Au pays des cow-boys, dernier duel entre Trump et sa bête noire républicaine

Un panneau de triage en faveur de la représentante américaine Liz Cheney (R-WY) est affiché à Laramie, Wyoming, le 13 août 2022, avant les élections primaires républicaines du Wyoming. (AFP)
Un panneau de triage en faveur de la représentante américaine Liz Cheney (R-WY) est affiché à Laramie, Wyoming, le 13 août 2022, avant les élections primaires républicaines du Wyoming. (AFP)
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Publié le Dimanche 14 août 2022

Au pays des cow-boys, dernier duel entre Trump et sa bête noire républicaine

  • Depuis qu'elle enquête sur Donald Trump et son entourage, l'élue a été visée par une série de menaces de mort et ne se déplace plus sans escorte policière
  • Pour avoir osé défier Trump, Cheney, célèbre élue de cet Etat très conservateur de l'Ouest américain, affronte une campagne de réélection des plus périlleuses

CHEYENNE: Dans le Wyoming, Donald Trump règne toujours en maître. Pour avoir osé le défier, la républicaine Liz Cheney, célèbre élue de cet Etat très conservateur de l'Ouest américain, affronte une campagne de réélection des plus périlleuses.

"Son heure a sonné", assure Mike Schaefer, résident de la capitale Cheyenne, qui n’aime pas que cette femme de 56 ans "soit tellement anti-Trump".

Car à Washington, la parlementaire copréside une commission enquêtant sur le rôle que Donald Trump a joué dans la violente attaque menée par ses partisans contre le Congrès américain, le 6 janvier 2021.

Le ton toujours très martial, elle s'efforce depuis plus d'un an de démonter la théorie véhiculée par le clan Trump selon laquelle l'élection de 2020 a été "volée" à l'ancien président -- un argument auquel adhèrent encore des millions de trumpistes, malgré les innombrables preuves du contraire.

"L'Amérique ne peut pas rester libre si nous abandonnons la vérité", martèle Liz Cheney, qui a promis de tout faire pour que l'ancien président ne s'approche plus jamais du Bureau ovale. Et tentera mardi de se faire réélire à son poste dans le Wyoming, qui a voté à plus de 70% pour Donald Trump lors de la dernière présidentielle, face à Joe Biden.

En riposte à son rôle dans cette commission d'enquête, Donald Trump a fait de Liz Cheney sa bête noire absolue. Il ne ménage pas le moindre coup contre l'élue, qu'il a qualifiée de "déloyale et belliciste" et a jeté toutes ses forces derrière son opposante, Harriet Hageman, une avocate de 59 ans aux longues tenues sombres et imposants bijoux turquoises, auprès de qui il est allé faire campagne, fin mai.

Campagne fantôme 

Qu'importe que Liz Cheney, héritière d'une droite très traditionaliste et aussi connue pour être la fille de l'ancien vice-président Dick Cheney, soit pro-armes ou anti-avortement. Dans le Wyoming, l'Etat le moins peuplé d'Amérique, elle n'est plus en terrain conquis.

Depuis qu'elle enquête sur Donald Trump et son entourage, l'élue a été visée par une série de menaces de mort et ne se déplace plus sans escorte policière. Cette femme blonde à lunettes a été répudiée par le parti républicain du Wyoming, dont le président a lui-même participé aux manifestations le jour de l'assaut du Capitole.

"Liz défend des électeurs qui sont dans sa tête, et ce ne sont pas les électeurs du Wyoming", dénonce Mary Martin, présidente du parti républicain du comté montagneux de Teton, où Mme Cheney est domiciliée.

Dans son Etat, le premier à avoir accordé aux femmes le droit de vote en 1869, comme le rappelle une grande fresque dans le centre-ville de Cheyenne, l'élue est donc contrainte de mener une sorte de campagne fantôme, sans meetings électoraux ou événements publics.

«L'esprit des cow-boys»

De récents sondages la placent 20 voire 30 points derrière sa concurrente trumpiste, qui a grandi dans un ranch, et incarne selon Mary Martin "l’esprit des cow-boys du Wyoming": "travailleurs", "honnêtes" et "attachés à nos terres".

Adossé à son imposante moto rouge, Bill Gonzales, 59 ans, est un des rares électeurs croisés à défendre le bilan de Liz Cheney. Il assure être reconnaissant que cette femme ait "défendu ce qui est bon dans notre pays".

"Nous vivons aux Etats-Unis, nos élections sont sûres, elles sont justes. Et quiconque dit le contraire ment, un point c’est tout", assène ce fonctionnaire républicain, un résident de Cheyenne depuis toujours.

Mais prédit-il toutefois, "si Mme Cheney gagne, je vous garantis qu'un grand nombre de personnes vont dire que l'élection est truquée".

"Et non, elle ne l'est pas."


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.