Les banques libanaises annoncent une fermeture de trois jours pour des raisons de sécurité

L’agence fermée de la Byblos Bank à Ghazieh, dans le sud du Liban, après qu’un déposant armé l’a prise d’assaut plus tôt et a exigé de retirer ses économies gelées. (AFP)
L’agence fermée de la Byblos Bank à Ghazieh, dans le sud du Liban, après qu’un déposant armé l’a prise d’assaut plus tôt et a exigé de retirer ses économies gelées. (AFP)
L’agence de la Byblos Bank à Ghazieh, dans le sud du Liban, après qu’un déposant a retiré de force ses économies. (Twitter)
L’agence de la Byblos Bank à Ghazieh, dans le sud du Liban, après qu’un déposant a retiré de force ses économies. (Twitter)
Des agents de sécurité à l’entrée de l’agence de la Blom Bank à Beyrouth, le 16 septembre 2022. (AP)
Des agents de sécurité à l’entrée de l’agence de la Blom Bank à Beyrouth, le 16 septembre 2022. (AP)
Des médias et des agents de sécurité à l’entrée de l’agence de la Blom Bank à Beyrouth, le 16 septembre 2022. (AP)
Des médias et des agents de sécurité à l’entrée de l’agence de la Blom Bank à Beyrouth, le 16 septembre 2022. (AP)
Des manifestants scandent des slogans devant une agence de la LGB Bank dans le quartier de Ramlet el-Baïda à Beyrouth, le 16 septembre 2022. (Reuters)
Des manifestants scandent des slogans devant une agence de la LGB Bank dans le quartier de Ramlet el-Baïda à Beyrouth, le 16 septembre 2022. (Reuters)
Des membres de la police et de l'armée montent la garde devant une agence de la BankMed à Chehim, au Liban, le 16 septembre 2022. (Reuters)
Des membres de la police et de l'armée montent la garde devant une agence de la BankMed à Chehim, au Liban, le 16 septembre 2022. (Reuters)
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Publié le Vendredi 16 septembre 2022

Les banques libanaises annoncent une fermeture de trois jours pour des raisons de sécurité

  • Les braquages de banques par des déposants de plus en plus exaspérés font boule de neige au Liban
  • Depuis 2019, des limites strictes sur les retraits de devises étrangères ont été imposées par les banques libanaises

BEYROUTH: Les banques libanaises ont décrété une fermeture de trois jours de leurs agences, à partir de lundi, après avoir été frappées par un déluge d’intrusions de déposants en colère demandant l’accès à leurs économies gelées.

Le ministre intérimaire de l’Intérieur, Bassam Mawlawi, a également convoqué une réunion d’urgence du Conseil central de sécurité pour discuter des mesures de sécurité à prendre face à la multiplication des braquages de banques.

Dans un communiqué, l’Association des banques du Liban (ABL) explique que cette fermeture intervient pour prendre les mesures réglementaires nécessaires ainsi que pour assurer la sécurité des clients.

Le groupe rejette la violence sous toutes ses formes et souligne que la solution est «d’adopter des lois pour résoudre la crise aussi rapidement que possible».

Vendredi, les banques libanaises ont été frappées par un déluge de braquages similaires commis par des clients en colère cherchant à retirer leurs dépôts.

 

BRAQUAGE DES BANQUES

Les banques suivantes auraient été braquées par des déposants :

 

• Byblos Bank à Ghazieh

• Blom Bank à Tarik el-Jdideh, Beyrouth

• Bank Audi à Chiyah

• Banque libano-française (BLF), agences de Kafaat et de Hamra

• Lebanon & Gulf Bank à Ramlet el-Baïda

• BLom Bank à Concorde

• Fransabank à Beyrouth

• BankMed à Chehim, Mont-Liban

 

La série d’incidents a commencé tôt le matin lorsqu’un homme est entré dans une agence de la Byblos Bank dans la ville de Ghazieh, dans le sud du Liban, et a menacé les employés avec une arme militaire, exigeant qu’ils lui rendent ses économies.

Moins de deux heures plus tard, un déposant, identifié par la suite comme étant Abed Soubra, a pris d’assaut l’agence de la Blom Bank à Tarik el-Jdideh, à Beyrouth, exigeant lui aussi que son argent lui soit remis.

Un responsable du siège principal de la banque a raconté à Arab News qu’il avait reçu des photos de l’intérieur de l’agence de la banque montrant un état de panique parmi les employés et les clients.

Les forces de sécurité négociaient avec le déposant armé, selon le responsable. Le déposant de la Byblos Bank, Mohammed Q., était accompagné d’une autre personne lorsqu’il est entré dans la banque dans le sud du Liban. Il a versé de l’essence sur le sol et a menacé d’incendier la banque si on ne lui remettait pas son argent.

Un état de panique s’est installé à l’intérieur de la banque pendant un certain temps, et le tireur a réussi à récupérer l’intégralité de son argent, soit 19 200 dollars (1 dollar = 1 euro). Il a donné les billets à son complice, qui attendait à l’extérieur de la banque et qui s’est enfui avec l’argent.

Plus tard, le tireur et la personne qui l’accompagnait, qui s’est avérée être son fils, se sont rendus, souriants, aux forces de sécurité présentes sur les lieux. Les deux hommes ont été emmenés au poste de police pour interrogatoire.

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Les suspects souriants se rendent à la police. (Twitter)

Jusqu’à présent, quatre personnes ont réussi à obtenir une partie de leurs dépôts en prenant d’assaut des banques, en menaçant les employés avec des armes ou avertissant qu’ils allaient  s’immoler et incendier les locaux avec de l’essence. Les braqueurs n’ont pas été sévèrement punis par les services de sécurité.

Mercredi, Sali Hafiz a pris d’assaut l’agence de la Blom Bank à Sodeco, à Beyrouth, exigeant de retirer ses économies. Elle a menacé de s'immoler et d'incendier la banque si elle ne recevait pas son argent déposé, près de 20 000 dollars. Hafiz a expliqué son geste par la maladie de sa sœur, atteinte d’un cancer du cerveau nécessitant un traitement coûteux.

Mercredi également, un jeune homme appelé Rami Charaf al-Din est entré dans une succursale de la Bankmed dans la ville d'Aley. Il aurait menacé les employés mais, selon des responsables, des membres des services de sécurité sont intervenus et l'ont arrêté.

Haitham Ezzo, l’un des avocats spécialisé dans la défense des civils qui protestent dans les rues, y compris les déposants, a affirmé à Arab News qu’en «vertu d’articles du code pénal, des mandats d’arrêt sont émis contre les braqueurs des banques pour avoir formé un gang et s’être introduits dans des banques, mais dans ces cas-là, il n’y a pas d’intention criminelle».

Dans ces incidents, les braqueurs visaient à récupérer ce à quoi ils avaient droit, «et leur but n’est pas de voler», ajoute-t-il. «En ne faisant pas face à la crise, l’État transforme des civils ordinaires en criminels qui n’en sont pas.»

L’avocat s’attend à ce que ces incursions se poursuivent. Depuis 2019, des limites strictes sur les retraits de devises étrangères ont été imposées par les banques libanaises à court de liquidités, bloquant les économies de millions de personnes. Près des trois quarts de la population ont sombré dans la pauvreté alors que l’économie de ce pays du Moyen-Orient continue de s’effondrer.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L'armée israélienne appelle à évacuer de nouveaux villages du sud du Liban

L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
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  • La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations
  • Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune"

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours.

"Les violations répétées de l'accord de cessez-le-feu par le Hezbollah obligent l'armée israélienne à opérer", écrit sur son compte X le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, quelques jours après la tenue de discussions à Washington entre représentants israéliens et libanais et l'annonce de la prolongation de la trêve entre les deux pays.

La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations afin de protéger la population du nord d'Israël des tirs du Hezbollah.

Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune".

Selon l'agence nationale d'information libanaise ANI, des frappes israéliennes ont visé mardi "plusieurs localités dans le sud" du pays.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir visé un rassemblement de soldats et de véhicules dans le nord d’Israël avec "un essaim de drones d'attaque".

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué plus de 3.000 personnes au Liban selon les autorités libanaises.

Côté israélien, 20 soldats et un contractuel travaillant pour l'armée ont été tués au Liban depuis le début de la guerre, le 2 mars.


Le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz remonte

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
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  • Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin
  • Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février

LONDRES: Le trafic dans le détroit d’Ormuz a légèrement augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le début du conflit au Moyen-Orient, après avoir atteint un plus bas en temps de guerre.

Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin.

Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février.

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer.

Malgré cette hausse, les traversées de la semaine dernière restent globalement conformes aux moyennes observées en temps de guerre. Depuis le 1er mars, Kpler a recensé 663 navires de marchandises transitant par le détroit, soit une moyenne de 55 par semaine.

Environ la moitié des pétroliers ayant traversé la semaine dernière transportaient des liquides. Parmi eux figuraient trois superpétroliers, vraisemblablement à destination de la Chine, d’Oman et du Japon.

Les données de Kpler montrent également que 15 vraquiers de matières premières sèches et 16 méthaniers de gaz de pétrole liquéfié (GPL) ont franchi le détroit la semaine dernière. Un seul méthanier de gaz naturel liquéfié transportant du gaz qatari vers le Pakistan a traversé, le 12 mai. Cela porte à huit le nombre total de traversées de méthaniers GNL depuis le début de la guerre.

En temps de paix, le détroit d’Ormuz assure le transit d’environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de GNL, ainsi que d’autres matières premières majeures, dont les engrais.

L’Iran a répété à plusieurs reprises que le trafic maritime dans ce couloir ne "reviendrait pas à son niveau d’avant-guerre".

Lundi, Téhéran a annoncé la création d’un nouvel organisme chargé de superviser le détroit et de faire payer des droits de passage aux navires, ce que l’Iran aurait commencé à faire dès le début de la guerre.

Des responsables iraniens ont déclaré jeudi que des navires chinois avaient été autorisés à transiter, après un ralentissement constaté la semaine précédente.

Selon Kpler, seuls trois navires de marchandises liés à la Chine par leur pavillon, leur propriétaire ou leur cargaison ont franchi le détroit la semaine dernière. Deux navires battant pavillon de Hong Kong ont également transité et se dirigeaient vers Oman et les Émirats arabes unis.

Les données ne donnent toutefois pas nécessairement une image complète, les navires ne déclarant pas toujours leur destination finale au moment de la traversée.

Depuis le début de la guerre, le trafic dans le détroit dépend de la nationalité, l’Iran ayant indiqué le 10 mai que les pays respectant les sanctions américaines contre la République islamique rencontreraient des difficultés pour traverser.

Depuis le début du conflit, la Chine et l’Inde figurent parmi les destinations ou points de départ non situés dans le Golfe les plus fréquemment signalés pour les navires de marchandises empruntant le détroit.

Parmi les autres destinations hors Golfe mentionnées dans les données de Kpler figurent le Brésil, le Pakistan, la Thaïlande et la Malaisie, tandis que relativement peu de navires déclarent des pays occidentaux comme destination.

Le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz demeure l’un des enjeux centraux des négociations avec les États-Unis, qui n’ont toujours pas débouché.


Les Emirats disent que les drones ayant ciblé la centrale nucléaire provenaient d'Irak

Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak
  • "Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak, où des groupes soutenus par l'Iran mènent des attaques contre la région du Golfe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien", a affirmé le ministère de la Défense émirati dans un communiqué.