Cinquante millions de personnes forcées de travailler ou de se marier, selon l'ONU

Sur les 50 millions d'esclaves modernes, près de 27,6 millions étaient des personnes soumises au travail forcé et 22 millions étaient des personnes mariées contre leur gré (Photo, AFP).
Sur les 50 millions d'esclaves modernes, près de 27,6 millions étaient des personnes soumises au travail forcé et 22 millions étaient des personnes mariées contre leur gré (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 13 septembre 2022

Cinquante millions de personnes forcées de travailler ou de se marier, selon l'ONU

  • L'ONU souhaite éradiquer ce fléau en 2030 mais, l'an dernier, 10 millions de personnes supplémentaires se trouvaient en situation d'esclavage moderne
  • C'est près d'une personne sur 150

GENÈVE: L'esclavage moderne a continué de s'étendre dans le monde ces dernières années, porté notamment par la pandémie, avec près de 50 millions de personnes forcées de travailler ou de se marier l'an dernier, a annoncé lundi l'ONU.

C'est près d'une personne sur 150.

L'ONU souhaite éradiquer ce fléau en 2030 mais, l'an dernier, 10 millions de personnes supplémentaires se trouvaient en situation d'esclavage moderne par rapport aux estimations mondiales de 2016, selon le dernier rapport rendu public par l'Organisation internationale du travail (OIT) et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) - deux agences de l'ONU - avec l'ONG Walk Free Foundation.

Sur les 50 millions d'esclaves modernes, près de 27,6 millions étaient des personnes soumises au travail forcé et 22 millions étaient des personnes mariées contre leur gré.

«La Covid-19 n'explique pas tout»

"Nous demandons de toute urgence que les entreprises soient obligatoirement soumises à un devoir de diligence, afin d'empêcher le recours au travail forcé et d'autres violations dans les chaînes d'approvisionnement", a réagi Sharan Burrow, la secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), qui représente 332 organisations affiliées dans le monde.

La pandémie provoquée par le coronavirus - qui a entraîné une détérioration des conditions de travail et une augmentation de l'endettement des travailleurs - a renforcé les ressorts de l'esclavage moderne.

Mais "la Covid-19 n'explique pas tout", a déclaré le directeur général de l'OIT, Guy Ryder.

Ces dernières années, la multiplication des conflits armés et le changement climatique ont contribué à accroître le risque d'esclavage moderne, en occasionnant des perturbations sans précédent en matière d'emploi et d'éducation, en aggravant l'extrême pauvreté, en multipliant les migrations forcées et en faisant exploser les cas de violence fondée sur le genre.

M. Ryder appelle les gouvernements mais aussi les syndicats de travailleurs, les organisations d'employeurs, la société civile et les gens ordinaires à lutter contre "cette violation fondamentale des droits de l'homme".

Le rapport propose en particulier d'améliorer et d'appliquer les lois et les inspections du travail, de mettre fin au travail forcé imposé par l'Etat, d'étendre la protection sociale et de renforcer les protections juridiques, notamment en portant l'âge légal du mariage à 18 ans sans exception.

Dans tous les pays

Les femmes et les filles représentent au total 54% des cas d'esclavage moderne. Près d'un travailleur forcé sur huit est un enfant et plus de la moitié d'entre eux sont victimes d'une exploitation sexuelle à des fins commerciales.

Les travailleurs migrants sont, quant à eux, plus de trois fois plus susceptibles d'être soumis au travail forcé que les adultes non migrants.

Antonio Vitorino, le directeur général de l'OIM, plaide pour que toute migration "soit sûre, ordonnée et régulière", afin de réduire la vulnérabilité des migrants.

L'esclavage moderne est présent dans presque tous les pays du monde.

Plus de la moitié (52%) de tous les cas de travail forcé et un quart de tous les mariages forcés se trouvent dans les pays à revenus moyens supérieurs ou à revenus élevés.

Le mariage forcé a pris de l'ampleur ces dernières années, en hausse de 6,6 millions depuis les estimations mondiales de 2016.

Le rapport révèle aussi que le nombre des personnes en situation de travail forcé a augmenté de 2,7 millions entre 2016 et 2021, une progression uniquement due au recours à ce type de travail dans le secteur privé, notamment dans le cadre de l'exploitation sexuelle commerciale.

Rapporté à la taille de la population, c'est dans les pays arabes que le travail forcé est le plus important. En chiffres absolus, l'Asie et le Pacifique abritent plus de la moitié du nombre total mondial des travailleurs forcés. Le rapport souligne en particulier que divers organes de l'ONU ont fait état de préoccupations concernant le travail forcé en Chine, y compris au Xinjiang.

Ce pays a déposé le 12 août les instruments de ratification des deux conventions fondamentales de l'OIT sur le travail forcé, ce qui - selon cette organisation - "crée un nouvel élan pour la coopération avec le gouvernement et les partenaires sociaux afin de suivre ces questions (et) de combattre le travail forcé".

Cela signifie, a expliqué M. Ryder, que la Chine "va commencer à informer sur la situation des Ouïgours et cela nous donnera des possibilités nouvelles d'accès".

Mais il a reconnu que la discussion sur le Xinjiang n'était "pas facile".


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.


Téhéran dit ne pas avoir tranché sur un accord brandi par Trump après l'annulation de frappes

Le président des États-Unis, Donald Trump, s'exprime dans le Bureau ovale de la White House, jeudi. (Reuters)
Le président des États-Unis, Donald Trump, s'exprime dans le Bureau ovale de la White House, jeudi. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord avec l’Iran est proche et a annulé des frappes américaines prévues
  • Téhéran assure qu’aucune décision finale n’a encore été prise concernant cet accord

TEHERAN: Téhéran a indiqué vendredi ne pas avoir encore tranché sur l'accord annoncé par le président américain pour mettre fin à la guerre, tempérant cette nouvelle annonce de Donald Trump qui a évoqué une signature dès "ce week-end".

Donald Trump a annulé jeudi des frappes américaines qu'il avait menacées de lancer dans la soirée contre l'Iran, assurant qu'un terrain d'entente avait été trouvé.

"Nous venons de trouver un très bon accord pour mettre fin à la guerre avec l'Iran et, une fois les documents finalisés, ce qui devrait être fait dans les prochains jours, nous aurons probablement une signature, peut-être en Europe", a déclaré le président américain depuis le Bureau ovale.

La diplomatie iranienne a toutefois peu après assuré que Téhéran n'avoir pas encore décidé de signer.

"Jusqu'à présent, l'Iran n'a pas encore abouti à une conclusion définitive concernant l'accord", a déclaré le porte-parole Esmaeil Baqaei aux médias d'Etat iraniens.

Le dirigeant républicain a dit penser que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, avait validé ce qu'il a qualifié "d'accord-cadre très solide" avec les Etats-Unis et avancé que son vice-président, JD Vance, le signerait possiblement dès "ce week-end".

Mais il n'a donné aucun détail sur le contenu de ce compromis, si ce n'est qu'il assurait une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz après la signature, et l'impossibilité pour l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.

Selon un message sur X du bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Donald Trump avait promis que tout accord final inclurait "l'élimination de l'uranium enrichi" de Téhéran.

Cet espoir de résolution du conflit a entraîné à la baisse le pétrole, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, cédant 1,11% à 89,37 dollars vers 2H30 GMT. Rassérénés, les marchés asiatiques bondissent aussi vendredi matin, l'indice Nikkei à Tokyo grimpant de presque 4%, et le Kospi à Séoul flambant de plus de 7%.

- Terminal pétrolier menacé -

Jeudi, Donald Trump avait promis de frapper "très fort" l'Iran dans la soirée, menaçant notamment de "prendre l'île de Kharg", son principal terminal pétrolier.

Mais "prenant acte du fait que les discussions avec la République islamique d'Iran ont été vues et approuvées par les plus hautes autorités iraniennes", il a annoncé plus tard avoir "annulé les frappes et les bombardements qui étaient prévus contre l'Iran", sur son réseau Truth Social.

Mardi, Donald Trump avait déjà promis un accord imminent avec l'Iran, pour la 38e fois depuis le début du conflit, selon un décompte de CNN.

L'Egypte a appelé Washington et Téhéran à saisir "l'opportunité" d'un accord pour mettre fin à la guerre, après l'annulation des frappes sur l'Iran, dans un communiqué publié tard jeudi.

Le cessez-le-feu au Moyen-Orient, entré en vigueur le 8 avril, a globalement été respecté jusqu'au week-end dernier, mais cette semaine a été marquée par une reprise marquée des hostilités, plus de trois mois après le début du conflit.

L'armée américaine a indiqué avoir ciblé dans la nuit de mercredi à jeudi "des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne iraniens à travers tout le pays".

L'Iran a riposté en tirant une vingtaine de missiles vers une base américaine à Azraq en Jordanie - tous interceptés - et a à nouveau ciblé les monarchies du Golfe avec des drones. A Bahreïn, une enfant a été blessée par des débris.

- Ormuz fermé -

Le détroit d'Ormuz, par lequel passait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, a concentré les tensions: l'autorité maritime iranienne a annoncé le fermer totalement "jusqu'à nouvel ordre", alors que le passage d'une vingtaine de navires par jour était jusque-là autorisé.

L'Iran le verrouille depuis le début du conflit le 28 février, les Etats-Unis imposant en retour un blocus des ports iraniens.

Le conflit avait repris dimanche quand l'Iran a lancé des missiles sur Israël, pour la première fois depuis le début de la fragile trêve, en représailles à des frappes israéliennes sur Beyrouth.

Téhéran, parrain du Hezbollah libanais, insiste pour que tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient inclue le Liban, dont Washington voudrait traiter le sort à part.

Israël avait riposté aux missiles iraniens, avant que les deux ennemis n'annoncent suspendre les hostilités, comme réclamé par Donald Trump.

Dix membres du personnel d'un hôpital de la ville de Tyr, dans le sud du Liban, ont été blessés dans un bombardement israélien jeudi, a indiqué à l'AFP le directeur de l'établissement.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite.

Les opérations israéliennes ont tué plus de 3.700 personnes, principalement dans le sud du pays où son armée occupe désormais une partie du territoire.