L'inflation en France ralentit mais se diffuse dans toute l'économie

«Nous n'anticipons pas de recul structurel de l'inflation avant 2023. Toute notre politique consiste à lisser ses effets dans le temps», a commenté le ministre de l'Economie Bruno Le Maire (Photo, AFP).
«Nous n'anticipons pas de recul structurel de l'inflation avant 2023. Toute notre politique consiste à lisser ses effets dans le temps», a commenté le ministre de l'Economie Bruno Le Maire (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 01 septembre 2022

L'inflation en France ralentit mais se diffuse dans toute l'économie

  • La hausse des prix à la consommation s'est élevée à 5,8% sur un an, contre 6,1% en juillet, selon les données provisoires publiées mercredi par l'Insee
  • Ce léger coup de frein de l'inflation est dû «au ralentissement des prix de l'énergie», lesquels ont tout de même encore gagné 22,2% sur un an

PARIS: Pour la première fois depuis plus d'un an, la hausse des prix a ralenti en France au mois d'août mais l’inflation s'est diffusée depuis l'énergie aux autres biens et services, et devrait rester durablement élevée.

La hausse des prix à la consommation s'est élevée à 5,8% sur un an, contre 6,1% en juillet, selon les données provisoires publiées mercredi par l'Insee.

Ce léger coup de frein de l'inflation est dû "au ralentissement des prix de l'énergie", lesquels ont tout de même encore gagné 22,2% sur un an, contre 28,5% en juillet.

La hausse des prix se diffuse à l'ensemble de l'économie: les prix des produits alimentaires ont augmenté sur un an de 7,7% en août, contre 6,8% en juillet.

Même chose pour les produits manufacturés qui ont augmenté de 3,5%, contre 2,7% le mois précédent, tandis que les services se sont renchéris de 3,9%, autant qu'en juillet.

"Il est beaucoup trop tôt pour parler d'un véritable ralentissement de l'inflation", constate dans une note d'analyse Charlotte de Montpellier, économiste de la banque ING.

D'autant plus que la hausse des prix continue à s'accélérer sur un mois, passant de 0,3% entre juin et juillet à 0,4% entre juillet et août.

En glissement annuel, il s'agit néanmoins de la première décélération depuis juillet 2021, lorsque l'inflation était limitée à 1,2%.

Le pic d'inflation est-il déjà atteint, alors qu'il était attendu plutôt pour l'automne ? Difficile à dire, en raison notamment des incertitudes qui entourent l'approvisionnement de l'Europe en gaz russe cet hiver.

"Non", répond le ministre de l'Economie Bruno Le Maire dans un entretien au quotidien Les Echos. "Nous n'anticipons pas de recul structurel de l'inflation avant 2023. Toute notre politique consiste à lisser ses effets dans le temps", a-t-il commenté.

Grande incertitude

"Le pic je ne sais pas où il est, mais l'inflation durable, elle est là", a affirmé mardi le PDG du groupe Carrefour Alexandre Bompard aux Rencontres des entrepreneurs de France (REF), organisées par le Medef.

"La seule chose dont nous sommes sûrs en matière d'inflation, c'est ce que nous constatons plutôt que ce que nous prévoyons. L'inflation va durer, mais à un niveau inférieur à celui que nous connaissons", a prédit pour sa part le ministre du Travail Olivier Dussopt, lors du même événement.

Grâce au bouclier énergétique qui a gelé la hausse des prix réglementés du gaz depuis l'automne dernier et limité à 4% cette année celle des prix de l'électricité, l'inflation est en France plus faible que dans les autres pays de la zone euro, avait encore rappelé mardi Bruno Le Maire.

En août, les prix ont accéléré de 7,9% sur un an en Allemagne, avec une hausse de 16,6% des prix alimentaires, tandis que l'inflation a un peu ralenti en Espagne, mais en restant à deux chiffres (10,4%).

M. Le Maire a lui indiqué qu'en 2023, les prix de l'énergie augmenteraient pour les consommateurs français, mais de manière "contenue".

Aussi, le différentiel d'inflation entre la France et les autres économies européennes sera-t-il amené à se réduire, voire à s'inverser, selon les économistes.

Michel Martinez, spécialiste Europe chez Société Générale CIB a déclaré à l'AFP qu'après la fin du bouclier tarifaire, "on aura toujours une inflation inférieure en France à l'inflation européenne. Mais au lieu d’être de trois points", la différence "va plutôt être de l'ordre d’un point", selon lui.

Charlotte de Montpellier est elle d'avis que l'indice des prix sera plus élevé en France l'an prochain que dans les pays voisins, car ces derniers vont bénéficier d'une base de comparaison plus favorable en glissement annuel, après une augmentation des prix plus forte chez eux cette année.

Quoi qu'il en soit, l'évolution future de l'inflation en France comme dans le reste de l'Europe dépendra encore beaucoup des prix de l'énergie, mais aussi de la conjoncture économique dans son ensemble.

L'augmentation des prix du gaz pourrait "pousser à la hausse les coûts des entreprises" ce qui peut alimenter l'inflation, mais en raison d'une demande faible, les entreprises pourraient aussi être "de moins en moins capables de répercuter les hausses de coûts sur les prix", explique l'économiste d'ING.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.