Sous une pluie d'infos, Evelyne Dhéliat regarde le climat s'emballer

Evelyne Dhéliat, star nationale de la météo et pionnière dans la diffusion des enjeux climatiques à un large public. (AFP).
Evelyne Dhéliat, star nationale de la météo et pionnière dans la diffusion des enjeux climatiques à un large public. (AFP).
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Publié le Jeudi 08 septembre 2022

Sous une pluie d'infos, Evelyne Dhéliat regarde le climat s'emballer

  • «La météo de cet été nous aura, entre guillemets, 'servi' à progresser. C’est terrible à dire mais avec tout ce qui s’est passé, on prend conscience que finalement, il y a sans doute des choses à faire», selon Evelyne Dhéliat, star nationale de la météo
  • Sur son ordinateur, au 1er étage de la tour de TF1, les cartes transmises par Météo-France affichent une nouvelle vigilance aux intempéries. Après les records de chaleur, de sécheresse et autres phénomènes cévenols

PARIS : Encore une journée à communiquer des "vigilances orange", cette fois-ci pour orages violents. Evelyne Dhéliat, star nationale de la météo et pionnière dans la diffusion des enjeux climatiques à un large public, aura passé son été à annoncer records et événements extrêmes.

"La météo de cet été nous aura, entre guillemets, 'servi' à progresser. C’est terrible à dire mais avec tout ce qui s’est passé, on prend conscience que finalement, il y a sans doute des choses à faire," dit-elle, consternation et espoir mêlés.

Sur son ordinateur, au 1er étage de la tour de TF1, les cartes transmises par Météo-France affichent une nouvelle vigilance aux intempéries. Après les records de chaleur, de sécheresse et autres phénomènes cévenols.

Sa prise de conscience du dérèglement climatique remonte à un Forum international de la météo, en 2003 à Zagreb, devant les tableaux présentés par d'éminents climatologues.

"Ils montraient la courbe des températures depuis le début du siècle, puis celle du CO2 dans l'atmosphère: parallèles et exponentielles! Et à partir des années 80, c'était wouah !", dit-elle, frappée dès cette époque par la difficulté des scientifiques à se faire entendre.

"Je leur ai dit: les bulletins météo ont un impact énorme. Que pouvons-nous faire?", explique celle qui se rapproche alors de Météo-France, de scientifiques, et s'associe à l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie).

"Donc j'ai ajouté à partir de 2003, tous les soirs, une petite info +c'est bon pour la planète', qui est complètement d'actu aujourd'hui. D'ailleurs j'ai entendu ce matin notre président, Emmanuel Macron, dire +chauffez-vous à 19°C'. En 2007, je disais déjà 'chauffez-vous à 19°C' !"

Des "informations concrètes, pas culpabilisantes, avec l'idée que les ruisseaux font les grandes rivières": "c'était par exemple 'réduire sa vitesse de 10 km/h c’est 10% de moins de carburant et autant de CO2 en moins'. Et des fois j’ajoutais 'c’est aussi bon pour notre porte-monnaie'."

En 2007, elle sort même un livre sur le sujet, qu'elle a maintes fois relu, voulant "être inattaquable".

"Je me sentais le maillon entre les scientifiques et le grand public grâce a ce pouvoir exceptionnel que vous donne la télévision. Je ne pouvais pas passer à côté de ça".

Bulletin viral

Mais très vite, ces "années climat", celles du Nobel de la Paix pour Al Gore et le Giec, sont balayées par la crise économique, le fiasco de la COP de 2009... Jusqu'à ce que l'impact du changement climatique impose de nouveau l'évidence.

En vue de la COP21 de 2015, elle tourne pour l'Organisation mondiale de la météo (ONU) un bulletin fictif daté d'août 2050.

"Les températures qu’on prévoyait alors pour 2050, je les trouvais déjà incroyables, elles faisaient peur. Et on les a pulvérisées dès 2019! Cet été, il a fait 40°C à Brest, la Méditerranée était à 30°C! C'est cet emballement qui m’effraie". Et le faux bulletin est devenu viral sur internet.

Entrée à TF1 en 1971, speakerine puis présentatrice, Evelyne Dhéliat est à la météo depuis 1992, avec aujourd'hui un titre de "cheffe du service météo de TF1". Celle qui a toujours voulu être journaliste a trouvé là sa passion.

Son bureau, qu'elle partage avec ses collègues du week-end, lui sert à se poser et se changer. Vue sur la Seine, grosse grenouille en céramique héritée d'Alain Gillot-Pétré... l'endroit est d'abord fonctionnel. Mais Evelyne Dhéliat arpente surtout les couloirs, entre le bureau des deux infographistes météo, le plateau du journal et la conférence de rédaction du 20 heures quand la situation l'exige, portable en main, en liaison avec les prévisionnistes de Météo France.

La météo, c'est d'abord "informer, prévenir", dit-elle. Il faut aussi veiller aux termes. "Je ne dis jamais 'il fait beau', mais 'il fait soleil': le beau temps pour l'un peut être mauvais pour l'agriculteur qui attend la pluie".

Comment aller plus loin aujourd'hui? Dans un bulletin raccourci et plus dense qu'hier, Evelyne Dhéliat espère pouvoir reparler de ses fameuses astuces. TF1 pour sa part a prévu fin septembre de présenter sa "feuille de route" rédactionnelle sur le climat.


Besançon: trois personnes gravement blessées par arme à feu

Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet. Photo d'illustration. (AFP)
Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Une troisième homme, également blessé par arme à feu s'est rendu de lui-même au CHU de Besançon où il a été hospitalisé avec un pronostic vital engagé, ont-ils ajouté
  • Les victimes sont toujours hospitalisées jeudi matin, mais le parquet de Besançon a indiqué à l'AFP que les pronostics vitaux n'étaient plus engagés, après un nouveau bilan médical

BESANCON: Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet.

Des hommes se trouvaient devant une épicerie, dans le quartier populaire de Planoise, lorsqu'un véhicule est arrivé avec à son bord plusieurs individus qui ont tiré dans leur direction, avec deux armes différentes, selon les premiers éléments de l'enquête de police, a indiqué à l'AFP le parquet de Besançon.

Deux hommes âgés de 20 et 40 ans ont été blessés par balles et pris en charge par les secours avec un pronostic vital engagé, mercredi à 23 heures, selon les pompiers.

Une troisième homme, également blessé par arme à feu s'est rendu de lui-même au CHU de Besançon où il a été hospitalisé avec un pronostic vital engagé, ont-ils ajouté.

Les victimes sont toujours hospitalisées jeudi matin, mais le parquet de Besançon a indiqué à l'AFP que les pronostics vitaux n'étaient plus engagés, après un nouveau bilan médical.

"Aucun suspect n'a été interpellé pour le moment", a précisé le parquet.

Deux armes auraient été utilisées lors de la fusillade: une arme de type kalachnikov avec un calibre 7,62 et un fusil utilisant des munitions type chevrotine.

Les enquêteurs explorent "toutes les pistes", dont "l'hypothèse d'un règlement de compte lié au trafic de stupéfiants", précise le parquet.

La gendarmerie du Doubs a retrouvé un véhicule incendié à Montferrand-le-Château, près de Besançon, qui pourrait être celui des auteurs. Des constatations sont en cours.

L'enquête a été confiée aux policiers de la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Besançon.


«A bout», les pompiers reçus au ministère de l'Intérieur pour réclamer des moyens

Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies. (AFP)
Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies. (AFP)
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  • "On attend des engagements clairs. Ca fait des années qu'on nous trimballe", prévient auprès de l'AFP David Saquet, d'Unsa Sapeurs-pompiers
  • Le responsable syndical fait référence au "Beauvau de la sécurité civile", une concertation de douze mois lancée mi-2024 qui devait déboucher sur une ambitieuse loi de modernisation d'un système jugé à bout de souffle

PARIS: Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies.

Les neufs syndicats représentatifs des services d'incendie et de secours (Sdis), réunis en intersyndicale, seront reçus par Laurent Nuñez "dans le contexte de la lutte contre les feux de forêt", a-t-on confirmé dans l'entourage du ministre.

Dans un communiqué commun, l'intersyndicale des pompiers dénonce la "dégradation continue des conditions d'exercice des missions de Sécurité civile", qui se traduit par des "effectifs insuffisants", des "moyens à la traîne", ou encore des "équipements vieillissants".

La France compte quelque 44.000 pompiers civils professionnels, auxquels s'ajoutent 200.000 volontaires dans les Sdis et un peu plus de 13.000 militaires à Paris et Marseille.

"La colère gronde" chez les pompiers professionnels, dont "les personnels sont à bout", ajoutent les syndicats, qui ont prévu une conférence de presse à l'issue de la rencontre.

"On attend des engagements clairs. Ca fait des années qu'on nous trimballe", prévient auprès de l'AFP David Saquet, d'Unsa Sapeurs-pompiers.

Le responsable syndical fait référence au "Beauvau de la sécurité civile", une concertation de douze mois lancée mi-2024 qui devait déboucher sur une ambitieuse loi de modernisation d'un système jugé à bout de souffle, avec des financements supplémentaires à la clé, mais resté lettre morte pour l'heure.

"On ne veut pas être qualifiés de héros, on veut qu'on nous donne des moyens", explique à l'AFP Ludovic Goblet, vice-président de la Spasdis-CFTC.

A l'unisson, les syndicats demandent que "l'Etat ouvre le robinet" du financement, aujourd'hui assumé par les collectivités, et qu'il lance un "recrutement massif de sapeurs-pompiers professionnels".

"Les feux de forêt cet été, qui ont été d'une ampleur exceptionnelle mais qui vont devenir la norme, ont démontré qu'on va droit dans le mur", juge Ludovic Goblet.

Quelque 120.000 hectares ont été parcourus par les flammes en France depuis le début de l'été, selon les estimations provisoires des autorités.

"Il y a eu un Beauvau de la sécurité civile, des conclusions doivent en être tirées. Mais (...) il y a aussi beaucoup de moyens qui ont été mis sur la table ces dernières années, en particulier ces trois dernières, où on a purement et simplement doublé le nombre d'engins aériens à disposition des pompiers", a opposé mardi Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur.

"C'est parce qu'on a ce niveau de soutien, ce niveau de moyens, qu'on arrive beaucoup plus que dans d'autres pays européens comparables à éteindre les incendies plus vite", a-t-il ajouté.

Des déclarations froidement accueillies par les syndicats avant d'être reçus à Beauvau.


Nouvelle journée de canicule en France, 80 départements en vigilance orange

La canicule se poursuit jeudi sur la quasi-totalité de la France avec 80 départements placés en vigilance orange jusqu'à vendredi inclus, le gouvernement estimant que ces phénomènes de chaleur extrême successifs cet été pourraient coûter entre 10 et 15 milliards d'euros. (AFP)
La canicule se poursuit jeudi sur la quasi-totalité de la France avec 80 départements placés en vigilance orange jusqu'à vendredi inclus, le gouvernement estimant que ces phénomènes de chaleur extrême successifs cet été pourraient coûter entre 10 et 15 milliards d'euros. (AFP)
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  • A l'exception d'une partie du nord-est, de trois départements pyrénéens, de la Lozère et de la Haute-Loire en jaune, c'est tout le reste de la France qui se trouve en orange
  • "Hormis sur une fine bordure côtière et en altitude, les températures maximales seront supérieures à 35 degrés", prévient Météo-France

RENNES: La canicule se poursuit jeudi sur la quasi-totalité de la France avec 80 départements placés en vigilance orange jusqu'à vendredi inclus, le gouvernement estimant que ces phénomènes de chaleur extrême successifs cet été pourraient coûter entre 10 et 15 milliards d'euros.

A l'exception d'une partie du nord-est, de trois départements pyrénéens, de la Lozère et de la Haute-Loire en jaune, c'est tout le reste de la France qui se trouve en orange avec à nouveau une journée de très fortes chaleurs. Cet épisode caniculaire "atteint son pic pour les journées de jeudi et vendredi", estime Météo-France.

Dans son bulletin publié tôt jeudi, l'organisme météorologique a évoqué une "nuit très chaude". Vers 05H00 du matin, les températures relevées étaient de 27,5°C à Nice, 24,5°C à Sète, 23,5°C à Limoges ou encore 23°C à Rennes.

"Hormis sur une fine bordure côtière et en altitude, les températures maximales seront supérieures à 35 degrés", prévient Météo-France.

Et les plus fortes seront enregistrées du Centre-Val de Loire à la Nouvelle-Aquitaine, où les maximales seront comprises "entre 38 et 40°C, voire un peu plus en pointe. En Île-de-France elles seront voisines de 38°C", est-il ajouté.

Les températures caniculaires "se décaleront progressivement un peu plus vers l'est" vendredi, prévoit encore le prévisionniste, amorçant une baisse progressive dans le nord-ouest qui sera "surtout sensible et conséquente durant le week-end".

Les canicules à répétition cet été pourraient coûter "de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros", selon la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, qui a réuni mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH).

Les perturbations économiques sont nombreuses. Par exemple, le parc de réacteurs nucléaires d'EDF a atteint mercredi matin un record d'indisponibilités dites "environnementales" liées aux fortes chaleurs, selon des calculs de l'AFP.

Coupures d'eau 

La question de l'accès à l'eau est également à l'ordre du jour avec cet été extrêmement chaud et sec.

"La première de nos priorités demeure évidemment l'alimentation en eau potable qui est déjà sous tension dans plusieurs territoires, plus précisément aujourd'hui dans 50 départements français", a dit Monique Barbut.

"Plus de 40.000" personnes sont affectées par des coupures d'eau du robinet, selon le gouvernement.

La situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, avec 43% d'entre eux, soit près de 1.370 cours d'eau, qui présentent des ruptures d'écoulement ou des assecs, a indiqué la ministre.

Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet.

Jeudi matin, dans le train entre Rennes et Vannes, Ronan Turbé, âgé de 25 ans, raconte avoir souffert de la chaleur pendant la nuit.

"On ne dort pas beaucoup", regrette l'ingénieur âgé de 25 ans. "Il fait très chaud dans l'appartement : 28°C, alors que j'ai aéré toute la nuit. Et j'ai mis les ventilateurs à fond. De toute façon, on n'a pas le choix, on subit."

"On est dans le noir une grande partie de la journée", assure Bastien Regret, ingénieur. "On utilise un ventilateur, ce qui n'était pas le cas auparavant", indique le trentenaire, tout en veillant à bien hydrater sa petite fille.

L'Ile-de-France sera touchée par un épisode de pollution à l'ozone, avec un "probable dépassement" du seuil de recommandation. Aussi, dans un communiqué, le préfet de police demande de "différer si possible" les déplacements routiers et de réduire la vitesse des véhicules.

Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.

Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.