Somalie: Au moins 19 civils tués dans une attaque des islamistes shebab

Selon les sources, au moins huit véhicules circulaient sur une route entre les villes de Beledweyne et Maxaas lorsque les insurgés les ont interceptés et incendiés (Photo, AFP).
Selon les sources, au moins huit véhicules circulaient sur une route entre les villes de Beledweyne et Maxaas lorsque les insurgés les ont interceptés et incendiés (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 04 septembre 2022

Somalie: Au moins 19 civils tués dans une attaque des islamistes shebab

  • «Ils ont massacré des civils innocents après avoir intercepté les véhicules»
  • Depuis son élection le 15 mai, Hassan Sheikh Mohamoud a fait face à un regain d'activité des shebab

MOGADISCIO: Au moins 19 civils ont été tués dans la nuit de vendredi à samedi par des islamistes radicaux shebab dans le centre de la Somalie, dans une nouvelle attaque meurtrière deux semaines après un spectaculaire assaut sur un hôtel de Mogadiscio.

Selon des chefs de clan et des officiels locaux interrogés par l'AFP, les shebab ont arrêté au moins huit véhicules - minibus de voyageurs et camions - circulant sur une route entre les villes de Beledweyne et Maxaas, qu'ils ont regroupés puis brûlés après en avoir tué les passagers, au niveau du village d'Afar-Irdood.

"Les terroristes ont massacré des civils innocents qui voyageaient (...) la nuit dernière. Nous n'avons pas le nombre exact de victimes, mais 19 cadavres ont été recueillis. Les assaillants ont enlevé plusieurs autres personnes dont le sort reste inconnu", a déclaré Abdulahi Hared, un chef de clan de Beledweyne.

Selon le gouverneur du district de Hiiraan où a eu lieu l'attaque, les shebab ont arrêté aussi bien des véhicules venant de Beledweyne que d'autres qui s'y rendaient.

"Ils ont massacré des civils innocents après avoir intercepté les véhicules (...) Les cadavres sont encore en train d'être ramassés, parmi lesquels des femmes et des enfants. Ils pourraient être plus d'une vingtaine", a déclaré Ali Jeyte à des journalistes.

Dans un communiqué samedi soir, le président Hassan Cheikh Mohamoud a condamné ces "actes ignobles de meurtre sur des civils innocents".

"Le gouvernement ne négligera aucun effort dans la lutte contre le terrorisme", a-t-il assuré.

Représailles 

Les shebab ont affirmé dans un communiqué avoir pris pour cible des combattants d'un sous-clan, qui ont récemment aidé les forces gouvernementales à les combattre.

Ils ont dit avoir "tué 20 miliciens et ceux qui transportaient du matériel pour eux" et détruit "huit de leurs véhicules".

Fin août, les forces de sécurité et des combattants locaux ont repris aux shebab plusieurs villages dans cette région.

Groupe affilié à Al-Qaïda, les shebab mènent depuis 2007 une insurrection contre le gouvernement fédéral soutenu par la communauté internationale. Ils ont été chassés des principales villes du pays, dont Mogadiscio en 2011, mais restent implantés dans de vastes zones rurales et demeurent une menace de premier ordre pour les autorités.

Ali Gudlawe, président de l'État fédéré de Hirshabelle où s'est déroulée l'attaque, a adressé ses condoléances aux proches des victimes, promettant dans un communiqué que "les opérations de nettoyage (contre les shebab) se poursuivront".

Son homologue de l'Etat du Jubaland, Ahmed Madobe, a appelé les Somaliens à "ne pas se décourager" et à "s'unir pour combattre et libérer (le) pays".

«Guerre totale»

Depuis son élection le 15 mai, Hassan Sheikh Mohamoud a fait face à un regain d'activité des shebab.

Après une sanglante attaque menée il y a deux semaines contre l'hôtel Hayat de Mogadiscio - qui a fait au moins 21 morts et 117 blessés lors d'un assaut d'une trentaine d'heures - le chef de l'Etat a promis "une guerre totale" pour éliminer le groupe islamiste.

Les alliés de la Somalie, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni et la Turquie, ainsi que l'ONU, avaient fermement condamné cet attentat.

Cette attaque a eu lieu "à un moment critique" pour le gouvernement fédéral entré en fonction début août et "vise clairement" à "accroître la pression sur une situation déjà tendue" après les élections, avait estimé la diplomatie de l'UE.

Au lendemain de l'élection d'Hassan Cheikh Mohamoud, le président américain Joe Biden avait annoncé rétablir une présence militaire en Somalie pour y combattre les shebab, approuvant une demande du Pentagone qui jugeait trop risqué et peu efficace le système de rotations décidé par son prédécesseur Donald Trump à la fin de son mandat.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.