Macron en Algérie jeudi: une visite tournée vers «la jeunesse et l'avenir»

Le président Macron abordera aussi «en toute franchise» l'influence croissante de la Russie dans la région (Photo, AFP).
Le président Macron abordera aussi «en toute franchise» l'influence croissante de la Russie dans la région (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 25 août 2022

Macron en Algérie jeudi: une visite tournée vers «la jeunesse et l'avenir»

  • «Le président de la République a fait le choix d'orienter cette visite vers l'avenir, les start-up, l'innovation, la jeunesse, des secteurs nouveaux»
  • La visite vise à «poser un socle pour refonder, développer» la relation entre Paris et Alger

PARIS: Emmanuel Macron entame jeudi une visite officielle de trois jours en Algérie qui sera avant tout tournée vers la "jeunesse et l'avenir" afin de "refonder" durablement une relation abîmée par des mois de brouille mémorielle.

"Le président de la République a fait le choix d'orienter cette visite vers l'avenir, les start-up, l'innovation, la jeunesse, des secteurs nouveaux", a souligné mardi l'Elysée.

Il aura ainsi un "long échange" vendredi avec de jeunes entrepreneurs à Alger et ira aussi à la rencontre de jeunes à Oran, deuxième ville du pays, à l'occasion d'une démonstration de breakdance.

La visite, la deuxième du président Macron en Algérie depuis son élection en 2017, vise à "poser un socle pour refonder, développer" la relation entre Paris et Alger, a insisté la présidence française.

Elle intervient au terme d'une séquence chargée de symboles avec le 60e anniversaire des Accords d'Evian (18 mars 1962), qui mirent fin à plus de sept ans de guerre entre insurgés algériens et armée française, et de l'indépendance de l'Algérie, le 5 juillet.

La relation entre les deux pays, encore très marquée par 132 ans de colonisation française, s'annonçait sous les meilleurs auspices avec l'élection du président Macron, le premier de la Ve République né après 1962.

Mais elle a vite trébuché sur une série de malentendus autour de cette histoire commune douloureuse. S'il a multiplié les gestes mémoriels sans précédent, Emmanuel Macron n'a pas présenté les excuses attendues par Alger.

Grand rabbin et Grande Mosquée

Ses propos sur la "rente mémorielle" exploitée par le "système politico-militaire" algérien depuis 1962, la "haine de la France" et ses interrogations sur l'existence d'une nation algérienne avant la colonisation ont consommé la rupture à l'automne 2021, avec le rappel pendant trois mois de l'ambassadeur d'Algérie à Paris.

Paris et Alger ont opté depuis pour un réchauffement de leurs relations, dicté par d'autres priorités, de la guerre en Ukraine à la sécurité du Sahel.

Le président français entend "poursuivre le travail d'apaisement des mémoires" - il se rendra au cimetière Saint-Eugène à Alger, où reposent nombre de Français nés en Algérie - mais ce n'est "pas l'objectif premier de cette visite", fait observer l'Elysée.

Pour marquer cette relance, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui accueillera son homologue à son arrivée jeudi après-midi, donnera en son honneur un dîner d'Etat dans la soirée. Les deux dirigeants se recueilleront auparavant ensemble au Mémorial des Martyrs avant de s'entretenir en tête-à-tête.

Le président français sera accompagné d'une délégation de 90 personnes, comptant sept ministres, dont Bruno Le Maire (Economie), Gérald Darmanin (Intérieur) et Catherine Colonna (Affaires étrangères), des parlementaires, des patrons de grands groupes (Xavier Niel pour Iliad, Catherine MacGregor pour Engie, Rodolphe Saadé pour l'armateur CMA-CGM) ou encore Sarah Ourahmoune, vice-championne olympique de boxe à Rio.

Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, fils de juifs nés en Algérie, sera aussi du voyage. Emmanuel Macron se rendra à la Grande mosquée d'Alger ainsi qu'à Santa Cruz et sa chapelle chrétienne, sur les hauteurs d'Oran.

«En toute franchise»

Côté économique, le gaz ne sera pas au centre des discussions, assure Paris, même si les Européens, pressés de réduire leur dépendance aux approvisionnements russes dans le contexte de guerre en Ukraine, se tournent de plus en plus vers l'Algérie.

Les deux présidents s'entretiendront par ailleurs de la situation au Mali, d'où l'armée française vient de se retirer, et plus largement au Sahel ainsi qu'en Libye.

L'Algérie joue un rôle central dans la région en raison de son poids diplomatique et de ses milliers de kilomètres de frontières avec le Mali, le Niger et la Libye.

Le président Macron abordera aussi "en toute franchise" l'influence croissante de la Russie dans la région, notamment au Mali, a indiqué l'Elysée, en pointant les "différences d'approche" avec Alger, aux liens étroits avec Moscou.

Les deux dirigeants devraient aussi évoquer la réduction de 50% du nombre de visas Schengen accordés par Paris aux Algériens, sur fond de contentieux concernant la réadmission de ressortissants algériens jugés indésirables en France.

Paris relève toutefois la hausse du nombre de réadmissions en Algérie ces derniers mois et espère une "levée" prochaine des derniers "blocages" sur ce point.

Emmanuel Macron, interpellé par la diaspora sur la situation des droits de l'Homme, abordera aussi cette question durant sa visite, "selon les modalités qu'il décidera" et dans le "respect de la souveraineté" algérienne, a assuré l'Elysée.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.