«Pris entre deux feux» au Mali, les réfugiés affluent en Mauritanie

Des réfugiés maliens sont assis sous une tente au camp de réfugiés de Mbera, dans le sud-est de la Mauritanie, le 29 septembre 2017. SELIM SAHEB ETTABA / AFP
Des réfugiés maliens sont assis sous une tente au camp de réfugiés de Mbera, dans le sud-est de la Mauritanie, le 29 septembre 2017. SELIM SAHEB ETTABA / AFP
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Publié le Jeudi 25 août 2022

«Pris entre deux feux» au Mali, les réfugiés affluent en Mauritanie

  • Le centre du Mali est un des foyers de la violence qui se propage sans désemparer à travers le Sahel depuis 2012 et qui a fait des milliers de morts et déplacé des millions de civils
  • La Mauritanie, frappée il y a des années, a en effet su endiguer l'expansion djihadiste

MBERA : Ehya prépare le thé assis sous une tente de fortune dans le camp de réfugiés de Mbera en Mauritanie, son nouveau chez lui. Il vivait dans les brousses du Mali jusqu'à ce que la menace se rapproche trop dangereusement.

Ehya, la cinquantaine, fait partie des milliers de Maliens qui ont afflué ici ces derniers mois, fuyant la multiplication des attaques djihadistes et l'intensification des combats avec l'armée dans ce qui est communément appelé le centre du Mali, au sud de la frontière avec la Mauritanie.

Lui et sa famille ont rassemblé leurs affaires et pris la route en mai. "Pendant des années, on a essayé d'être patients, de rester sur nos terres, en se disant que ça allait passer", dit Ehya, la tête enveloppée dans un long turban blanc qui tombe sur sa poitrine.

Après une nouvelle attaque djihadiste sur un campement voisin, "on a su que si on ne fuyait pas, ça serait notre tour", se rappelle-t-il. Désormais dans le centre, les hommes tuent "comme ils égorgent les poulets".

Le centre du Mali est un des foyers de la violence qui se propage sans désemparer à travers le Sahel depuis 2012 et qui a fait des milliers de morts et déplacé des millions de civils.

Une partie des déplacés va s'entasser dans les faubourgs des villes.

Pour beaucoup d'autres, en butte non seulement aux agissements des groupes affiliés à Al-Qaida ou à l'organisation Etat islamique mais aussi aux représailles inter-communautaires et aux méfaits crapuleux, le camp de Mbera, ouvert au début du conflit juste de l'autre côté de la frontière, a des airs de sanctuaire.

La Mauritanie, frappée il y a des années, a en effet su endiguer l'expansion djihadiste.

- "Hommes blancs" -

Avec plus de 78 000 réfugiés, Mbera est l'un des plus grands camps au Sahel. Il n'a jamais accueilli autant de monde. Depuis le début de l'année près de 8 000 Maliens y sont arrivés par leurs propres moyens, dit l'agence de l'ONU pour les réfugiés (UNHCR)

"Depuis six mois, le camp reçoit un nombre important de personnes qui viennent des zones de Sokolo, Dogofry, de Ouagadou, de Nampala", détaille Abdoul Aziz Ag Mohamed, un membre de l'administration du camp.

D'autres viennent de la région de Tombouctou (nord du Mali). Il parle de camp "à deux vitesses", où coexistent les réfugiés de longue date, qui sont dans une "dynamique d'autonomisation", et les nouveaux arrivants "qui sont dans l'urgence".

Une grande partie des déplacés sont des nomades parcourant les brousses immenses. Même eux ont senti l'étau se resserrer dans ces étendues d'où l'Etat est absent.

Ehya, dont l'AFP tait le nom pour sa sécurité, et une dizaine de réfugiés de Mbera racontent la succession des attaques.

Ils décrivent une conflictualité accrue depuis que l'armée malienne a amplifié ses opérations dans le centre. Ils dénoncent les représailles exercées par tous les camps. Et ils rapportent la présence d'un nouvel acteur, désignant nommément la société de sécurité russe Wagner, ou plus vaguement des "hommes blancs".

"Daesh (l'organisation Etat islamique) arrive dans les campements, tue sans différence les femmes, les hommes, les enfants, repart en prenant le bétail", relate Ehya.

Mais "l'armée malienne nous accuse de soutenir les moudjahidine (les djihadistes) quand on refuse de leur dire où sont les djihadistes, et les moudjahidines nous accusent d'être avec l'Etat malien si on ne devient pas moudjahidine", dit-il.

"L'armée malienne et l'armée Wagner, les moudjahidine... on est pris entre deux feux".

- Violences sexuelles -

La jeune Seghad, 25 ans, vient d'arriver de Sokolo, à quelque 200 km de Mbera. Elle raconte avoir fui les combats et les violences commises sur les femmes.

Des hommes, des Peuls selon elle, une communauté volontiers accusée de nourrir les rangs djihadistes, "viennent, mettent un bandeau sur les yeux des femmes, les emmènent faire ce qu'ils ont à faire et les ramènent ensuite", assure-t-elle. "C'est notre réalité: la réalité de la guerre entre l'armée malienne et les Wagner contre les djihadistes".

Wagner "n'opère jamais seule, ils sont toujours avec l'armée malienne", dit Ehya. A Hombori, localité non loin de laquelle son campement était installé, à plus de 1.000 km de Mbera, "ils sont venus le jour du marché et ils ont ouvert le feu sur des éleveurs qui étaient venus payer le ravitaillement de leur bétail".

L'ONU a annoncé avoir ouvert une enquête sur l'exécution sommaire présumée de nombreux civils par les soldats maliens, "qui (auraient été) accompagnés par du personnel de sécurité étranger" à Hombori le 19 avril.

Les autorités maliennes répètent constamment respecter les droits humains et ouvrir des enquêtes s'il y a lieu.

Mais Ehya insiste sur sa bonne foi: s'il témoigne, "c'est que je l'ai vu moi-même".

 


Le cheikh Tahnoon « bienvenu à tout moment », selon le ministre saoudien des Médias

Le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary (à gauche), et le Cheikh Tahnoon ben Zayed Al-Nahyane (à droite). (Photo fournie)
Le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary (à gauche), et le Cheikh Tahnoon ben Zayed Al-Nahyane (à droite). (Photo fournie)
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  • Malgré des divergences sur le dossier yéménite, Riyad et Abou Dhabi soulignent l’importance stratégique de leur partenariat régional

RIYAD : Le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a réfuté mercredi les allégations circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles le Royaume aurait refusé l’entrée au conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis, le cheikh Tahnoon ben Zayed.

« Ce qui circule au sujet d’un refus du Royaume de recevoir Son Altesse le cheikh Tahnoon ben Zayed est incorrect. Son Altesse vient au Royaume quand il le souhaite, sans autorisation ; c’est sa maison et sa direction est sa famille », a écrit le ministre sur X.

Le cheikh Tahnoon est le vice-gouverneur d’Abou Dhabi et le frère du président des Émirats arabes unis, le cheikh Mohamed ben Zayed.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a déclaré mardi que, malgré une « divergence de vues » entre les deux pays au sujet du Yémen, leur relation était « d’une importance cruciale » pour la stabilité régionale.

« Le Royaume est toujours désireux d’entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis en tant que partenaire clé au sein du CCG », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que le retrait des Émirats arabes unis du Yémen constituait une « pierre angulaire » permettant à la relation avec les Émirats de rester solide.

Le mois dernier, le gouvernement yéménite internationalement reconnu a demandé aux Émirats arabes unis de retirer leurs forces du pays, après que le Conseil de transition du Sud (STC), qu’ils soutiennent, a pris le contrôle de vastes zones dans le sud et l’est du pays.

La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite pour soutenir la légitimité au Yémen a indiqué, le 30 décembre, avoir mené une frappe aérienne « limitée » contre des cargaisons d’armes de contrebande destinées au STC.

Le ministère émirati de la Défense a annoncé avoir achevé un retrait total du Yémen le 2 janvier.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’espace aérien et le territoire saoudiens ne seront pas utilisés pour une attaque contre l’Iran, affirme le prince héritier

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président iranien Masoud Pezeshkian. (Archive/SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président iranien Masoud Pezeshkian. (Archive/SPA/AFP)
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  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a fait ces déclarations lors d’un entretien téléphonique avec le président iranien Massoud Pezeshkian

RIYAD : Le Royaume n’autorisera pas que son espace aérien ou son territoire soient utilisés pour toute action militaire contre l’Iran, a déclaré le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane au président iranien Massoud Pezeshkian lors d’un entretien téléphonique mardi.

L’Arabie saoudite respecte la souveraineté de l’Iran et soutient tous les efforts visant à résoudre les différends par le dialogue, de manière à renforcer la sécurité et la stabilité dans la région, a rapporté l’Agence de presse saoudienne, citant les propos du prince héritier à Pezeshkian.

Le président iranien a exprimé sa gratitude envers le Royaume pour sa position ferme en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Iran, remerciant le prince héritier pour ses efforts en vue de renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Plus tôt, les médias iraniens avaient rapporté que Pezeshkian avait déclaré que Téhéran accueille toujours favorablement tout processus, dans le cadre du droit international, visant à prévenir la guerre.

Pezeshkian a également indiqué au prince Mohammed que « l’unité et la cohésion » des pays islamiques peuvent garantir une « sécurité, une stabilité et une paix durables dans la région ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Netanyahu affirme qu'il ne permettra pas l'établissement d'un «Etat palestinien à Gaza»

Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée. (AFP)
Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée. (AFP)
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  • "J'entends dire que j'autoriserais la création d'un État palestinien à Gaza. Cela n'a pas eu lieu et cela n'arrivera pas"
  • "Aujourd'hui comme demain, nous ne le permettrons pas", a-t-il ajouté, affirmant qu'"Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer" Méditerranée

JERUSALEM: Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée.

"J'entends dire que j'autoriserais la création d'un État palestinien à Gaza. Cela n'a pas eu lieu et cela n'arrivera pas", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, se vantant d'avoir "empêché à maintes reprises la création d'un État palestinien".

"Aujourd'hui comme demain, nous ne le permettrons pas", a-t-il ajouté, affirmant qu'"Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer"  Méditerranée, soit Israël et l'ensemble des Territoires palestiniens occupés.