À Zaporijjia, près de la centrale nucléaire à risque, on se prépare au pire

Si les habitants de Zaporijjia craignent la catastrophe, c'est qu'ils habitent près de la plus grande centrale nucléaire d'Europe (Photo, AFP).
Si les habitants de Zaporijjia craignent la catastrophe, c'est qu'ils habitent près de la plus grande centrale nucléaire d'Europe (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 30 août 2022

À Zaporijjia, près de la centrale nucléaire à risque, on se prépare au pire

  • Moscou et Kiev s'accusent mutuellement de dangereux bombardements du territoire de la centrale, occupée depuis le mois de mars par la Russie
  • Une mission de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) y est attendue dans les prochains jours pour une inspection

ZAPORIJJIA: A Zaporijjia, près de la centrale nucléaire éponyme, occupée par les forces russes et cible de bombardements réguliers, les habitants se préparent au pire. Recevant leurs comprimés d'iode lundi, certains s'imaginent déjà voir les réacteurs exploser.

"Vous savez, on a connu l'accident de Tchernobyl, la menace était déjà très grande, mais on a survécu, Dieu merci. Aujourd'hui, la menace est totale, à 100%", souffle Kateryna, une retraitée de 68 ans, qui souffre toujours de problèmes à la thyroïde après la catastrophe de 1986.

"C'est ma prédiction: six réacteurs au lieu d'un", dit-elle, en référence à la capacité de la centrale de Zaporijjia, par rapport à l'unique réacteur accidenté lors de la catastrophe de Tchernobyl, qui est encore dans tous les esprits.

Comme une dizaine d'autres habitants, Kateryna est venue lundi dans une école de la ville de Zaporijjia pour recevoir des comprimés d'iode à prendre en cas de contamination radioactive.

Ces pilules saturent la thyroïde pour empêcher l'iode radioactif de s'y fixer. Elles sont distribuées par les autorités locales dans 13 points de Zaporijjia depuis le 23 août.

"Les comprimés sont à prendre en cas de danger, lors des six premières heures après une alerte", explique Elena Karpenko, une infirmière de la ville, située dans le Sud de l'Ukraine.

Si les habitants de Zaporijjia craignent la catastrophe, c'est qu'ils habitent près de la plus grande centrale nucléaire d'Europe, située de l'autre côté du fleuve, à une cinquantaine de kilomètres à peine à vol d'oiseau.

«Risque réel»

Depuis des semaines, Moscou et Kiev s'accusent mutuellement de dangereux bombardements du territoire de la centrale, occupée depuis le mois de mars par la Russie. Une mission de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) y est attendue dans les prochains jours pour une inspection.

Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, qui conduit lui-même cette mission, réclamait depuis des mois de pouvoir se rendre sur les lieux, avertissant du "risque réel de catastrophe nucléaire".

Au delà des bombardements pour lesquels Russes et Ukrainiens se rejettent la faute, Kiev accuse Moscou d'entreposer des armes lourdes et munitions et d'avoir une garnison de 500 soldats sur le site.

Le Kremlin assure de son côté n'avoir que du personnel en charge de la sécurité et a appelé lundi la communauté internationale à faire "pression" sur l'Ukraine pour réduire la tension autour de la centrale nucléaire.

Après plusieurs frappes sur le site qui ont provoqué une coupure temporaire de la centrale du réseau électrique la semaine dernière, l'opérateur ukrainien Energoatom a estimé samedi qu'il existait un risque de "pulvérisation de substances radioactives".

A Zaporijjia même, les services de secours mènent déjà des exercices d'évacuation des habitants et s'entraînent à décontaminer la poussière radioactive. Près de deux tonnes de solution spéciale de décontamination sont stockées dans des installations de la ville.

En cas de catastrophe, les alarmes se feront entendre par deux fois pour les habitants, à un jour d'intervalle l'une de l'autre.

"Peut-être que le nuage radioactif n'atteindra pas l'endroit où se trouvent les gens. Lorsque sonnera la deuxième alarme, nous saurons clairement où il se propage", explique Taras Tichtchenko, médecin-en-chef de la région.

"Nous aurons alors toutes les informations sur les voies +propres+ et les endroits pour l'évacuation", ajoute-t-il.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.