La Banque d'Angleterre sous le feu des critiques avec l'inflation à deux chiffres

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre Andrew Bailey s'adresse aux médias sur le rapport sur la politique monétaire à la Banque d'Angleterre, à Londres, le 4 août 2022. (AFP)
Le gouverneur de la Banque d'Angleterre Andrew Bailey s'adresse aux médias sur le rapport sur la politique monétaire à la Banque d'Angleterre, à Londres, le 4 août 2022. (AFP)
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Publié le Samedi 20 août 2022

La Banque d'Angleterre sous le feu des critiques avec l'inflation à deux chiffres

  • L'inflation dépasse 10% au Royaume-Uni, un record en 40 ans bien loin de l'objectif de 2% de la Banque
  • Elle devrait encore grimper dans les prochains mois, jusqu'à 13% selon la BoE, provoquant une crise du pouvoir d'achat qui menace de faire plonger de nombreux ménages dans la pauvreté

LONDRES: La Banque d'Angleterre est sous le feu de critiques venues du gouvernement, mais aussi d'économistes et d'anciens dirigeants de l'institut monétaire, qui l'accusent de s'être endormie au volant et d'avoir laissé l'inflation la plus forte du G7 s'installer.

L'inflation dépasse 10% au Royaume-Uni, un record en 40 ans bien loin de l'objectif de 2% de la Banque.

Elle devrait encore grimper dans les prochains mois, jusqu'à 13% selon la BoE, provoquant une crise du pouvoir d'achat qui menace de faire plonger de nombreux ménages dans la pauvreté.

"Clairement, quelque chose a dérapé", a fustigé le ministre des Entreprises et de l'Industrie Kwasi Kwarteng dans une interview avec la chaîne Sky News, estimant que "les taux auraient dû remonter plus tôt".

Des critiques qui font écho au message de la favorite des sondages pour succéder à Boris Johnson à Downing Street: Liz Truss a proposé de revoir le statut de la Banque d'Angleterre, dont l'indépendance date de 1997.

Face à ces critiques, le gouverneur de la Banque d'Angleterre Andrew Bailey a adopté une réponse prudente, affirmant à plusieurs reprises qu'il ne voulait pas s'immiscer dans les débats du parti conservateur, même s'il a asséné que la crédibilité financière du Royaume-Uni dépendait de l'indépendance de sa Banque centrale.

Il a également rappelé que la BoE avait relevé ses taux dès fin 2021, plus tôt que la Réserve fédérale américaine ou la Banque centrale européenne.

L'inflation a légèrement ralenti en juillet aux Etats-Unis, à 8,5% sur un an, et a atteint un nouveau record en zone euro à 8,9%.

Le Royaume-Uni souffre comme l'Union européenne de la crise énergétique provoquée par l'invasion russe de l'Ukraine, mais également d'une perturbation des chaînes d'approvisionnements et d'un manque de travailleurs exacerbé par le Brexit.

Mais M. Bailey argue qu'une hausse plus rapide serait intervenue en pleine reprise des contaminations de Covid-19, même si le variant Omicron n'a pas conduit à de nouveaux confinements durs.

"C'est vrai, l'inflation est élevée cette année, mais le message est le même: en huit siècles, l'indépendance est le meilleur moyen d'avoir une inflation mesurée et stable", a affirmé sur Twitter un membre du comité monétaire, Jonathan Haskel, qui accompagne son message d'un tableau où l'inflation moyenne entre 1997 et 2022 atteint à peine plus de 2%.

Un peu lents 

Mais les commentaires réprobateurs ne sont pas l'apanage du parti conservateur en campagne: d'anciens membres de la Banque d'Angleterre estiment que des hausses plus marquées plus tôt, quand la croissance britannique était plus vigoureuse, auraient évité un durcissement dans la douleur et la durée.

La Banque d'Angleterre "n'a pas une tâche facile en ce moment, mais ils ont des outils à disposition, en particulier les taux d'intérêt, et ils sont un peu lents à les relever", critique Andrew Sentance, ancien membre du comité de politique monétaire.

Ces partisans d'une politique stricte voudraient voir la BoE remonter ses taux pour ralentir l'emprunt et ainsi empêcher que l'inflation, pour l'instant alimentée par la hausse du prix de l'énergie, entraîne des revendications salariales et des montées des prix à la vente qui créeraient une spirale inflationniste.

"Nous avons été très, très lents à voir le train qui sortait du tunnel, beaucoup de gens se sont fait renverser et maintenant il faut gérer les conséquences", a tancé Stuart Rose, président de la chaîne de supermarchés Asda et membre de la chambre des Lords dans les rangs conservateurs.

Mais s'il affirme que la priorité doit être de "tuer l'inflation" plutôt que de privilégier la croissance, ses flèches les plus aiguisées sont pour Mme Truss, qu'il accuse de vouloir "jeter de l'argent partout", ce qui favorise également l'inflation.

La politique monétaire stricte ne fait par ailleurs pas l'unanimité. Les syndicats ont critiqué des hausses des taux qui font monter le coût des emprunts immobiliers, et certains économistes questionnent la stratégie de montée des taux.

"Le taux relativement élevé de l'inflation au Royaume-Uni est dû à la politique budgétaire et au Brexit" et "assommer les ménages en remontant les taux directeurs rapidement ne va pas s'attaquer à la cause de l'inflation", juge Samuel Tombs, économiste chez Pantheon Macroeconomics.

Selon lui, la stratégie du gouvernement britannique, qui a baissé certains impôts au lieu de limiter le prix de l'électricité comme en France, par exemple, explique une partie de la différence d'inflation entre le Royaume-Uni et ses voisins.


L’Inde affirme être devenue la quatrième économie du monde, devant le Japon

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
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  • "Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années"
  • Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon

NEW DELHI: L’Inde est devenue la quatrième économie de la planète, devant le Japon, et les autorités espèrent qu'elle dépassera l’Allemagne d’ici trois ans, selon le bilan économique de fin d’année établi par le gouvernement.

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions.

"L’Inde fait partie des grandes économies affichant la croissance la plus rapide au monde et est bien placée pour maintenir cet élan", affirme la note économique.

"Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années, avec un PIB estimé à 7.300 milliards de dollars d’ici 2030".

Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon.  Les Etats-Unis, la Chine et l'Allemagne sont, dans cet ordre, les plus grandes économies au monde, selon le FMI.

Les prévisions optimistes de New Delhi interviennent dans un contexte économique compliqué pour le pays le plus peuplé de la planète, avec 1,4 milliard d'habitants.

Fin août, Washington, le premier partenaire commercial du pays, a imposé une hausse de 50% des droits de douane sur les produits "made in India" arrivant aux Etats-Unis, en représailles à ses achats de pétrole russe.

La croissance continue reflète "la résilience de l’Inde face aux incertitudes persistantes (qui pèsent) sur le commerce international", estime le gouvernement.

Le PIB par habitant de l’Inde atteignait 2.694 dollars en 2024, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, soit douze fois moins que les 32.487 dollars du Japon et vingt fois moins que les 56.103 dollars de l’Allemagne.

Plus d’un quart des habitants de l’Inde ont entre 10 et 26 ans, selon les données gouvernementales, mais le taux de chômage des jeunes diplômés reste très élevé.

Le Premier ministre Narendra Modi a annoncé des allégements fiscaux et des réformes du droit du travail après que la croissance économique a atteint un plus bas en quatre ans, au cours de l'exercice annuel clos le 31 mars.

La roupie indienne a atteint un niveau historiquement bas face au dollar début décembre — après avoir chuté d’environ 5% en 2025 — en raison des notamment inquiétudes persistantes liées à l’absence d’accord commercial avec Washington.


L'aéroport de Riyad presque à l'arrêt en raison de problèmes opérationnels

 L'aéroport international King Khalid à Riyad. Getty
L'aéroport international King Khalid à Riyad. Getty
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  • Les compagnies aériennes publient des déclarations, tandis que des sources indiquent à Arab News que la pluie est à blâmer
  • Dans son propre communiqué, Saudia a déclaré : "Les clients touchés sont contactés par l'intermédiaire de la compagnie aérienne"

RIYAD: Des milliers de passagers voyageant vers et depuis l'aéroport international King Khalid de Riyad ont été laissés en plan alors que les principales compagnies aériennes se sont efforcées de proposer des vols alternatifs suite à une série d'annulations et de retards.

Saudia et flyadeal ont été parmi les compagnies aériennes qui ont rencontré des difficultés, les deux compagnies ayant publié des déclarations attribuant ces problèmes à des problèmes opérationnels temporaires.

Une déclaration de l'aéroport sur son compte officiel X a exhorté les voyageurs à contacter directement les compagnies aériennes avant de se rendre à la plate-forme d'aviation pour vérifier l'état actualisé et l'horaire de leurs vols.

Le communiqué dit ceci : "L'aéroport international King Khalid souhaite vous informer qu'en raison de la concomitance d'un certain nombre de facteurs opérationnels au cours des deux derniers jours - y compris plusieurs vols détournés d'autres aéroports vers l'aéroport international King Khalid, en plus des travaux de maintenance programmés dans le système d'approvisionnement en carburant - cela a eu un impact sur les horaires de certains vols, y compris le retard ou l'annulation d'un certain nombre de vols opérés par certaines compagnies aériennes".

L'aéroport a ajouté que les équipes opérationnelles travaillent "24 heures sur 24 en étroite coordination avec nos partenaires aériens et les parties prenantes concernées pour faire face aux développements et rétablir la régularité opérationnelle dès que possible", tout en prenant toutes les mesures nécessaires pour minimiser l'impact sur l'expérience des passagers.

Des sources aéroportuaires ont déclaré à Arab News que le problème était lié aux fortes pluies qui se sont abattues sur Riyad plus tôt dans la journée de vendredi. De l'eau s'est apparemment infiltrée dans les réservoirs de carburant censés ravitailler les avions à réaction avant leur décollage, et plusieurs compagnies aériennes se sont alors efforcées de reprogrammer les vols des passagers.

Dans son propre communiqué, Saudia a déclaré : "Les clients touchés sont contactés par l'intermédiaire de la compagnie aérienne : "Les clients concernés sont contactés par le biais de divers canaux de communication, et tous les changements de billets sont effectués sans frais supplémentaires.

Arab News a contacté Saudia pour de plus amples informations.

Toujours dans un communiqué publié sur X, flyadeal a déclaré que tous ses passagers touchés par la perturbation "seront informés directement par e-mail et SMS des options de rebooking et d'assistance".


IA: pour la présidente de Microsoft France, il n'y a pas de «bulle»

 "Je ne crois pas du tout à la bulle" de l'intelligence artificielle (IA), assure lors d'un entretien à l'AFP Corine de Bilbao, présidente de Microsoft France, qui dit constater une diffusion rapide de l'IA chez les entreprises et les consommateurs. (AFP)
"Je ne crois pas du tout à la bulle" de l'intelligence artificielle (IA), assure lors d'un entretien à l'AFP Corine de Bilbao, présidente de Microsoft France, qui dit constater une diffusion rapide de l'IA chez les entreprises et les consommateurs. (AFP)
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  • Microsoft propose son propre assistant IA, baptisé Copilot, et contrôle 27% du capital de la start-up OpenAI, le créateur de ChatGPT, chatbot le plus utilisé au monde
  • En France, 40,9% des citoyens en âge de travailler ont adopté l'IA, assure Mme de Bilbao, contre 26,3% aux États-Unis, ce qui place la France à la cinquième place mondiale en termes d'adoption, selon une étude du Microsoft AI Economy Institute

PARIS: "Je ne crois pas du tout à la bulle" de l'intelligence artificielle (IA), assure lors d'un entretien à l'AFP Corine de Bilbao, présidente de Microsoft France, qui dit constater une diffusion rapide de l'IA chez les entreprises et les consommateurs.

Pour certains experts, les investissements colossaux dans l'IA semblent démesurés par rapport aux bénéfices générés, alimentant la peur d'une survalorisation du secteur.

Mais selon Corine de Bilbao, à la tête de la filiale française du géant américain des logiciels depuis 2021, "il y a des signes forts" de solidité comme le fait que cette technologie se diffuse "dans toutes les sphères de la société".

Microsoft propose son propre assistant IA, baptisé Copilot, et contrôle 27% du capital de la start-up OpenAI, le créateur de ChatGPT, chatbot le plus utilisé au monde, dans laquelle Microsoft a investi plus de 13 milliards de dollars.

En France, 40,9% des citoyens en âge de travailler ont adopté l'IA, assure Mme de Bilbao, contre 26,3% aux États-Unis, ce qui place la France à la cinquième place mondiale en termes d'adoption, selon une étude du Microsoft AI Economy Institute.

Un milliard d'agents IA

L'énergéticien français TotalEnergies utilise par exemple Copilot et des agents IA, capables de réaliser des tâches de façon autonome, à travers des cas d'usage "dans la maintenance, les achats, la sécurité", énumère la patronne.

Tandis que l'assureur italien Generali a "adopté massivement l'IA et automatisé plus d'un million d'opérations", ajoute-t-elle.

"Plus d'un milliard d'agents à l'échelle mondiale vont être diffusés dans les entreprises" d'ici 2028, s'enthousiasme Corine de Bilbao, citant une étude IDC pour Microsoft.

L'irruption de l'intelligence artificielle dans les entreprises peut toutefois se traduire par des vagues de licenciements comme chez Amazon, le groupe informatique HP ou encore l'assureur allemand Allianz Partners.

Microsoft France, qui compte près de 2.000 employés, a de son côté supprimé 10% de ses effectifs via un accord collectif de rupture conventionnelle sur la base du volontariat.  -

"C'est lié à la transformation de certains métiers, mais pas à l'IA", assure la dirigeante, ajoutant qu'en parallèle Microsoft est en train de recruter "des profils plus techniques", comme des "ingénieurs solutions", pour s'adapter aux demandes de ses clients.

"L'IA suscite beaucoup de peur", reconnaît Mme de Bilbao."On préfère parler de salariés augmentés" plutôt que d'emplois supprimés, poursuit-elle, beaucoup de tâches considérées comme rébarbatives pouvant être réalisées avec l'assistance de l'intelligence artificielle.

Selon elle, l'enjeu central est surtout celui de la formation des salariés à ces nouveaux outils.

"Nouvelle économie" 

"Il n'y aura pas de déploiement de l'IA s'il n'y a pas de valeur partagée, si l'ensemble des citoyens, des étudiants, des entreprises ne sont pas formés", souligne la patronne.

En France, le géant de Redmond (Etat de Washington) a déjà formé 250.000 personnes à l'IA sur un objectif d'un million d'ici 2027 et veut accompagner 2.500 start-up françaises.

"Un écosystème complet se développe entre les fournisseurs de modèles de langage, les infrastructures, on est en train de créer une nouvelle économie autour de cette IA", déclare Corine de Bilbao.

Microsoft a ainsi annoncé en 2024 un investissement de 4 milliards d'euros en France lors du sommet Choose France pour agrandir ses centres de données dans les régions de Paris et Marseille (sud), et construire un datacenter dans l'est de la France, près de Mulhouse.

"Ca avance très bien", explique-t-elle, sans donner de date à laquelle le centre sera opérationnel. "Cela ne pousse pas comme des champignons, ce sont des projets qui prennent quelques années en général", entre le dépôt de permis, de construction et l'accompagnement.

Pour 2026, le défi sera de passer d'une intelligence artificielle "expérimentale à une IA opérationnelle, qui délivre de la valeur pour les entreprises, à la fois sur leurs revenus, la productivité, et qui les aide à se transformer", conclut-elle.