Espagne: un incendie brûle des milliers d'héctares en Aragon

Quelques 300 pompiers combattent les flammes, appuyés par des hélicoptères. (Photo d'illustration/AFP).
Quelques 300 pompiers combattent les flammes, appuyés par des hélicoptères. (Photo d'illustration/AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 14 août 2022

Espagne: un incendie brûle des milliers d'héctares en Aragon

  • Le feu, qui s'est déclenché samedi dans la commune d'Añón de Moncayo, était actif dimanche dans un périmètre de 50 kilomètres, «estimé entre 8 000 et 10 000» hectares
  • Au moins 1 500 personnes ont été évacuées dans cette zone rurale qui comprend un parc naturel, dans la province de Saragosse

MADRID : Un incendie a brûlé dimanche plusieurs milliers d'hectares dans la région d'Aragon, dans le nord de l'Espagne, obligeant l'évacuation d'au moins 1 500 personnes, ont annoncé les autorités locales.

Le feu, qui s'est déclenché samedi dans la commune d'Añón de Moncayo, était actif dimanche dans un périmètre de 50 kilomètres, "estimé entre 8 000 et 10 000" hectares, à l'intérieur duquel la superficie brûlée, appréciée "en milliers", n'était pas encore déterminée, ont indiqué les services d'urgences d'Aragon à l'AFP.

La "propagation rapide" des flammes, alimentées par le vent, a été jugée "critique" par le président de la région, Javier Lambán, s'adressant à la presse.

Au moins 1 500 personnes ont été évacuées dans cette zone rurale qui comprend un parc naturel, dans la province de Saragosse, a annoncé le gouvernement régional.

Quelques 300 pompiers combattent les flammes, appuyés par des hélicoptères.

Depuis le début de l'année, 388 incendies ont détruit près de 261 930 hectares en Espagne d'après le Système européen d'information sur les feux de forêts (EFFIS). C'est le plus lourd bilan des pays de l'Union européenne cette année, et le plus important en Espagne depuis 2000, année des premières mesures.

Ces incendies ont été favorisés par les températures anormalement élevées cet été en Espagne, qui a déjà connu trois vagues de chaleur en à peine deux mois.

La recrudescence de ces épisodes caniculaires est, selon les experts, une conséquence directe du réchauffement climatique, qui accroît à la fois leur intensité, leur durée et leur fréquence.


Manifestations en Iran: 450 nouvelles arrestations dans le nord

 Des manifestants pro-gouvernementaux iraniens agitent un drapeau national géant lors d'un rassemblement contre les récentes manifestations anti-gouvernementales en Iran, à Téhéran, le 25 septembre 2022. (AFP).
Des manifestants pro-gouvernementaux iraniens agitent un drapeau national géant lors d'un rassemblement contre les récentes manifestations anti-gouvernementales en Iran, à Téhéran, le 25 septembre 2022. (AFP).
Short Url
  • Les manifestations ont commencé le 16 septembre, date du décès de Mahsa Amini arrêtée trois jours auparavant à Téhéran
  • Selon un bilan officiel non détaillé, incluant manifestants et forces de l'ordre, 41 personnes ont été tuées en dix jours de protestations

TEHERAN: Les autorités ont interpellé 450 nouveaux manifestants dans le nord de l'Iran où plus de 700 personnes ont déjà été arrêtées pour avoir participé aux protestations contre la mort d'une jeune femme détenue par la police des moeurs, a annoncé lundi un média officiel.

"Lors des troubles de ces derniers jours, 450 émeutiers ont été arrêtés à Mazandaran", a déclaré le procureur général de la province, Mohammad Karimi, cité par l'agence officielle Irna.

Samedi, les autorités avaient fait état de 739 manifestants arrêtés parmi lesquels 60 femmes à Guilan, province voisine de Mazandaran, dans le nord du pays.

Les manifestations ont commencé le 16 septembre, date du décès de Mahsa Amini arrêtée trois jours auparavant à Téhéran pour "port inapproprié de vêtements" dans la République islamique où le code vestimentaire pour les femmes est strict, en particulier le port du voile islamique.

Le mouvement de contestation s'est propagé dans plusieurs villes du pays, où les manifestants ont crié des slogans hostiles au pouvoir, selon les médias locaux.

"Au cours des derniers jours, des émeutiers ont attaqué des bâtiments gouvernementaux et endommagé des biens publics dans certaines régions de Mazandaran sous la direction d'agents étrangers", a-t-il affirmé.

Dimanche, le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a menacé de ne faire preuve d'"aucune indulgence" vis-à-vis des manifestants et appelé les forces de l'ordre à agir "fermement" contre "ceux qui portent atteinte à la sécurité".

Selon un bilan officiel non détaillé, incluant manifestants et forces de l'ordre, 41 personnes ont été tuées en dix jours de protestations. Mais le bilan pourrait être plus lourd, l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, faisant état d'au moins 57 manifestants tués.

L'agence de presse Tasnim a publié lundi une vingtaine de photos de manifestants parmi lesquels des femmes dans diverses rues de Qom, importante ville sainte chiite située à près de 150 km au sud de la capitale.

Les institutions militaires et sécuritaires ont publié ces images des "meneurs des émeutes" et appelé les habitants à les "identifier et informer les autorités", ajouté l'agence.


Ukraine: un ex-militaire russe fuit l'ordre de mobilisation par «dégoût»

Un ancien officier russe anonyme est photographié lors d'un entretien en Finlande, le 24 septembre 2022 (Photo, AFP).
Un ancien officier russe anonyme est photographié lors d'un entretien en Finlande, le 24 septembre 2022 (Photo, AFP).
Short Url
  • Né en Crimée, péninsule du sud de l'Ukraine annexée en 2014 par la Russie, Alex témoigne sans que son identité complète ne soit révélée, de peur des conséquences pour sa femme et sa fille qu'il a dû laisser en Russie
  • A cause de son passé d'officier, Alex craint de figurer parmi ceux que la Russie veut mobiliser pour le front ukrainien

HELSINKI: Dès qu'il a entendu le président russe Vladimir Poutine annoncer une "mobilisation partielle" pour la guerre en Ukraine, Alex, un ancien officier russe, a sauté dans sa voiture et roulé jusqu'en Finlande avec une seule valise.

"Je ne veux pas tuer mon peuple slave, mes frères, mes sœurs", dit le quadragénaire à l'AFP depuis une modeste chambre d'hôtel dans le pays nordique, où il est arrivé jeudi.

"J'ai un dégoût physique d'être en présence de nos citoyens russes qui soutiennent la guerre", explique celui qui est aujourd'hui ingénieur en informatique.

Né en Crimée, péninsule du sud de l'Ukraine annexée en 2014 par la Russie, Alex témoigne sans que son identité complète ne soit révélée, de peur des conséquences pour sa femme et sa fille qu'il a dû laisser en Russie.

«Premier menacé»

"Elles sont otages, si mon visage apparaît elle risquent la prison", dit l'ancien militaire.

A cause de son passé d'officier, Alex craint de figurer parmi ceux que la Russie veut mobiliser pour le front ukrainien. "J'ai été dans l'armée pendant huit ans (...) J'ai un rang d'officier. Je suis le premier menacé", plaide-t-il.

Pour lui, "tout a changé" lorsqu'il a participé à une manifestation à Saint-Pétersbourg au lendemain de l'annonce de la mobilisation et qu'il a vu que si peu de ses concitoyens y participaient.

C'est alors, dit-il, qu'il a réalisé qu'il n'y avait "plus rien à faire" pour la Russie et qu'il s'est convaincu que le pays allait s'effondrer: "Je sais ce que l'armée russe est de l'intérieur, je suis profondément convaincu que Poutine va perdre".

"Des esclaves qui ne veulent pas se battre ne vaincront jamais quelqu'un de leur vie", assure l'ancien officier.

Né à Sébastopol, en Crimée, avant la chute de l'URSS, Alex a eu pendant un temps un passeport ukrainien, mais il n'a pu garder sa double nationalité quand il a entamé sa carrière militaire.

Aujourd'hui, ses parents le considèrent comme un "traître" et il "ne serait pas surpris" si sa mère le dénonçait au FSB, le service de renseignement russe.

En juillet, dès que les restrictions aux frontières liées au Covid-19 ont été levées et que l'entrée en Finlande est redevenue possible, Alex a commencé à travailler pour un réseau de volontaires appelé "Rubikus", qui aidait des Ukrainiens évacués de force côté russe à quitter la Russie.

«Maison» contre «patrie»

Dans ce but, il a obtenu un visa Schengen de touriste pour conduire des Ukrainiens vers la Finlande et l'Estonie.

Inquiet de la décision d'Helsinki de bloquer sous peu l'entrée des citoyens russes munis de ces visas, Alex a la voix qui tremble en parlant des Ukrainiens qui tentent de fuir.

"L'Ukraine est ma patrie. Et la Russie c'est ma maison. En ce moment, ma maison tue ma patrie", lâche-t-il.

Confrontée à un afflux de Russes à sa frontière depuis l'ordre de mobilisation de Vladimir Poutine mercredi, la Finlande a annoncé vendredi qu'elle allait "significativement restreindre" leur accès au pays nordique, déjà devenu un lieu de transit cet été pour le reste de l'Europe.

Même si Alex dit comprendre les inquiétudes d'Helsinki, il pense que c'est une erreur. "La plupart des gens qui passent la frontière (...) ne veulent pas tuer, ne veulent pas servir le régime", souligne l'ex-officier.

Pour lui, l'Occident ne devrait pas considérer chaque Russe comme responsable de la guerre en Ukraine. En fermant la frontière, l'Ouest "rejette" les Russes "qui croient encore en lui".

Aujourd'hui Alex fait son possible pour exfiltrer sa famille de Russie. Avec une certitude: celle de ne plus jamais vouloir y vivre.


Les Etats-Unis et la Corée du Sud débutent des manœuvres navales conjointes

Ces exercices démarrent au lendemain d'un test de missile balistique par Pyongyang, le dernier en date d'une longue série entamée il y a plusieurs mois (Photo, AFP).
Ces exercices démarrent au lendemain d'un test de missile balistique par Pyongyang, le dernier en date d'une longue série entamée il y a plusieurs mois (Photo, AFP).
Short Url
  • Les exercices, d'une durée de quatre jours, mobilisent plus d'une vingtaine de navires
  • Ils consisteront en des simulations de combat naval et de lutte anti-sous-marins, dans des manœuvres tactiques et autres opérations maritimes

SEOUL: La Corée du Sud et les Etats-Unis ont entamé lundi leurs premiers exercices navals combinés en cinq ans près de la péninsule, au lendemain du lancement par la Corée du Nord d'un missile balistique.

Les Etats-Unis sont le principal allié en matière de sécurité de la Corée du Sud, où sont stationnés quelque 28 500 soldats américains pour protéger le pays contre son voisin du Nord doté de l'arme nucléaire.

Le président conservateur sud-coréen Yoon Suk-yeol, arrivé au pouvoir en mai, cherche à renforcer cette alliance militaire après l'échec des tentatives de rapprochement diplomatique avec Pyongyang menées par le gouvernement précédent.

"Cet exercice a été préparé pour démontrer la forte volonté de l'alliance Corée-du-Sud-Etats-Unis de répondre aux procations nord-coréennes", a affirmé la marine sud-coréenne dans un communiqué.

Les exercices, d'une durée de quatre jours, mobilisent plus d'une vingtaine de navires, parmi lesquels le porte-avions américain à propulsion nucléaire USS Ronald Reagan, ainsi que d'importants moyens aériens.

Ils consisteront en des simulations de combat naval et de lutte anti-sous-marins, dans des manœuvres tactiques et autres opérations maritimes, a précisé la marine.

Ces exercices démarrent au lendemain d'un test de missile balistique par Pyongyang, le dernier en date d'une longue série entamée il y a plusieurs mois. La Corée du Nord, sous le coup de sanctions internationales pour ses programmes d'armement, a par ailleurs adopté début septembre une nouvelle doctrine proclamant qu'elle ne renoncera jamais à l'arme nucléaire.

Washington et Séoul effectuent depuis longtemps des exercices militaires conjoints. Les deux alliés insistent sur leur caractère purement défensif, mais la Corée du Nord les considère comme des répétitions générales pour une future invasion de son territoire.

Le mois dernier, les Etats-Unis et la Corée du Sud ont mené leurs plus grands exercices militaires conjoints depuis 2018. Ces exercices avaient été réduits en raison de la Covid-19 et d'un réchauffement diplomatique, désormais terminé, entre Séoul et Pyongyang.