Cheikh Al-Issa, secrétaire général de la LIM: l'attaque contre Salman Rushdie est «inadmissible pour l’islam»

Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale (LIM), Mohammed ben Abdel Karim al-Issa, s'adressant à Arab News en Italie. (Photo AN)
Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale (LIM), Mohammed ben Abdel Karim al-Issa, s'adressant à Arab News en Italie. (Photo AN)
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Publié le Lundi 22 août 2022

Cheikh Al-Issa, secrétaire général de la LIM: l'attaque contre Salman Rushdie est «inadmissible pour l’islam»

  • Mohammed ben Abdel Karim al-Issa s’est exprimé lors de la 43e Réunion pour l'amitié entre les peuples organisée à Rimini, en Italie
  • «On retrouve dans l'islam de nombreux textes qui condamnent la violence. Il s'agit-là de textes explicites»

RIMINI: Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale (LIM), Mohammed ben Abdel Karim al-Issa, affirme que l’islam considère l'attaque contre l'écrivain Salman Rushdie comme «un crime inadmissible».

Dans une interview accordée à Arab News en marge de la conférence sur le dialogue interreligieux à laquelle il participe dans la ville de Rimini en Italie, il a déclaré: «L’islam s'oppose à la violence et la dénonce sous toutes ses formes. Il est inadmissible de répondre par la violence aux problématiques d'ordre religieux et intellectuel, notamment aux phrases qui peuvent être perçues comme offensantes, dans leur intégralité ou dans certaines de leurs parties.»

Le cheikh Al-Issa s'exprimait en marge d'une rencontre amicale avec le cardinal Matteo Maria Zuppi, président de la Conférence épiscopale italienne.

«On retrouve dans l'islam de nombreux textes qui condamnent la violence. Il s'agit-là de textes explicites», affirme-t-il.

Le cheikh Al-Issa est également président de l'Organisation islamique internationale Halal et ancien ministre saoudien de la Justice. Il passe pour être une figure de proue de l'islam modéré dans le monde. Il joue également un rôle déterminant dans la lutte contre les idéologies extrémistes. Il a été salué par les autorités religieuses et gouvernementales pour ses efforts visant à promouvoir la modération, la coopération et la coexistence entre tous les peuples.

Un accueil chaleureux lui a été réservé lors de la 43e Réunion pour l'amitié entre les peuples organisée à Rimini par le célèbre mouvement catholique Comunione e Liberazione.

Au sujet des religions, Mohammed ben Abdel Karim al-Issa déclare: «La religion donne un sens à l'existence même de l'homme dans ce monde. Elle constitue un ensemble de valeurs qui ne reposent pas seulement sur une certaine philosophie; les religions proviennent de Dieu. C'est la raison pour laquelle nous parlons de valeurs à la fois religieuses et humaines. Ces valeurs incarnent la religion elle-même et l'instinct religieux. Elles symbolisent également la foi en l’être humain.»

Selon lui, la passion et l'amour sont «au cœur de la religion». Il poursuit par ces termes: «Le croyant est appelé à aimer l'autre, même s'il ne partage pas ses idées. Le croyant est conscient que cette vie requiert l'amour et la miséricorde. L'amour est synonyme de vie, de coexistence, de paix, d’harmonie.»

Il souligne la nécessité du dialogue interreligieux. Ce dernier «dissipe tous les malentendus et éclaircit les vérités aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du monde islamique, tant pour les musulmans que pour les non-musulmans. Le dialogue correspond au langage de la raison et de la sagesse. Si chacun de nous s'y adonne, nous nous rapprocherons les uns des autres. C'est cette approche qui permet de supprimer la peur qu'on éprouve à l'égard d'autrui», selon lui.

«Nous sommes tous différents. Il ne faut pourtant pas craindre l'autre ni avoir peur de lui: nous vivons tous sur la même planète et nous sommes tenus de dialoguer et de nous comprendre. Les différences qui existent entre les hommes remontent à la création de l'humanité. Dieu aurait pu créer une seule ethnie ou une seule religion si telle était sa volonté. Il ne l'a pas fait, et nous ne pouvons que faire confiance à sa sagesse», explique-t-il.

Le respect des musulmans à travers le monde a également été abordé par le cheikh Mohammed ben Abdel Karim al-Issa.

«Ce que nous souhaitons, c'est que toutes les minorités soient bien intégrées dans le pays où elles vivent et que chacun vive dans la dignité. Nous souhaitons également que tous les gouvernements du monde respectent les droits des minorités et leurs particularités culturelles et religieuses. Nous ne pouvons tolérer qu’une minorité soit offensée où que ce soit dans le monde, qu'elle soit musulmane ou non.»

Pour finir, il a exhorté les nations à veiller sur les réfugiés.

«Les réfugiés sont des victimes. Ils méritent qu'on s'occupe d'eux en les intégrant dans les sociétés qui les accueillent et en respectant leurs droits fondamentaux dans les pays d'accueil», conclut-il.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com. 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.