Liz Truss remporte la course à Downing Street

La nouvelle cheffe du Parti conservateur et Première ministre britannique élue Liz Truss quitte la scène après avoir prononcé un discours lors d'un événement pour annoncer le vainqueur de la course à la direction du Parti conservateur dans le centre de Londres le 5 septembre 2022. Adrian DENNIS / AFP
La nouvelle cheffe du Parti conservateur et Première ministre britannique élue Liz Truss quitte la scène après avoir prononcé un discours lors d'un événement pour annoncer le vainqueur de la course à la direction du Parti conservateur dans le centre de Londres le 5 septembre 2022. Adrian DENNIS / AFP
Un camion de déménagement est photographié à Downing Street, la résidence officielle du Premier ministre britannique, dans le centre de Londres, le 2 septembre 2022. ADRIAN DENNIS / AFP
Un camion de déménagement est photographié à Downing Street, la résidence officielle du Premier ministre britannique, dans le centre de Londres, le 2 septembre 2022. ADRIAN DENNIS / AFP
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Publié le Mardi 06 septembre 2022

Liz Truss remporte la course à Downing Street

  • Agée de 47 ans, Liz Truss sera la troisième femme à diriger le gouvernement britannique, après Margaret Thatcher et Theresa May
  • Le nouveau locataire de Downing Street prend ses fonctions dans un contexte économique et social explosif, avec une inflation qui dépasse les 10% et devrait encore considérablement augmenter

LODNRES : La très libérale Liz Truss a remporté lundi la course pour devenir Première ministre britannique et succéder à Boris Johnson, avec pour défi immédiat de s'attaquer à la crise historique du pouvoir d'achat qui frappe le Royaume-Uni.

Agée de 47 ans, Liz Truss, qui a mené une campagne très à droite axée sur les baisses d'impôt, deviendra mardi la troisième femme à diriger le gouvernement britannique, après Margaret Thatcher et Theresa May.

Sans surprise, la ministre des Affaires étrangères s'est imposée face à son ancien collègue des Finances Rishi Sunak, à l'issue d'un vote réservé aux adhérents du parti conservateur, déclenché par la démission début juillet de Boris Johnson, acculé par les scandales à répétition.

Elle a recueilli 81.326 voix (57%) contre 60.399 pour son rival (43%), un écart plus faible que prévu, alors que déjà elle n'avait pas la préférence des seuls députés.

Restée fidèle jusqu'au bout à Boris Johnson, qu'elle a fait applaudir en énumérant Brexit, victoire face aux travaillistes et soutien à l'Ukraine, Liz Truss va entrer à Downing Street dans un contexte économique et social explosif, marqué par une inflation qui dépasse les 10%, une hausse exorbitante des factures d'énergie prévue à l'automne et des grèves qui s'étendent.

Elle ne dispose d'aucun répit pour convaincre, à deux ans d'élections où l'opposition travailliste, qui dispose d'une nette avance dans les sondages, espère déloger les conservateurs au pouvoir depuis 2010. Le chef du Labour Keir Starmer a accueilli le résultat en soulignant que Liz Truss "n'est pas du côté des travailleurs".

Appel à l'unité

Après l'annonce de sa victoire, Liz Truss a promis "un plan audacieux pour réduire les impôts et faire croître notre économie".

"Je m'attaquerai à la crise énergétique en m'occupant des factures d'énergie des gens, mais aussi en m'occupant des difficultés à long terme d'approvisionnement en énergie", a-t-elle ajouté, alors que selon la presse elle se prépare à annoncer un gel des factures d'énergie.

Elle a promis une "grande victoire" à son parti lors des législatives prévues en 2024, semblant exclure dans l'immédiat des élections anticipées.

Elue cheffe du parti conservateur, Liz Truss va automatiquement accéder au pouvoir en raison de la majorité dont bénéficient les "tories" à la chambre des Communes.

Liz Truss devra aussi composer avec l'ombre de Boris Johnson, qui manque déjà à certains membres du parti conservateur - plus masculins, âgés et blancs que la moyenne des Britanniques - et n'a pas exclu un retour en politique.

Si elle est populaire auprès des conservateurs, moins d'un cinquième des Britanniques (19%) lui font confiance pour agir face à la crise du coût de la vie, selon un sondage YouGov publié lundi.

Les 15 Premiers ministres d'Elizabeth II

Liz Truss va devenir le 15e Premier ministre en 70 ans de règne de la reine Elizabeth II, cheffe d'Etat du Royaume-Uni.

Après avoir reçu formellement la démission de Boris Johnson, la monarque va recevoir mardi Mme Truss dans sa résidence écossaise de Balmoral pour la nommer cheffe du gouvernement.

Voici la liste des locataires du 10, Downing Street depuis l'accession de la reine sur le trône en 1952.

Winston Churchill (conservateur, 1951-55)

Anthony Eden (conservateur, 1955-57)

Harold Macmillan (conservateur, 1957-63)

Alec Douglas-Home (conservateur, 1963-64)

Harold Wilson (travailliste, 1964-70)

Edward Heath (conservateur, 1970-74)

Harold Wilson (travailliste, 1974-76)

James Callaghan (travailliste, 1976-79)

Margaret Thatcher (conservatrice, 1979-90)

John Major (conservateur, 1990-97)
Tony Blair (travailliste, 1997-2007)

Gordon Brown (travailliste, 2007-10)

David Cameron (conservateur, 2010-16)

Theresa May (conservatrice, 2016-19)

Boris Johnson (conservateur, 2019-22)

Grogne sociale

Adressant ses félicitations à Liz Truss, le dirigeant sortant a appelé le parti à l'unité, après une campagne qui a mis au jour divisions et rancoeurs chez les conservateurs.

Un appel auquel Rishi Sunak a immédiatement répondu favorablement, alors que la nouvelle Première ministre va devoir "diriger le pays dans une période difficile".

Boris Johnson ira dès mardi remettre sa démission à Elizabeth II dans sa résidence d'été de Balmoral en Ecosse, une première pour la souveraine de 96 ans qui a du mal à se déplacer et ne fera pas le voyage à Londres.

Liz Truss suivra pour devenir 15e cheffe de gouvernement des 70 ans de règne de la monarque, avant de rentrer à Londres pour prononcer son premier discours devant le 10, Downing Street, et former son gouvernement.

Premier dirigeant étranger à réagir après l'annonce officielle, le chancelier allemand Olaf Scholz a fait part de sa "hâte" de travailler avec la nouvelle dirigeante britannique, tandis que le Premier ministre indien Narendra Modi s'est dit "confiant" quant à un renforcement du partenariat stratégique entre les deux pays.

Même impatience affichée de la part du Premier ministre irlandais Micheal Martin, alors que les relations entre les deux pays ont été durement éprouvées par les conséquences du Brexit.

Le gouvernement irlandais a réservé un accueil prudent à la victoire de Liz Truss, tandis que la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon l'a félicitée, l'appelant toutefois sur Twitter à "geler les factures d'énergie (...) à distribuer davantage d'aides et à augmenter les financements aux services publics".

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré de son côté espérer "le respect intégral (des) accords" entre le Royaume-Uni et l'UE.

Dans une campagne marquée très à droite, parfois au point de sembler déconnectée de l'aggravation dramatique de la crise pendant l'été, Liz Truss, tardivement convertie au conservatisme comme au Brexit, a séduit en promettant des baisses d'impôt massives et adoptant un ton très dur contre les syndicats.

Pourtant préféré des députés conservateurs, Rishi Sunak, richissime ex-banquier, a peiné à séduire la base du parti en prônant un réalisme économique et a été perçu comme un technocrate donneur de leçons incapable de comprendre les difficultés des ménages.

Si elle est populaire auprès des conservateurs, 52% des Britanniques estiment que Liz Truss sera une mauvaise voire très mauvaise Première ministre selon un récent sondage YouGov.

En politique étrangère, avec sa ligne dure, Truss ne compte pas que des amis

A en croire ses propos tenus en tant que cheffe de la diplomatie et sa campagne pour Downing Street, Liz Truss semble prête à en découdre avec l'Union européenne, la Russie et la Chine.

L'Ukraine était déjà une priorité pour son prédécesseur, Boris Johnson, mais Liz Truss a prévenu qu'elle allait redoubler d'efforts pour la soutenir.

"Nous continuerons d'aller plus loin et plus vite pour chasser la Russie de toute l'Ukraine", a-t-elle déclaré en avril, affirmant que les Russes devaient également évacuer la Crimée, annexée en 2014.

La doctrine Truss

Ce discours, prononcé dans le quartier financier de la City à Londres, a donné un aperçu de la vision du monde de Liz Truss, au ton volontiers belliqueux.

"Ma vision est celle d'un monde dans lequel les nations libres s'affirment et prennent l'ascendant", a-t-elle alors dit. "Où la paix et la démocratie sont renforcées par un réseau de partenariats économiques et sécuritaires. Où les agresseurs sont contenus et forcés d'opter pour une meilleure voie".

Les "agresseurs", ce sont la Russie et la Chine.

Fin juillet, Liz Truss a promis de renforcer les liens économiques et commerciaux avec les pays du Commonwealth, cette alliance réunissant surtout des anciennes colonies britanniques, afin de contrer ce qu'elle a appelé "l'influence malveillante croissante" de la Chine.

Elle compte sur les puissances du Pacifique que sont l'Australie et le Japon.

Pas de courbette

Elle a attaqué le bilan de la Chine en matière de droits humains au Xinjiang et à Hong Kong, ainsi que son protectionnisme économique.

Un rapport des Nations unies fin août sur le sort des Ouïghours "couvre la Chine de honte au sein de la communauté internationale", a-t-elle déclaré.

"Et nous devons nous assurer que les démocraties comme Taïwan sont en mesure de se défendre", a-t-elle aussi dit, en avril, avant que des manoeuvres militaires chinoises, début août, ne fassent monter en flèche les tensions entre les deux rives du détroit.

Protestant contre ces exercices, Liz Truss a convoqué l'ambassadeur de Chine mais a exclu de se rendre à Taïwan en tant que Première ministre.

Brexit : virulente contre l'UE

Parfois, pour Mme Truss, l'Union européenne est apparue comme un ennemi encore plus grand que Pékin pour ce qu'elle et Boris Johnson aiment à appeler la "Global Britain".

Après avoir fait campagne contre le Brexit en 2016, Liz Truss en est devenue une fervente partisane. Ses critiques virulentes envers l'UE ne lui auront d'ailleurs pas fait perdre de voix parmi les fidèles conservateurs qui élisaient le nouveau chef du parti.

Elle est l'architecte de la loi visant à passer outre l'accord signé par Londres avec Bruxelles sur l'Irlande du Nord. C'était pourtant un élément clé de l'accord de Brexit des deux parties, d'où le risque d'une guerre commerciale avec les Européens.

Une relation pas si spéciale ? 

Liz Truss est alignée sur l'icône des "Tories", Margaret Thatcher, dans la plupart de ses positions politiques, mais la comparaison s'arrête à la relation transatlantique, à laquelle Thatcher vouait une véritable dévotion.

La promesse de Liz Truss de réécrire le protocole nord-irlandais et sa position très dure envers Vladimir Poutine ont provoqué des haussements de sourcils chez le président américain Joe Biden.

D'après le Financial Times, Liz Truss a mis en question les bases même de "la relation spéciale" entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis à l'occasion de sa première rencontre avec le secrétaire d'Etat Antony Blinken il y a un an.

"Cette conversation était emblématique du style décrit comme cru, binaire et autoritaire par des officiels américaines et des analystes, certains estimant que Truss était prompte à adopter des positions radicales sans penser aux conséquences", a écrit le quotidien financier fin août.

Elle a créé encore davantage le malaise chez les diplomates londoniens quand elle a refusé, pendant la campagne, de dire si le président français Emmanuel Macron était plutôt un "ami ou ennemi".

Dans la dernière ligne droite de la campagne électorale, Liz Truss a refusé de commenter une éventuelle candidature de Donald Trump pour la Maison Blanche.

"Les Etats-Unis comme la France sont des démocraties éprises de liberté et je travaillerai avec ces deux pays, quel que soit leur leader", a-t-elle dit.

 

 


Regain d'optimisme sur une reprise des négociations entre Téhéran et Washington

Les Etats-Unis et le Pakistan, médiateur dans les discussions avec l'Iran, ont exprimé leurs espoirs d'une reprise des négociations en vue de mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient qui a ébranlé l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis et le Pakistan, médiateur dans les discussions avec l'Iran, ont exprimé leurs espoirs d'une reprise des négociations en vue de mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient qui a ébranlé l'économie mondiale. (AFP)
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  • Téhéran verrouille le détroit d'Ormuz depuis le début de la guerre engagée le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban
  • Les marchés financiers ont salué mercredi ce regain d'optimisme, les Bourses européennes gagnant plus de 2% et les cours du pétrole plongeant sous les 100 dollars

WASHINGTON: Les Etats-Unis et le Pakistan, médiateur dans les discussions avec l'Iran, ont exprimé leurs espoirs d'une reprise des négociations en vue de mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient qui a ébranlé l'économie mondiale.

Les marchés financiers ont salué mercredi ce regain d'optimisme, les Bourses européennes gagnant plus de 2% et les cours du pétrole plongeant sous les 100 dollars.

Alors que le contrôle par l'Iran du détroit d'Ormuz, stratégique pour les hydrocarbures, a provoqué ces deux derniers mois une flambée du prix du pétrole, le baril de Brent perdait vers 10H40 GMT plus de 9%, à 99,64 dollars, loin des 126 dollars d'il y a seulement quelques jours.

Téhéran verrouille le détroit d'Ormuz depuis le début de la guerre engagée le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Alors que le blocage a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril, Washington a imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit.

Compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens", le projet "sera suspendu pendant une courte période afin de voir si l'accord peut être finalisé et signé", a écrit mardi le président américain sur son réseau Truth Social.

"Bon espoir" 

Il a précisé que cette pause avait été décidée notamment à la demande du Pakistan, tout en faisant état du maintien du blocus américain des ports iraniens.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays avait accueilli des négociations directes entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

"La fin du Projet Liberté est probablement survenue lorsque Trump a réalisé que le recours à la force n'allait non seulement échouer à produire le résultat escompté mais fermerait également la porte aux premiers véritables signes d'une voie négociée", a estimé sur X l'analyste Ali Vaez, de l'International Crisis Group.

Selon deux responsables américains et deux autres sources au fait du dossier cités par le site américain Axios, la Maison Blanche estime être sur le point de conclure "un protocole d'accord d'une page visant à mettre fin au conflit et à établir un cadre en vue de négociations nucléaires plus approfondies".

L'Iran a envoyé son chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, en Chine, principal pays acheteur de pétrole iranien.

A l'occasion de sa visite, il a abordé "les négociations en cours" sans commenter une éventuelle reprise. "La question du détroit d'Ormuz a fait l'objet de discussions approfondies, et nous avons évoqué la nécessité de respecter les droits de la République islamique d'Iran ainsi que l'ensemble des points de vue existants", a-t-il ajouté sur la télévision d'Etat.

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a de son côté réclamé un arrêt "complet" des hostilités au Moyen-Orient et appelé Etats-Unis et Iran à rouvrir "le plus vite possible" le détroit d'Ormuz.

Il a aussi défendu le "droit légitime" de l'Iran au nucléaire civil, alors que ce dossier est un des points d'achoppement pour la reprise des discussions avec Washington.

Les Etats-Unis et Israël accusent l'Iran de chercher à obtenir l'arme nucléaire, ce qui est vivement démenti par Téhéran.

La visite de M. Araghchi intervient en amont de celle de Donald Trump en Chine, prévue le 14 et 15 mai, où il doit rencontrer son homologue Xi Jinping.

"Jeu psychologique" 

En Iran, certains ne cachent pas leur fatigue et leur lassitude face aux tergiversations sur les négociations.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Le lancement lundi du "Projet Liberté" s'est accompagné d'accrochages en mer et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputés à l'Iran, après des semaines de calme relatif.

L'armateur français CMA CGM a en outre confirmé mercredi que son porte-conteneur San Antonio battant pavillon maltais avait fait l'objet d'une attaque la veille dans le détroit d'Ormuz, faisant des blessés parmi les membres d'équipage.

Sur le font libanais, l'armée israélienne a annoncé avoir mené de nouvelles frappes dans "plusieurs zones" du Liban contre des cibles du mouvement pro-iranien Hezbollah, après avoir appelé la population de 12 villages à évacuer.

Le ministère de la Santé libanais a fait état de quatre morts dans l'est du pays dans un bombardement israélien.

Les hostilités entre Israël et le Hezbollah se poursuivent malgré un cessez-le-feu entré en vigueur 17 avril.


L'ONU demande la libération «immédiate» par Israël des militants de la «flottile pour Gaza»

L'ONU a demandé mercredi la libération "immédiate" par Israël du Brésilien Thiago Avila et de l'Espagnol Saïf Abu Keshek, militants pro-palestiniens de la flottille pour Gaza. (AFP)
L'ONU a demandé mercredi la libération "immédiate" par Israël du Brésilien Thiago Avila et de l'Espagnol Saïf Abu Keshek, militants pro-palestiniens de la flottille pour Gaza. (AFP)
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  • L'ONU a demandé mercredi la libération "immédiate" par Israël du Brésilien Thiago Avila et de l'Espagnol Saïf Abu Keshek, militants pro-palestiniens de la flottille pour Gaza
  • "Israël doit libérer immédiatement et sans condition Saïf Abu Keshek et Thiago Avila"

GENEVE: L'ONU a demandé mercredi la libération "immédiate" par Israël du Brésilien Thiago Avila et de l'Espagnol Saïf Abu Keshek, militants pro-palestiniens de la flottille pour Gaza.

"Israël doit libérer immédiatement et sans condition Saïf Abu Keshek et Thiago Avila", a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Thameen Al-Kheetan, faisant état de témoignages selon lesquels les deux militants subissent "de graves mauvais traitements".


Trump suspend son opération d'escorte de navires à Ormuz, dans l'espoir d'un accord avec l'Iran

Le président des États-Unis Donald Trump. (Reuters)
Le président des États-Unis Donald Trump. (Reuters)
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  • Donald Trump suspend temporairement le “Projet Liberté” dans le détroit d’Ormuz pour favoriser un possible accord avec l’Iran, malgré des tensions persistantes
  • Les négociations avancent, mais la situation reste fragile : incidents militaires récents, menaces iraniennes et préparation américaine à reprendre les combats si nécessair

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé la suspension de son "Projet Liberté" d'escorte de navires dans le détroit d'Ormuz, le temps de voir si "un accord peut être finalisé et signé" avec l'Iran, après ce que le président américain a qualifié de "grands progrès" dans les négociations.

"Compte tenu de l'énorme succès militaire" et des "grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens", le "Projet Liberté (...) sera suspendu pendant une courte période afin de voir si l'accord peut être finalisé et signé", a écrit mardi le républicain sur son réseau Truth Social.

Il a précisé que cette pause avait été décidée à "la demande du Pakistan et d'autres pays", tout en faisant état du maintien du blocus américain des ports iraniens, entré en vigueur le 13 avril

Le "Projet Liberté", qui doit permettre à des centaines de bateaux bloqués dans le Golfe de franchir le détroit, avait été lancé lundi.

Le chef de la diplomatie américaine a par ailleurs assuré plus tôt mardi que la phase offensive du conflit avec l'Iran était terminée.

"L'opération est finie. +Fureur épique+ (est finie) - comme le président l'a signifié au Congrès. Nous avons passé ce stade", a affirmé Marco Rubio lors d'un point presse à la Maison Blanche, utilisant le nom de code donné par les Etats-Unis à leurs opérations contre l'Iran.

Le chef d'état-major américain, le général Dan Caine, a cependant averti que l'armée était "prête à reprendre des opérations majeures de combats".

Donald Trump a aussi mis en garde Téhéran, au lendemain d'accrochages en mer et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputés à l'Iran.

"Ils savent ce qu'ils ont à faire et (...) ce qu'ils ne doivent pas faire", a affirmé le président américain, qui s'est toutefois abstenu d'accuser l'Iran d'avoir violé la trêve en vigueur depuis le 8 avril.

Depuis le début de la guerre le 28 février, Téhéran contrôle le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

- Visites en Chine -

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, s'est de son côté entretenu mercredi à Pékin avec son homologue chinois Wang Yi, selon l'agence d'Etat Chine Nouvelle, qui n'a fourni aucune précision sur les discussions.

Cette visite intervient en amont de celle de Donald Trump en Chine, prévue le 14 et 15 mai, où il doit rencontrer son homologue Xi Jinping.

Lundi, l'Iran a tiré des missiles et drones contre des bâtiments militaires américains - interceptés selon le commandement américain pour la région (Centcom). Il a aussi été accusé d'avoir tiré sur les Emirats arabes unis, dans la première attaque contre un pays du Golfe depuis la trêve, ce qu'un haut responsable militaire iranien a démenti mardi soir.

Plus tôt, les Emirats avaient dit avoir à nouveau activé leurs défenses aériennes pour intercepter des missiles et drones tirés, selon eux, depuis l'Iran.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont menacé quant à eux d'une "riposte ferme" tout navire qui ne se conformerait pas aux règles de passage imposées par Téhéran dans le détroit d'Ormuz.

Les Etats-Unis ne peuvent pas "laisser l'Iran bloquer une voie de navigation internationale", a insisté pour sa part le ministre américain de la Défense Pete Hegseth.

Dans un communiqué, Marco Rubio a annoncé que les Etats-Unis proposeraient une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU pour "défendre la liberté de navigation et sécuriser le détroit d'Ormuz".

Le projet de résolution, rédigé aux côtés de Bahreïn, de l'Arabie saoudite, des Emirats, du Koweït et du Qatar, "exige que l'Iran cesse les attaques, le minage et tout péage" dans le détroit, précise le secrétaire d'Etat.

- "Prêt au dialogue" -

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a lui accusé les Etats-Unis et leurs alliés de "mettre en péril" la sécurité du transport maritime.

Le Centcom assure, malgré les démentis iraniens, que deux navires marchands battant pavillon américain ont franchi lundi le détroit d'Ormuz sous escorte militaire.

Le géant danois du transport Maersk a aussi annoncé la sortie lundi d'un de ses bateaux, "accompagné de moyens militaires américains", coincé dans le Golfe depuis le début de la guerre.

Du côté de l'or noir, dont le cours est fortement affecté par la crise au Moyen-Orient, les deux principaux contrats pétroliers reculent mercredi, prolongeant leur repli de la veille après une hausse des cours lundi.

Vers 05H00 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI) et celui de Brent de la mer du Nord, lâchaient 1,92% et 1,80% respectivement et restaient toujours au-dessus des 100 dollars.

Les tentatives de relancer les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis sont au point mort depuis une première rencontre directe à Islamabad le 11 avril.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré mardi que son pays était "prêt à tout dialogue".

Mais "il n'a jamais cédé et ne cédera jamais à la force", a-t-il ajouté.