 années de combats sanglants entre les forces nationales afghanes, soutenues par l'OTAN, et les guérilleros talibans désireux de reprendre le pouvoir.

Sous l'administration soutenue par l'Occident, l'Afghanistan a progressé, a vu des médias indépendants émerger et un nombre croissant de filles aller à l'école et à l'université. 

Cependant, dans de nombreuses régions situées au-delà des grandes villes, les Afghans n'ont connu que la guerre, ce qui les a privés des nombreux projets de développement mis en œuvre ailleurs par les donateurs étrangers.

Maintenant que les forces dirigées par les États-Unis se sont retirées et que les talibans s’occupent de la gestion quotidienne du pays, la sécurité s'est considérablement améliorée.

image 4
Au cours de leur premier mandat au pouvoir, de 1996 à la fin de 2001, les talibans ont déclaré un émirat islamique, imposant une interprétation stricte de la loi islamique, imposée par des punitions et des exécutions publiques brutales. (AFP)

« Nous n'avons connu que la guerre au cours des dernières années. Chaque jour, nous vivions dans la peur. Maintenant, c'est calme et nous nous sentons en sécurité », a déclaré à Arab News Mohammad Khalil, un agriculteur de 69 ans du nord-ouest de la province de Balkh. « Nous pouvons enfin respirer ».

Mais cette paix précaire a un coût.

L'économie afghane, qui dépend de l'aide, est en chute libre depuis le retour au pouvoir des talibans. Des milliards de dollars d'aide étrangère ont été suspendus et quelque 9,5 milliards de dollars d'actifs de la banque centrale afghane à l'étranger ont été gelés.

Privé de reconnaissance internationale, l'aide étant suspendue et le système financier paralysé, l'Afghanistan est confronté à une catastrophe humanitaire, selon les Nations unies. Environ 20 % des 38 millions d'habitants du pays sont déjà au bord de la famine.

image 4

Le prix des produits de base est monté en flèche alors que la valeur de la monnaie afghane s'est effondrée. Une sécheresse persistante a encore aggravé la situation dans les zones rurales.

La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge estime qu'environ 70 % des familles afghanes ne sont pas en mesure de satisfaire leurs besoins alimentaires de base.

« La plupart du temps, nous mangeons du pain et buvons du thé ou simplement de l'eau. Nous ne pouvons pas nous procurer de viande, de fruits ou même de légumes pour les enfants. Seules quelques personnes ont des chèvres ou des vaches qui fournissent le lait pour les enfants », a déclaré Khalil.

Dans la capitale, Kaboul, les denrées alimentaires sont largement disponibles, mais peu de gens peuvent s'offrir un régime alimentaire riche et nutritif.

« Il y a beaucoup de produits alimentaires sur le marché, mais nous n'avons pas l'argent pour les acheter », a déclaré à Arab News Mohammad Barat, un salarié journalier de 52 ans.

La catastrophe qui s'annonce n'est pas seulement due à des niveaux de pauvreté choquants, mais aussi à la perte d'espoir et au manque d'opportunités.

Des dizaines de milliers d'Afghans ont fui le pays en plusieurs jours chaotiques en août dernier, lorsque les forces américaines et leurs partenaires de la coalition ont hâtivement évacué les Afghans de l'aéroport de Kaboul par voie aérienne. De nombreux autres, y compris des professionnels, ont depuis suivi leurs traces.

« Les médecins partent, les ingénieurs partent, les professeurs et les experts quittent également le pays », a déclaré Abdel Hamid, étudiant à l'université de Kaboul, à Arab News. « Il n'y a pas d'espoir pour un avenir meilleur ».

Ceux qui ont travaillé pour l'administration précédente soutenue par l'Occident ont été écartés de la vie publique, en particulier les femmes, qui sont désormais obligées de se couvrir le visage, n'ont pas le droit de faire seule de longs voyages et ne peuvent pas travailler dans la plupart des secteurs hormis ceux de la santé et l'éducation.

image 4
Les femmes sont confrontées à un nombre croissant de restrictions dans leur vie quotidienne. (AFP)

L'accès des femmes à l'éducation a également été strictement limité, bien que l'autorisation de scolariser les filles dans les écoles et les collèges ait été l'une des principales demandes de la communauté internationale depuis que les talibans ont repris le contrôle du pays.

À la mi-mars, après des mois d'incertitude, les talibans ont déclaré qu'ils allaient autoriser les filles à retourner à l'école. Toutefois, lorsqu'elles sont arrivées dans les écoles du pays pour reprendre leurs études, celles âgées de plus de 13 ans ont reçu l'ordre de rentrer chez elles.

Dans une décision de dernière minute, les talibans avaient annoncé que les lycées resteraient fermés aux filles jusqu'à ce qu'un plan soit prêt pour les accueillir conformément à la loi islamique.

Près de six mois plus tard, les adolescentes craignent de ne pas retourner en classe de sitôt.

« Il n'y a aucune raison d'interdire aux filles d’aller à l'école », a déclaré à Arab News Amal, une élève de 11e année au lycée Rabia Balkhi de Kaboul. « Ils ne veulent tout simplement pas que nous accédions à l’éducation ».

image 4
Maintenant que les forces dirigées par les États-Unis se sont retirées et que les talibans ont échangé la guérilla contre la gestion quotidienne du pays, la sécurité s'est considérablement améliorée. (AFP)

Malgré les affirmations répétées du groupe fondamentaliste islamique à prédominance pachtoune selon lesquelles le temps et l'expérience ont assoupli ses principes, les rues de Kaboul ressemblent de plus en plus à l'époque d'avant 2002 gouvernée par les talibans.

Depuis le rétablissement du ministère de la promotion de la vertu et de la prévention du vice, qui fait respecter l'interprétation austère de l'islam par le groupe, les vêtements traditionnels, les turbans et les burqas ont remplacé les costumes et les jeans, qui étaient considérés comme des tenues normales dans la capitale afghane il y a seulement un an.

Les symboles clés de l'identité de la nation sont également en train de changer, la bannière blanche et noire des talibans apparait désormais sur les bâtiments gouvernementaux et dans les espaces publics et remplace progressivement le drapeau tricolore de l'Afghanistan, malgré les promesses antérieures de ne pas y toucher.  

Pour certains, le remplacement de l'ancien drapeau national est plus que symbolique et témoigne de la mainmise des talibans sur le pays. 

« Il ne représente aucun gouvernement ou régime. Les talibans pourraient garder les deux », a déclaré Shah Rahim, un résident de 43 ans de Kaboul, à Arab News. 

« Le drapeau est une représentation de notre nation, de nos valeurs et de notre histoire ».

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Une vérification nucléaire «très poussée» est nécessaire en Iran après la guerre, selon le chef de l'AIEA

Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
  • "L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi
  • "Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi

TOKYO: Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

"L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi lors d'une conférence de presse au Japon.

"Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi.

Il a également indiqué que l'organisme de surveillance avait "à peine entamé" des discussions avec l'Iran à la suite de son récent accord préliminaire avec les États-Unis sur le devenir du stock d'uranium de Téhéran.

"Des discussions initiales ont eu lieu (...) Nous nous attendons à ce que ce travail s'accélère prochainement", a déclaré M. Grossi.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de la bombe atomique, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

En vertu d'une loi votée par le Parlement, les autorités iraniennes ont suspendu en juillet 2025 la coopération avec l'AIEA.

Elles avaient toutefois accepté en septembre d'accueillir de nouveau des inspecteurs, après s'être mis d'accord sur un nouveau cadre et des membres de l'agence se sont rendus ces derniers mois sur place, y compris en juin 2026 pour visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. Mais ils n'ont pas eu accès aux sites bombardés.

 


Séisme au Venezuela: au moins 235 morts, recherche effrénée des disparus

Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel. (AFP)
Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel. (AFP)
  • "Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé"
  • Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés

LA GUAIRA: Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel.

"Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé", a déclaré le ministre de la Santé Carlos Alvarado à la télévision d'Etat.

Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés.

Le séisme a fait également au moins 4.300 blessés à travers le pays, selon le ministre. Mais aussi un Italien, deux Brésiliens et deux Chinois, selon les autorités de leurs pays d'origine.

Bâtiments aplatis, montagnes de gravats où des familles en détresse tentent de retrouver des personnes ensevelies: à l'épicentre du tremblement de terre, les équipes de l'AFP ont constaté d'impressionnantes scènes de destruction qui font craindre un bilan bien plus lourd.

La zone la plus durement touchée est celle de La Guaira, au nord de la capitale Caracas, où se trouvent l'aéroport international de Maiquetia qui, endommagé, a été fermé, et la ville côtière de Catia la Mar, où plusieurs immeubles se sont écroulés.

Voix d'outre-tombe 

Comme celui où habite Antonio Bermudez: "Il y a un endroit d'où une jeune femme appelée Jennifer, du onzième étage, me répond. Mais nous n'avons aucun outil, nous n'avons aucun moyen pour aider" à l'extraire des décombres, explique-t-il.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos ont montré des scènes glaçantes de voix comme venues d'outre-tombe, audibles en certains endroits sous les monceaux de gravats, cris désespérés des enterrés vivants appelant au secours.

Lisbeth Vazquez, 37 ans, raconte à l'AFP comment les siens se sont échappés in extremis par les fenêtres de l'appartement familial lorsque l'immeuble était "en train de s'enfoncer complètement" dans le sol. "C'était terrifiant", dit-elle : "Des voisins des étages inférieurs sont ensevelis, on essaie de les sortir".

"Il ne nous reste plus rien. Rien, pas même la force ni le courage d'entrer là-dedans", soupire Larry Rojas, 49 ans, devant un tas de décombres sous lequel sont ensevelis ses proches.

"On a besoin de gens qui viennent aider. Il y a ici une petite fille qui est coincée depuis hier soir, on peut la sortir, on a besoin d'une pelleteuse", s'écrie désespéré Dani Rizo, un autre habitant du bâtiment, âge de 48 ans.

L'assistance internationale s'organise. Les Etats-Unis ont promis une réponse "importante", "rapide et efficace", par la voix de leur secrétaire d'Etat, Marco Rubio. Le département d'Etat a également annoncé l'envoi de secouristes et le déblocage d'une aide de 150 millions de dollars. L'armée américaine a fait savoir qu'elle déploierait des navires militaires, des avions et des hélicoptères en soutien aux secours.

Le Brésil a annoncé l'envoi d'aide à son voisin. De même que la Chine, l'Inde, de nombreux pays européens et latino-américains et même l'Iran, un traditionnel allié de Caracas ravagé par la guerre contre les Etats-Unis et Israël.

"Ca tremble" 

La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a décrété l'état d'urgence peu après la double secousse de magnitude 7,2 et 7,5, qui s'est produite mercredi à 18H04 (22H04 GMT).

D'après les données du Service géologique des Etats-Unis (USGS), le tremblement de terre de 7,5 est le plus fort depuis 1900 à avoir frappé le Venezuela, un pays de près de 30 millions d'habitants à l'économie en crise depuis des années.

La première secousse s'est produite à une profondeur de 21,9 km, à environ 200 km à l'ouest de Caracas. Elle a été suivie d'une seconde à 10 km de profondeur, enregistrée 39 secondes plus tard à 45 km de là, puis d'une vingtaine de répliques, selon l'USGS.

Dans la capitale, où de nombreux immeubles se sont effondrés, des rues sont jonchées de débris de verre et beaucoup de gens ont passé la nuit dehors, souvent dans leur voiture, tremblant à chacune des répliques.

Les lieux sinistrés ont également été victimes de pillages. A Catia la Mar, des hommes et des femmes sortaient les bras chargés de sacs remplis de victuailles d'un commerce d'alimentation en partie incendié, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des coupures d'électricité sont signalées et le ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, a dit avoir ordonné la coupure de l'alimentation en gaz pour "éviter tout accident".

Jeudi matin, quasiment aucun commerce n'était ouvert et la circulation automobile était dense, de nombreux habitants de Caracas cherchant à se réfugier loin des immeubles en péril.

"Ça tremble, ça tremble en ce moment", se sont mis à crier au moment d'une réplique des personnes rassemblées autour d'un immeuble déjà à terre.

"Avant même ces séismes, près de huit millions de personnes au Venezuela avaient besoin d'une aide humanitaire", a rappelé le secrétaire général adjoint de l'ONU aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher.

Si l'aéroport international de Maiquetia a été fermé en raison de "graves dommages dans ses infrastructures" selon Mme Rodriguez, Caracas pourra disposer de l'aéroport militaire de La Carlota, situé en pleine zone métropolitaine, pour l'aide internationale.

 


Rubio met en garde contre le «chaos total» en cas de péage à Ormuz

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
  • L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés
  • C'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient

MANAMA: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le "chaos total" que pourrait engendrer la mise en place par l'Iran de frais dont devraient s'acquitter les navires dans le détroit d'Ormuz.

Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de "mesures appropriées" contre tout bateau s'aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l'aonnonce par Oman de l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une intiative concertée avec l'ONU.

Ormuz est une étroite voie navigable d'une trentaine de kilomètres de large qui sépare l'Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l'Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.

L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés - c'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).

Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas "à n'importe quel prix".

"Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté", a poursuivi M. Rubio.

Le responsable, qui s'est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l'assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte.

"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a-t-il souligné.

Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.

Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.