A Bethléem, un hôtel pour rendre visibles des Palestiniens handicapés

Ici, plusieurs familles estiment que "c'est un fardeau" d'avoir des proches avec un handicap, car "soit ils sont enfermés à la maison, soit ils sont dans les rues, sans rien faire et sans que personne ne s'occupe d'eux". (AFP).
Ici, plusieurs familles estiment que "c'est un fardeau" d'avoir des proches avec un handicap, car "soit ils sont enfermés à la maison, soit ils sont dans les rues, sans rien faire et sans que personne ne s'occupe d'eux". (AFP).
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Publié le Mercredi 31 août 2022

A Bethléem, un hôtel pour rendre visibles des Palestiniens handicapés

  • Maan lil-Hayat a restauré ces derniers mois une résidence de la fin du XIXe siècle, avec ses carreaux de céramique multicolores au sol et ses vieux murs de pierre, pour la reconvertir en un hôtel coquet qui vient à peine d'ouvrir ses portes
  • Les employés atteints d'autisme, de trisomie 21 et d'autres handicaps s'occupent de nombreuses tâches, de la blanchisserie au service du petit-déjeuner

BETHLEEM: Au pied de la basilique de la Nativité de Bethléem, lieu de naissance du Christ selon la tradition chrétienne, Mahera Nassar Ghareeb s'est donnée une mission: donner de la visibilité à des Palestiniens porteurs de handicap en les faisant travailler dans un nouvel hôtel.

Après deux années de pandémie qui ont mis à mal le tourisme local, les visiteurs étrangers ont repris d'assaut les ruelles de pierre ocre de Bethléem, ville palestinienne de Cisjordanie occupée située à moins de dix km de Jérusalem.

A Bethléem, le "Walled Off", hôtel conçu par l'artiste britannique Bansky qui attire son lot de touristes, propose la "pire vue au monde", sur l'épais mur de béton bariolé de tags séparant la Cisjordanie d'Israël. Le nouvel établissement de Mahera Nassar Ghareeb propose lui de sortir de "l'invisibilité" des Palestiniens porteurs de handicap.

Ici, plusieurs familles estiment que "c'est un fardeau" d'avoir des proches avec un handicap, car "soit ils sont enfermés à la maison, soit ils sont dans les rues, sans rien faire et sans que personne ne s'occupe d'eux", souligne la directrice de l'organisation Maan lil-Hayat ("Ensemble pour la vie" en arabe), qui aide une quarantaine de personnes.

"Progressivement, nous pouvons changer les idées préconçues non seulement de la population mais du monde entier car nous recevons à Bethléem des visiteurs de partout", fait valoir la responsable de cette ONG, membre du réseau l'Arche fondé par Jean Vanier.

Maan lil-Hayat a restauré ces derniers mois une résidence de la fin du XIXe siècle, avec ses carreaux de céramique multicolores au sol et ses vieux murs de pierre, pour la reconvertir en un hôtel coquet qui vient à peine d'ouvrir ses portes.

Les employés atteints d'autisme, de trisomie 21 et d'autres handicaps s'occupent de nombreuses tâches, de la blanchisserie au service du petit-déjeuner.

"J'ai grandi avec Maan", souffle Mariam en référence aux amitiés tissées depuis l'adolescence avec les autres membres de l'organisation. Outre faire les lits dans des chambres avec vue sur les collines du sud de Bethléem, Mariam, 27 ans, dessert la table des voyageurs comme ce matin-là, Véronique Gandon et Hervé Tisserand, deux Français âgés dans la petite soixantaine.

Changer le regard 

L'hôtel de Maan lil-Hayat est "franchement extraordinaire", lance M. Tisserand, notamment fasciné par l'architecture des lieux, avec des fresques anciennes de chat et d'anges.

L'établissement repose sur "une bonne idée car cela permettra à l'association d'augmenter ses revenus (...) et de se faire connaître", renchérit Mme Gandon.

L'organisation reçoit des dons épars et se finance en vendant des produits tissés avec de la laine de mouton provenant de bergers palestiniens. Avec son hôtel, l'organisation veut consolider ses sources de revenus.

"Nous n'avons pas un vrai Etat, nous n'avons pas de donateurs stables, nous ne comptons que sur nous-mêmes depuis nos débuts", en 2009, explique M. Ghareeb.

La Cisjordanie est occupée depuis 1967 par Israël. Les villes comme Bethléem tombent sous l'administration de l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, dont les finances demeurent dans un état "très précaire" selon la Banque mondiale.

Sans financement de l'Autorité palestinienne pour rénover l'hôtel, Maan lil-Hayat s'est tournée vers la Fondation assistance internationale, basée en Suisse, et a approché Albergo Etico, une organisation italienne qui gère plusieurs hôtels avec des employés présentant des handicaps, pour parfaire la formation de son personnel.

"Le but de notre modèle de formation hôtelière est de les rendre autonome (...) de les guider vers leur indépendance", explique Antonio De Benedetto, le fondateur d'Albergo Etico, qui doit accueillir d'ici la fin de l'année en Italie des membres de Maan lil-Hayat.

Il souhaite mettre en relation des familles palestiniennes avec certaines familles italiennes qui pourraient, selon lui, "servir d'antidote à la peur" aux familles de Bethléem méfiantes à l'égard du projet visant à rendre ces personnes handicapées plus visibles, plus acceptées socialement.

Pour Mahera Nassar Ghareeb, tout l'enjeu est là. "Nous ne voulons pas seulement offrir des débouchés à des personnes handicapées. Nous voulons changer la réalité, changer la société".


Nouvel embrasement au Liban: quatre soldats israéliens tués, « tout le Liban doit brûler» estime Ben Gvir 

Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
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  • "Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé
  • Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI)

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

Il s'agit des bombardements les plus massifs et du bilan le plus lourd depuis l'annonce lundi d'un protocole irano-américain, qui prévoit une cessation des hostilités, y compris au Liban, où s'affrontent Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.

"Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).

D'autres frappes israéliennes ont visé la région de Baalbek dans l'est du pays, relativement épargnée depuis le début du conflit le 2 mars.

De nombreux habitants ont fui le sud après ces raids, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI). Des voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, quittant la région de Tyr, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Tout le Liban doit brûler" 

L'armée israélienne a affirmé de son côté avoir frappé des infrastructures du Hezbollah en riposte à la mort de ces soldats, dont le char a été touché peu après minuit dans la zone de Kfar Tebnit, près de Nabatiyé.

Les correspondants militaires des médias israéliens évoquent l'impact d'"un missile ou d'un drone".

"Le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon est tombé au combat" dans le sud du Liban avec "trois autres soldats" dont les noms seront publiés ultérieurement, a précisé l'armée. Elle dénonce les "violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah", qui "continue de préparer et mener des attaques terroristes contre des soldats israéliens".

"Tout le Liban doit brûler", a réagi de son côté le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Ça suffit le ping-pong. Au Proche-Orient, on ne gagne pas avec des réactions mesurées et de la retenue", a-t-il ajouté. "Il faut être fou, éradiquer. Et vaincre le terrorisme".

"Il faut faire parler le feu (...) Ouvrir les portes de l'enfer", a déclaré sur X son collègue et rival d'extrême droite Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sans mentionner explicitement le Liban mais en faisant allusion à la mort des soldats.

Dans une déclaration publiée au petit matin, le groupe pro-iranien a annoncé que ses combattants avaient ciblé les forces israéliennes près des collines d'Ali Taher, qui surplombent la ville de Nabatiyé, par des tirs "de roquettes et d'obus de mortier".

Il avait affirmé dans la nuit avoir détruit trois chars israéliens lors d'affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.


Netanyahu : l'armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire»

Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
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  • L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué
  • Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran

JERUSALEM: Israël restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire" a affirmé vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que son pays ferait "payer un prix très lourd" au mouvement islamiste Hezbollah, après l'annonce de la mort de quatre soldats en opération.

L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué. "Israël n'acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire", ajoute-t-il.

Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran.

 

 

 


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".