La méga-fusée de la Nasa s'apprête à décoller vers la Lune

Après cette première mission, Artémis 2 emportera en 2024 des astronautes jusqu'à la Lune, sans y atterrir. (Photo, AFP)
Après cette première mission, Artémis 2 emportera en 2024 des astronautes jusqu'à la Lune, sans y atterrir. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 29 août 2022

La méga-fusée de la Nasa s'apprête à décoller vers la Lune

Après cette première mission, Artémis 2 emportera en 2024 des astronautes jusqu'à la Lune, sans y atterrir. (Photo, AFP)
  • Signe des temps, la première femme directrice de lancement à la Nasa, Charlie Blackwell-Thompson, donnera le «go» final
  • L'objectif principal de la mission est de tester le bouclier thermique de la capsule, qui reviendra dans l'atmosphère terrestre à près de 40 000 km/h, et une température moitié aussi chaude que la surface du Soleil

FLORIDE/ PARIS: La nouvelle fusée de la Nasa, la plus puissante du monde, devait décoller pour la première fois lundi depuis la Floride vers la Lune, mais les opérations de remplissage de la fusée avec son carburant donnaient du fil à retordre aux équipes de l'agence spatiale américaine, quelques heures avant le lancement. 

Les réservoirs ont commencé à être remplis avec un retard d'environ une heure, à cause d'un risque de foudre trop élevé au milieu de la nuit. 

Les opérations devaient se poursuivre durant plusieurs heures, jusqu'à avoir rempli la fusée de plus de trois millions de litres d'hydrogène et d'oxygène liquides ultra-froids. 

Mais vers 03H00 du matin heure locale, une fuite potentielle a été détectée lors du remplissage de l'étage principal avec l'hydrogène, entraînant une pause. Après des tests, le flot a finalement repris, les équipes sur place continuant à suivre de près la situation. 

La Nasa espérait rattraper le retard accumulé. Le décollage est prévu pour 08H33 (12H33 GMT) depuis l'aire de lancement 39B du centre spatial Kennedy. 

La fenêtre de tir s'étend sur deux heures et laisse donc une marge de manœuvre. Mais si la météo est à 80% favorable pour un lancement à l'heure, elle doit se dégrader peu à peu au cours de la matinée. 

Du haut de ses 98 mètres, la fusée orange et blanche SLS ne pourra pas décoller en cas de pluie ou d'orages. 

Cinquante ans après le dernier vol d'Apollo, la mission Artémis 1 doit marquer le lancement du programme américain de retour sur la Lune, qui doit permettre à l'humanité d'ensuite atteindre Mars, à bord du même vaisseau. 

La capsule Orion sera propulsée sans équipage jusqu'en orbite autour de la Lune, afin de vérifier que le véhicule est sûr pour de futurs astronautes --dont la première femme et la première personne de couleur qui marcheront sur la surface lunaire. 

« Cette mission emporte les rêves et les espoirs de beaucoup de gens », a déclaré ce week-end le patron de la Nasa Bill Nelson avant d'ajouter: « Nous sommes dorénavant la génération Artémis ». 

Signe des temps, la première femme directrice de lancement à la Nasa, Charlie Blackwell-Thompson, donnera le « go » final. Les femmes représentent 30% des effectifs en salle de lancement --contre une seule pour Apollo 11. 

Deux minutes après le décollage, les propulseurs d'appoint retomberont dans l'Atlantique. Après huit minutes, l'étage principal se détachera à son tour. Puis, au bout d'environ 1h30, une dernière poussée de l'étage supérieur mettra la capsule sur le chemin de la Lune, qu'elle mettra plusieurs jours à atteindre. 

Entre 100.000 et 200 000 personnes sont attendues pour assister au spectacle, dont la vice-présidente des Etats-Unis Kamala Harris. 

Record de distance 

En cas d'annulation, la prochaine date de décollage possible est le 2 septembre. 

L'objectif principal de la mission est de tester le bouclier thermique de la capsule, qui reviendra dans l'atmosphère terrestre à près de 40 000 km/h, et une température moitié aussi chaude que la surface du Soleil. 

Au lieu d'astronautes, des mannequins ont pris place à bord, équipés de capteurs enregistrant vibrations et taux de radiations. Des microsatellites seront également déployés pour aller étudier la Lune, ou encore un astéroïde. 

La capsule s'aventurera jusqu'à 64 000 km derrière la Lune, soit plus loin que tout autre vaisseau habitable jusqu'ici. 

Un échec complet de la mission serait dévastateur pour une fusée au budget faramineux (4,1 milliards par lancement, selon un audit public) et en retard de plusieurs années (commandée en 2010 par le Congrès américain pour une date initiale de décollage en 2017). 

Vivre sur la Lune 

« Ce que nous commençons avec ce décollage lundi n'est pas un sprint de court terme mais un marathon de longue durée, pour ramener le système solaire, et au-delà, dans notre sphère », a déclaré avec aplomb Bhavya Lal, administratrice associée à la Nasa. 

Après cette première mission, Artémis 2 emportera en 2024 des astronautes jusqu'à la Lune, sans y atterrir. Un honneur réservé à l'équipage d'Artémis 3, en 2025 au plus tôt. La Nasa souhaite ensuite lancer environ une mission par an. 

Le but: établir une présence humaine durable sur la Lune, avec la construction d'une station spatiale en orbite autour d'elle (Gateway), et d'une base à la surface. 

Là, l'humanité doit apprendre à vivre dans l'espace lointain et développer toutes les technologies nécessaires à un aller-retour vers Mars. 

Un voyage de plusieurs années qui pourrait avoir lieu « à la fin de la décennie 2030 », selon Bill Nelson. 

Mais avant cela, se rendre sur la Lune est aussi stratégique, face aux ambitions de nations concurrentes, notamment la Chine. 

« Nous voulons aller sur le pôle sud (de la Lune, NDLR), là où sont les ressources », notamment de l'eau sous forme de glace, a détaillé M. Nelson sur NBC. « Nous ne voulons pas que la Chine y aille et dise ‘c'est notre territoire’ », a-t-il dit. 

Thomas Pesquet: «plusieurs » astronautes européens ont une chance d'aller sur la Lune

L'astronaute français Thomas Pesquet « regardera avec beaucoup d'attention » les prochains vols habités de la mission Artemis vers la Lune, estimant avoir « voix au chapitre » pour poser sa candidature, au même titre que « plusieurs » astronautes européens, a-t-il dit lundi sur France Info. 

Interrogé pour savoir s'il avait ses chances de décoller vers la Lune lors de la prochaine mission, Thomas Pesquet a répondu « la 2 non, mais à partir de la 3, l'Europe aura voix au chapitre ». Artémis 2 emportera en 2024 des astronautes jusqu'à la Lune, sans y atterrir. Un honneur réservé à l'équipage d'Artémis 3, en 2025 au plus tôt. La Nasa souhaite ensuite lancer environ une mission par an. 

« On aura des vols pour des astronautes européens, clairement moi et mes collègues on va regarder ça avec beaucoup d’attention et puis on va s'imaginer dans cette capsule », a-t-il dit. 

Parmi les astronautes européens, « on est quelques-uns à avoir voix au chapitre » pour « candidater », mais »cela dépendra du directeur général de l'ESA (l'Agence spatiale européenne, ndlr), des pays membres, on verra bien », a-t-il ajouté. 

« Ce qui est bien, c'est qu'il y aura plusieurs missions (...), on a un programme qui va être durable en utilisant les ressources sur la Lune, et ça, ça veut dire qu'il n'y aura pas un astronaute européen », mais « dans une dizaine d'années, il y en aura plusieurs », a-t-il ajouté. 

La Lune, « c'est un petit peu le Graal aujourd'hui, et demain ce sera Mars », a expliqué Thomas Pesquet, notant que « si on pouvait aller directement vers Mars, (...) on le ferait » car « l'intérêt scientifique est plus grand ». « Mais on n'est pas en position pour y aller » et « il faut aller répéter nos gammes sur la Lune ». 

Vivre sur la Lune 

« Ce que nous commençons avec ce décollage lundi n'est pas un sprint de court terme mais un marathon de longue durée, pour ramener le système solaire, et au-delà, dans notre sphère », a déclaré avec aplomb Bhavya Lal, administratrice associée à la Nasa. 

Après cette première mission, Artémis 2 emportera en 2024 des astronautes jusqu'à la Lune, sans y atterrir. Un honneur réservé à l'équipage d'Artémis 3, en 2025 au plus tôt. La Nasa souhaite ensuite lancer environ une mission par an. 

Le but: établir une présence humaine durable sur la Lune, avec la construction d'une station spatiale en orbite autour d'elle (Gateway), et d'une base à la surface. 

Là, l'humanité doit apprendre à vivre dans l'espace lointain et développer toutes les technologies nécessaires à un aller-retour vers Mars. 

Un voyage de plusieurs années qui pourrait avoir lieu « à la fin de la décennie 2030 », selon Bill Nelson. 

Mais avant cela, se rendre sur la Lune est aussi stratégique, face aux ambitions de nations concurrentes, notamment la Chine. 

« Nous voulons aller sur le pôle sud (de la Lune, NDLR), là où sont les ressources », notamment de l'eau sous forme de glace, a détaillé M. Nelson sur NBC. « Nous ne voulons pas que la Chine y aille et dise ‘c'est notre territoire’ », a-t-il dit. 


Flambée historique du pétrole, la guerre au Moyen-Orient fait s'envoler les cours de 30%

Le baril de pétrole a flambé lundi de 30% en quelques heures et tutoyé brièvement 120 dollars. (Reuters)
Le baril de pétrole a flambé lundi de 30% en quelques heures et tutoyé brièvement 120 dollars. (Reuters)
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  • Vers 06H30 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI, référence du marché américain), s'envolait de 15,51%, à 104,96 dollars
  • Plus tôt dans les échanges asiatiques, il avait flambé de plus de 30% à 119,48 dollars

NEW YORK: Le baril de pétrole a flambé lundi de 30% en quelques heures et tutoyé brièvement 120 dollars, envolée historique dans un marché paniqué par la prolongation du conflit au Moyen-Orient, le blocage du détroit d'Ormuz et les dommages aux infrastructures énergétiques.

Envolée du brut, "petit prix à payer" selon Trump

Vers 06H30 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI, référence du marché américain), s'envolait de 15,51%, à 104,96 dollars. Plus tôt dans les échanges asiatiques, il avait flambé de plus de 30% à 119,48 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, gonflait de 17,42% à 108,82 dollars, après avoir dépassé dépassé 119 dollars.

Depuis le début de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, le WTI s'est apprécié de quelque 60%, du jamais vu sur une période aussi courte.

Même l'invasion de l'Ukraine par la Russie, qui avait vu le baril grimper jusqu'à 130,50 dollars début mars 2022, n'avait pas provoqué de mouvements aussi violents.

Au dixième jour du conflit, les marchés de l'énergie restent suspendus aux développements au Moyen-Orient, où le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de l'offre mondiale de pétrole et gaz naturel liquéfié (GNL), reste quasi-paralysé.

Alors que la flambée sans précédent des cours pénalise déjà les consommateurs américains, Donald Trump a rapidement réagi sur son réseau Truth Social, déclarant que ce coup de chaud était un "tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité des Etats-Unis et du monde".

Ormuz bloqué, production en berne

Certes, vendredi, l'Agence américaine de développement DFC a annoncé la mise en place d'un mécanisme de réassurance pour faciliter la couverture des risques liés au passage du détroit d'Ormuz, jusqu'à 20 milliards de dollars.

Les Etats-Unis collaborent actuellement avec des armateurs qui souhaitent faire sortir leurs tankers du Golfe persique, a insisté dimanche le ministre américain de l'Energie Chris Wright.

"Dans les premiers temps, ces navires seront probablement sous protection militaire américaine", a-t-il ajouté, prévoyant un retour du trafic à la normale "dans un avenir relativement proche".

Mais ces signaux n'ont pas suffi à rassurer: par peur d'attaques, la circulation reste quasi-paralysée dans le détroit --des informations de presse mentionnant seulement le passage de quelques navires s'identifiant comme chinois.

"Les perturbations de l'approvisionnement s'intensifient, les données de suivi des navires confirmant l'arrêt du trafic maritime", observe Lloyd Chan, de la banque MUFG, parlant de "choc pétrolier".

Surtout, l'extension du conflit exacerbe les inquiétudes sur la production d'hydrocarbures.

L'Arabie saoudite a notamment encore intercepté lundi plusieurs drones qui se dirigeaient vers le gisement de pétrole de Shaybah, dans le sud-est du pays, déjà attaqué la veille.

"Les Émirats arabes unis, le Koweït et l'Irak ont réduit leur production de pétrole, l'Irak annonçant une baisse d'environ 3 millions de barils/jour" et "les frappes israéliennes ciblant des installations de stockage de carburant clés en Iran renforcent les risques", souligne M. Chan.

Crainte d'un choc économique

En Asie, très dépendante des hydrocarbures du Moyen-Orient, la flambée du pétrole a fait dévisser lundi les places boursières, de Tokyo à Taipei en passant par Séoul.

Particulièrement exposée, la Corée du Sud est le quatrième plus gros importateur de brut, et son économie repose sur une industrie tech très énergivore. le Japon est le cinquième plus gros pays importateur.

"Le Japon et la Corée sont des moteurs industriels géants qui fonctionnent au pétrole importé. Lorsque le prix du brut flambe, il se répercute directement sur les entreprises: les coûts des intrants explosent, les anticipations d'inflation grimpent", note Stephen Innes, de SPI Asset Management.

Des signes de tensions apparaissent: la Chine a demandé la semaine dernière à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d'essence, selon Bloomberg. Et la presse nippone indique que Tokyo réfléchit à ouvrir ses réserves pétrolières stratégiques.

Les Etats-Unis pourraient également élargir la levée temporaire des sanctions sur le pétrole russe pour soulager le marché, après avoir accordé une première autorisation à l'Inde, jeudi.

Les ministres des Finances du G7 doivent par ailleurs se réunir en visioconférence lundi, et selon le Financial Times, ils pourraient discuter d'un possible recours coordonnée à leurs réserves pétrolières stratégiques respectives.

L'information contribuait à la modération de l'envolée du brut en fin d'échanges asiatiques.

 


Avec la guerre au Moyen-Orient, la peur de l'inflation est de retour sur les marchés

La bourse coréenne le 3 mars 2026. (AFP)
La bourse coréenne le 3 mars 2026. (AFP)
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  • En Europe, la Bourse de Paris a perdu 3,46%, Londres 2,75% et Francfort 3,44%. Milan a reculé de 3,92%.
  • A Wall Street, vers 16H50 GMT, le Dow Jones cédait 1,38%, l'indice Nasdaq a pris 1,32% et l'indice élargi S&P 500 1,28%.

PARIS: Bourses qui vacillent, taux d'intérêt en hausse... avec la flambée du prix des hydrocarbures provoquée par la guerre au Moyen-Orient, la peur de l'inflation est de retour sur les marchés.

En Europe, la Bourse de Paris a perdu 3,46%, Londres 2,75% et Francfort 3,44%. Milan a reculé de 3,92%.

A Wall Street, vers 16H50 GMT, le Dow Jones cédait 1,38%, l'indice Nasdaq a pris 1,32% et l'indice élargi S&P 500 1,28%.

"Les investisseurs craignent un choc d'inflation, en raison de la flambée des prix des hydrocarbures provoquée par le conflit au Moyen-Orient", explique à l'AFP Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac.

En Europe, particulièrement dépendante de ses importations de gaz et de pétrole, le spectre de la crise inflationniste provoquée en 2022 par l'invasion de l'Ukraine par la Russie plane.

Le gaz s'enflamme

Au quatrième jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, Téhéran attaque mardi des sites liés aux Etats-Unis dans le Golfe, et Israël continue de bombarder "simultanément" l'Iran et le Liban.

Le conflit provoque depuis le début de la semaine une forte hausse du prix des hydrocarbures, en raison des perturbations de l'approvisionnement via le passage stratégique par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial.

Un général des Gardiens de la Révolution iraniens a d'ailleurs menacé lundi de "brûler tout navire" tentant de franchir le détroit.

Vers 16H50 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 7,07% à 83,24 dollars, après avoir dépassé les 85 dollars au cours de la séance, son niveau le plus élevé depuis juillet 2024. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate gagnait 7,34% à 76,46  dollars.

Le prix du gaz européen s'enflamme aussi, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence du gaz naturel sur le Vieux Continent, bondissant de 20,69% à 53,71 euros. Depuis le début de l'année, il a grimpé de plus de 90%.

Cette flambée du prix de l'énergie ravive "la crainte que, même si cette guerre reste localisée, elle puisse avoir un fort impact sur la croissance européenne et raviver l'inflation", a relevé Neil Wilson, analyste de Saxo Markets.

Les taux d'intérêt en hausse en Europe

"La question est: revenons-nous à un scénario similaire à 2022, où la flambée des prix de l'énergie avait déclenché une vague massive d'inflation frappant l'économie mondiale ?", s'interroge Kathleen Brooks, analyste de XTB.

En Europe, le risque de "stagflation", une hausse des prix avec une croissance faible, inquiète les investisseurs.

"Une hausse des prix de l'énergie exerce une pression à la hausse sur l'inflation, en particulier à court terme", a déjà déclaré Philip Lane, chef économiste de la BCE, dans une interview accordée au Financial Times.

Et "une potentielle hausse de l'inflation pourrait mettre en péril les baisses de taux des banques centrales", complète David Kruk, responsable du trading de La Financière de l'Échiquier, interrogé par l'AFP.

Résultat, les taux d'intérêt des dettes d'Etat, pourtant considérées traditionnellement comme des valeurs refuge en cas d'incertitude, grimpent, particulièrement sur le Vieux Continent.

Une inflation plus élevée réduit en effet la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.

Le taux d'intérêt à échéance dix ans de la dette allemande, référence en Europe, a bondi de près de 0,10 points de pourcentage durant la séance, avant de modérer ses gains à 0,03 point, à 2,74%.

Son équivalent français a lui grimpé de 0,08 point par rapport à la veille, atteignant un taux de 3,37%. Vendredi, avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%. L'obligation italienne, aussi à échéance dix ans, a bondi de 0,10 point de pourcentage, à 3,45%.

Hors zone euro, le taux d'intérêt britannique a atteint  4,46%, contre 4,37% lundi soir.

Les craintes des investisseurs sur l'économie européenne profitent en revanche au dollar, qui bondissait de 0,74% face à la monnaie unique européenne, à 1,1604 dollar pour un euro. D'ailleurs, aux États-Unis, plus autonome d'un point de vue énergétique, l'obligation à dix ans restait stable.

L'or est en revanche délaissé : l'once perdait 4,13% à 5.102,16 dollars.

 

 


Trump menace de «cesser tout commerce» avec l'Espagne, «très peu coopérative»

Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes. (AFP)
Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes. (AFP)
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  • "Nous allons cesser tout commerce avec l'Espagne. Nous ne voulons pas entendre parler de l'Espagne"
  • "C'est le seul pays de l'Otan qui n'a pas accepté de consacrer 5%" de son PIB à des dépenses en matière de Défense, comme le veut le nouvel objectif de l'Otan poussé par Washington

WASHINGTON: Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes.

"Nous allons cesser tout commerce avec l'Espagne. Nous ne voulons pas entendre parler de l'Espagne", a déclaré le président américain depuis la Maison Blanche, où il reçoit le dirigeant d'un autre pays européen, le chancelier allemand Friedrich Merz.

"L'Espagne a été terrible", a attaqué Donald Trump, en reprochant au gouvernement socialiste de Pedro Sanchez de refuser à l'aviation américaine l'accès à des bases militaires situées dans le sud du pays pour sa campagne militaire contre l'Iran.

"C'est le seul pays de l'Otan qui n'a pas accepté de consacrer 5%" de son PIB à des dépenses en matière de Défense, comme le veut le nouvel objectif de l'Otan poussé par Washington, a-t-il aussi rappelé.

"L'Espagne a été très, très peu coopérative", a encore regretté Donald Trump.

Dans une conférence de presse donnée plus tôt dans la journée, le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares a déclaré n'avoir "eu aucune conversation avec aucun représentant nord-américain, ni aucune demande" au sujet des bases militaires de Rota et Moron.

"Nous n'avons reçu aucune plainte", a-t-il insisté.

"Les bases que nous utilisons conjointement avec les États-Unis sont des bases sous souveraineté espagnole", a rappelé le ministre. "Et c'est dans le cadre de notre souveraineté et du traité signé avec les Etats-Unis qu'elles peuvent être utilisées."