Le patron de Shell s'en va, laissant derrière lui une montagne de profits

 Le directeur général de Shell, le Néerlandais Ben van Beurden, quittera ses fonctions fin 2022. (AFP).
Le directeur général de Shell, le Néerlandais Ben van Beurden, quittera ses fonctions fin 2022. (AFP).
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Publié le Jeudi 15 septembre 2022

Le patron de Shell s'en va, laissant derrière lui une montagne de profits

  • M. van Beurden, âgé de 64 ans, gardera un rôle de conseiller du conseil d'administration jusqu'en juin 2023 puis quittera le groupe
  • Il sera remplacé par le Canadien Wael Sawan, né en 1974, qui était jusqu'à présent basé à La Haye en tant que directeur des systèmes intégrés en gaz et renouvelables

LONDRES: Le directeur général de Shell, le Néerlandais Ben van Beurden, quittera ses fonctions fin 2022, laissant derrière lui une entreprise en pleine transition énergétique et assise sur des montagnes de bénéfices grâce à la flambée des hydrocarbures.

M. van Beurden, âgé de 64 ans, gardera un rôle de conseiller du conseil d'administration jusqu'en juin 2023 puis quittera le groupe, indique Shell dans un communiqué jeudi.

Il sera remplacé par le Canadien Wael Sawan, né en 1974, qui était jusqu'à présent basé à La Haye en tant que directeur des systèmes intégrés en gaz et renouvelables.

Diplômé des universités McGill (Canada) et Harvard (Etats-Unis), ce dernier a été auparavant directeur des activités d'exploration et production, et siégeait au comité exécutif du groupe depuis trois ans.

Le président du conseil d'administration, Andrew Mackenzie, a salué l'"extraordinaire carrière de 39 ans" de M. van Beurden chez Shell, "qui a culminé avec 9 années en tant qu'exceptionnel directeur général".

"Pendant la dernière décennie, (M. van Beurden) a été à l'avant-garde de la transition vers la neutralité carbone", a-t-il ajouté.

Il a souligné que le dirigeant démissionnaire "laisse derrière lui une entreprise rentable et solide avec un bilan robuste, des capacités de création de liquidité très fortes, et des options de croissance prometteuses".

M. van Beurden a piloté le groupe pendant la pandémie quand les cours des hydrocarbures s'étaient effondrés.

Ils ont depuis spectaculairement rebondi avec la reprise économique post-confinements liés au Covid-19, et depuis l'invasion russe de l'Ukraine, qui perturbe l'approvisionnement mondial.

Critiques

Shell a publié fin juillet un bénéfice net de 18 milliards de dollars pour le deuxième trimestre, grâce à l'envolée des prix du pétrole et gaz, des profits tels qu'ils ont fait polémique au Royaume-Uni et en France notamment en pleine crise du coût de la vie et flambée des factures énergétiques.

L'action de Shell réagissait peu jeudi, progressant de 0,15% à 2.344,50 pence vers 8h30 GMT à la Bourse de Londres, dans un marché en légère hausse.

"Cela a été un privilège et un honneur de servir Shell pendant presque quatre décennies", depuis des débuts comme ingénieur spécialiste du gaz naturel liquéfié, jusqu'au sommet de l'entreprise, déclare pour sa part M. van Beurden dans le communiqué.

Shell est régulièrement critiqué pour son impact sur l'environnement, et son assemblée générale en mai a notamment été largement chahutée par des militants écologistes.

En mai, une consultante de Shell avait démissionné avec fracas, accusant le géant pétrolier britannique d'"échouer complètement dans (son) ambition de transition vers la neutralité carbone".

Un investisseur institutionnel, Royal London Asset Management, avait aussi critiqué le plan de transition climat de Shell, estimant qu'il ne diminuait pas assez la consommation de pétrole du groupe.

L'entreprise a par ailleurs fait appel de la décision d'un tribunal néerlandais qui lui avait ordonné de réduire ses émissions de CO2 dans une affaire retentissante lancée par un collectif d'ONG.

En décembre, les actionnaires du géant des hydrocarbures avaient par ailleurs voté massivement en faveur du transfert du siège social du groupe des Pays-Bas vers le Royaume-Uni et du retrait de "Royal Dutch" du nom du groupe, né au début du XXe siècle de la fusion entre la société britannique Shell et la compagnie néerlandaise Royal Dutch.

"Il y a eu des remaniements importants dans la direction de Shell après le départ annoncé de la directrice financière Jessica Uhl en mars et le nouveau président du conseil d'administration Andrew Mackenzie nommé en mai l'an dernier", commente Victoria Scholar, analyste de Interactive Investors.

Pour elle, il n'est pas étonnant que M. Sawan, en charge des renouvelables, ait décroché le poste de directeur général, vu la transition énergétique en cours dans le groupe.

Shell entre dans "une nouvelle ère" avec le départ de M. van Beurden, note Neil Wilson, analyste de Markets.com, soulignant que la guerre en Ukraine a fait revenir au premier rang des priorités la sécurité énergétique, et donc le forage pétrolier et gazier.

Vu leurs "super-profits" et la guerre en Ukraine, les géants des hydrocarbures britanniques s'étaient vu imposer une taxe spéciale sur les bénéfices par Londres, mais la nouvelle Première ministre Liz Truss, qui a travaillé pour Shell plusieurs années avant son entrée en politique, a prévu d'y mettre un terme.


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
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  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.