Les attaques à Taïz obligent l’armée yéménite à se retirer des pourparlers avec les Houthis

Des Yéménites marchent dans une rue jonchée de décombres, dans la ville assiégée de Taïz. (Photo AP)
Des Yéménites marchent dans une rue jonchée de décombres, dans la ville assiégée de Taïz. (Photo AP)
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Publié le Mardi 30 août 2022

Les attaques à Taïz obligent l’armée yéménite à se retirer des pourparlers avec les Houthis

  • Le gouvernement yéménite s’est retiré des pourparlers de paix avec les Houthis, soutenus par l’Iran, qui se tiennent en Jordanie
  • «Sous une couverture de tirs nourris, les Houthis nous ont attaqués de manière hystérique», raconte M. Al-Baher, qui ajoute que les Houthis ont déployé de nouveaux renforts militaires

AL-MUKALLA: Le gouvernement yéménite s’est retiré des pourparlers de paix avec les Houthis, soutenus par l’Iran, qui se tiennent en Jordanie, afin de protester contre les dernières attaques meurtrières menées par la milice yéménite à Taïz, rapporte l’agence de presse officielle.

Dans le cadre de la trêve négociée par l’ONU, les forces armées du gouvernement ont été chargées d’engager des pourparlers avec les Houthis au sujet des violations de la trêve. L’armée a annoncé le boycott des réunions d’Amman après que les Houthis ont attaqué à plusieurs reprises cette ville densément peuplée, faisant des dizaines de morts et de blessés parmi les combattants et sapant davantage les efforts qui visent à renforcer la trêve et à mettre fin à la guerre de manière pacifique.

Le comité déclare dans un communiqué que les Houthis ont tenté de bloquer la seule route vitale qui relie la ville assiégée de Taïz à Aden et qu’ils ont continué à violer la trêve en lançant des drones piégés et des missiles balistiques ainsi qu’en déployant des renforts militaires à travers le pays.

Le comité a décidé de boycotter les pourparlers avec les Houthis «jusqu’à nouvel ordre». Lundi dernier, au moins dix soldats du gouvernement ont trouvé la mort et sept ont été blessés, tandis que vingt-trois Houthis ont été tués et trente blessés à travers de violents affrontements qui se sont déroulés à l’extérieur de Taïz. Ces derniers ont été provoqués par une attaque au mortier menée par les Houthis contre les troupes gouvernementales à l’ouest de Taïz, qui a été suivie d’une tentative de prise de contrôle de la seule route contrôlée par le gouvernement.

Selon des responsables locaux et des habitants, les Houthis ont lancé lundi soir un nouvel assaut contre l’entrée ouest de Taïz, infligeant des pertes aux troupes gouvernementales stationnées le long de la route Al-Dhabab.

Les responsables yéménites affirment que les Houthis ont tenté d’assiéger la ville, alors même que le comité conjoint, à Amman, discutait de la désescalade et de l’allègement des souffrances de milliers de personnes à Taïz. Abdel Basit al-Baher, un officier militaire yéménite à Taïz, a expliqué mardi à Arab News que les Houthis avaient mené une attaque «sans précédent» contre Taïz qui a causé le plus grand nombre de victimes parmi les troupes gouvernementales depuis le début de la trêve, le 2 avril.

«Sous une couverture de tirs nourris, les Houthis nous ont attaqués de manière hystérique», raconte M. Al-Baher, qui ajoute que les Houthis ont déployé de nouveaux renforts militaires, notamment des combattants, en provenance du gouvernorat d’Ibb, à l’extérieur de Taïz. «Ils veulent bloquer l’artère qui reste, par laquelle passent la nourriture, l’aide humanitaire et le lait pour enfants», se désole-t-il.

Par ailleurs, le ministre yéménite des Affaires étrangères, Ahmed Awad ben Moubarak, a dit qu’il avait discuté de la situation avec l’envoyé américain au Yémen, Tim Lenderking, ainsi qu’avec le chef de la délégation de l’Union européenne au Yémen, Gabriel Vinals, appelant à redoubler d’efforts pour empêcher les Houthis de mettre en péril la vie des Yéménites.

«J’ai mis en garde contre la tentative des Houthis de bloquer la seule voie qui relie la ville à Aden. J’ai exigé la condamnation de ces actes agressifs et l’exercice de la plus grande pression sur les Houthis pour qu’ils cessent leurs violations», a déclaré M. Awad ben Moubarak à l’envoyé américain lors d’un appel téléphonique.

 Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.