PS: Les parlementaires planchent sur la rentrée et l'«alternance à gauche»

Les socialistes interrogés s’attachaient toutefois à ne pas souffler sur les braises (Photo, AFP).
Les socialistes interrogés s’attachaient toutefois à ne pas souffler sur les braises (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 20 septembre 2022

PS: Les parlementaires planchent sur la rentrée et l'«alternance à gauche»

  • «Des moments forts nous attendent», a déclaré en ouverture des journées parlementaires le chef de file des sénateurs Patrick Kanner
  • Le premier secrétaire Olivier Faure a lui rappelé à l’ordre les alliés à l'Assemblée

RENNES: Les parlementaires PS, réunis à Rennes, se préparent à une rentrée volatile sur le plan social, avec la volonté pour certains de prendre la place centrale au sein de la Nupes, et de proposer une alternative à une arrivée de l'extrême droite au pouvoir.

"Des moments forts nous attendent", a déclaré en ouverture des journées parlementaires le chef de file des sénateurs Patrick Kanner, évoquant notamment "l'amendement scélérat" sur la retraite à 65 ans, que pourrait déposer le gouvernement lors de l'examen du budget de la sécurité sociale.

"On est réuni pour la préparation de cette rentrée (…) et travailler à la fois sur l’énergie, le pouvoir d'achat et les grandes questions sociales qui vont occuper la rentrée", a expliqué le chef du groupe à l'Assemblée Boris Vallaud.

Dans le détail, les parlementaires, planchent pendant deux jours sur "les besoins énergétiques des Français", "les défis des territoires ruraux", ou "encore la reconquête de la confiance des classes populaires et moyennes", un impératif répété à l’envi par les deux responsables pour contrer le Rassemblement national.

Boris Vallaud, "témoin atterré de l'arrivé en masse du RN à l'Assemblée", a aussi insisté sur la nécessité de maintenir la cohésion au sein de la Nupes, pour incarner une "alternance à gauche" contre une future victoire de l'extrême droite, évoquant les résultats électoraux en Suède et les prochaines législatives en Italie.

Le premier secrétaire Olivier Faure a lui rappelé à l’ordre les alliés à l'Assemblée. "Nous avons besoin d’être concentrés, et d'éviter que la gauche ne s'éparpille dans des débats parfois incompréhensibles et illisibles", déplorant la polémique autour des déclarations du communiste Fabien Roussel. "On n'a pas de débat entre le droit au travail et le droit à la paresse. On défend les travailleurs, pour qu’ils puissent vivre de leur salaire et avoir une vie digne", a-t-il asséné.

«Faire éclore un bourgeon»

"L'union de la gauche, c'est un point de départ exigeant", a insisté M. Vallaud, invitant à "faire éclore" le "bourgeon" en "fleur, une rose, fidèle à ce que nous sommes".

Pour lui, "la responsabilité des socialistes, à gauche, c'est de jouer la carte du parlementarisme. Ne nous privons pas des petits victoires que nous pourrions ramener".

Avec "95 parlementaires socialistes", le PS est "la première force de gauche", affirme Patrick Kanner, promettant que le Sénat travaillera avec l'Assemblée pour "montrer cette force incontournable", mettant en avant une proposition de loi à venir pour un référendum d'initiative partagée sur la taxation des superprofits.

"C'est comme ça que nous existerons. Personne ne nous fera de cadeau, y compris chez nos partenaires de la gauche", ajoute-t-il.

"Peut-être que l'ambition du PS c'est de dire qu’on est les mieux placés pour proposer un accord programmatique qui soit de nature à rassembler suffisamment de Français pour espérer gouverner à nouveau", pense Hervé Saulignac, député de l’Ardèche.

Son collègue de Mayenne Guillaume Garot veut montrer "en travaillant" que les socialistes "sont les plus convaincants", et "défendre une ligne politique" au sein de la Nupes pour "essayer d’incarner une forme de leadership dans l’union de la gauche".

Hasard du calendrier ces journées interviennent au lendemain de l’annonce par Adrien Quatennens de sa mise en retrait de ses fonctions au sein de LFI, après avoir reconnu des violences contre son épouse.

Et dans la soirée, la députée écologiste Sandrine Rousseau a été interrogée sur France 5 à propos de violences "morales" reprochées au numéro un d'EELV Julien Bayou par une ex-compagne.

Saluant le retrait d'Adrien Quatennens, certains députés PS ont déploré des "fragilités" dans la défense du député du Nord par les dirigeants Insoumis.

Olivier Faure a déclaré "comprendre que les liens d'amitié finissent parfois par se superposer avec ce qu'est l'intérêt collectif", "mais il faut qu'il n'y ait aucune exception".

Les socialistes interrogés s’attachaient toutefois à ne pas souffler sur les braises. "Peut-être que les Insoumis vont se rendre compte (...) que certains socialistes, Faure, Vallaud, sont aptes à porter la dynamique collective", glisse quand même un député, tout en refusant d'en faire un sujet de "discorde".


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.


"La France vous aime", "l'Arménie avec l'Europe", clame Macron sur les lieux du séisme de 1988

Le président français Emmanuel Macron, accompagné du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et du président arménien Vahagn Khachaturyan, s’éloigne après avoir rendu hommage au mémorial des victimes du séisme de 1988, à Gyumri, le 5 mai 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, accompagné du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et du président arménien Vahagn Khachaturyan, s’éloigne après avoir rendu hommage au mémorial des victimes du séisme de 1988, à Gyumri, le 5 mai 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron réaffirme à Gyumri l’amitié forte entre la France et l’Arménie, en évoquant la mémoire du séisme de 1988 et le soutien historique français
  • Il soutient une Arménie tournée vers l’Europe et la paix, malgré les tensions passées avec l’Azerbaïdjan, en insistant sur un partenariat durable

ARMENIE: "La France vous aime !", "l'Arménie avec l'Europe" : Emmanuel Macron a conclu mardi sa visite d'Etat dans cette ex-république soviétique sur un message appuyé d'amitié et pro-européen depuis Gyurmi, ville martyre du tremblement de terre de 1988.

"Personne n’a oublié ce jour de décembre 1988 où les horloges se sont arrêtées, où la ville a été touchée et où le monde s’est levé +pour toi Arménie+", a lancé le président aux milliers d'habitants réunis sur la place Vardanants, au coeur de la cité reconstruite, pour un concert franco-arménien.

Deuxième ville du pays, Gyumri a été détruite à 60% lors du séisme qui fit près de 26.000 morts le 7 décembre 1988. A proximité immédiate de la Turquie, elle abrite aussi toujours aujourd'hui une base russe, héritée de l'URSS.

"Pour toi Arménie", chanson emblématique écrite par Charles Aznavour pour les victimes du tremblement de terre, avait été entonnée juste avant sur scène par l'orchestre d'Etat et le Choeur académique national d'Arménie.

"L'héritage de Charles Aznavour demeure immense et précieux pour les peuples arméniens et français", a proclamé la présentatrice du concert entre deux interprétations.

Les artistes Patrick Fiori et Joyce Jonathan ont aussi ajouté à la touche française, avec en toile de fond des écrans géants aux couleurs de la France.

Le Premier ministre Nikol Pachinian, qui accompagnait le président, était aussi un peu en campagne dans cette ville symbole à un mois des élections législatives du 7 juin.

Les deux dirigeants se sont d'ailleurs prêtés à un long bain de foule après s'être inclinés devant le monument aux victimes du séisme sur une autre note de Charles Aznavour ("Emmenez-moi").

Le tremblement de terre avait alors eu une forte résonnance en France, pays qui abrite une importante diaspora arménienne (400.000 personnes).

La France "s’est mobilisée", dépêchant plus de 500 sapeurs-pompiers et militaires sur place, a rappelé Emmanuel Macron.

"Après l’enfer, après l’hiver, c’est un nouveau printemps", a-t-il salué, citant les paroles de "Pour toi Arménie", sans esquiver les "difficultés" du pays ces dernières années avec le long conflit territorial contre l'Azerbaïdjan, autre héritage de l'URSS.

Nikol Pachinian a conclu un accord de paix après la reconquête de l'enclave du Karabakh, majoritairement peuplée d'Arméniens, par Bakou en 2023, malgré le traumatisme ressenti dans la population.

"Comme Gyumri est là, avec ce nouveau visage, l’Arménie avance en paix, en stabilité, avec l’Europe", a estimé Emmanuel Macron sous les applaudissements.

"Comme nous étions là en décembre 1988, nous étions là dans les pires heures de 2020 (de la guerre, ndlr) et nous serons là aujourd'hui et demain à vos côtés. N'oubliez jamais que la France vous aime", a assuré Emmanuel Macron.