Le renforcement des liens entre l’Arabie saoudite et l’Inde est «bon pour nous, la région et le monde»

Au cours de sa visite de trois jours à Riyad, M. Jaishankar a coprésidé avec son homologue saoudien, le prince Faisal ben Farhane, la réunion ministérielle inaugurale du comité de coopération politique, sécuritaire, sociale et culturelle, établi dans le cadre du Conseil de partenariat stratégique. (Photo, AN)
Au cours de sa visite de trois jours à Riyad, M. Jaishankar a coprésidé avec son homologue saoudien, le prince Faisal ben Farhane, la réunion ministérielle inaugurale du comité de coopération politique, sécuritaire, sociale et culturelle, établi dans le cadre du Conseil de partenariat stratégique. (Photo, AN)
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Publié le Mardi 13 septembre 2022

Le renforcement des liens entre l’Arabie saoudite et l’Inde est «bon pour nous, la région et le monde»

Au cours de sa visite de trois jours à Riyad, M. Jaishankar a coprésidé avec son homologue saoudien, le prince Faisal ben Farhane, la réunion ministérielle inaugurale du comité de coopération politique, sécuritaire, sociale et culturelle, établi dans le cadre du Conseil de partenariat stratégique. (Photo, AN)
  • Dr S. Jaishankar attribue le mérite du renforcement des relations entre l’Inde et l’Arabie saoudite à «la vision et aux conseils fournis par le Premier ministre (indien), Narendra Modi, et le prince héritier, Mohammed ben Salmane»
  • «L’objectif des deux pays est d’identifier les complémentarités qui nous permettent d’élargir notre coopération aussi rapidement que possible (...)» affirme le Dr S. Jaishankar

RIYAD: L’Arabie saoudite et l’Inde abordent leurs relations en gardant à l’esprit le contexte mondial plus vaste, affirme le Dr S. Jaishankar dans une interview exclusive accordée à Arab News lors de sa première visite officielle au Royaume en tant que ministre indien des affaires étrangères.

«Dans un monde qui a connu la pandémie de Covid-19, des conflits tels que celui en cours en Ukraine, ou encore des phénomènes climatiques, il est essentiel que notre relation devienne un facteur croissant de stabilité. Cela est bon pour nous, bon pour la région et bon pour le monde.»

«L’objectif des deux pays est d’identifier les complémentarités qui nous permettent d’élargir notre coopération aussi rapidement que possible. Cela nécessiterait des activités de collaboration, des investissements mutuels, des politiques coordonnées et une mobilité accrue.»

Les relations entre l’Arabie saoudite et l’Inde ont toujours été fortes, les Indiens constituant la plus grande communauté de travailleurs étrangers dans le Royaume et l’une des plus grandes sources de transferts de fonds depuis l’étranger vers leur pays d’origine. Quelque 200 000 pèlerins originaires d’Inde, où l’islam est la deuxième plus grande religion, se sont rendus en Arabie saoudite pour effectuer le Hajj avant la pandémie de 2019. 

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Le Dr S. Jaishankar s'adressant à Arab News dans une interview exclusive lors de sa première visite officielle au Royaume. (Photo, AN, Huda Bashatah)

Pour sa part, l’Arabie saoudite a toujours figuré parmi les trois premiers fournisseurs d’énergie de l’Inde, troisième plus grand pays importateur et consommateur de pétrole au monde. Les deux pays sont également membres du forum intergouvernemental du G20 ainsi que du Mouvement des non-alignés.

Ces dernières années, les relations entre l’Arabie saoudite et l’Inde se sont étendues à d’autres domaines, notamment la sécurité, le commerce, les investissements, la santé, la sécurité alimentaire, la culture et la défense. Les deux gouvernements sont restés en contact étroit pendant la pandémie de Covid-19.

«Nous sommes des acteurs importants dans l’ordre mondial multipolaire émergent et nos deux pays travaillent ensemble dans plusieurs domaines», ajoute M. Jaishankar. «L’Inde est une grande économie et nous nous concentrons sur la croissance économique et le développement de plus de 1,3 milliard d’habitants du pays. Cela constitue également une excellente occasion pour l’Arabie saoudite de faire des investissements en Inde et de travailler avec nous dans l’intérêt mutuel des deux pays.»

En ce qui concerne cet aspect crucial des relations entre l’Inde et l’Arabie saoudite, M. Jaishankar précise que «L’Inde et l’Arabie saoudite sont des économies majeures et jouent un rôle important dans le façonnement de l’économie mondiale. Les deux pays sont des partenaires économiques importants, avec des échanges commerciaux évalués à environ 42,86 milliards de dollars (1 dollar = 0,99 euro) au cours de l’année fiscale (avril 2021 à mars 2022)».

«Ce partenariat joue un rôle stabilisateur dans la région. Les deux pays partagent plusieurs synergies dans le domaine économique. Par exemple, ils sont des partenaires cruciaux dans le domaine de l’énergie et les possibilités d’accroître les investissements bilatéraux sont immenses.»

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Jaishankar ​avec son homologue saoudien, le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane. (Ministère des Affaires étrangères - Royaume d'Arabie saoudite)

«L’énergie est un pilier de notre coopération depuis plusieurs décennies. Nous voulons non seulement poursuivre sur cette lancée, mais aussi l’étendre au domaine des énergies renouvelables, y compris l’hydrogène “vert”.»

Diplomate de carrière qui a occupé le poste de secrétaire d’État aux Affaires étrangères de l’Inde avant son arrivée au Cabinet en 2019, M. Jaishankar attribue le mérite du renforcement des relations entre l’Inde et l’Arabie saoudite à «la vision et aux conseils fournis par le Premier ministre (indien), Narendra Modi, et le prince héritier, Mohammed ben Salmane.»

«Leurs visites respectives en 2019 en Arabie saoudite et en Inde ont donné un grand élan à la relation bilatérale et cela s’est poursuivi malgré les défis sans précédent de la pandémie», souligne-t-il.

«Ces visites ont conduit à la formation du Conseil de partenariat stratégique crucial saoudo-indien, qui reflète le désir mutuel des deux pays d’élever le niveau de cette relation. Aujourd’hui, notre partenariat bilatéral couvre presque tous les domaines de coopération, notamment les liens politiques, sécuritaires, économiques, énergétiques, culturels, interpersonnels et de défense.» 

Au cours de sa visite de trois jours à Riyad, M. Jaishankar a coprésidé avec son homologue saoudien, le prince Faisal ben Farhane, la réunion ministérielle inaugurale du comité de coopération politique, sécuritaire, sociale et culturelle, établi dans le cadre du Conseil de partenariat stratégique.

Concernant le fonctionnement de l’organe bilatéral, M. Jaishankar explique: «Formé en octobre 2019, le Conseil de partenariat stratégique compte deux sous-comités. Le premier est le comité du PSSC et le second est le comité de l’économie et des investissements.»

«La réunion ministérielle actuelle pour laquelle je suis venu (en Arabie saoudite) est celle du Comité du PSSC, qui se concentre sur plusieurs domaines importants de la coopération bilatérale et dispose de quatre groupes de travail conjoints.»

«Les groupes de travail conjoints se concentrent sur la coopération bilatérale dans les domaines politique et consulaire, juridique et sécuritaire, social et culturel, et dans le domaine de la défense. L’ordre du jour de cette réunion ministérielle couvrira tous ces domaines.»

M. Jaishankar a fait part de sa satisfaction quant à l’augmentation des investissements directs étrangers saoudiens en Inde, qui sont passés de moins de 50 millions de dollars en 2014 à environ 3,15 milliards de dollars actuellement. «De nombreuses grandes entreprises indiennes exercent également des activités en Arabie saoudite. Nous avons approfondi notre coopération dans des domaines tels que la sécurité sanitaire, la sécurité alimentaire, l’éducation et la technologie», mentionne-t-il. 

«Notre coopération au cours de la pandémie nous a permis de tirer des enseignements importants sur la sécurité sanitaire et les chaînes d’approvisionnement. Nous pouvons nous appuyer sur cette expérience pour être mieux préparés à relever de tels défis à l’avenir. Nos deux pays peuvent également collaborer dans le cadre de la Vision 2030 du Royaume, qui pourra ainsi bénéficier de la main-d’œuvre qualifiée, des entrepreneurs et de la technologie de l’Inde.»

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Le Dr S.Jaishankar a visité l'Autorité de développement de Diriyah Gate. À son arrivée, il a été accueilli par Abdullah Al Ghanem, conseiller du directeur général du projet Diriyah Gate Development Authority. Jaishankar a été informé par des responsables de la DGDA du projet et des rénovations en cours. (Photo fournie)

Selon M. Jaishankar, compte tenu de ces «synergies, l’un des axes du Conseil de partenariat stratégique concerne l’économie et les investissements. Les quatre groupes de travail conjoints de ce sous-comité ont discuté de la coopération dans les domaines de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, de l’énergie, de la technologie et de l’informatique, ainsi que de l’industrie et des infrastructures.»

Durant leurs rencontres, le prince Faisal et M. Jaishankar ont dressé un bilan complet des relations bilatérales et ont évoqué les progrès réalisés dans le cadre des quatre groupes de travail conjoints du Comité du PSSC. De même, les deux parties ont abordé des questions régionales et internationales d’intérêt commun, notamment leur coopération au sein de l’ONU, du G20 et du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

«L’Inde considère la région du Golfe comme son voisinage éloigné, ce qui implique naturellement des intérêts communs avec l’Arabie saoudite dans les domaines de la sécurité et de la défense. Nous renforçons constamment notre coopération dans ces domaines dans l’esprit de notre partenariat stratégique», indique M. Jaishankar.

En matière de défense, les commandants de nos armées se sont visités mutuellement au cours des deux dernières années, et nous avons aussi effectué notre premier exercice naval conjoint l’année dernière. Notre comité conjoint sur la coopération en matière de défense s’est réuni il y a quelques mois et a identifié d’autres domaines de coopération. L’industrie indienne de la défense propose des possibilités intéressantes de coproduction et d’investissement, et c’est un domaine dans lequel nous espérons progresser davantage avec l’Arabie saoudite.»

Soulignant l’importance de la coopération en matière de sécurité entre les deux gouvernements, il note que «l’Inde est victime du terrorisme transfrontalier depuis des décennies. L’Arabie saoudite a fait face à des défis et des expériences qui lui sont propres.»

«Comme le terrorisme ne connaît ni frontières ni religion et qu’il constitue une menace pour l’humanité, il est tout à fait naturel que l’Inde et l’Arabie saoudite s’unissent pour lutter conjointement contre les menaces qui pèsent sur nos pays respectifs en partageant des renseignements, en développant de nouvelles technologies, en se tenant au courant des modes opératoires des terroristes et en travaillant ensemble dans des organisations internationales comme l’ONU et le GAFI.»

Selon M. Jaishankar, il existe une bonne collaboration «aux plus hauts niveaux de l’architecture de sécurité des deux pays» sur la question de la lutte contre les menaces terroristes. «En outre, dans le cadre du Conseil de partenariat stratégique, les deux pays ont constitué un groupe de travail conjoint sur la coopération juridique et sécuritaire afin de collaborer dans ce domaine», poursuit-il.

«En matière de sécurité maritime, l’Inde et l’Arabie saoudite ont toutes deux un intérêt particulier, étant donné la longueur de leurs côtes et leurs intérêts commerciaux. Nous avons pour objectif commun de maintenir ouvertes les voies de communication maritimes et de veiller au respect du droit international.»

M. Jaishankar relève avec satisfaction le renforcement de la coopération navale entre l’Arabie saoudite et l’Inde: «Nos navires ont effectué des redressements opérationnels en Arabie saoudite. Cette dernière a, quant à elle, participé à l’exercice multinational MILAN 2022 à Vishakhapatnam en février 2022», rappelle-t-il.

«Outre ces visites de navires, l’échange d’informations dans le domaine maritime et d’autres activités de formation se poursuivent également. Dans l’ensemble, je constate une bonne dynamique dans nos liens économiques, énergétiques, sécuritaires et de défense, et je suis certain que des progrès appréciables seront réalisés dans les années à venir.»

Pour ce qui est de l’avenir, M. Jaishankar espère que ses réunions et la visite prochaine de son collègue Piyush Goyal, ministre du Commerce et de l’Industrie, prépareront le terrain pour une rencontre entre les dirigeants saoudiens et indiens. «Nous pensons que la réunion du mécanisme du Conseil de partenariat stratégique sera plus productive grâce à ces préparatifs», estime-t-il.

Pendant son séjour à Riyad, M. Jaishankar s’est entretenu avec d’autres dignitaires saoudiens et avec le secrétaire général du CCG, Nayef Falah Moubarak al-Hajraf. Accompagné de responsables de l’ambassade indienne, il a également visité les sites culturels de Diriyah, le palais de Salwa et la galerie de Diriyah.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran offre 30.000 dollars pour tuer ou capturer des soldats américains

L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
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  • "Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans"
  • En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire

TEHERAN: L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme.

Le chef d'état-major de l'armée, Amir Hatami, a affirmé que ce dispositif avait été mis en place à la suite d'un "grand nombre de demandes" de personnes souhaitant contribuer financièrement, selon l'agence officielle Irna.

"Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans", a-t-il déclaré, en utilisant cette unité monétaire informelle équivalant à 10.000 rials iraniens.

En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire.

Aucun déploiement connu de troupes américaines au sol n'a eu lieu en Iran pendant la guerre au Moyen-Orient, à l'exception d'une mission de sauvetage menée en avril pour porter secours à un pilote américain dont l'appareil s'était écrasé.

"Les courageuses femmes iraniennes qui accompliront une telle action recevront le double de cette récompense", a-t-il ajouté.

La guerre entre Téhéran et Washington a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre la République islamique qui a répliqué en lançant des frappes sur les pays du Golfe alliés de Washington.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un accord-cadre en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats.

L'Iran et les Etats-Unis ont depuis échangé sporadiquement des frappes qui se concentrées principalement autour du stratégique détroit d'Ormuz.


L'émissaire de Trump se rendra en Israël pour tenter d'aplanir les divergences sur Gaza

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
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  • M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer
  • Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route"

JERUSALEM: Jared Kushner, l'émissaire et gendre de Donald Trump, se rendra en Israël la semaine prochaine pour tenter d'aplanir les divergences entre les deux alliés sur le plan américain pour la bande de Gaza, a déclaré une source au sein du "Conseil de paix".

Il se rendra avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour ce territoire palestinien du "Conseil de paix" créé par le président américain, en Israël et en Egypte, un pays médiateur-clé.

Cette visite interviendra après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté publiquement le 9 août la feuille de route américaine en 15 points annoncée fin juillet par M. Mladenov, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien de la bande de Gaza.

Si ce mouvement islamiste palestinien l'a acceptée, Israël a dit lier tout départ de ses soldats à un "véritable" désarmement du Hamas.

Selon une source au sein du "Conseil de Paix", MM. Kushner et Mladenov espèrent "des discussions constructives" sur le plan de paix global de Donald Trump pour la bande de Gaza, dont le premier jalon a été le cessez-le-feu décrété en octobre 2025. Depuis, les frappes israéliennes ont diminué en intensité, sans s'arrêter pour autant.

"Les Etats-Unis et Israël s'accordent sur l'issue souhaitée à Gaza, c'est-à-dire un Hamas démilitarisé", a précisé la même source, qui a requis l'anonymat.

"Nous allons écouter les préoccupations soulevées et discuter des prochaines étapes", a-t-elle poursuivi.

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien.

Mais M. Mladenov est ensuite revenu sur ses propos et a déclaré qu'Israël n'aurait pas à retirer ses forces tant que le Hamas ne se serait pas entièrement désarmé.

M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer, exigeant que celui-ci détruise ses armes de manière vérifiable.

Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route", a dit à l'AFP Bassem Naim, membre du bureau politique de ce mouvement islamiste.

Il a appelé les Etats-Unis à "empêcher la perturbation du processus (de mise en oeuvre) de l'accord de cessez-le-feu pour des raisons politiques et électorales".

 


Kushner doit rencontrer le Hamas en Egypte

Hassan Rashad (2e à droite), chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré dimanche une délégation du Hamas. (ARCHIVES/AFP)
Hassan Rashad (2e à droite), chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré dimanche une délégation du Hamas. (ARCHIVES/AFP)
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  • Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan américain, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien
  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas

LE CAIRE: Des sources au sein du Hamas ont indiqué dimanche que l'émissaire américain Jared Kushner allait rencontrer des dirigeants du mouvement islamiste palestinien en Egypte, avant sa visite en Israël, au moment les Etats-Unis cherchent à faire avancer le plan de paix à Gaza.

L'entretien, qui n'a pas été confirmé par les Etats-Unis, devrait se tenir à Al-Alamein, dans le nord de l'Egypte, un pays qui fait office depuis des années de médiateur dans le conflit israélo-palestinien.

M. Kushner, également gendre du président Donald Trump, s'est déjà entretenu dimanche à Al-Alamein avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, alors que le chef du Hamas, Khalil al-Hayya, a rencontré de son côté le chef du renseignement égyptien, Hassan Rachad.

Ces rencontres surviennent au moment où les Etats-Unis tentent d'aplanir les divergences entre Israël et le Hamas sur la mise en oeuvre du plan du président américain Donald Trump pour mettre fin durablement à la guerre à Gaza.

Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan américain, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas.

Visite américaine en Israël 

"Les médiateurs ont informé le Hamas que l'émissaire américain Jared Kushner rencontrerait sa direction, en présence de responsables égyptiens et qataris", a déclaré une source du Hamas, qui a demandé à garder l'anonymat, sans donner de date.

Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent parmi les organisations terroristes et qui a mené l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 contre Israël, déclenchant la guerre de Gaza.

Une deuxième source du Hamas a indiqué que les Etats-Unis avaient demandé au mouvement des précisions sur plusieurs points, notamment sur "la collecte, le regroupement et le stockage des armes de manière réelle, et non simplement symbolique, ainsi que sur le renoncement total du Hamas à gouverner Gaza".

Le Hamas, qui gouverne Gaza depuis 2007, a annoncé début juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe créé par le "Conseil de Paix" composé de technocrates palestiniens et chargé d'assurer la transition dans le territoire palestinien.

Lors de la rencontre entre M. Sissi et Jared Kushner, il a été "rappelé la nécessité pour toutes les parties de respecter leurs obligations au titre de l'accord de cessez-le-feu" à Gaza, a déclaré le porte-parole de M. Sissi, Mohamed al-Chennawi, dans un communiqué.

De son côté, la délégation dirigée par Khalil al-Hayya, dont c'est la première visite en Egypte depuis sa nomination fin juillet, "a réaffirmé son engagement à mener à bien le plan" américain, selon l'agence officielle égyptienne Mena.

La réunion avec M. Rachad portait sur "les efforts déployés pour contraindre Israël à respecter l'accord, qui comprend la feuille de route en 15 points, et à entamer sa mise en œuvre", a précisé un responsable du mouvement islamiste palestinien à l'AFP.

Le "Conseil de Paix", chargé de mettre en œuvre le plan de paix, avait indiqué que M. Kushner devait, outre l'Egypte, se rendre la semaine prochaine en Israël avec Nikolaï Mladenov, haut représentant pour Gaza de cet organe créé par M. Trump.

Blessés dans des frappes 

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu d'octobre 2025 dans le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre.

Sur le terrain, plusieurs personnes ont été blessées dimanche après des frappes israéliennes sur une maison dans le centre de la bande de Gaza, a rapporté Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du Hamas.

L'armée israélienne a déclaré qu'elle répondait à une menace émanant du Jihad islamique.

D'autres personnes ont été blessées après des tirs israéliens sur des tentes abritant des personnes déplacées dans le sud, selon la même source.

Au moins 1.262 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués.