Vote des étrangers: «Une question de justice sociale» pour Rebsamen

François Rebsamen, le maire de Dijon (Photo, AFP).
François Rebsamen, le maire de Dijon (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 14 août 2022

Vote des étrangers: «Une question de justice sociale» pour Rebsamen

  • L'initiative a reçu un accueil favorable à gauche et suscité des critiques d'élus de droite et d'extrême-droite
  • Le droit de vote des étrangers aux élections locales avait été promis par François Mitterrand et François Hollande, sans aboutir

PARIS: Accorder le droit de vote aux étrangers extra-communautaires pour les élections municipales est "une question de justice sociale" dans une France "à la traîne" sur ce sujet, estime dans le JDD l'ancien ministre PS François Rebsamen, soutien d'Emmanuel Macron.

Le député Sacha Houlié, membre de l'aile gauche du groupe présidentiel Renaissance, a déposé "à titre personnel" une proposition de loi constitutionnelle visant à "accorder le droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales" à "tous les étrangers, même non européens".

L'initiative a reçu un accueil favorable à gauche et suscité des critiques d'élus de droite et d'extrême-droite. Et le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin y est "fermement opposé".

"C’est une question de justice sociale. Les ressortissants communautaires peuvent participer aux scrutins municipaux. Dès lors, l’argument qu’on nous opposait sans cesse – et que la droite continue de brandir – selon lequel accorder un tel bénéfice rompt le lien existant entre nationalité et citoyenneté tombe de lui-même", estime M. Rebsamen.

"Pourquoi les uns et pas les autres, sauf à faire preuve de rejet, voire de racisme, vis-à-vis de certains de nos concitoyens ? Pourquoi ce traitement différencié, notamment envers ceux qui viennent de l’autre côté de la Méditerranée ? La peur de l’islamisme radical fait qu’aujourd’hui nombreux sont ceux qui crient au loup avec le Rassemblement national", ajoute-t-il.

M. Rebsamen se "félicite" donc de l'initiative de Sacha Houlié mais prône plutôt la reprise d'un texte adopté par l'Assemblée, mais aussi par le Sénat, alors à majorité de gauche, en 2011.

"Ce que la gauche n’a pas eu le courage de faire sous François Hollande, (...) elle peut le faire à présent. C’est une occasion rêvée pour montrer que l’Assemblée nationale peut voter des textes de gauche", plaide-t-il.

Le droit de vote des étrangers aux élections locales avait été promis par François Mitterrand et François Hollande, sans aboutir.

Quant à l'idée "qu’en autorisant les étrangers à voter aux élections municipales, il y aura des listes communautaires", selon M. Rebsamen "c’est faux " car la proposition "précise bien qu’ils ne peuvent pas être élus maire ou adjoint ni membre du collège électoral des sénateurs".


Véran dénonce un «appel à la violence sociale» de Mélenchon

Pour Mélenchon le 16 octobre sera «une mise en cause globale de la politique macroniste». (AFP)
Pour Mélenchon le 16 octobre sera «une mise en cause globale de la politique macroniste». (AFP)
Short Url
  • «Les appels masqués ou directs ou indirects à une forme de violence sociale, c'est irresponsable, encore plus de la part d'un responsable politique», a insisté le ministre
  • «Le 5 et le 6 octobre 1789 les femmes marchent sur Versailles contre la vie chère. Elles ramènent le roi la reine et le dauphin de force à Paris sous contrôle populaire. Faites mieux le 16 octobre», avait écrit Mélenchon

PARIS: Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a accusé vendredi Jean-Luc Mélenchon de "dépasser les bornes" avec son "appel à la violence sociale" dans un tweet évoquant la Révolution française et consacré à la "marche" du 16 octobre.

"C'est un appel à la violence sociale", a répété plusieurs fois sur BFMTV et RMC le ministre, avant d'ajouter l'adjectif "déguisé" car, selon lui, l'ancien candidat à la présidentielle "pourra toujours dire: c'est pas ce que je voulais dire".

"Ce n'est pas la première fois qu'il dépasse les bornes, il est tout le temps dans l'outrance", a-t-il estimé en saluant une "désolidarisation" de la part "de partis plus traditionnels au sein de la Nupes", notamment celle du patron du PS Olivier Faure.

"Le droit de manifester est constitutionnel, on le respecte, on l'accompagne, mais les appels masqués ou directs ou indirects à une forme de violence sociale, c'est irresponsable, encore plus de la part d'un responsable politique", a insisté le ministre.


Colère à Paris après les accusations d’«espionnage» de l’Iran

Short Url
  • La responsable du syndicat des enseignants français Cécile Kohler et son compagnon, Jacques Paris, ont été arrêtés en mai pour avoir entretenu «l'insécurité» en Iran
  • La France a condamné les arrestations et les aveux forcés, dans lesquels Mme Kohler a déclaré sur vidéo qu'elle était envoyée par la France pour déclencher une révolution

DJEDDAH: La France a accusé jeudi le régime iranien d'avoir pris en otage deux de ses citoyens après que Téhéran a diffusé une vidéo montrant le couple en train d’avouer sous la contrainte être des espions.

Cécile Kohler, responsable du syndicat des enseignants français, et son compagnon, Jacques Paris, ont été arrêtés en mai, accusés d’entretenir l’«insécurité » en Iran. La France a condamné ces arrestations et a exigé leur libération immédiate.

Dans la séquence télévisée de jeudi, Cécile Kohler a «avoué» être un agent du service de renseignement extérieur français, en Iran, pour «préparer le terrain pour la révolution et le renversement du régime de l'Iran islamique». Paris a déclaré: «Notre objectif au service de sécurité français est de faire pression sur le gouvernement de l'Iran.»

La vidéo a suscité la colère en France. «La mise en scène de leurs prétendus aveux est scandaleuse, consternante, inacceptable et contraire au droit international», a indiqué Anne-Claire Legendre, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

«Cette mascarade révèle le mépris de la dignité humaine qui caractérise les autorités iraniennes. Ces prétendus aveux extorqués sous la contrainte n'ont aucun fondement, pas plus que les raisons invoquées pour leur arrestation arbitraire.»

L'apparition du couple français à la télévision coïncide avec des semaines de manifestations antigouvernementales en Iran à la suite de la mort, le mois dernier, de Mahsa Amini, 22 ans, détenue par la police des mœurs. Elle intervient également au lendemain d'un débat au Sénat français au cours duquel tous les partis politiques ont condamné la répression des manifestations par l'Iran.

Les groupes de défense des droits affirment que les médias d'État iraniens ont diffusé plus de trois cent cinquante confessions forcées entre 2010 et 2020. Quatre citoyens français sont emprisonnés en Iran et la France évalue la possibilité qu’un autre citoyen français ait pu être arrêté pendant les manifestations actuelles.

Dans un Tweet du 5 octobre, le groupe Human Rights Activists in Iran et dix-neuf autres organisations de défense des droits de l'homme ont demandé au président américain, Joe Biden, dans une lettre ouverte, «de traiter le sujet de la violente répression du régime iranien contre ceux qui manifestent pour Mahsa Amini et la crise actuelle des droits de l'homme en Iran».

«Le peuple iranien a besoin du soutien des États-Unis et de l'ensemble de la communauté internationale pour obtenir ses droits et libertés», indique la lettre.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Elisabeth Borne à Alger pour concrétiser la réconciliation franco- algérienne

Le Premier ministre français Elisabeth Borne part à l'issue du conseil des ministres hebdomadaire à l'Elysée à Paris, le 5 octobre 2022. (Ludovic MARIN / AFP)
Le Premier ministre français Elisabeth Borne part à l'issue du conseil des ministres hebdomadaire à l'Elysée à Paris, le 5 octobre 2022. (Ludovic MARIN / AFP)
Short Url
  • La Première ministre française sera accompagnée d'une délégation conséquente de 16 ministres et de plusieurs chefs d'entreprise pour ce déplacement lors duquel elle devrait rencontrer le président algérien Abdelmadjid Tebboune, selon Matignon
  • Sa visite portera essentiellement sur la jeunesse et la coopération économique, alors que des dossiers plus sensibles sur l'immigration ou la question mémorielle font toujours l'objet de discussions

PARIS: Jeunesse, économie, transition énergétique. Le menu s'annonce consensuel pour Elisabeth Borne, qui se rend en Algérie dimanche et lundi avec pas moins de 16 ministres pour concrétiser la réconciliation scellée par les présidents des deux pays fin août.

La Première ministre française sera accompagnée d'une délégation conséquente de 16 ministres et de plusieurs chefs d'entreprise pour ce déplacement lors duquel elle devrait rencontrer le président algérien Abdelmadjid Tebboune, selon Matignon.

Sa visite portera essentiellement sur la jeunesse et la coopération économique, alors que des dossiers plus sensibles sur l'immigration ou la question mémorielle font toujours l'objet de discussions.

La question d'une augmentation des livraisons de gaz algérien à la France, dans le contexte de la raréfaction du gaz russe en Europe, ne sera quant à elle "pas à l'ordre du jour" de la visite, selon Matignon.

Cette visite vise à concrétiser la "Déclaration d'Alger pour un partenariat renouvelé", signée par les présidents français Emmanuel Macron et algérien Abdelmadjid Tebboune le 27 août au terme d'une visite de trois jours du chef de l'Etat français en Algérie.

"Emmanuel Macron a déblayé le chemin et le temps est propice à ce genre de coopération. Aujourd'hui, on est à un tournant de la relation, on a besoin d’une certaine durabilité", dit à l'AFP Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam) à Genève.

"Le pari du président français est de gagner la confiance des Algériens en avançant dans des dossiers qui ne constituent pas de grandes difficultés pour les deux parties pour finalement s’attaquer aux sujets difficiles, comme la question migratoire", ajoute le chercheur.

«Soupape»

Les présidents des deux pays avaient fin août ouvert la voie à un assouplissement du régime de visas accordés à l'Algérie, pour les étudiants, entrepreneurs, scientifiques, sportifs ou artistes, en échange d'une coopération accrue d'Alger dans la lutte contre l'immigration illégale.

Mais "les discussions n’ont pas encore abouti au moment où on se parle", a indiqué jeudi Matignon.

La question des visas a empoisonné la relation bilatérale ces derniers mois après une division par deux de leur nombre par la France pour l'Algérie, jugée pas assez prompte à réadmettre ses ressortissants expulsés de France. Fin août, Paris avait relevé toutefois une hausse du nombre de réadmissions en Algérie et dit espérer une "levée" prochaine des derniers "blocages".

"L'exercice est difficile", admet auprès de l'AFP l'ancien ambassadeur à Alger Xavier Driencourt, alors que "le visa a une valeur politique considérable en Algérie, c'est une espèce de soupape à une société qui va mal".

L'autre sujet sensible de la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie ne sera pas non plus au coeur de cette visite.

La commission d'historiens algériens et français qui doit être installée pour examiner "sans tabou" les archives des deux pays, "est encore en cours de constitution", selon Matignon.

Ce qui n'empêchera pas la cheffe du gouvernement français de déposer, à son arrivée et comme c'est la tradition, une gerbe au Monument des Martyrs, haut lieu de la mémoire algérienne de la guerre d'Indépendance (1954-1962) face à la France, avant de se rendre au cimetière Saint-Eugène à Alger, où reposent nombre de Français nés en Algérie.

Mme Borne présidera ensuite avec son homologue algérien Aïmene Benabderrahmane le cinquième Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN), dont la dernière édition remonte à 2017.

Une visite à Alger avait été envisagée en avril 2021 avec le prédécesseur de Mme Borne, Jean Castex et quelques ministres, mais elle avait été reportée à la dernière minute, dans un contexte de relations tendues avec l'Algérie.

Les deux pays devraient signer des accords dans les champs de la formation, de la transition énergétique, de la coopération économique, de la jeunesse et de l’éducation, mais aussi sur des projets plus régaliens.

Les ministres Bruno Le Maire (Economie), Gérald Darmanin (Intérieur) Catherine Colonna (Affaires étrangères) Eric Dupond-Moretti (Justice), Olivier Dussopt (Travail), et Pap Ndiaye (Education) seront notamment du voyage.