Diana, icône sanctifiée, 25 ans après sa mort

La princesse Diana de Grande-Bretagne (Photo, AFP).
La princesse Diana de Grande-Bretagne (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 22 août 2022

Diana, icône sanctifiée, 25 ans après sa mort

  • Cet anniversaire, «émotionnellement, renvoie les gens là où ils étaient quand elle est morte»
  • Sa fragilité, ses doutes, émeuvent

LONDRES: Princesse de conte de fée mue en jeune femme moderne qui avait ébranlé la monarchie, Diana reste 25 ans après sa mort une icône, désormais sanctifiée par ses deux fils, les princes William et Harry.

La mort de la princesse de Galles le 31 août 1997 à 36 ans dans un accident de voiture à Paris, pourchassée par les paparazzis, l'a figée à jamais dans le temps, à la manière d'une Marilyn : belle, jeune, tragique, et associée aux causes humanitaires qui lui étaient chères.

Cet anniversaire, "émotionnellement, renvoie les gens là où ils étaient quand elle est morte", explique Penny Junor, biographe royale. Et "pour Charles, c'est retour à la case départ".

Diana, jeune aristocrate, a tout juste 20 ans quand elle épouse le prince Charles, 32 ans, en juillet 1981. Le mariage à la cathédrale Saint-Paul, regardé par 750 millions de téléspectateurs et pour lequel 600.000 personnes se sont massées dans les rues de Londres, a tout du conte de fées. Mais il sera de courte durée, le couple rapidement se déchire. Les tabloïds britanniques font leurs choux gras de ce naufrage conjugal qui finit en divorce en 1996.

Interview explosive

Un an plus tôt, Diana, qui a eu deux fils avec Charles, William et Harry, a commis l'inimaginable, dans une interview à la BBC qui bat des records d'audience. Ses grands yeux bleus cernés de noir, elle raconte: "Nous étions trois dans ce mariage", référence à la maîtresse de Charles, Camilla, qui deviendra sa deuxième épouse. Diana reconnaît une liaison de son côté, et émet des doutes sur la capacité de Charles à devenir roi.

Sa fragilité, ses doutes, émeuvent. Et ce voile levé sur une monarchie qui cultive le secret, fascine.

Depuis, l'entretien a fait l'objet de vives critiques, pour la façon dont le journaliste Martin Bashir avait obtenu, par des mensonges et des faux documents, la confiance d'une princesse déjà dévorée par le doute.

Le prince William a obtenu de la BBC qu'il ne soit plus jamais diffusé, affirmant que "les manquements de la BBC avaient alimenté les peurs, la paranoïa et l'isolement" de sa mère dans ses dernières années.

Ses deux fils "adultes ont réinventé l'image de Diana comme une figure sainte", explique à l'AFP l'expert royal et historien Ed Owens, soulignant que ce n'était pas le cas dans les années 1990, quand "beaucoup de gens n'aimaient pas la façon dont elle salissait la famille royale en parlant aux journalistes de sa situation avec Charles".

Les années 2000 ont ensuite selon lui réhabilité l'image de Charles, avant que William et Harry - et la série The Crown - "embellissent cette idée de tragédie humaine, de figure de Sainte".

Née le 1e juillet 1961, Diana Frances Spencer vient d'une famille aristocratique aux liens anciens avec la monarchie: enfant, elle appelle la reine Elizabeth "tante Lilibet". Elle joue parfois avec les princes Andrew et Edward dans la propriété royale de Sandringham.

Marquée par le divorce conflictuel de ses parents, timide et peu intéressée par les matières académiques, elle quitte l'école à 16 ans sans diplôme. Mais elle aime jouer du piano et adore la danse.

Elle passe un trimestre dans un pensionnat suisse qui enseigne les bonnes manières en 1977, et revient à Londres. Elle y travaille dans une garderie d'enfants quand Charles commence à lui faire la cour en 1980, après s'être d'abord intéressé à Sarah, sa sœur aînée.

Charles éclipsé

Après leur mariage, Diana, jeune mère aimante et moderne, photogénique et pleine d'empathie pour les autres, éclipse l'héritier du trône et devient une célébrité mondiale.

Elle utilise son statut pour défendre les plus démunis, serre la main de malades du sida ou de lépreux, s'engage aussi dans la lutte contre les mines antipersonnel.

Mais en privé, atteinte de boulimie, elle souffre du manque d'amour de son mari et de l'indifférence du reste de la famille royale.

Ses difficultés conjugales font l'objet d'un livre explosif en 1992 d'Andrew Morton, nourri de ses confidences. Après des mois de scandales, l'année s'achève avec l'annonce retentissante de la séparation du couple.

Mais "la guerre des Galles" continue, et la reine finit par écrire à Charles et Diana fin 1995 pour leur conseiller de divorcer.

Le divorce est prononcé le 28 août 1996 et Diana perd son titre d'altesse royale.

Toujours très populaire dans les médias, elle peine pourtant à réinventer sa vie.

À l'époque, elle est amoureuse d'un cardiologue pakistanais, Hasnat Khan. La relation se termine en juin 1997, et elle se précipite dans les bras de Dodi Al-Fayed, fils d'un millionnaire égyptien, propriétaire du magasin de luxe londonien Harrods.

Le couple meurt le 31 août 1997, lorsque leur voiture s'écrase contre un pilier dans un souterrain parisien, alors qu'ils sont poursuivis par des paparazzis.

Le monde pleure la princesse des cœurs. Des millions de fleurs sont déposées devant le palais de Kensington. Une queue interminable se forme dans les rues de Londres pour lui rendre un dernier hommage lors de ses funérailles, où Elton John chante "Candle in the Wind", composée initialement pour Marilyn et réécrite pour elle.


Avec la plateforme RMC+, CMA Media accélère sur le streaming

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
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  • "Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain"
  • Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming

PARIS: Chaînes en direct, contenus du média Brut ou séries verticales: le groupe CMA Media, propriétaire de BFMTV et RMC, lance mardi une nouvelle plateforme de streaming avec l'ambition de changer d'échelle sur le numérique.

RMC+, qui succède à RMC BFM Play, va réunir sur une seule plateforme gratuite ses chaînes de la TNT (BFMTV, RMC Story, RMC Découverte, RMC Life), dix chaînes thématiques, dont une chaîne Brut - le média en ligne devenu propriété de CMA Media en 2025 -, et une offre de près de 10.000 heures de contenus à la demande.

En misant sur les classiques des chaînes RMC (mécanique, histoire et découverte, sport, enquêtes criminelles), des mini-séries verticales (ou micro-drama), des telenovelas et des créateurs de contenus comme Nota Bene ou Loury Lag notamment, "ce sera une véritable plateforme de streaming", résume Julie Gauchotte, directrice de la stratégie numérique de RMC BFM.

"Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain", ajoute auprès de l'AFP Stéphane Sallé de Chou, directeur général du pôle Entertainment CMA Media.

"Mais on veut être les meilleurs dans nos univers", poursuit-il.

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. CMA Media est aussi entrée en phase finale d'acquisition de la chaîne RMC Sport, qui diffuse notamment le MMA (arts martiaux mixtes).

Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming. Mais leurs recettes publicitaires se concentrent encore très majoritairement sur la télé dite linéaire, à 93% dans le cas des chaînes BFMTV et RMC, contre 6% pour la plateforme RMC BFM Play et 1% sur les réseaux sociaux, explique-t-on chez CMA Média.

CMA Media a également noué début 2026 un partenariat avec Youtube pour y diffuser ses contenus et a lancé une agence de production audiovisuelle, CMA Studio. Le groupe compte aussi lancer un studio de créateurs de contenus, CMA Creator, d'ici fin 2026.

En parallèle, CMA Media veut faire des économies en vendant les neuf chaînes de télévision locales de BFM.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
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  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.


Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais

Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais
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  • Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale
  • Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros)

HIGASHIOSAKA: Pris de vertiges après être arrivé au travail à vélo sous la chaleur écrasante de l'été japonais, Isao Tabuchi, 51 ans, se dirige vers la dernière acquisition de son entreprise: un réfrigérateur pour humains.

"J'ai vraiment pu récupérer grâce à ça. Une fois qu'on l'utilise, c'est vraiment très frais", explique-t-il à l'AFP à la sortie de la machine, dans la ville industrielle de Higashiosaka (ouest du Japon), écrasée par le soleil d'août.

L'engin de la taille d'une cabine téléphonique, où des jets d'air à 5°C maintiennent une température froide, n'a été commercialisé que cette année mais rencontre déjà un vif succès dans un pays confronté à une hausse constante des températures.

Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros). Ses clients les installent notamment sur des chantiers, des usines et des entrepôts.

Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale.

"Il est grand, cher, et ce n'est pas le genre de produit que l'on peut expliquer simplement avec des mots" pour convaincre les clients. "Il y avait donc beaucoup d'incertitudes", explique-t-elle.

Selon les scientifiques, le changement climatique causé par l'activité humaine accroît la fréquence et l'intensité des épisodes de chaleur extrême. En 2025, le Japon a connu l'été le plus chaud de son histoire.

Cette année, l'Agence météorologique japonaise a même introduit un nouveau terme, "kokushobi" ("jour de chaleur cruelle"), lorsque la température atteint 40°C, appelant la population à considérer la chaleur extrême comme une catastrophe naturelle.

Deux minutes pour sécher 

A Tokyo, près de 120 décès liés à la chaleur ont été enregistrés entre mi-juillet et mi-août. À l'échelle nationale, près de 63.000 personnes ont nécessité des soins d'urgence cet été.

Depuis l'an dernier, les entreprises japonaises sont soumises à des obligations renforcées pour protéger les salariés travaillant dans la chaleur. Les chantiers doivent notamment fournir des vêtements adaptés, comme des vestes ventilées, ainsi que des espaces de repos climatisés et des zones ombragées.

L'impact économique est déjà tangible. Selon une enquête de Teikoku Databank publiée en juillet, 50% des entreprises estiment que la chaleur intense perturbe leurs activités, tandis que près de 88% ont renforcé leurs mesures de protection des salariés.

Le réfrigérateur humain, branché sur une prise électrique classique, consomme environ 16 yens d'électricité par heure selon son fabricant. Afin d'éviter tout usage excessif, il s'arrête automatiquement au bout de 20 minutes.

Pour Yutaka Kono, de l'entreprise Konoe, où travaille Isao Tabuchi, investir dans la lutte contre la chaleur est devenu indispensable pour conserver les effectifs et attirer de nouveaux employés.

"J'ai été vraiment surpris par ce concept consistant à faire entrer les gens dans une sorte de réfrigérateur. J'ai trouvé très séduisante l'idée qu'une personne puisse y faire baisser instantanément sa température corporelle à un niveau sûr", explique-t-il.

Taichi Konishi, 24 ans, l'utilise environ trois fois par jour. Après avoir déplacé à la main de lourdes caisses d'outils et de pièces métalliques, il entre dans la cabine et s'assoit.

"C'est vraiment agréable", confie-t-il à l'AFP. "Je n'y suis resté qu'environ deux minutes, mais cela a suffi pour faire sécher toute ma transpiration."