Vision 2030: L'Arabie saoudite en passe de devenir le plus grand chantier au monde

L’Arabie saoudite deviendra aisément le plus grand chantier de l’histoire. (Shutterstock)
L’Arabie saoudite deviendra aisément le plus grand chantier de l’histoire. (Shutterstock)
Short Url
Publié le Mercredi 07 septembre 2022

Vision 2030: L'Arabie saoudite en passe de devenir le plus grand chantier au monde

L’Arabie saoudite deviendra aisément le plus grand chantier de l’histoire. (Shutterstock)
  • Depuis le lancement du Plan national de transformation du Royaume en 2016, Riyad a dévoilé des projets immobiliers d’une valeur de 104 milliards de dollars
  • Le Royaume prévoit notamment de construire plus de 555 000 unités résidentielles, plus de 275 000 chambres d’hôtel et plus de 4,3 millions de m2 d’espaces commerciaux

RIYAD: Après le lancement de la Vision 2030 par l’Arabie saoudite en 2016, le Royaume est sur le point de devenir le plus grand chantier du monde, avec un investissement total de 4 130 milliards de riyals saoudiens (1 riyal = 0,27 euro) dans des projets immobiliers et d’infrastructure, selon le cabinet mondial de conseil en immobilier Knight Frank.

L’agence immobilière estime que la population de Riyad atteindra 17 millions d’habitants d’ici à 2030, contre environ 7,5 millions aujourd’hui. Depuis le lancement du Plan national de transformation du Royaume en 2016, la ville a dévoilé des projets immobiliers d’une valeur de 104 milliards de dollars (1 dollar = 1,01 euro).

«La Vision 2030 a suscité l’enthousiasme dans tout le Royaume. Neom étant considéré comme le joyau de la couronne dans ces plans de transformation, les Saoudiens sont impatients de faire partie de l’histoire», indique Faisal Durrani, partenaire et directeur de la recherche sur le Moyen-Orient chez Knight Frank, à Arab News.

L’Arabie saoudite deviendra aisément le plus grand chantier de l’histoire, les projets de construction prévus dans le Royaume comprenant plus de 555 000 unités résidentielles, plus de 275 000 chambres d’hôtel, plus de 4,3 millions de m2 d’espaces commerciaux et plus de 6,1 millions de m2 d’espaces de bureaux, précise M. Durrani.

Le cabinet de conseil supervise actuellement 15 gigaprojets dans le Royaume, dont beaucoup sont de nouvelles supervilles autonomes, selon Harmen de Jong, partenaire et responsable de l’immobilier chez Strategy&Consulting dans le Royaume.

Une fois achevé, Neom devrait permettre à 9 millions de résidents d’habiter dans 300 000 nouveaux logements, ce qui en fait le plus grand gigaprojet annoncé à ce jour, ajoute M. De Jong.

Parmi les 1000 ménages saoudiens interrogés, Diriyah Gate est la troisième ville la plus populaire pour l’achat d’une maison, derrière Neom et The Red Sea Project. Selon M. Durrani, Neom redéfinit radicalement la vie urbaine dans les régions pauvres en ressources. Dans le même temps, d’autres villes plus secondaires comme Oxagon, Trojena et The Line établiront de nouvelles normes en matière de vie de luxe dans la région.

Environ 30% des propriétaires saoudiens sont prêts à dépenser plus de 800 000 dollars pour une résidence secondaire à Neom. «Les promoteurs ont du pain sur la planche pour satisfaire cette demande refoulée», poursuit M. Durrani. M. De Jong précise que l’avancement des travaux de construction d’une partie des projets est de 29%, et que seulement 7,5 milliards de dollars de sous-projets ont été mis en service.

La renaissance de Riyad

Un autre gigaprojet qui fait tourner les têtes est Diriyah Gate, évalué à 20 milliards de dollars, qui dotera Riyad de 20 000 logements lorsqu’il sera achevé en 2027, créant un quartier historique de la taille d’une ville. Knight Frank estime qu’environ 2,3 milliards de dollars ont été dépensés pour la construction de Diriyah Gate.

«Pour ne pas être en reste, le repositionnement de Riyad comme centre commercial névralgique du Royaume est en bonne voie. Les entreprises du monde entier se bousculent déjà pour être au cœur du deuxième centre mondial dont le Moyen-Orient a tant besoin», explique M. Durrani.

Ce dernier ajoute que la construction prévue de 2,8 millions de m2 d’espaces de bureaux de classe mondiale ne pouvait pas mieux tomber, les niveaux d’occupation des bureaux de catégorie A oscillant autour de 97% dans la ville.

Selon Knight Frank, un aéroport international d’une valeur de 147 milliards de dollars devrait également ouvrir ses portes prochainement. Près de 74% des 200 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures nationales sont destinés au nouvel aéroport. «La ville attire également un grand nombre de migrants intérieurs et, grâce aux aides disponibles pour accéder à la propriété, les prix des maisons augmentent rapidement et sont actuellement supérieurs de 26% à ceux de la même période l’année dernière», souligne le cabinet.

Centre de bien-être

Le Royaume améliore et fournit également des environnements urbains de classe mondiale à ses habitants, avec le Riyadh Sports Boulevard, d’une valeur de 500 millions de dollars, et Green Riyadh, d’une valeur de 23 milliards de dollars, un projet qui consiste à planter 7,5 millions d’arbres dans la capitale saoudienne pour la transformer en une métropole verte et dynamique.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com