Les Etats-Unis honorent les victimes du 11-Septembre, 21 ans après

Un drapeau américain est déployé sur le côté du Pentagone pour commémorer le 21e anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre 2022 à Arlington, en Virginie. (Photo, AFP)
Un drapeau américain est déployé sur le côté du Pentagone pour commémorer le 21e anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre 2022 à Arlington, en Virginie. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 12 septembre 2022

Les Etats-Unis honorent les victimes du 11-Septembre, 21 ans après

Un drapeau américain est déployé sur le côté du Pentagone pour commémorer le 21e anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre 2022 à Arlington, en Virginie. (Photo, AFP)
  • L'air solennel et une main posée sur le cœur, Joe Biden a participé à une cérémonie de dépôt de couronne de fleurs près de ce bâtiment où un des avions détournés s'était écrasé, tuant 184 personnes
  • Le 11 septembre 2001, 2 977 personnes avaient péri dans les attentats les plus meurtriers de l'Histoire, commis par l'organisation djihadiste Al-Qaïda

NEW YORK: Les États-Unis ont honoré dimanche la mémoire des prés de 3.000 personnes tuées lors des pires attentats jamais connus, le 11 septembre 2001, qui ont changé "le cours de l'Histoire de l'Amérique", selon le président Joe Biden.

 

À New York, la foule réunie près de l'impressionnant musée-mémorial de Manhattan s'est tue à plusieurs reprises pour des minutes de silence, marquant les moments exacts où les quatre avions piratés par des commandos islamistes s'étaient écrasés, et où les deux tours du World Trade Center s'étaient effondrées dans un déluge d'acier et de poussière.

Dans le public à New York, la vice-présidente Kamala Harris a écouté la très longue liste des noms des victimes. Joe Biden participait lui à une autre cérémonie, au Pentagone.

"Le chagrin s'efface un peu avec le temps, mais l'absence permanente de mon père reste toute aussi présente", a confié le fils de Jon Leslie Albert, une des victimes des attentats, après avoir lu le nom de son père.

Un autre proche de victime, appelant les personnalités politiques présentes à apaiser les profondes divisions de l'Amérique, a affirmé qu'"on ne devrait pas avoir besoin d'une autre tragédie pour unir notre nation".

Le 11 septembre 2001, 2.977 personnes avaient péri dans les attentats les plus meurtriers de l'Histoire, commis par l'organisation jihadiste Al-Qaïda.

Deux avions avaient percuté les deux tours du World Trade Center, à New York, un troisième avait éventré le Pentagone et un quatrième, qui semblait viser le Capitole ou la Maison Blanche, s'était écrasé dans une zone boisée de Shanksville, en Pennsylvanie, après une contre-attaque des passagers.

Aucune personne à bord des quatre avions ne survécut.

Elizabeth II

À Washington, Joe Biden s'est recueilli au Pentagone. L'air solennel, une main posée sur le cœur, il a participé à une cérémonie de dépôt d'une couronne de fleurs près de ce bâtiment où un des avions détournés s'était écrasé, tuant 184 personnes.

"Je sais que pour ceux qui ont perdu quelqu'un, 21 ans est à la fois une éternité et si peu de temps", a déclaré le démocrate à la tribune, sous une pluie fine.

Joe Biden a partagé un message envoyé le 11 septembre 2001 par la reine Elizabeth II, décédée jeudi, au peuple américain. "Le chagrin est le prix à payer pour l'amour", avait écrit la souveraine.

"Le cours de l'Histoire de l'Amérique a changé ce jour-là", a repris le président.

Mais ce qui n'a pas changé, c'était "le caractère de cette nation", "les sacrifices, l'amour, la générosité" dont les États-Unis sont capables, a-t-il martelé.

"En ce jour, il ne s'agit pas du passé, mais de l'avenir", a poursuivi Joe Biden, appelant les Américains à défendre la démocratie, garante de la liberté que les terroristes avaient voulu "ensevelir sous le feu, la fumée et les cendres".

Jill Biden, Première dame des États-Unis, a-t-elle participé à une cérémonie à Shanksville, en Pennsylvanie. Le 11-Septembre "nous rappelle qu'avec du courage et de la gentillesse, nous pouvons être une lumière dans cette obscurité", a-t-elle déclaré, tout en ajoutant que les initiatives des passagers du vol 93 avaient sauvé de nombreuses vies, dont peut-être celle de son mari, alors sénateur américain, qui se rendait au Capitole ce jour-là.

Des responsables internationaux ont, eux aussi, rendu hommage aux victimes de cet attentat qui avait marqué le monde entier.

"Au moment où nous nous souvenons du 11-Septembre et des vies innocentes perdues, nous nous souvenons aussi de la solidarité qui nous avait soudés pendant ces heures sombres", a tweeté le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Au-delà du terrible bilan des milliers de décès et de blessés, des milliers d'autres étaient mortes dans les années suivantes à cause de maladies causées par les fumées toxiques de l'effondrement des tours jumelles.


Berlin, Paris et Londres prêts à des «actions défensives» pour «détruire» les capacités militaires de l'Iran

Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale. (AFP)
Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale. (AFP)
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  • Téhéran a répliqué à l'offensive américaine et israélienne débutée samedi avec des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours
  • Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale

BERLIN: Les dirigeants allemands, français et britanniques se sont dit prêts dimanche à des "actions défensives nécessaires et proportionnées" face aux ripostes iraniennes afin de "détruire à la source" les capacités militaires de Téhéran.

"Nous prendrons des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région", potentiellement en empêchant la République islamique de tirer des missiles et des drones, a mis en garde le groupe E3, qui rassemble les trois puissances, dans une déclaration commune.

Téhéran a répliqué à l'offensive américaine et israélienne débutée samedi avec des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours.

Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale.

Les frappes "ont ciblé nos alliés proches et menacent notre personnel militaire et nos civils dans toute la région", ajoute le communiqué.

Berlin, Paris et Londres discuteront de ces mesures défensives avec les États-Unis et leurs alliés dans la région.

Dimanche, Washington a aussi fait état des premiers soldats américains tués dans le cadre de l'opération qui a mené à la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

L'Iran ne se fixe "aucune limite" dans son droit à se défendre, a déclaré dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans un entretien avec la chaîne de télévision américaine ABC. "Ce que font les États-Unis est un acte d'agression. Ce que nous faisons, c'est nous défendre. C'est très différent", a-t-il insisté.

 


Trump dit qu'il «va parler» aux dirigeants iraniens 

Donald Trump, qui multiplie dimanche les coups de fil avec les journalistes depuis sa résidence de Floride, a déclaré au magazine The Atlantic qu'il "allait parler" aux dirigeants iraniens, mais sans dire quand ni quels seraient ses interlocuteurs. (AFP)
Donald Trump, qui multiplie dimanche les coups de fil avec les journalistes depuis sa résidence de Floride, a déclaré au magazine The Atlantic qu'il "allait parler" aux dirigeants iraniens, mais sans dire quand ni quels seraient ses interlocuteurs. (AFP)
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  • "Ils veulent parler, et j'ai accepté de parler, donc je vais leur parler", a dit Trump
  • "La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts", a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens "avaient voulu la jouer trop finement"

PALM BEACH: Donald Trump, qui multiplie dimanche les coups de fil avec les journalistes depuis sa résidence de Floride, a déclaré au magazine The Atlantic qu'il "allait parler" aux dirigeants iraniens, mais sans dire quand ni quels seraient ses interlocuteurs.

"Ils veulent parler, et j'ai accepté de parler, donc je vais leur parler", a-t-il dit, selon les propos rapportés par le mensuel américain.

"La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts", a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens "avaient voulu la jouer trop finement".

48 dirigeants iraniens tués

Donald Trump a déclaré dimanche que 48 dirigeants iraniens avaient été tués et 9 navires iraniens coulés dans l'offensive déclenchée samedi, tout en se disant prêt au dialogue avec Téhéran.

"Cela avance rapidement. Personne n'arrive à croire à notre réussite, 48 dirigeants ont été éliminés d'un coup", a dit le président américain, selon une journaliste de Fox News qui lui a parlé au téléphone et qui a retranscrit ses propos sur son compte X.

"Je viens juste d'être informé que nous avons détruit et coulé 9 navires iraniens, pour certains relativement grands et importants. Nous traquons le reste", a-t-il écrit par ailleurs sur son réseau Truth Social. "Dans une attaque différente, nous avons en grande partie détruit leur quartier général maritime."

Le président américain, qui supervise les opérations depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, n'a pas jusqu'ici commenté la mort de trois militaires américains, premières pertes des Etats-Unis depuis le déclenchement du conflit.

Donald Trump, qui n'est pas apparu en public depuis le début de la guerre, annoncée dans un message vidéo enregistré, a multiplié les conversations téléphoniques avec des journalistes.

Des dirigeants iraniens "veulent parler, et j'ai accepté de parler, donc je vais leur parler", a-t-il ainsi dit à un journaliste de The Atlantic.

"La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts", a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens "avaient voulu la jouer trop finement".

Dans un entretien avec un journaliste de la chaîne d'informations financières CNBC, il a assuré que l’opération militaire contre l'Iran "progressait très bien" et "plus vite que prévu".

Des bombardiers furtifs B-2 ont participé aux bombardements, a dit dimanche le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom. Ce sont les mêmes appareils qui avaient frappé en juin dernier des installations d'enrichissement d'uranium en Iran.


Trump mécontent de l'Iran malgré une percée selon le médiateur omanais

Le président Donald Trump quitte la salle de réception diplomatique pour monter à bord de Marine One depuis la pelouse sud de la Maison-Blanche, vendredi 27 février 2026, à Washington. (AP)
Le président Donald Trump quitte la salle de réception diplomatique pour monter à bord de Marine One depuis la pelouse sud de la Maison-Blanche, vendredi 27 février 2026, à Washington. (AP)
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  • Donald Trump se dit mécontent des négociations avec l’Iran et n’exclut pas des frappes, tout en affirmant n’avoir pris aucune décision finale, malgré un important déploiement militaire américain au Moyen-Orient
  • Le médiateur omanais Badr Albusaidi annonce une percée : l’Iran accepterait de ne pas stocker d’uranium enrichi, tandis que Washington exige toujours l’arrêt total de l’enrichissement

WASHINGTON: Donald Trump tient le monde en haleine: il a affiché vendredi son mécontentement envers l'Iran, mais dit n'avoir pas pris de "décision finale" sur d'éventuelles frappes, alors que le médiateur omanais s'est targué d'une percée dans les négociations pour éviter la guerre.

Le président américain a déclaré à des journalistes "ne pas être très content de la manière des Iraniens de négocier", au lendemain d'une troisième session de pourparlers à Genève sous médiation omanaise.

Mais "nous n'avons pas pris (de) décision finale" sur de possibles frappes, a-t-il déclaré, sur fond de déploiement militaire américain massif au Moyen-Orient, le plus important depuis des décennies, et de craintes d'un embrasement régional en cas d'attaque américaine.

Le chef de la diplomatie omanaise a cependant assuré vendredi qu'une percée avait eu lieu, affirmant que l'Iran avait accepté de ne pas stocker d'uranium enrichi.

"C'est quelque chose de complètement nouveau, qui rend vraiment l'argument de l'enrichissement moins pertinent, parce que désormais nous parlons de l'absence de stockage", a expliqué Badr Albusaidi sur la chaîne américaine CBS.

Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait exigé que l'Iran n'effectue "aucun enrichissement" d'uranium. "Vous n'avez pas besoin d'enrichir quand vous avez autant de pétrole", a-t-il déclaré à la presse lors d'un déplacement au Texas (sud).

- Porte-avions déployés -

Dans ce contexte de tensions, les Etats-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël - leur allié, et ennemi juré de l'Iran - en raison "de risques pour leur sécurité".

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, se rendra lundi en Israël - que l'Iran avait frappé en juin en riposte à une attaque israélienne sur son territoire -, a annoncé le département d'Etat.

Les Etats-Unis ont dépêché dans la région deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d'Israël après avoir quitté jeudi la Crète.

Washington a également inscrit vendredi l'Iran sur sa liste noire de pays pratiquant "des détentions injustifiées", et appelé les ressortissants américains s'y trouvant à "partir immédiatement".

Dans le centre de Téhéran, tout en disant préférer éviter la guerre et souhaiter la levée des sanctions internationales qui asphyxient l'économie iranienne, Hamid Beiranvand, un employé de 42 ans, affirme qu'"il ne faut faire aucune concession" aux Américains.

Accusant Téhéran - qui dément - de vouloir se doter de la bombe atomique, les Etats-Unis insistent pour une interdiction totale d'enrichissement d'uranium, tandis que l'Iran défend son droit au nucléaire civil.

Washington veut aussi limiter le programme balistique iranien, une question que Téhéran refuse d'aborder.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé vendredi les Etats-Unis à éviter "toute exigence excessive", tempérant l'optimisme qu'il avait affiché la veille à l'issue des pourparlers.

- Risque d'aggravation "rapide" -

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Volker Türk, s'est dit "extrêmement inquiet du risque d'escalade militaire régionale".

Le Royaume-Uni et le Canada ont dit retirer une partie de leur personnel diplomatique de Tel-Aviv, le centre économique d'Israël où la plupart des pays ont leur ambassade, par mesure de précaution.

Pékin et Ottawa ont tous deux appelé leurs ressortissants à évacuer l'Iran, tandis que Londres a retiré le personnel de son ambassade à Téhéran.

Le ministre iranien Abbas Araghchi s'était prévalu jeudi de "très bons progrès" dans les discussions avec les Etats-Unis.

Une prochaine session doit se tenir "très bientôt", après des discussions "entre équipes techniques" lundi à Vienne en Autriche, assistées "d'experts" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), avait-il ajouté.

"La paix est à portée de main", a même assuré vendredi sur X l'Omanais Badr Busaidi, disant s'être entretenu à Washington avec le vice-président JD Vance.

Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de "10 à 15 jours" pour décider si un accord était possible ou s'il allait recourir à la force.

Les deux pays avaient repris des pourparlers l'année dernière, interrompus par la guerre israélo-iranienne de 12 jours en juin à laquelle Washington s'était brièvement joint.

Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang, en janvier, d'un vaste mouvement de contestation d'Iraniens, auxquels Donald Trump avait promis de venir "en aide".