L'avenir du télétravail au Moyen-Orient après la pandémie

Alors que le travail à distance a initialement été mis en place pour limiter la propagation du virus, la pandémie de Covid-19 a prouvé que de nombreux emplois de bureau pouvaient être exercés à domicile (Photo, AFP).
Alors que le travail à distance a initialement été mis en place pour limiter la propagation du virus, la pandémie de Covid-19 a prouvé que de nombreux emplois de bureau pouvaient être exercés à domicile (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 29 août 2022

L'avenir du télétravail au Moyen-Orient après la pandémie

  • Depuis l'assouplissement des restrictions liées à la pandémie, les entreprises et les services gouvernementaux s'empressent de ramener le personnel dans les bureaux
  • De nombreux dirigeants d'entreprises dans le monde entier craignent que le travail à distance ne réduise la productivité

DUBAÏ: Il fut un temps où le fait de passer de longues heures au bureau était considéré par les chefs d'entreprise comme un signe de dévouement de la part des employés, alors que le télétravail était réservé aux casaniers et aux fainéants.

C'était cependant avant que la pandémie survenue en 2020 ne transforme le monde du travail, révélant presque du jour au lendemain que de nombreux emplois traditionnels de bureau pouvaient être exécutés, avec la même efficacité, à domicile.

L'émergence et l'acceptation généralisée du travail à distance ont entraîné une véritable révolution dans l'utilisation des technologies de communication avancées, notamment les applications de visioconférence comme Zoom, Microsoft Teams et Face Time, qui ont remplacé les réunions en personne, ralentissant ainsi la propagation du virus particulièrement contagieux. 

«Tout au long de la pandémie, les individus, les organisations, les communautés et les nations ont rencontré d'énormes obstacles, et les communications vidéo ont contribué à maintenir un semblant de normalité et de continuité dans les tâches essentielles de la vie quotidienne», confie Sam Tayan, responsable de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Zoom, à Arab News.

Plus de deux ans plus tard, la transition des interactions en personne à temps plein vers des interactions à distance partielles semble se poursuivre. Les lieux de travail, les établissements d'enseignement, les professionnels de la santé, les partenaires commerciaux, les familles et les individus comptent tous, à différents degrés, sur les applications de communication.

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L'émergence et l'acceptation généralisée du travail à distance ont entraîné une véritable révolution dans l'utilisation des technologies de communication avancées, notamment les applications de visioconférence comme Zoom (Photo, Shutterstock).

Melissa Whitehead, une résidente de Dubaï qui travaille dans le domaine des relations publiques, estime que le travail à distance a changé la donne, puisqu'il lui permet d'économiser sur les frais de carburant et de gagner du temps. 

«Le fait de ne pas avoir à subir les embouteillages deux fois par jour pendant plus d'une heure a, dans l'ensemble, amélioré le bien-être moral des gens et a même contribué à la création d'un environnement plus vert grâce à la réduction des gaz d'échappement des voitures», explique-t-elle à Arab News.

Toutefois, cet argument que les employés comme Whitehead jugent incontournable est perçu par de nombreux employeurs comme une recette pour des bureaux vides, moins d'interactions en face à face et des risques de productivité.

Depuis l'assouplissement des restrictions liées à la pandémie, les entreprises et les services gouvernementaux s'empressent de ramener le personnel dans les bureaux. En effet, de nouvelles études montrent que la demande d'espaces de bureaux dans certains pays, comme l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, est en hausse.

Se pourrait-il que le Moyen-Orient voie la fin de l'ère du télétravail ?

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De nombreuses entreprises commencent à considérer les espaces de travail partagés comme une transition entre des espaces de travail géographiquement spécifiques et des espaces plus axés sur les personnes (Photo, Getty Images).

Les résultats de 6Wresearch, une société internationale d'études de marché et de conseil, montrent que près de 32 millions de pieds carrés d'espaces de bureaux sont en cours de construction dans la capitale de l'Arabie saoudite, Riyad, pour accueillir les nombreuses multinationales qui s'installent actuellement dans le Royaume.

Ces chiffres reflètent le succès de la campagne «Programme HQ» du Royaume, qui vise à encourager au moins 500 sociétés étrangères à transférer leur siège régional à Riyad d'ici 2030, dans le cadre de la diversification de l'économie saoudienne. 

«L'industrie des espaces de bureaux flexibles est sans doute destinée à se développer à travers le Royaume dans les années à venir, puisqu'un nombre croissant de nouvelles entreprises et de sociétés bien établies choisissent d'employer des espaces de travail aménagés», dit Ali Rao, PDG de la société Elixir Establishments, basée à Dubaï, à Arab News.

Rao estime que le marché des espaces de bureaux flexibles en Arabie saoudite connaîtra un taux de croissance annuel cumulé de plus de 6% au cours des cinq prochaines années.

La demande d'espaces de bureaux post-Covid est également en plein essor dans les EAU:  elle a atteint son plus haut niveau depuis cinq ans, en raison de l'afflux d'entreprises étrangères qui cherchent à se développer ou à se relocaliser à Dubaï, pôle commercial du Golfe. Au cours du premier trimestre de 2022, des unités de bureaux d'une superficie totale de 480 000 pieds carrés ont été livrées, portant l'offre de la ville à 107 millions de pieds carrés, selon 6Wresearch.

Rao explique l'amélioration de l'environnement commercial et le climat optimiste par l'immense succès de l'Expo 2020 de Dubaï (octobre 2021-mars 2022) et par la série de réformes apportées par les EAU aux règles relatives aux entreprises, à l'emploi et aux visas.

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Des millions de pieds carrés de nouveaux espaces de bureaux sont actuellement en cours de construction dans la région du Golfe (Photo, AFP). 

«Ce qui contribue à attirer de nouveaux investisseurs et de nouvelles entreprises, c'est la série de nouvelles mesures introduites par les EAU ces derniers mois, allant de la dépénalisation des chèques sans provision à l'octroi de visas à long terme (cinq à dix ans), ce qui rend la tâche beaucoup plus facile pour les nouveaux investisseurs qui souhaitent s'installer dans la région», poursuit-il.

Tayan, responsable de la division MENA de Zoom, reconnaît que les changements législatifs ont contribué à créer un environnement beaucoup plus propice aux investissements. 

«Les réformes économiques mises en œuvre par les EAU et l'Arabie saoudite, comme la propriété étrangère à 100%, les nouvelles initiatives de visas pour le travail à distance et la volonté du gouvernement d'accroître les investissements, stimulent la demande d'espaces de bureaux commerciaux», indique-t-il.

Selon Tayan, la forte demande d'espaces de bureaux ne signifie pas nécessairement que le travail à distance relève désormais du passé. En réalité, de nombreuses entreprises adoptent aujourd'hui le modèle de travail hybride, ce qui permet aux employés de mieux concilier vie professionnelle et vie privée. 

«Le travail à domicile et le travail hybride sont devenus monnaie courante. 58% des entreprises aux EAU ont recours à ces moyens et, dans la plupart des cas, c'est devenu une nécessité», précise-t-il.

La situation n'est pas la même partout, même au-delà du Moyen-Orient. Selon une étude de la société de services immobiliers Savills, environ 80% des travailleurs à Dubaï et 90% de ceux en Chine sont de retour au bureau.

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Ali Rao, PDG d'Elixir Establishments (Photo, Fournie).

Parallèlement, dans la ville de Londres, moins de 40% des travailleurs sont retournés au bureau. En Amérique du Nord, le chiffre est inférieur à 50%.

Selon Savills, les différences entre les pays et les régions dépendent de facteurs comme la durée des périodes de fermeture locales, les temps de trajet, la facilité de mobilité et l'âge moyen de la population active.

Les jeunes travailleurs ont tendance à rechercher l'interaction et le tutorat dans un environnement de bureau. Par exemple, à Mumbai, où 50% de la population en âge de travailler a moins de 35 ans, le passage au travail hybride a été nettement plus lent.

Parmi les autres facteurs figurent le coût de location des bureaux, la culture locale du lieu de travail et la dimension du domicile des employés, les grandes propriétés étant plus aptes à disposer d'un espace dédié au travail à domicile.

De nombreux dirigeants d'entreprises dans le monde entier craignent que le travail à distance ne réduise la productivité. Or, selon Tayan, il se peut bien que ce soit le contraire.

Une étude commandée par Zoom et menée par Forrester Consulting a révélé que le modèle composite d'organisation utilisant Zoom pouvait ajouter jusqu'à 53 minutes de productivité par employé et par semaine, tout en réduisant la nécessité de déplacements professionnels, ce qui permettrait aux entreprises d'économiser des millions.

Par ailleurs, une autre étude de l'université de Stanford a conclu que le travail à domicile augmentait la productivité de 13%. Cette amélioration des performances du personnel a d'ailleurs été associée à un environnement de travail plus calme et plus pratique, qui permet à l'employé de travailler plus longtemps, avec moins de pauses et de congés maladie.

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Se pourrait-il que le Moyen-Orient voie la fin de l'ère du télétravail ? (Photo, Fournie).

«Il est difficile de déterminer avec précision les raisons pour lesquelles les données indiquent une augmentation de la productivité dans un environnement de travail à domicile, mais il s'agit probablement d'une combinaison de divers facteurs comme l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée, l'absence de distractions et la satisfaction des employés», affirme Tayan.

Cela a également été observé dans une enquête réalisée par ConnectSolutions, qui a montré que les employés suivant le modèle hybride avaient une productivité accrue, 30% d'entre eux faisant plus de travail en moins de temps et 24% faisant plus de travail dans le même laps de temps.

Le monde des affaires semble s'en rendre compte, mais il demeure peu enclin à adopter un modèle de travail entièrement à distance.

Priyabrata Rath, directeur des investissements commerciaux au sein de Powerhouse Real Estates, pense que la tendance aux formes de travail à distance et hybride survivra à la pandémie, mais ne fera pas entièrement disparaître le travail de bureau. 

«Durant la pandémie, [le télétravail] nous a tous aidés à faire face aux changements», raconte-t-il à Arab News. «Mais il est peu probable qu'il remplace définitivement les bureaux traditionnels.»

Que ce soit au Moyen-Orient ou dans le monde entier, il semble que la pandémie a eu un impact durable sur les attitudes à l'égard du travail hybride ou à distance, ouvrant ainsi la voie à une ère d'expansion continue de l'espace de bureau et à l'acceptation généralisée d'une plus grande flexibilité du lieu de travail. 

«C'est certainement le début d'une nouvelle ère qui va voir apparaître des modalités de travail hybrides», déclare Rao, interrogé par Arab News

«De nombreuses entreprises commencent à considérer les espaces de travail partagés comme une transition entre des espaces de travail géographiquement spécifiques et des espaces plus axés sur les personnes.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le Kurde Nizar Amedi élu président de l'Irak, Al-Maliki pressenti pour Premier ministre

Le Parlement irakien a élu samedi à la présidence du pays Nizar Amedi, qui doit à présent choisir un Premier ministre, dans un pays récemment entraîné dans la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Le Parlement irakien a élu samedi à la présidence du pays Nizar Amedi, qui doit à présent choisir un Premier ministre, dans un pays récemment entraîné dans la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Nizar Amedi a prêté serment après avoir obtenu la majorité des voix des députés, selon une retransmission en direct du vote par la chaîne officielle Al-Iraqiya. Il succède Abdel Latif Rachid
  • Agé de 58 ans, il était le candidat de l'une des deux principales formations kurdes, le Parti de l’Union patriotique du Kurdistan

BAGDAD: Le Parlement irakien a élu samedi à la présidence du pays Nizar Amedi, qui doit à présent choisir un Premier ministre, dans un pays récemment entraîné dans la guerre au Moyen-Orient.

Conformément au système de partage du pouvoir en vigueur en Irak, la présidence de la République, un poste largement honorifique, est attribuée à un Kurde, la fonction de Premier ministre à un chiite et la présidence du Parlement à un sunnite.

Nizar Amedi a prêté serment après avoir obtenu la majorité des voix des députés, selon une retransmission en direct du vote par la chaîne officielle Al-Iraqiya. Il succède Abdel Latif Rachid.

Agé de 58 ans, il était le candidat de l'une des deux principales formations kurdes, le Parti de l’Union patriotique du Kurdistan.

M. Amedi a été ministre de l’Environnement entre 2022 et 2024 dans le gouvernement du Premier ministre sortant Mohammed Chia al-Soudani.

Il a également été conseiller des anciens présidents de la République, Jalal Talabani, Fouad Massoum et Barham Saleh.

Après les élections législatives de novembre, la date de l'élection du président avait été fixée à janvier mais avait été reportée deux fois en raison de désaccords politiques, reculant d'autant la nomination d'un Premier ministre.

Le président dispose désormais de 15 jours pour nommer un Premier ministre, qui devrait être Nouri al-Maliki.

Déjà deux fois consécutives à ce poste (entre 2006 et 2014), M. Maliki avait reçu en janvier l'appui de la principale alliance chiite du pays, le Cadre de coordination, qui détient la majorité au Parlement et a des liens avec Téhéran, pour redevenir Premier ministre.

Ce probable retour au pouvoir de M. Maliki avait suscité de vives inquiétudes à Washington.

M. Maliki avait dans un premier temps bénéficié du soutien américain après l'invasion de 2003 et la chute de Saddam Hussein, mais s'était brouillé avec Washington après s'être rapproché de l'Iran.

L'Irak a longtemps été un terrain de confrontation par procuration entre les Etats-Unis et l'Iran, les gouvernements successifs négociant un équilibre délicat entre ses deux partenaires, eux-même ennemis.

Les Etats-Unis et l'Iran ont entamé samedi à Islamabad des négociations pour tenter d'obtenir une trêve durable après plusieurs semaines de guerre au Moyen-Orient.

L'Irak a été happé par le conflit, des groupes pro-iraniens attaquant des intérêts américains dans le pays et ces mêmes groupes étant l'objet de frappes imputées aux Etats-Unis et à Israël.


Le Liban dit œuvrer pour un retrait israélien total, nouvel incident visant les Casques bleus 

Des soldats israéliens ont percuté dimanche "à deux reprises" des véhicules des Casques bleus avec un char Merkava, causant "des dégâts significatifs" à l'un des véhicules, a annoncé dans un communiqué la force de l'ONU, présente dans le sud du pays depuis 1978, date de la première invasion israélienne. (AFP)
Des soldats israéliens ont percuté dimanche "à deux reprises" des véhicules des Casques bleus avec un char Merkava, causant "des dégâts significatifs" à l'un des véhicules, a annoncé dans un communiqué la force de l'ONU, présente dans le sud du pays depuis 1978, date de la première invasion israélienne. (AFP)
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  • Au moins six personnes sont mortes dimanche dans de nouvelles frappes israéliennes sur le sud du pays, a précisé le ministère de la Santé, dont un secouriste de la Croix-Rouge libanaise
  • L'organisation a indiqué que son équipe avait été "directement visée par un drone israélien" alors qu'elle menait une mission humanitaire et que le logo de la Croix-Rouge était visible

BEYROUTH: Le Premier ministre du Liban, Nawaf Salam, a assuré dimanche œuvrer pour un retrait israélien total du territoire, alors que son homologue israélien Benjamin Netanyahu venait d'annoncer la poursuite de la guerre à ses troupes dans le sud du Liban.

Au moins six personnes sont mortes dimanche dans de nouvelles frappes israéliennes sur le sud du pays, a précisé le ministère de la Santé, dont un secouriste de la Croix-Rouge libanaise.

L'organisation a indiqué que son équipe avait été "directement visée par un drone israélien" alors qu'elle menait une mission humanitaire et que le logo de la Croix-Rouge était visible.

Le secrétaire général de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Jagan Chapagain, s'est dit "consterné et attristé" par la mort d'un deuxième volontaire de la Croix-Rouge libanaise en quelques semaines.

Le ministère a lui dénoncé "une nouvelle violation du droit international humanitaire", précisant qu'un secouriste avait été également blessé dans la frappe, à Beit Yahoun.

Le ministère "engagera des poursuites judiciaires au niveau international afin de garantir que les responsables de ces crimes répondent de leurs actes", a-t-il ajouté, dans un communiqué.

Israël accuse régulièrement le Hezbollah d'utiliser des ambulances à des fins militaires, sans fournir de preuves à ces accusations.

Au total, plus de 80 secouristes et personnels de santé ont été tués dans des frappes israéliennes depuis le début de la guerre, selon les autorités.

"Nous allons œuvrer pour arrêter cette guerre et obtenir le retrait israélien de l'ensemble de notre territoire", a déclaré Nawaf Salam dans un discours télévisé aux Libanais, à la veille de la commémoration du début de la guerre civile (1975-1990).

"Nous continuons nos efforts (...) en négociant pour arrêter la guerre", a-t-il ajouté.

Mardi, des responsables libanais, israéliens et américains doivent se rencontrer à Washington pour des pourparlers directs, une initiative rejetée par la formation pro-iranienne Hezbollah.

Lors d'une visite dans le sud du Liban, sa première depuis le début de la guerre le 2 mars contre le Hezbollah, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré: "la guerre continue, y compris dans la zone de sécurité au Liban".

"Nous avons contrecarré la menace d'une invasion à partir du Liban grâce à cette zone de sécurité", a-t-il ajouté, après avoir fait état la veille de la création "d'une zone tampon de sécurité de huit à dix kilomètres" à l'intérieur du territoire libanais pour protéger Israël des attaques du Hezbollah.

Nouvel incident visant les Casques bleus 

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a dénoncé pour sa part un nouvel incident visant les Casques bleus.

Des soldats israéliens ont percuté dimanche "à deux reprises" des véhicules des Casques bleus avec un char Merkava, causant "des dégâts significatifs" à l'un des véhicules, a annoncé dans un communiqué la force de l'ONU, présente dans le sud du pays depuis 1978, date de la première invasion israélienne.

Israël, qui a annoncé que la fragile trêve au Moyen-Orient ne s'appliquait pas au Liban, a continué à bombarder le pays.

Une trentaine de localités du sud et quelques unes dans la Békaa (est), ont été visées dimanche, a affirmé l'Agence nationale d'information (Ani).

Une frappe israélienne sur le village de Qana (sud) a tué au moins cinq personnes et en a blessé 25 autres, a indiqué le ministère de la Santé.

Un photographe de l'AFP y a vu d'importantes destructions et une pelleteuse qui dégageait des gravats, pendant que des secouristes évacuaient un corps des décombres.

"Notre centre de secours a été touché et a été complètement détruit, avec tout ce qu'il contenait, notamment des lits et des équipements médicaux", a raconté à Bazouriyeh (sud) Hassan Berro, un secouriste de l'association Risala affiliée au mouvement Amal, parti allié du Hezbollah.

Un correspondant de l'AFP y a vu des vitres brisées et des lits médicalisés recouverts de débris dans le bâtiment endommagé.

L'armée israélienne a accusé le Hezbollah d'utiliser le complexe hospitalier de cette ville "à des fins militaires".

Les frappes israéliennes au Liban ont tué 2.055 personnes et en ont blessé plus de 6.500 autres depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël, a indiqué dimanche le ministère de la Santé.


Léon XIV est arrivé en Algérie pour une visite historique, la première d'un pape dans le pays 

La basilique Notre-Dame d'Afrique, site chrétien emblématique du pays qui surplombe la baie d'Alger. (AFP)
La basilique Notre-Dame d'Afrique, site chrétien emblématique du pays qui surplombe la baie d'Alger. (AFP)
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  • Première étape d'une grande tournée dans quatre pays d'Afrique, le pape américain se rend en Algérie pendant deux jours "pour continuer à construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman "
  • Le pape américain est arrivé peu avant 10H00 locales (09H00 GMT) à l'aéroport d'Alger et doit rendre hommage aux victimes algériennes de la guerre d'indépendance contre la France (1954-1962)

ALGER: Léon XIV est arrivé lundi matin en Algérie pour une visite de deux jours hautement symbolique, la première d'un pape dans ce pays à majorité musulmane, terre natale de Saint Augustin, a constaté l'AFP à bord de l'avion papal.

Le pape américain est arrivé peu avant 10H00 locales (09H00 GMT) à l'aéroport d'Alger et doit rendre hommage aux victimes algériennes de la guerre d'indépendance contre la France (1954-1962).

Une visite historique 

Le pape Léon XIV est parti lundi matin pour un voyage historique en Algérie, marquant le début d'une tournée de onze jours en Afrique, premier voyage international de son pontificat mais qui risque d'être éclipsé par les critiques du président américain Donald Trump.

Son avion a décollé peu après 07H00 GMT de l'aéroport romain de Fiumicino.

Première étape d'une grande tournée dans quatre pays d'Afrique, le pape américain se rend en Algérie pendant deux jours "pour continuer à construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman ", a déclaré à l'AFP l'archevêque d'Alger, le cardinal Jean-Paul Vesco.

Ce déplacement revêt aussi une forte dimension personnelle pour le pape américain: il marchera dans les pas de Saint Augustin, grand penseur chrétien du IVe siècle dont l'héritage spirituel irrigue son pontificat.

Dans un contexte international tendu par la guerre au Moyen-Orient, la coexistence pacifique sera au cœur du message du pape dans ce pays de 47 millions d'habitants, où l'islam sunnite est religion d'Etat.

Sa récente allocution antiguerre lui a valu dimanche soir une diatribe de Donald Trump: "Je ne suis pas un grand fan du pape Léon (...), c'est un homme qui ne croit pas à la lutte contre la criminalité", a déclaré le président américain à la presse. Puis d'ajouter sur son réseau Truth Social: "Je ne veux pas d'un pape qui critique le président des Etats-Unis" - même si celui-ci n'avait nommé personne dans son discours.

Première grande tournée 

Attendu à 10H00 (09H00 GMT) à Alger, Léon XIV sera accueilli avec les honneurs. Il rendra d'abord hommage, devant le monument des martyrs, aux victimes de la guerre d'indépendance contre la France (1954-62), un geste de reconnaissance de la douloureuse histoire nationale.

Dans la foulée, il sera reçu par le président Abdelmadjid Tebboune et prononcera un premier discours devant les autorités et le corps diplomatique.

L'après-midi, il visitera la Grande Mosquée, complexe monumental au plus haut minaret du monde (267 m), avant de se rendre à la basilique Notre-Dame d'Afrique, site chrétien emblématique du pays qui surplombe la baie d'Alger.

Au cours d'une célébration à dimension interreligieuse mêlant chrétiens et musulmans, le chef des 1,4 milliard de catholiques y lancera un appel à la fraternité dans le pays où les catholiques représentent moins de 0,01 % de la population.

Ce déplacement ouvre la première grande tournée internationale du pape de 70 ans, qui le conduira ensuite au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale (13-23 avril), un marathon de 18.000 km à l'agenda très dense.

Fleurs et travaux 

Pour cette visite historique, Alger a sorti ses plus beaux atours, et l'ambiance des grands jours règne dans la capitale algérienne.

Les murs de certaines façades ont été rafraîchis, des routes refaites à neuf, des espaces verts agrémentés de plantes et de grands pots de fleurs déposés sur une partie du parcours.

Dans certains quartiers, comme celui de Bab El Oued, les travaux se sont poursuivis pendant la nuit, créant parfois des embouteillages à des heures tardives.

Des barrières ont été posées le long du parcours qu'empruntera le souverain pontife. Aucun bain de foule n'est cependant prévu dans la capitale et la fameuse papamobile, ce véhicule blanc emblématique, restera à l'aéroport, selon le site d'information Casbah Tribune.

Lundi, Léon XIV se recueillera aussi en privé dans la chapelle des 19 "martyrs d'Algérie", des prêtres et religieuses assassinés pendant la décennie noire de guerre civile (1992-2002), symbole du prix payé par les religieux engagés dans le dialogue avec l'islam.

Mais aucun déplacement n'est prévu au monastère de Tibhirine, dont les moines furent enlevés et assassinés en 1996, un épisode encore entouré de zones d'ombre.

Dans un pèlerinage à la dimension plus personnelle, le pape se rendra mardi à Annaba (est), près de la frontière tunisienne, l'antique Hippone dont Saint Augustin (354-430) fut l'évêque.

Dans son premier discours en tant que pape, depuis le balcon de la basilique Saint‑Pierre, Léon XIV s'était présenté comme "un fils de Saint Augustin" en référence à l'ordre qui porte son nom.

Avant son élection à la tête de l'Eglise catholique en mai 2025, Robert Francis Prevost s'était rendu deux fois en Algérie, en tant que responsable de cet ordre, fondé au XIIIe siècle sur des préceptes de vie commune et de partage.