Des crimes de guerre et contre l'humanité probablement commis en Ethiopie

Sur cette photo d'archive prise le 20 juin 2021, des gens marchent près d'un char de l'armée éthiopienne présumée qui est abandonné sur la route près de Dengolat, au sud-ouest de Mekele dans la région du Tigré, en Éthiopie (AFP)
Sur cette photo d'archive prise le 20 juin 2021, des gens marchent près d'un char de l'armée éthiopienne présumée qui est abandonné sur la route près de Dengolat, au sud-ouest de Mekele dans la région du Tigré, en Éthiopie (AFP)
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Publié le Lundi 19 septembre 2022

Des crimes de guerre et contre l'humanité probablement commis en Ethiopie

  • La reprise des combats dans le nord du pays, le 24 août, a fait voler en éclats cinq mois de trêve
  • Le conflit a éclaté début novembre 2020 quand le gouvernement fédéral du Premier ministre Abiy Ahmed a lancé une offensive contre les rebelles tigréens du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF)

GENEVE: Des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ont probablement été commis durant le conflit qui déchire l'Ethiopie depuis fin 2020, souligne un rapport destiné au Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

La Commission de trois experts qui a rédigé le rapport "a des motifs raisonnables de penser que, dans plusieurs cas, les violations (contre les droits fondamentaux, ndlr) correspondent à des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité".

"La Commission est profondément troublée par ce qu'elle a découvert parce que cela reflète une profonde polarisation et haine entre ethnies en Ethiopie", selon les conclusions du rapport.

"Cela a créé un cycle inquiétant de violence extrême à laquelle répondent des représailles, ce qui augmente encore le risque imminent de nouvelles atrocités, encore plus graves", s'inquiètent les experts.

Déjà en novembre 2021, un rapport rédigé conjointement par la Commission éthiopienne des droits humains (EHRC) et le Haut Commissariat des Nations unies aux droits humains évoquait des violations dont certaines pouvaient "constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité". Il portait sur la période du 3 novembre 2020 au 28 juin 2021.

Tigré 

Le conflit a éclaté début novembre 2020 quand le gouvernement fédéral du Premier ministre Abiy Ahmed a lancé une offensive contre les rebelles tigréens du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) contrôlant cette région du nord de l'Ethiopie.

Les autorités du Tigré "ont toujours assuré" que le gouvernement fédéral était responsable de crimes contre l'humanité, a indiqué un porte-parole du TPLF interrogé lundi par l'AFP.

Sollicité par l'AFP, le gouvernement fédéral n'a pas réagi dans l'immédiat.

La reprise des combats dans le nord du pays, le 24 août, a fait voler en éclats cinq mois de trêve.

Les experts ont souligné la situation catastrophique au Tigré, où le gouvernement fédéral et ses alliés ont refusé à environ six millions de personnes l'accès aux services de base, pendant plus d'un an, et où de sévères restrictions à l'accès humanitaire ont laissé 90% de la population avec un besoin urgent d'assistance.

Le rapport indique qu'il existe "des motifs raisonnables de croire que le gouvernement fédéral et les gouvernements régionaux alliés (principalement l'Erythrée, ndlr) ont commis et continuent de commettre des crimes contre l'humanité pour des motifs ethniques et d'autres actes inhumains".

Ils "causent intentionnellement de grandes souffrances", en restreignant l'aide humanitaire au Tigré, selon le rapport.

La présidente de la Commission, Kaari Betty Murungi, a décrit la crise humanitaire au Tigré comme "choquante, tant dans ses dimensions que sa durée".

"Le refus et l'obstruction généralisés de l'accès aux services de base, à la nourriture, aux soins de santé et à l'aide humanitaire ont un impact dévastateur sur la population civile, et nous avons des motifs raisonnables de croire que cela équivaut à un crime contre l'humanité", a-t-elle déclaré.

"Nous avons également des motifs raisonnables de croire que le gouvernement fédéral utilise la famine comme méthode de guerre", a-t-elle ajouté, appelant le gouvernement à "rétablir immédiatement les services de base et à garantir un accès humanitaire sans entraves".

Mme Murungi a également appelé les forces tigréennes à "veiller à ce que les agences humanitaires puissent opérer sans entrave".

 Recommandations 

La Commission - qui a aussi détaillé les nombreuses entraves qui ont limité son enquête sur place, de l'interdiction de quitter Addis Abeba au manque de moyens - a été établie pour un an le 17 décembre 2021, pour mener une enquête approfondie et indépendante sur les accusations de violations répétées des droits humains.

Dans toute une série de recommandations, elle demande au gouvernement fédéral mais aussi aux autorités érythréennes et tigréennes de faire en sorte que les auteurs des exactions soient jugés.

Elle exhorte les instances internationales et régionales à "prendre les mesures qui permettront de restaurer la paix, la stabilité et la sécurité et éviter de nouvelles violations" des droits humains.

Les experts demandent aussi au Haut Commissariat des droits de l'homme de l'ONU de surveiller constamment la situation et de continuer à appeler les parties au conflit à respecter le droit humanitaire international, les droits de l'homme et les droits des réfugiés.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.