Etidal a pour objectif «d'éradiquer l'idéologie qui a inspiré les attaques du 11 septembre 2001»

Le Dr Mansour al-Shammari, secrétaire général du Centre mondial de lutte contre l'idéologie extrémiste (Etidal). (Photo fournie)
Le Dr Mansour al-Shammari, secrétaire général du Centre mondial de lutte contre l'idéologie extrémiste (Etidal). (Photo fournie)
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Publié le Mercredi 15 septembre 2021

Etidal a pour objectif «d'éradiquer l'idéologie qui a inspiré les attaques du 11 septembre 2001»

  • Etidal, qui signifie «modération» en arabe, a été inauguré par le roi Salmane au mois de mai 2017 en présence du président américain de l'époque, Donald Trump
  • «Les événements du 11-Septembre constituent une attaque douloureuse contre les valeurs civilisationnelles de près de deux milliards de musulmans», affirme Al-Shammari

DJEDDAH: Les responsables des attaques terroristes du 11 septembre 2001 ont porté préjudice aux musulmans du monde entier en pervertissant leur foi: c’est ce que déclare le Dr Mansour al-Shammari, secrétaire général du Centre mondial de lutte contre l'idéologie extrémiste (Etidal).

Dans une interview exclusive accordée à Arab News à Riyad à l'occasion du 20e anniversaire des attentats, Al-Shammari explique que l'Arabie saoudite a agi de manière décisive pour combattre et éradiquer l'idéologie qui a inspiré les frappes meurtrières.

«Les nombreuses mesures qui ont suivi les attaques terroristes contre New York et Washington étaient un moyen de faire face au nihilisme d'Al-Qaïda, à sa violence atroce et à sa déformation des textes religieux», indique Al-Shammari.

Etidal, qui signifie «modération» en arabe, a été inauguré par le roi Salmane au mois de mai 2017 en présence du président américain de l'époque, Donald Trump, et d'autres dirigeants présents au sommet arabo-islamo-américain de Riyad.

Centre mondial de lutte contre l'idéologie extrémiste (Etidal). (Photo fournie)

Cette organisation a pour but d’aider les populations et les gouvernements à affronter les ennemis communs de l'humanité, à combattre l'idéologie extrémiste, à véhiculer un message de tolérance et de modération et à promouvoir les perspectives de paix dans le monde.

«L'importance de la commémoration des attentats du 11-Septembre de cette année réside dans la reconnaissance de la futilité de la violence ancrée dans le nihilisme et dans le fait que le courage nécessaire pour y mettre fin est plus grand et plus noble que celui qui est nécessaire pour la pratiquer. Mettre fin à la mauvaise interprétation des enseignements religieux et comprendre les textes religieux dans leur propre contexte marque le début d'une véritable prise de conscience», soutient Al-Shammari.

Le 20e anniversaire des attentats du 11-Septembre survient au cœur d'une nouvelle crise en Afghanistan. Comment percevez-vous cette coïncidence?

Les événements du 11-Septembre constituent une attaque douloureuse contre les valeurs civilisationnelles de près de deux milliards de musulmans car les terroristes se sont emparés de leurs textes religieux sacrés et ils les ont utilisés de manière opportuniste pour justifier un crime odieux qui a coûté la vie à des milliers d'innocents, parmi lesquels des musulmans.

L'époque actuelle a connu des cas d'extrême violence, au-delà des attentats du 11-Septembre. Les terroristes n'ont généralement pas de stratégie de victoire car ils ne se battent pas pour protéger la vie. Au contraire, ils luttent contre la protection de la vie, tant vis-à-vis d’eux-mêmes que vis-à-vis des autres. C'est pourquoi les auteurs d'attentats terroristes deviennent insignifiants avec le temps, après avoir gaspillé leur vie dans de vains actes de violence.

La violence terroriste est donc différente de la violence mesurée des guerres, à travers laquelle des armées régulières cherchent à remporter des victoires tangibles sur le champ de bataille, généralement selon un calcul rationnel des gains et des pertes.

Julie Sweeney Roth, dont le mari, Brian, est mort lorsque le vol 175 d’United Airlines a percuté le World Trade Center, assiste à la cérémonie qui commémore le 20e anniversaire des attentats au Mémorial du 11-Septembre. (AFP)

La mauvaise interprétation des textes religieux, axée sur la violence, que font les terroristes a créé une image déformée et négative des musulmans. Envahissant l’imaginaire populaire, elle représente une attaque brutale contre la foi de ces derniers.

Les mesures qui ont suivi les attaques terroristes sont une tentative pour faire face à deux nouveaux phénomènes: la violence nihiliste et la perversion de la foi. L'Afghanistan est devenu la victime de ces deux manifestations. Ce pays se retrouve au banc d'essai d'une machine de guerre infernale qui ne peut s’arrêter sans la victoire définitive d'un camp. Les groupes armés radicaux ont transformé l'Afghanistan en un champ de bataille perdue où tous se battent contre tous.

Nous pouvons affirmer que l'importance de la commémoration des attentats du 11-Septembre de cette année réside dans la reconnaissance de la futilité de la violence nihiliste. Le courage nécessaire pour l'arrêter est plus grand et plus noble que celui qui est nécessaire pour la pratiquer. En outre, définir les textes religieux et les interpréter dans leur contexte approprié et contemporain marque le début d'une certaine maturité politique.

Si nous parvenons à éliminer le nihilisme aveugle et à déboulonner les idées déviantes, peut-être pourrons-nous nous libérer du douloureux héritage de la catastrophe du 11-Septembre.

Les attaques d'Al-Qaïda contre les tours du World Trade Center de New York avaient-elles une signification symbolique?

Tout d'abord, il convient de noter que les catastrophes du 11-Septembre ne sont pas venues de nulle part, car des tensions subsistaient dans le monde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Nous savons que la guerre en Afghanistan s'inscrivait dans ce contexte de tension générale. Tout comme l'idéologie religieuse a été utilisée pour mobiliser les combattants, l'idéologie marxiste a joué le même rôle, simultanément, dans de nombreux pays d'Asie de l'Est et d'Amérique latine.

Cependant, après la chute de l'Union soviétique, l'ordre mondial s'est orienté, au niveau des relations internationales, vers l'unipolarité. Cette évolution s'est produite dans le cadre d'un système économique mondialisé qui a cherché à imposer un modèle de développement cohérent et unifié à travers le monde, accordant la priorité absolue aux entreprises multinationales.

Etidal, qui signifie «modération» en arabe, a été inauguré par le roi Salmane au mois de mai 2017 en présence du président américain de l'époque, Donald Trump, et d'autres dirigeants. (AFP/File Photo)

Les terroristes se sont alors tournés vers des cibles économiques, ce qui explique pourquoi Al-Qaïda a choisi d'attaquer les deux tours du World Trade Center.

Les opérations suicide ont cherché à perturber les secteurs du commerce et du tourisme en créant un sentiment d'insécurité. Cette transformation a coïncidé avec une révolution dans l'industrie des médias qui a donné naissance à des chaînes de télévision par satellite. Ces dernières ont offert, intentionnellement ou non, une propagande aux terroristes d'Al-Qaïda, les transformant à moindre coût en figures internationales.

Comment voyez-vous le terrorisme aujourd'hui, vingt ans après le 11-Septembre?

On est passé du terrorisme sur le terrain à un «terrorisme en réseau». Cette évolution reflète l'histoire des transformations des organisations au cours des vingt dernières années.

Nous sommes particulièrement conscients du fait qu’il est difficile de suivre ces changements; c'est pourquoi Etidal travaille à la mise à jour de sa stratégie, qui se base sur les distinctions entre ces transformations. Nous estimons qu’elles sont plus que de simples distinctions formelles.

Un jeune garçon observe le portrait des pompiers tués lors des attaques terroristes du 11-Septembre sur le site du World Trade Center. (AFP/File Photo)

C'est pourquoi nous portons un intérêt considérable aux différentes manifestations du terrorisme numérique et cherchons continuellement à forger des partenariats internationaux. Nous sommes conscients que la transition numérique constitue la fin du terrorisme et de l'extrémisme localisés car les réseaux sociaux ont effacé toute frontière physique entre les organisations terroristes ou extrémistes et leurs sympathisants.

Quels sont les projets entrepris par Etidal?

Notre perception repose sur l’idée suivante: l'origine de toute forme de terrorisme est une idéologie extrémiste, c'est pourquoi toute forme de terrorisme est nécessairement une forme d'extrémisme. Cependant, toute forme d'extrémisme n'est pas du terrorisme. Par conséquent, nous nous concentrons spécifiquement sur la lutte contre les idéologies extrémistes plutôt que sur le terrorisme en tant que tel.

Nous cherchons à agir de manière proactive pour empêcher les terroristes de développer des moyens d'attirer et de recruter des sympathisants en utilisant la propagande extrémiste. Nos initiatives nous mettent en présence d'extrémistes sans les affronter directement sur le terrain. Nous pouvons dire que nous perturbons les outils de lavage de cerveau en surveillant, en suivant et en éliminant les faux fondements religieux du radicalisme avant qu'il ne puisse piéger des sympathisants crédules.

John Abizaid, ambassadeur américain en Arabie saoudite et expert en matière de lutte contre le terrorisme sur le plan physique et idéologique, a expliqué un jour que, au niveau militaire, il est beaucoup plus facile de détruire un pont ou un bâtiment que de détruire une idée. C’est exactement du défi que nous relevons à Etidal en cherchant à gagner la guerre des idées.

Nous sommes cependant conscients de l'ampleur de ce défi. Les attentats du 11-Septembre sont désormais un souvenir douloureux, mais l'image qui reste gravée dans l'esprit est celle de l'effondrement désastreux des célèbres tours provoqué par des terroristes, qui a fait naître une véritable tragédie humaine, au-delà même de la mort de milliers de personnes.

Les membres d'une famille se recueillent devant le Mémorial du 11-Septembre lors de la cérémonie commémorant le 20e anniversaire des attentats. (AFP)

En Arabie saoudite, nous œuvrons farouchement, à travers Etidal, à exposer la monstruosité de l'idéologie qui a permis de justifier les attentats du 11-Septembre et à combattre ces idées par tous les moyens possibles.

Nous pensons également que, pour éviter la recrudescence de tels actes terroristes à l'avenir, nous devons réussir à démystifier l'idéologie extrémiste qui sous-tend le terrorisme, ou du moins la réduire et affaiblir sa capacité à attirer les gens et à les tromper.


Liban: sept morts dans de nouvelles frappes d'Israël, qui veut occuper le sud après la guerre

Des civils et des secouristes se rassemblent sur le site d’une série de frappes israéliennes ayant visé la zone d’al Jnah, à la périphérie de la banlieue sud de Beyrouth, le 1er avril 2026. (AFP)
Des civils et des secouristes se rassemblent sur le site d’une série de frappes israéliennes ayant visé la zone d’al Jnah, à la périphérie de la banlieue sud de Beyrouth, le 1er avril 2026. (AFP)
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  • Les frappes israéliennes sur Beyrouth et ses environs ont fait au moins 7 morts supplémentaires, portant le bilan total à plus de 1 200 morts au Liban depuis le début du conflit avec le Hezbollah
  • Israël affirme vouloir occuper une partie du sud du Liban après la guerre, suscitant de fortes inquiétudes côté libanais et à l’ONU quant à une nouvelle occupation

BEYROUTH: Les autorités libanaises ont annoncé tôt mercredi que de nouvelles attaques israéliennes avaient fait sept morts dans Beyrouth et sa région, au moment où Israël dit vouloir occuper une partie du Sud-Liban une fois la guerre terminée.

Les frappes israéliennes ne cessent pas dans ce pays embarqué dans la guerre depuis le 2 mars par une attaque du mouvement pro-iranien Hezbollah contre Israël. Elles ont causé au total plus de 1.200 morts, selon le ministère de la Santé libanais.

"Le raid mené par l'ennemi israélien sur le quartier de Jnah à Beyrouth a, selon un premier bilan, fait cinq morts et 21 blessés" dans ce quartier situé près de la banlieue sud de la capitale, a écrit le ministère de la Santé dans un communiqué.

D'après une source sécuritaire à l'AFP, les frappes israéliennes sur Jnah ont visé quatre voitures garées dans une rue.

Tôt mercredi, des journalistes de l'AFP ont entendu trois explosions dans la capitale. Elles résultent de bombardements effectués par des navires de guerre israéliens sur le quartier de Jnah, selon l'Agence nationale d'information (Ani) officielle du Liban.

Le ministère de la Santé a également indiqué qu'une frappe israélienne "visant un véhicule dans la région de Khaldeh, au sud de Beyrouth, a fait deux morts et trois blessés parmi la population civile".

Peu de temps avant ce communiqué, l'Ani avait rapporté que plusieurs missiles tirés par un drone israélien avaient visé une voiture sur une grande route au sud de Beyrouth mardi, soulignant que des ambulances et des pompiers s'étaient rendus sur place, mais sans donner alors de bilan.

Du côté israélien, l'armée a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi avoir frappé un "haut commandant" du Hezbollah ainsi qu'un "terroriste de haut rang" dans deux assauts distincts conduits "dans la région de Beyrouth" - sans préciser si cette seconde cible faisait également partie du mouvement islamiste libanais, ni communiquer sur le lieu précis des attaques.

- Craintes d'occupation -

Mardi, déjà, le ministère de la Santé avait dénombré huit morts lors de plusieurs frappes israéliennes dans le sud du Liban, dans les régions de Tyr, de Sidon et de Bint Jbeil. Parmi les personnes décédées se trouvait un secouriste, de même source.

Le Hezbollah a indiqué être engagé dans de "violents affrontements" avec Israël dans la nuit de mardi à mercredi dans deux localités du sud du pays.

L'ONU s'est inquiétée mardi, par la voix de son chef des opérations humanitaires Tom Fletcher, de la perspective que soit créé un nouveau "territoire occupé" au Moyen-Orient.

Plus tôt, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait répété l'intention de son pays "d'occuper" une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée. Avec pour l'objectif d'y établir, selon lui, une "zone de sécurité".

Le ministre libanais de la Défense, Michel Menassa, a affirmé que les propos de son homologue israélien n'étaient "plus de simples menaces" mais traduisaient "une intention claire d'imposer une nouvelle occupation du territoire libanais, de déplacer de force des centaines de milliers de citoyens et de détruire systématiquement des villages et des villes dans le sud".

C'est dans cette zone qu'ont été tués trois Casques bleus indonésiens ces derniers jours.

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) avait affirmé lundi que l'origine des projectiles ayant visé tué dimanche un soldat indonésien puis deux lundi étaient "inconnue".

Mais mardi, une source sécuritaire de l'ONU ayant souhaité rester anonyme a indiqué à l'AFP que des "investigations ultérieures" ont révélé que le tir de dimanche provenait d'un "char" israélien.

Et que l'explosion qui a tué lundi deux autres Casques bleus indonésiens pourrait être due à une mine, selon cette source.

L'armée israélienne a lancé une enquête concernant la mort de ces deux Casques bleus. Selon elle, "aucun engin explosif n'a été placé dans la zone par des soldats israéliens" et aucune de ses troupes "n'était présente sur place".

Mardi encore, Israël a notamment visé un immeuble sur la route de l'aéroport de Beyrouth et frappé sans avertissement un appartement de la banlieue nord de la capitale, selon l'Ani.

L'aviation israélienne a également visé mardi matin, après avertissement, la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, désertée par une grande partie de ses habitants.


Le Qatar affirme que les pays du Golfe sont «unis» dans leur appel à la désescalade

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  • "Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari
  • Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février

DOHA: Les pays du Golfe sont "unis" dans leur appel à une désescalade dans la guerre au Moyen-Orient, a affirmé mardi le Qatar, alors que l'Iran poursuit ses attaques de représailles contre ses voisins de la région.

"Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, tandis que leurs exportations d'hydrocarbures sont affectées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz.

Lundi, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce détroit stratégique par lequel passait environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le détroit a été "fermé en raison d'une opération militaire", et son avenir est "une question que l'ensemble de la région et les partenaires internationaux doivent décider collectivement", a déclaré le responsable qatari.

"Je pense que nous avons pris une décision collective, dans le Golfe, pour traiter cela comme une menace collective", a-t-il insisté.

Pays le plus visé par les attaques iraniennes, les Emirats arabes unis se sont démarqués ces derniers jours de leurs voisins en adoptant un ton plus offensif à l'égard de Téhéran.

"Un simple cessez-le-feu n'est pas suffisant. Nous avons besoin d'un résultat concluant qui réponde à l'ensemble des menaces iraniennes: capacités nucléaires, missiles, drones, mandataires terroristes et blocages des voies maritimes internationales", a écrit leur ambassadeur à Washington, Yousef Al Otaiba, la semaine dernière dans une tribune du Wall Street Journal.

Le diplomate émirati a affirmé que son pays était prêt "à rejoindre une initiative internationale pour rouvrir le détroit et le maintenir ouvert".


Plus de 200.000 personnes sont parties du Liban vers la Syrie depuis le début de la guerre 

Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
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  • "Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie
  • "Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR

GENEVE: Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie par les trois points de passage officiels", a déclaré Aseer al-Madaien, représentante par intérim du HCR en Syrie, lors d'un point presse donné en visioconférence à Genève depuis Damas.

"Ces chiffres ont été fournis par les autorités et confirmés par nos collègues sur le terrain", a-t-elle ajouté, précisant que "la grande majorité" de ces personnes, soit "près de 180.000, sont des Syriens, notamment des réfugiés syriens qui avaient déjà fui la Syrie pour trouver refuge au Liban et qui sont aujourd'hui contraints de fuir à nouveau".

"Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le Liban avait accueilli plus d'un million de réfugiés syriens qui ont fui leur pays pendant la guerre civile déclenchée par la répression d'un soulèvement populaire contre le pouvoir de Bachar al-Assad en 2011.

Plus d'un demi-million de ces réfugiés ont regagné leur pays depuis la chute d'Assad fin 2024.

Le HCR a indiqué que son plan d'urgence pour les personnes rejoignant précipitamment la Syrie depuis le Liban prévoyait "un nombre pouvant atteindre de 300 à 350.000 personnes".

"Ce nombre dépendra en grande partie d'éventuelles opérations terrestres supplémentaires. Parallèlement, le gouvernement syrien nous a informés qu'il mettait en place un plan d'urgence au cas où davantage de Libanais se dirigeraient vers la Syrie", a ajouté Mme al-Madaien.