Tunisie: cinq nouveaux partis boycottent les législatives

Le président tunisien Kais Saied donne une conférence de presse à l'issue de la séance de clôture de la huitième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD) à Tunis, la capitale tunisienne, le 28 août 2022. (Fichier, AFP)
Le président tunisien Kais Saied donne une conférence de presse à l'issue de la séance de clôture de la huitième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD) à Tunis, la capitale tunisienne, le 28 août 2022. (Fichier, AFP)
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Publié le Lundi 19 septembre 2022

Tunisie: cinq nouveaux partis boycottent les législatives

Le président tunisien Kais Saied donne une conférence de presse à l'issue de la séance de clôture de la huitième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD) à Tunis, la capitale tunisienne, le 28 août 2022. (Fichier, AFP)
  • Le président Kais Saied, qui accapare tous les pouvoirs, a promulgué jeudi un mode de scrutin réduisant considérablement le rôle des partis politiques qui participeraient à ces élections
  • Lundi, une coalition de cinq partis politiques dont le Parti des travailleurs et Al-Joumhouri, ont annoncé boycotter ce scrutin

TUNIS: Cinq nouveaux partis d'opposition en Tunisie ont annoncé lundi qu'ils boycotteraient les élections législatives, prévues le 17 décembre sur la base d'une loi électorale controversée instaurée par le président Kais Saied. 

M. Saied, qui accapare tous les pouvoirs, a promulgué jeudi un mode de scrutin réduisant considérablement le rôle des partis politiques qui participeraient à ces élections. 

La nouvelle loi électorale substitue le scrutin majoritaire uninominal à deux tours au scrutin de liste qui était en vigueur avant le coup de force mené par le président Saied en juillet 2021. 

Le nouveau Parlement comptera 161 députés, et ses prérogatives seront très limitées aux termes de la nouvelle Constitution que le chef de l'Etat a fait adopter en juillet lors d'un référendum largement boycotté. 

Lundi, une coalition de cinq partis politiques dont le Parti des travailleurs et Al-Joumhouri, ont annoncé boycotter ce scrutin. 

"Ces élections représentent la dernière étape de l'agenda politique imposée par Saied", a déploré devant la presse Issam Chebbi, chef du parti centriste Al-Joumhouri. 

"Saied est un dictateur", a fustigé de son côté Hamma Hammami, chef du parti des Travailleurs et opposant farouche sous le régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali. 

Début septembre, le Front de salut national, une coalition de partis d'opposition dont fait partie la formation d'inspiration islamiste Ennahdha, avait déjà annoncé qu'il boycotterait les législatives avant même la publication de la nouvelle loi électorale controversée. 

Après des mois de blocages politiques, M. Saied avait suspendu le Parlement dominé par Ennahdha et limogé le gouvernement le 25 juillet 2021 pour s'arroger les pleins pouvoirs, faisant vaciller la jeune démocratie dans le pays d'où les révoltes du Printemps arabe étaient parties en 2011. 


Une joueuse d’échecs iranienne refuse de filmer une vidéo d’excuses pour avoir retiré son voile

La joueuse d’échecs iranienne Sara Khadem participe, sans porter de voile, aux Championnats du monde d’échecs de parties rapides et de blitz de la FIDE à Almaty, au Kazakhstan, le 26 décembre 2022. (Reuters)
La joueuse d’échecs iranienne Sara Khadem participe, sans porter de voile, aux Championnats du monde d’échecs de parties rapides et de blitz de la FIDE à Almaty, au Kazakhstan, le 26 décembre 2022. (Reuters)
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  • On a demandé à Khadem de justifier sa décision de ne pas porter le voile pendant le tournoi en invoquant la pression occidentale
  • La joueuse d’échecs espère entrer dans le top 10 mondial depuis sa nouvelle base en Espagne

LONDRES: Une joueuse d’échecs iranienne qui a participé à un tournoi sans voile a déclaré au Telegraph qu’elle s’était réfugiée en Espagne après avoir refusé l’ordre de Téhéran de filmer une vidéo d’excuses.

Sara Khadem est la 17e meilleure joueuse d’échecs au monde et la première femme iranienne à devenir maître international.

Une photo virale de Khadem participant à un tournoi au Kazakhstan sans voile a fait d’elle un symbole des manifestations antirégime en cours dans le pays.

La jeune femme de 25 ans raconte qu’on lui a demandé de justifier sa décision de ne pas se couvrir la tête pendant le tournoi en invoquant la pression occidentale.

«Je n’allais pas faire cela», lance Khadem.

Bien qu’elle ne se soit auparavant couvert la tête que lors des tournois internationaux, à l’occasion de présentations et de photographies officielles, elle a commencé à trouver cela hypocrite.

«Cette fois, j’ai senti que si je faisais comme avant, je manquerais de respect au peuple», souligne-t-elle.

Ces dernières années, Khadem s’est exprimée ouvertement contre le gouvernement de son pays. En 2019, elle a fait part de son soutien à une jeune star iranienne des échecs qui avait refusé d’accepter la politique de Téhéran exigeant que les joueurs déclarent forfait lors de parties contre des adversaires israéliens.

En janvier 2020, Khadem a annoncé sa retraite de l’équipe nationale d’échecs pour protester contre l’abattage par l’Iran d’un avion commercial ukrainien, un incident qui a coûté la vie à 176 personnes.

Elle a également utilisé des hashtags pour afficher sa solidarité avec les manifestants antirégime à la suite de la mort de Mahsa Amini.

Khadem, qui se trouve toujours en Espagne avec son mari et son fils, confie que ses parents, qu’elle avait l’habitude de visiter «presque tous les jours», lui manquent.

«J’espère que je serai la seule à être tenue pour responsable de ce que j’ai fait», poursuit-elle.

«Nous sentons que nous sommes les bienvenus en Espagne, mais nous avons laissé en Iran certaines des choses les plus importantes de la vie, donc les sentiments sont mitigés», ajoute-t-elle. 

Khadem espère entrer dans le top 10 mondial depuis sa nouvelle base en Espagne, mais elle veut aussi représenter l’Iran dans les tournois en tant que joueuse individuelle, rapporte The Telegraph.

«Je suis une joueuse d’échecs. Je ne suis pas une personnalité politique. En tant que joueuse d’échecs, j’ai certaines responsabilités vis-à-vis de ce qui se passe autour de moi, mais les échecs sont ma priorité dans la vie. Je ne me vois pas comme une militante», déclare-t-elle.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L’Arabie saoudite condamne fermement une attaque israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine

Les proches d’un Palestinien tué lors de l’attaque israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie occupée, pleurent lors des funérailles, le 26 janvier 2023. (AFP)
Les proches d’un Palestinien tué lors de l’attaque israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie occupée, pleurent lors des funérailles, le 26 janvier 2023. (AFP)
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  • Le ministère palestinien de la Santé a déclaré que le bilan des affrontements s’élevait à 9 morts, dont une femme, et que 20 personnes avaient été blessées
  • Le ministère des Affaires étrangères saoudien a indiqué qu’il rejetait les graves violations du droit international perpétrées par les forces israéliennes

RIYAD: L’Arabie saoudite a fermement condamné et dénoncé une attaque israélienne dans un camp de réfugiés à Jénine, qui a entraîné la mort d’au moins neuf Palestiniens.

La journée la plus sanglante en Cisjordanie depuis des années a été marquée par une attaque dans le camp de réfugiés surpeuplé de la ville de Jénine, dans le nord du pays. Des coups de feu ont retenti dans les rues et de la fumée s’est échappée des barricades en feu.

Le ministère palestinien de la Santé a déclaré que le bilan des affrontements s’élevait à 9 morts, dont une femme, et que 20 personnes avaient été blessées avant que les forces israéliennes ne se retirent en milieu de matinée.

Plus tard, l’armée israélienne a abattu un Palestinien de 22 ans dans un autre incident.

Le ministère des Affaires étrangères du Royaume a indiqué qu’il rejetait les graves violations du droit international perpétrées par les forces israéliennes, réitérant son appel à la communauté internationale pour qu’elle assume ses responsabilités afin de mettre fin à l’occupation, d’arrêter l’escalade et les agressions israéliennes et de fournir la protection nécessaire aux civils.

Le ministère a également présenté les sincères condoléances du Royaume aux familles des victimes ainsi qu’au gouvernement et au peuple de Palestine, et a souhaité un prompt rétablissement aux blessés.

Le Koweït et Oman ont eux aussi condamné l’attaque, ont rapporté leurs agences de presse nationales jeudi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Raid à Jénine: l'Autorité palestinienne met fin à sa coordination sécuritaire avec Israël

Le président palestinien Mahmoud Abbas s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le président français au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 20 juillet 2022. (Photo, AFP)
Le président palestinien Mahmoud Abbas s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le président français au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 20 juillet 2022. (Photo, AFP)
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  • Cette annonce palestinienne fait suite à une incursion militaire israélienne jeudi matin dans le camp de réfugiés de Jénine, au cours de laquelle neuf Palestiniens ont été tués
  • L'Autorité palestinienne avait déjà pris une décision similaire en mai 2020 pour protester contre un projet israélien d'annexion de pans de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l'armée israélienne depuis 1967

RAMALLAH: L'Autorité palestinienne a annoncé jeudi mettre fin à la coordination sécuritaire avec Israël, après un raid militaire israélien durant lequel neuf Palestiniens ont été tués dans le camp de réfugiés de Jénine, ville du nord de la Cisjordanie occupée.

"A la lumière des agressions répétées contre notre peuple et des violations d'accords signés, notamment sécuritaires, nous considérons que la coordination sécuritaire avec le gouvernement d'occupation israélien cesse d'exister à partir de maintenant", a indiqué dans un communiqué le bureau du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

L'Autorité palestinienne avait déjà pris une décision similaire en mai 2020 pour protester contre un projet israélien d'annexion de pans de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l'armée israélienne depuis 1967.

La coordination sécuritaire entre Israéliens et Palestiniens - héritée des accord de paix d'Oslo (1993) ayant débouché sur la création de l'Autorité palestinienne - avait repris en novembre 2020. Sa suspension avait eu un effet notamment sur les transferts de patients palestiniens vers des hôpitaux israéliens.

Cette annonce palestinienne fait suite à une incursion militaire israélienne jeudi matin dans le camp de réfugiés de Jénine, au cours de laquelle neuf Palestiniens ont été tués.

L'armée israélienne a indiqué y avoir mené une "opération de contre-terrorisme" visant des membres de l'organisation Jihad islamique qui, d'après le ministre de la Défense Yoav Gallant, planifiaient une attaque en Israël.

D'autres incidents ont éclaté ailleurs en Cisjordanie. Un dixième Palestinien a été tué par balles par les forces israéliennes jeudi, à Al-Ram près de Jérusalem, dans des conditions non précisées.

Ces décès portent à 30 le nombre de Palestiniens, civils ou membres de groupes armés, tués depuis le début de l'année dans des violences avec des forces ou des civils israéliens.