Les talibans accusent les Etats-unis de s'approprier indûment les actifs afghans

Le porte-parole du gouvernement afghan, Zabihullah Mujahid (Photo, AFP).
Le porte-parole du gouvernement afghan, Zabihullah Mujahid (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 16 septembre 2022

Les talibans accusent les Etats-unis de s'approprier indûment les actifs afghans

  • «Les Etats-Unis ne sont pas les propriétaires» de ces fonds, a déclaré jeudi le porte-parole du gouvernement afghan, demandant qu'ils soient débloqués «sans conditions»
  • La Banque centrale d'Afghanistan a également critiqué la décision de Washington, affirmant qu'elle allait à l'encontre des objectifs pour lesquels les actifs avaient été accumulés

KABOUL: Les talibans ont accusé jeudi les Etats-Unis de s'approprier indûment les actifs afghans et demandé qu'ils soient débloqués "sans conditions", au lendemain du refus de Washington de débloquer des milliards de dollars gelés depuis qu'ils ont pris le pouvoir.

"Les Etats-Unis se sont approprié les actifs du peuple afghan", a déclaré jeudi le porte-parole du gouvernement afghan, Zabihullah Mujahid, contacté par l'AFP.

"Les Etats-Unis ne sont pas les propriétaires" de ces fonds, a-t-il insisté, demandant qu'ils soient débloqués "sans conditions".

Washington a annoncé mercredi la création d'un fonds en Suisse pour gérer la moitié des avoirs afghans, soit 3,5 milliards de dollars, gelés lors de l'accession au pouvoir des talibans en août 2021. Ce fonds sera chargé des fonctions essentielles de la banque centrale, comme le paiement des arriérés internationaux de l'Afghanistan et de ses importations d'électricité.

Dans une lettre à la Banque centrale d'Afghanistan, le secrétaire adjoint au Trésor américain, Wally Adeyemo, a regretté que l'institution afghane n'ait pas démontré son indépendance à l'égard des talibans et qu'elle n'ait pas respecté son engagement à financer la lutte contre le terrorisme, pris avant leur arrivée au pouvoir. Il a aussi déploré qu'elle n'ait pas nommé un observateur externe fiable.

"Il n'y a actuellement aucune institution en Afghanistan capable de garantir que ces fonds ne seront utilisés qu'au bénéfice du peuple afghan, pas même la DAB", la Banque centrale, a souligné M. Adeyemo, actant l'échec des pourparlers entamés entre les deux pays sur ce sujet.

La Banque centrale d'Afghanistan a également critiqué la décision de Washington, affirmant qu'elle allait à l'encontre des objectifs pour lesquels les actifs avaient été accumulés pendant des décennies, comme la stabilisation du marché monétaire et la facilitation du commerce.

"Il est inacceptable que la DAB affecte, utilise et transfère les réserves pour tout autre objectif", a assuré la Banque centrale.

Lors du départ des forces américaines en août 2021, après 20 ans en d'intervention militaire en Afghanistan, Washington a gelé 7 milliards de dollars de réserves.

En février, le président américain Joe Biden avait souhaité que la moitié des 7 milliards soit réservée à l'indemnisation des victimes des attentats du 11 septembre 2001, à l'origine de l'invasion américaine en Afghanistan et du renversement du premier régime taliban.

Cette décision avait indigné les talibans qui avaient toutefois entamé des discussions avec les États-Unis pour trouver une solution.

Le gel des avoirs a aggravé la crise économique de l'Afghanistan, dont plus de la moitié des 38 millions d'habitants sont confrontés à la faim.

Jeudi soir, le ministère afghan des Affaires étrangères a mis en garde contre l'utilisation des réserves à des fins autres que la stabilité économique.

"L'Émirat islamique sera contraint d'imposer des amendes et d'interdire les activités de tous les individus, institutions et sociétés qui facilitent cette entreprise illégale et cherchent à détourner les réserves de la banque centrale à des fins humanitaires et autres", a-t-il déclaré.

La DAB a également critiqué le projet de transfert de ses réserves en Suisse.

Elle a déclaré qu'il serait "inacceptable" que l'institution les utilise pour autre chose qu'une activité économique légitime, telle que la stabilisation du marché monétaire et la facilitation du commerce.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.