En France, la formation face au défi de la pénurie de candidats

Face à la pénurie de candidats et à la nécessité de renforcer leurs compétences, le gouvernement entend développer la formation dans les métiers où les bras manquent, qu'il s'agisse de reconversions ou d'enseignement professionnel. (AFP)
Face à la pénurie de candidats et à la nécessité de renforcer leurs compétences, le gouvernement entend développer la formation dans les métiers où les bras manquent, qu'il s'agisse de reconversions ou d'enseignement professionnel. (AFP)
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Publié le Jeudi 08 septembre 2022

En France, la formation face au défi de la pénurie de candidats

  • Une étude de la Dares a identifié 30 métiers particulièrement en tension l'année précédente, comme la métallurgie, le BTP ou la maintenance informatique
  • Pôle emploi propose aux chômeurs de longue durée des formations «plutôt courtes», en lien avec «le marché du travail local», ce qui permet «de garantir que les compétences correspondent aux besoins»

PARIS: Face à la pénurie de candidats et à la nécessité de renforcer leurs compétences, le gouvernement entend développer la formation dans les métiers où les bras manquent, qu'il s'agisse de reconversions ou d'enseignement professionnel.

La formation était déjà l'un des principaux leviers du premier quinquennat Macron pour lutter contre le chômage et les emplois non pourvus avec la plateforme '1jeune1solution', la promotion des comptes personnels de formation (CPF) ou encore des incitations financières pour développer l'apprentissage.

Le gouvernement d'Elisabeth Borne promet de maintenir le cap comme la Première ministre l'a rappelé devant le patronat fin août. "Nous allons continuer à adapter la formation aux nouveaux emplois et aux besoins du marché du travail", a-t-elle souligné.

Pour ce faire, Elisabeth Borne s'est engagée à "simplifier et favoriser le recours à la formation professionnelle" mais aussi à renforcer "la reconversion vers les filières de demain ou qui ont le plus de besoins".

Créer sa propre école, la stratégie de certaines entreprises pour mieux recruter

TotalEnergies, Veolia mais aussi La Poste ou Axa... De nombreuses entreprises ont créé leurs propres écoles sous des formules variées et les présentent comme des solutions pour faire face aux difficultés de recrutement.

"La formation classique ne correspond pas forcément à 100% au besoin en magasin", soutient auprès de l'AFP Fabienne Cailly, directrice de la formation et des ressources humaines au sein du groupement d'enseignes d'optique Krys Group, qui lance à la rentrée son premier centre de formation d'apprentis (CFA).

Selon elle, "L'Ecole by Krys Group" va permettre aux élèves de mieux comprendre ce qui les attend et "de fidéliser" les étudiants au groupe dans un secteur qui connaît "une vraie tension".

Pour la société d'ingénierie ADF, qui ouvre une école de soudure pour ses salariés et des demandeurs d'emploi, il s'agit d'"élargir [son] champ de recherche de candidats".

Selon la taille de l'entreprise qui les crée, ces écoles peuvent permettre de recruter d'une poignée de personnes à plusieurs centaines de salariés par an.

Leur forme est très variable: certaines ressemblent à des universités ultra-modernes et d'autres proposent des formations entièrement à distance. Elles peuvent s'adresser à des jeunes sans diplômes ou à des cadres salariés, être partenaires d'établissements scolaires reconnus ou complètement autonomes, au risque de créer des formations sur-mesure pour l'entreprise mais pas forcément adaptées au reste du marché...

Certaines ont même participé à la création de diplômes, comme les campus Veolia dans les métiers de l'environnement.

Pour SNCF Réseau, qui dispose de deux campus à Nanterre et Bordeaux et compte en lancer un troisième à l'automne à Lyon, ces écoles sont aussi "une vitrine technologique" pour attirer des candidats.

Le développement des écoles d'entreprises s'est accru avec la loi "Avenir professionnel" de 2018, qui a ouvert la possibilité pour les sociétés de créer leur propre CFA, sans l'aval des régions.

La loi encourage aussi les "écoles de production", des établissements où des élèves de 15 à 18 ans reçoivent une formation théorique et pratique en travaillant directement sur des commandes d'entreprises partenaires.

"C'est l'école d'entreprise pour celles qui ne peuvent pas s'en créer une elles-mêmes", résume Patrick Carret, directeur général de la Fédération nationale des écoles de production.

"Les entreprises se créent un vivier recrutement" grâce à ces écoles, poursuit-il.

Il assure avoir reçu plus de demandes de création d'écoles de la part d'entreprises cette année, avec l'amplification des difficultés de recrutement.

Pour M. Carret, ces écoles doivent toutefois s'inscrire dans un projet à long terme et ne pas répondre seulement à un besoin temporaire.

«Vivier réduit»

Une étude de la Dares, le service de statistiques du ministère du Travail, parue en 2021, a identifié 30 métiers particulièrement en tension l'année précédente, comme la métallurgie, le BTP ou la maintenance informatique.

Dans un contexte de chômage en nette baisse, "le marché du travail se tend", constate Stéphane Berger, directeur adjoint de Pôle emploi Ile-de-France. "La difficulté, c'est de trouver des candidats et des compétences dans les entreprises", ajoute-t-il.

Pôle emploi propose aux chômeurs de longue durée des formations "plutôt courtes", en lien avec "le marché du travail local", ce qui permet selon lui "de garantir que les compétences correspondent aux besoins".

Les demandeurs d'emplois peuvent même être sélectionnés en fonction de "leurs appétences plutôt que pour leurs compétences", relève Stéphane Berger.

"Plusieurs vocations peuvent naître de ces formations courtes", assure-t-il encore auprès de l'AFP. Preuve selon lui du succès de ces formations, "le taux de recrutement est supérieur à 80%"à l'issue, avance-t-il.

Des éléments confirmés par une autre étude de la Dares, parue en août. Selon celle-ci, "la probabilité de connaître un épisode d'emploi dans les deux ans suivant l'entrée en formation est supérieure de neuf points de pourcentage à celle des demandeurs d'emploi non-formés".

L'étude l'explique par l'"accroissement des compétences" et la possibilité de "nouer des contacts" lors des stages en entreprise.

"Les entreprises sont beaucoup plus ouvertes qu'avant au fait d'intégrer un salarié motivé mais à qui il faut apprendre les gestes du métier", décrypte M. Berger.

Difficultés de recrutement: des secteurs plus touchés que d'autres

Chauffeurs, ouvriers, enseignants... De nombreux métiers peinent à recruter. Tour d'horizon de certains secteurs particulièrement concernés:

L'industrie 

Il y a "70.000 emplois non pourvus dans l'industrie", a assuré le ministre Roland Lescure devant le patronat fin août.

Marqué par la vague de fermetures d'entreprises des années 1980, le secteur connaît des tensions depuis plusieurs années, qui se sont accentuées avec la crise sanitaire.

La métallurgie souffre particulièrement: chaudronniers, tôliers et soudeurs font partie des 10 métiers où recruter est le plus difficile en 2022, selon l'enquête "Besoins en main-d’œuvre" de Pôle Emploi, publiée en avril.

La situation s'explique "en partie par l'inadéquation entre l'offre et la demande" de salariés, explique David Derré, directeur emploi-formation à l'UIMM, syndicat patronal du secteur qui entend mettre en avant "la question de la souveraineté stratégique" que revêt ce secteur pour attirer des candidats.

La construction 

En juillet, 61% des entreprises du bâtiment déclaraient avoir des difficultés de recrutement, selon un point de conjoncture de la Banque de France publié en août.

En tête des postes les plus compliqués à pourvoir, selon Pôle Emploi: les couvreurs. Dans le top 10 également, les menuisiers et ouvriers de l'agencement.

"On pourrait faire bien mieux (accepter plus de chantiers, etc.) si on était en capacité de recruter plus facilement", a déclaré Jean-Christophe Repon, président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) en conférence de presse mardi.

Les transports 

Cars scolaires, transports en commun, trains et même l'aérien: aucun secteur du transport de voyageurs n'échappe à la pénurie de salariés, avec en conséquence un service détérioré pour les usagers.

Selon la Banque de France, 78% des entreprises du secteur signalaient en juillet des difficultés à recruter.

Raison principale de ce désamour: des conditions de travail et des salaires qui n'attirent pas. "Il faut travailler les week-ends, le soir, les jours fériés. Les vacances en juillet-août, il faut les oublier, surtout au début", détaille Didier Mathis, secrétaire général de l'Unsa-Ferroviaire.

Pour pallier le manque de personnel, les entreprises de l'aérien cherchent à recruter dès maintenant pour la saison prochaine. La RATP offre même 300 euros de prime à chaque agent proposant un candidat finalement retenu. Et Keolis déploie un "Bus pour l'Emploi itinérant" avec un simulateur de conduite pour chercher des candidats potentiels.

Ingénieurs, conseil et numérique 

Les entreprises manquent aussi d'ingénieurs et de consultants, en raison d'une "pénurie des talents" et d'une "forte concurrence des entreprises sur certains profils", selon la fédération Syntec, qui regroupe des syndicats dans ces métiers.

Depuis la crise sanitaire, la fédération note une aspiration "à travailler autrement", de nombreux cadres demandant par exemple une semaine de quatre jours ou plus de télétravail.

Les difficultés sont particulièrement fortes dans le numérique où 79% des entreprises évoquaient en mai le "manque de talents" comme le principal frein à leur croissance, selon une enquête commandée par Numeum, la fédération professionnelle du secteur.

Le ministre délégué au Numérique, Jean-Noël Barrot, a d'ailleurs fait de la crise du recrutement une de ses priorités.

Dans le conseil, les employeurs optent pour une "diversification des profils", selon Syntec. En clair: en recrutant par exemple au sein d'écoles moins réputées. Dans ce secteur où le télétravail est déjà développé, certaines entreprises vont même jusqu'à laisser leurs salariés travailler à 100% à distance.

L'éducation 

Le secteur de l'éducation est touché par une crise inédite du recrutement d'enseignants, avec plus de 4 000 postes non pourvus aux concours cette année, sur 27 300 postes ouverts dans le public et le privé (et 850 000 enseignants au total).

Pour répondre à cette pénurie, l'Education nationale a recruté des enseignants contractuels, avec 3 000 personnes embauchées pour cette rentrée selon le ministère.

A plus long terme, le gouvernement travaille à redonner de l'attractivité au métier via une augmentation des rémunérations des enseignants, afin qu'aucun d'entre eux ne débute sa carrière "à moins de 2 000 euros nets" par mois à la rentrée 2023, selon le gouvernement.

Les métiers du soin et du social 

Parmi les 10 métiers où les recrutements sont les plus difficiles, selon Pôle Emploi, figurent en deuxième place les aides à domicile et aides ménagères. A la 9e place, on trouve les infirmiers, cadres infirmiers et puéricultrices.

Ces professionnels ont dû continuer de travailler pendant la crise sanitaire et se sont retrouvés en "première ligne" avec des conditions de travail rendues particulièrement difficiles par le virus.

Certains représentants de ces secteurs dénoncent le manque de financement, malgré les investissements du Ségur de la Santé annoncés l'an dernier.

Près de la moitié des crèches manquent aussi de personnel. Le gouvernement y a assoupli fin août les critères de recrutement.

Dans l'ensemble de la branche sanitaire, médico-sociale et sanitaire à but non lucratif, quelque 45.000 postes sont à pourvoir, selon les estimations de Nexem, une des principales organisations professionnelles du secteur.

«On formate à l'emploi»

"Former, on sait faire!", confirme Franck Delvau, co-président général de l'Umih Ile-de-France, la principale organisation patronale de l'hôtellerie-restauration.

Dans ce secteur, où "de 200 à 300 000 postes" étaient vacants au début de l'été, un partenariat a été noué par l'Umih et Pôle emploi pour proposer aux demandeurs d'emploi une "période d'essai" en entreprise à la fin de leur formation.

Pour Lionel Lerogeron, dirigeant confédéral de la CGT, la formation ne parvient toutefois pas à compenser d'autres freins à l'embauche comme des conditions de travail difficiles, les bas salaires mais aussi la pénurie de logements.

Chauffeurs de bus, métiers de l'hôtellerie-restauration ou encore aides-soignants, "la majorité de ces secteurs ne demandent pas de qualifications énormes", relève M. Lerogeron, mais "les conditions de travail ne sont pas à la hauteur".

"Calibrer l'orientation des jeunes vers les filières en tension, c'est avoir une vision étriquée de la formation professionnelle", pointe pour sa part Sigrid Girardin, co-secrétaire générale du Snuep-FSU (syndicat de l'enseignement professionnel).

Les lycées professionnels, regrette-t-elle, "ne forment plus à un métier" mais "formatent pour un emploi".


Air France reprend ses vols directs entre Riyad et Paris

 Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
  • « L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris »
  • « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française »

RIYAD: Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale.

À compter de cette reprise, la compagnie française retrouvera son programme initial de trois vols hebdomadaires entre l'aéroport international King Khalid de Riyad et l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, conformément à son programme de la saison estivale 2026.

Cette reprise intervient dans un contexte de renforcement des échanges économiques, touristiques et culturels entre les deux pays. Elle marque également la volonté d'Air France de consolider sa présence sur le marché saoudien, considéré comme l'un des plus stratégiques de la région.

« L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris », a déclaré Raza Syed, Country Manager Arabie saoudite et Égypte d'Air France-KLM.

Il a souligné que cette reprise reflète l'engagement à long terme du groupe envers le Royaume et permettra aux voyageurs de bénéficier à nouveau de l'ensemble du réseau international d'Air France-KLM grâce aux correspondances proposées depuis Paris. « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française qui font la réputation d'Air France », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette reprise, Flying Blue, le programme de fidélité d'Air France et de KLM, lance une offre promotionnelle destinée aux voyageurs au départ du Royaume. Les passagers réservant leurs billets entre le 29 juin et le 13 juillet 2026 pourront cumuler trois fois plus de Miles, pour des voyages effectués jusqu'au 31 décembre 2026.

Horaires des vols

La liaison Riyad-Paris (AF685) sera assurée les mardis, jeudis et dimanches, avec un départ de Riyad à 8h45 et une arrivée à Paris à 14h25.

Le vol retour Paris-Riyad (AF684) opérera les lundis, mercredis et samedis, avec un départ de Paris à 23h20 et une arrivée à Riyad à 6h35 le lendemain.

Fondée en 1933, Air France emploie plus de 40 000 collaborateurs et, avec KLM et Transavia, fait partie du groupe Air France-KLM. Le groupe dessert plus de 300 destinations dans le monde grâce à une flotte de plus de 500 appareils et poursuit ses investissements dans la modernisation de sa flotte ainsi que dans la réduction de son empreinte environnementale.


La dette française dépasse les 3.500 milliards d'euros, en pleine préparation du budget 2027

La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
  • La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue"
  • "Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB

PARIS: La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques.

La dette publique a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (Insee).

Cela représente une augmentation de 75,6 milliards d'euros par rapport à fin 2025, où elle était de 3.460,5 milliards d'euros, soit 115,7% du PIB. Elle avait alors baissé sur un trimestre mais continué à grimper par rapport à fin 2024, où elle était de 3.306,1 milliards et pesait 112,6% du PIB.

La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue".

"Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB, ajoute-t-il. "On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté", mais "depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne".

Entre 2019 et 2025, la France a connu "la plus forte progression, après celle de la Finlande," de sa dette en points de PIB, relève le spécialiste des finances publiques François Ecalle.

"Ce qui l'explique, c'est le niveau du déficit", et "la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans", estime-t-il.

Premier poste de l'Etat 

Deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, la France en est l'un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1% du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2%). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l'Italie.

"Notre position relative, par rapport aux autres pays, s'est nettement dégradée", renchérit Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF.

Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l'Etat, devant celui de l'Education (hors pensions), rappelait récemment le ministre français de l'Economie Roland Lescure lors d'un colloque à la Cour des comptes, évoquant un "coût de la dette record".

Le service de la dette de l'Etat devrait ainsi atteindre 64 milliards d'euros en 2026, et "pourrait augmenter jusqu'à 100 milliards dans les années qui viennent", avait-il ajouté.

"Notre charge d'intérêts de la dette va mécaniquement augmenter" car "le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu'avant", souligne Mathieu Plane. "C'est très important d'être crédibles pour garantir un financement bon marché" des investisseurs.

Le gouvernement français veut afficher une trajectoire vertueuse: il s'est fixé comme objectif un déficit à 5% en 2026, avec une dette à 118,4% du PIB, avant de ramener son déficit sous 3% en 2029, avec une dette stabilisée à 118% du PIB.

Comité d'alerte 

Mais la tâche s'annonce ardue. Selon une étude réalisée par quatre économistes de l'Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), il existerait un peu plus d'une chance sur deux (55%) de rater la cible des 118% du PIB en 2029.

Le redressement des finances publiques est d'autant plus complexe que le gouvernement, en quête d'un budget pour 2027 - dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet -, a promis d'éviter les hausses d'impôts.

Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d'alerte des finances publiques. Ce Comité devrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d'euros d'économies présentées en avril.

Dans un contexte économique difficile, le gouvernement devrait aussi abaisser ses prévisions de croissance pour 2026, actuellement de 0,9%. La Banque de France a revu à la baisse les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant). L'Insee, elle, table sur 0,7%.

Face à une équation budgétaire complexe, le ministre des Comptes publiques David Amiel a aussi missionné quatre économistes pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027. Ils devraient rendre leurs conclusions début juillet.

 


Vision Golfe 2026 confirme son rôle de moteur du partenariat économique entre la France et le CCG

L’événement a été inauguré par Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, ainsi que par Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, aux côtés de Louis Margueritte, directeur général de Business France. (Photo fournie)
L’événement a été inauguré par Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, ainsi que par Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, aux côtés de Louis Margueritte, directeur général de Business France. (Photo fournie)
  • Organisé par Business France, le forum s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les acteurs économiques souhaitant renforcer les liens commerciaux et d’investissement entre les deux régions
  • L’événement a été inauguré par Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, ainsi que par Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité

PARIS:  L’édition 2025 de Vision Golfe a confirmé son statut de principale plateforme de coopération économique entre la France et les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), réunissant à Paris plus de 1 200 participants, parmi lesquels des ministres, de hauts responsables gouvernementaux et des dirigeants d’entreprises de premier plan venus de France et de l’ensemble de la région du Golfe.

Organisé par Business France, le forum s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les acteurs économiques souhaitant renforcer les liens commerciaux et d’investissement entre les deux régions, dans un contexte marqué par la diversification économique des pays du Golfe et la recherche de nouveaux partenariats stratégiques.

L’événement a été inauguré par Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, ainsi que par Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, aux côtés de Louis Margueritte, directeur général de Business France.

La forte présence de responsables du Golfe a également marqué cette édition. Parmi eux figuraient Son Excellence l’ingénieur Khalid bin Saleh Al-Mudaifer, vice-ministre saoudien de l’Industrie et des Ressources minérales, Son Excellence Mohammed Abdulrahman Al Hawi, sous-secrétaire au ministère de l’Investissement des Émirats arabes unis, ainsi que Son Excellence Khalid Ebrahim Humaidan, gouverneur de la Banque centrale de Bahreïn. Leur participation a illustré la volonté commune de franchir une nouvelle étape dans la coopération économique entre la France et les pays du CCG.

Tout au long de la journée, les échanges ont porté sur plusieurs secteurs stratégiques appelés à façonner l’économie de demain, notamment l’énergie, l’intelligence artificielle, l’industrie, la santé, la sécurité alimentaire et l’investissement. Plus de 3 500 rencontres d’affaires (B2B) ont été organisées, offrant aux entreprises françaises et du Golfe l’opportunité d’explorer de nouvelles perspectives de collaboration.

Au-delà des discussions, le forum a débouché sur des résultats concrets avec la signature de plusieurs protocoles d’accord stratégiques. Parmi les annonces marquantes figure un partenariat dans le domaine des technologies quantiques entre Quandela et Mekdam Holding Group, illustrant l’intérêt croissant du Golfe pour les technologies de pointe.

Dans le secteur de la sécurité alimentaire, un autre accord a été conclu entre SEMMARIS, gestionnaire du Marché International de Rungis, et Abu Dhabi Food Hub. Cette coopération vise à renforcer les échanges de savoir-faire et à soutenir le développement de chaînes d’approvisionnement alimentaires plus résilientes et innovantes.

Ces accords témoignent du rôle croissant de Vision Golfe en tant que catalyseur de partenariats concrets entre la France et les pays du Golfe. Alors que les économies de la région poursuivent leur transformation dans le cadre de stratégies ambitieuses telles que la Vision 2030 saoudienne ou les plans de diversification économique des Émirats arabes unis et de Bahreïn, le forum apparaît plus que jamais comme un espace privilégié pour construire des collaborations durables, fondées sur l’innovation, l’investissement et la confiance mutuelle.