La diversité des sols en Arabie saoudite, un terreau fertile pour de nombreuses cultures

Avec deux millions de kilomètres carrés de terres, le Royaume abrite des plantations diverses. (Photo fournie).
Avec deux millions de kilomètres carrés de terres, le Royaume abrite des plantations diverses. (Photo fournie).
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Publié le Jeudi 22 septembre 2022

La diversité des sols en Arabie saoudite, un terreau fertile pour de nombreuses cultures

  • L’Arabie saoudite exporte plus de 300 variétés de dattes dans le cadre d’une industrie qui vaut 7,5 milliards de riyals saoudiens (plus de deux milliards d’euros)
  • L’air humide et le sol fertile de Jazan, d’Al-Baha et d’Abha sont les conditions idéales pour la culture du café

DJEDDAH: Les paysages naturels de l’Arabie saoudite sont considérés comme les plus diversifiés à l’échelle mondiale. Avec deux millions de kilomètres carrés de terres, le Royaume abrite des plantations telles que des palmiers, des fruits, des olives, du café, du riz et des lentilles, entre autres.

Les palmiers, synonymes de croissance, de vitalité et de prospérité

Bien que le changement climatique constitue une menace pour l’agriculture à travers le monde, le climat variable dans différentes régions du Royaume le rend idéal pour la plantation des palmiers.

Les palmiers symbolisent l’Histoire, le patrimoine, la générosité et l’hospitalité de la nation saoudienne et de sa culture. Ils sont également une ressource naturelle pour l’un des fruits anciens les plus populaires au monde: les dattes.

dattes
Les 33 millions de palmiers du Royaume représentent 27 % de l’ensemble des palmiers à l’échelle mondiale. (Photo fournie).

Selon le Conseil international des dattes, il y a 200 millions de palmiers dans le monde, produisant 9,5 millions de tonnes de dattes par an dans quarante pays.

Le Centre national saoudien pour les palmes et les dattes a récemment annoncé que, selon le Centre du commerce international, le Royaume se classait, en 2021, au premier rang international parmi 113 pays en matière d’exportations de dattes, avec une valeur de 1,2 milliard de riyals saoudiens (323,4 millions de dollars; 1 dollar = 1,01 euro).

Les 33 millions de palmiers du Royaume représentent 27 % de l’ensemble des palmiers à l’échelle mondiale, avec 1,54 million de tonnes de dattes produites annuellement à travers treize régions réparties sur 123 000 exploitations agricoles.

«Cet exploit remarquable et le niveau élevé d’excellence que le Royaume a atteint dans l’exportation de dattes sont dus aux efforts déployés au fil des ans par le ministère de l’Environnement, de l’Eau et de l’Agriculture», déclare Bachar al-Koraie, PDG de la société de dattes Zadna, dans un entretien accordé à Arab News.

Le ministère a également soutenu la marque saoudienne de dattes en améliorant la qualité de la production dans les fermes, en suivant les meilleures pratiques agricoles et en adoptant des normes de qualité pour les dattes exportables dans les usines et les stations de conditionnement.

L’Arabie saoudite exporte plus de 300 variétés de dattes vers différents pays, dont les États-Unis, l’Europe, l’Asie de l’Est, la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (Mena) et les États du Golfe.

M. Al-Koraie affirme que les variétés de dattes les plus célèbres au sein du Royaume sont la majdool, la khudari, la khlas, la sukkari, la shishi, la safawi, la sufri, la sagee, l’ajwa, la barhi et l’anbara.

La valeur du secteur des palmes et des dattes en Arabie saoudite s’élève à près de 7,5 milliards de riyals saoudiens, soit 12% de la production agricole totale et 0,4 % du produit brut total non pétrolier.

Les trois régions administratives les plus importantes pour la production de dattes dans le Royaume sont situées au centre, à l’est et à l’ouest du pays. Il s’agit de Qassim, d’Al-Ahsa – connue sous le nom de «Mère des palmiers» – et de Médine.

Les dattes de la province de Qassim sont exportées vers plus de 74 pays à travers le monde. La région produit plus de 300 000 tonnes de dattes par an.

«La Vision 2030 du Royaume a accordé une grande attention au secteur des palmiers et des dattes à travers son développement et sa durabilité. L’initiative a également permis de mettre en œuvre des programmes pour développer le secteur. Le taux global du produit intérieur brut (PIB) du pays a augmenté», soutient Bachar al-Koraie.

Jouf abrite plus de 984 000 palmiers et la région produit plus de 70 000 tonnes de dattes de différentes variétés chaque année.

Les arbres produisent un type spécial de datte, connu sous le nom de «Helwat al-Jouf».

Ce gros fruit noir et très sucré conserve sa qualité et peut être conservé jusqu’à cinq ans. Il est généralement servi en hiver et utilisé dans une variété de desserts arabes traditionnels.

Le secteur des palmes et des dattes du ministère de l’Environnement, de l’Eau et de l’Agriculture dispose désormais d’un soutien à l’échelle internationale. Le Royaume a réussi à enregistrer les dattes comme «fruit inhabituel» auprès de l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La FAO a également approuvé la proposition de l’Arabie saoudite de qualifier 2027 comme «Année internationale des dattes».

La banque de matériel génétique de palmes et de dattes de Mewa figure dans le livre Guinness des records, étant donné qu’elle abrite le plus grand nombre de variétés de palmiers, avec 127 types nationaux.

Pour soutenir les producteurs de palmes saoudiens et les aider à développer leurs activités agricoles, le Centre national saoudien pour les palmes et les dattes a créé une nouvelle plate-forme électronique, Mozare3, début août.

La plate-forme vise à être le premier et le principal soutien au développement et à l’augmentation de la production des agriculteurs, tout en contribuant à la durabilité du secteur de la palme et des dattes.

Les grains de café, l’or vert du Royaume

Le café et les dattes sont deux produits emblématiques et une célèbre combinaison saoudienne. Le café est ancré dans les valeurs saoudiennes d’hospitalité, de musique et de poésie au point d’occuper une place centrale au sein du patrimoine folklorique saoudien.

L’Arabie saoudite occupe le 50e rang mondial en termes de quantité de production de grains de café.

Almohanad al-Marwai, cofondateur et PDG de l’Arabian Coffee Institute, déclare à Arab News que les variétés de grains de café dans le Royaume restent à déterminer.

«Le principal type est l’arabica. Cependant, les principales variétés font encore l’objet d’études A.D.N. pour déterminer ce que le Royaume produit.»

Les plantations de café se trouvent principalement à Jazan, tandis qu’il existe plusieurs plantations de café à Al-Baha et Abha.

L’environnement humide et frais des zones montagneuses, ainsi que le sol fertile, est idéal pour la culture du café, qui dépend entièrement de l’eau de pluie saisonnière.

Ce qui distingue Jazan, ce sont les caractéristiques agricoles de ses hauts plateaux qui disposent de terrasses pour la culture du café.

Avec douze ans d’expérience dans l’industrie du café, M. Al-Marwai est également un formateur agréé de la Specialty Coffee Association.

«Jazan est le seul endroit au monde qui utilise actuellement cette méthode de plantation de café, ce qui joue un rôle majeur dans les notes et la saveur du café», souligne Almohanad al-Marwai.

La variété de café la plus populaire de Jazan, le khawlani, est connue sous le nom d’«or vert» et d’«arbre choyé». Elle est nichée au plus profond des forêts, sur des terres fertiles.

«Les notes aromatiques du khawlani sont généralement plus proches des fruits secs, des raisins secs, des dattes, des notes épicées, de la cardamome, de la cannelle et du chocolat noir», indique M. Al-Marwai.

«Le Royaume produit actuellement quelque 300 tonnes par saison. Cependant, il devrait atteindre 3 000 tonnes au cours des trois prochaines années, étant donné que le gouvernement prend des mesures sérieuses pour garantir la qualité et la durabilité de la production de café afin qu’elle soit autosuffisante», ajoute-t-il.

«Je constate qu’Al-Baha et Abha ont un énorme potentiel en matière de plantation de café, car les deux régions ont récemment produit une récolte de café remarquable.»

Pendant des siècles, cette boisson a été au cœur de la culture et des traditions profondément enracinées de l’Arabie saoudite. Le ministre saoudien de la Culture, le prince Badr ben Abdallah ben Farhane, a annoncé plus tôt cette année que 2022 serait «l’année du café saoudien».

Selon des statistiques récentes, la production nationale de café arabe à Jazan, Al-Baha et Asir a atteint 1 810 tonnes par an, provenant de 2 535 fermes et de 398 000 caféiers.

Les cultures de mangues prospèrent dans les régions du sud et de l’ouest du Royaume

Jazan est également célèbre pour ses manguiers. En 2018, la région a obtenu une indication géographique – un nom de produit ou un signe qui correspondent à une situation géographique ou à une origine spécifique – pour les mangues.

Le succès de la culture de la mangue dans la région est dû à son sol fertile et à ses eaux souterraines abondantes, qui font de cet arbre tropical l’un des fruits distinctifs de la région.

Grâce au programme de développement rural agricole durable initié par Mewa, la région de Jazan a fait des progrès considérables dans le développement de la culture de la mangue et l’expansion de la production.

Le programme vise à optimiser le secteur agricole rural et à élever le niveau de vie des familles rurales. Il vise également à accroître l’efficacité de la production, à améliorer le mode de vie et à assurer la sécurité alimentaire, notamment en soutenant la culture de la mangue.

Avec plus de 60 variétés de mangues, la production dans la région de Jazan a fait un bond en avant en termes de quantité de récolte annuelle, qui est passée de 18 000 tonnes en 2005 à plus de 65 000 tonnes en 2022, avec 19 109 exploitations et plus de 1 million de manguiers.

La réussite de la culture de la mangue dans la région a commencé en 1981, lorsque le Centre de recherche agricole, en coopération avec la FAO, a introduit à Jazan des variétés de mangue de haute qualité provenant de divers pays.

Jalan, toumi, kait, balamar, zebda, sensation et sandari sont des variétés populaires, ainsi que des types hybrides issus de pays comme l’Inde, le Pakistan, l’Égypte, le Kenya, le Soudan, l’Australie et les États-Unis.

Dans l’ouest du Royaume, la ville côtière d’Umluj abrite également 24 000 arbres qui produisent chaque année 10 000 tonnes de mangues de la meilleure qualité disponible au Royaume.

Le premier festival de la mangue de la région a été créé en 2021 sous le slogan «La mangue Umluj en vaut vraiment la peine».

Marwan al-Juhani, propriétaire de la ferme Muhammadiah à Umluj, déclare à Arab News que l’arrosage est crucial pour une récolte de mangues réussie.

«Pour obtenir une bonne récolte de mangues ici à Umluj, nous avons besoin d’un système d’arrosage développé», précise-t-il.

M. Al-Juhani déclare que chaque manguier doit être âgé de quatre ans au moins avant de produire des fruits et, plus il vieillit, plus la récolte sera importante.

Sa ferme compte 400 manguiers. Elle représente une destination populaire pour les visiteurs et les touristes, qui aiment se promener entre les arbres, cueillir des mangues et les manger sur place.

Les olives chéries du Royaume à la frontière nord

Avec son sol fertile et son climat tempéré, la région du nord de Jouf est devenue le plus grand producteur d’huile d’olive d’Arabie saoudite et elle abrite de vastes vergers contenant des millions d’arbres.

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Les oliviers les plus réputés de Jouf sont ceux qui sont compatibles avec les styles de récolte automatisés, comme l’arbequina, l’arbosana, le koroneiki et l’oliana. (Photo fournie).

Jouf possède également la plus grande ferme oléicole au monde, qui produit chaque année 10 000 tonnes de la meilleure huile d’olive.

L’utilisation de méthodes de plantation intensives fait la particularité des oliviers de Jouf, avec 1 600 arbres plantés sur une superficie d’un hectare. La région abrite plus de 18 millions d’oliviers.

Nasser al-Hamad, propriétaire de la Million Tree Farm, déclare à Arab News: «J’ai mis en place un système d’oliveraies à haute densité dans ma ferme, un modèle plus économique et productif qui a également fourni des récoltes et des saveurs de haute qualité, en plus de générer des économies d’eau.»

Les oliviers les plus réputés de Jouf sont ceux qui sont compatibles avec les styles de récolte automatisés, comme l’arbequina, l’arbosana, le koroneiki et l’oliana.

Selon M. Al-Hamad, 10 kg d’olives permettent de produire 1 L d’huile d’olive de haute qualité.

De nombreux vergers ont des systèmes de pompe d’irrigation automatisés qui ne nécessitent qu’un seul travailleur.

La ville de Sakaka organise un festival annuel de l’olive – l’un des plus importants du Royaume – pour soutenir les agriculteurs locaux, les cultures d’olives et la production d’huile d’olive.

Un climat diversifié conduit à des cultures diversifiées

À la lumière de la lutte mondiale contre le changement climatique, le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a créé l’Initiative verte saoudienne en 2021 avec un investissement qui s’élève à plus de 700 milliards de riyals saoudiens dans la croissance de l’économie verte.

Cette annonce souligne les efforts et les objectifs qui conduiront progressivement le Royaume à s’appuyer sur une énergie propre, protégeant l’environnement et l’améliorant pour les générations futures.

Dans le cadre de cette initiative, 450 millions d’arbres seront plantés et 8 millions d’hectares de terres dégradées seront remis en état d’ici à 2030.

Quatre millions d’arbres ont déjà été plantés pour contribuer à la restauration de la forêt de palétuviers du Royaume.

Quinze milliards de dollars seront investis dans le plan directeur d’AlUla pour créer la plus grande oasis du monde, avec plus de 10 millions de mètres carrés d’espaces verts et ouverts.

L’oasis d’AlUla, située au nord-ouest du Royaume, possède un patrimoine ancien qui ne se limite pas aux inscriptions sur ses montagnes ou à l’érosion de ses rochers; elle abrite une nature unique qui se reflète dans ses oasis vertes et ses riches fermes.

Selon le site Experience AlUla, l’oasis jouera un rôle essentiel dans la prospérité agricole de la région.

L’oasis abrite plus de 200 000 citronniers qui prospèrent dans le désert d’AlUla. Elle est entourée d’un grand nombre de palmiers verts qui maintiennent les citronniers à l’abri du soleil d’été.

Dans un rayon de 20 km autour de l’oasis, 29 variétés d’agrumes sont cultivées, dont des oranges jaffa, baladi, abo surra, torounge, des clémentines, des mandarines, des citrons sucrés, des citrons verts, des pamplemousses, des pomelos, des kumquats et des cédrats.

Mubarak al-Enizi, qui possède 250 arbres fruitiers dans la région, déclare: «Les agrumes d’AlUla se distinguent des variétés d’autres pays par leur qualité et leur goût, et cela s’explique par la fertilité de la terre, l’abondance de l’eau et le climat approprié.»

L’art de cultiver les agrumes à AlUla se transmet de génération en génération. «La connaissance de la culture des agrumes est héritée de nos ancêtres», conclut M. Al-Enizi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: l'armée israélienne déclare que toute la zone au sud du fleuve Zahrani est une «zone de combat»

Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
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  • L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban
  • "A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier

JERUSALEM: L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban.

Dans un message sur les réseaux sociaux semblant acter la fin du cessez-le-feu plus que précaire entre Israël et le mouvement islamiste libanais Hezbollah, le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l'armée israélienne a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans cette région à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

"A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier.

"Au Liban, nous intensifions nos opérations afin de porter des coups toujours plus sévères à l'organisation Hezbollah", a déclaré de son côté le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée israélienne, lors d'une cérémonie de réception d'un nouvel avion ravitailleur pour l'armée de l'Air.

"Cette mission est conduite de manière méthodique, sur tous les fronts — dans les airs comme au sol — avec responsabilité et détermination, face à un ennemi affaibli et durement éprouvé", a-t-il dit selon une vidéo de la cérémonie diffusée par le service de presse de l'armée.

"Le Hezbollah déploie contre nous une large gamme de menaces, notamment celle des drones" explosifs, a-t-il ajouté promettant de poursuivre "sans relâche [les] efforts [pour infliger] à l'ennemi un coût élevé, tant sur la ligne de front qu'en profondeur".


Liban: le Hezbollah dit mener des combats directs avec des forces israéliennes dans le sud

Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
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  • Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué
  • Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité

BEYROUTH: Le Hezbollah a indiqué mercredi mener des combats avec des forces israéliennes dans une localité située à la lisière de la "ligne jaune" établie dans le sud du Liban par Israël, qui étend ses opérations terrestres dans le pays.

L'armée israélienne avait élargi et intensifié ses frappes mardi sur des villes et villages dans le sud du Liban et dans des zones de l'est du pays limitrophes du sud, faisant au moins 31 morts selon les autorités.

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué.

Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité.

Ce village, situé au nord du fleuve Litani, revêt une importance stratégique pour sa proximité avec la ville de Nabatiyé, grande ville du sud visée par un nouvel appel à évacuation israélien avant des frappes, le deuxième depuis mardi.

Israël dit cibler le Hezbollah, qu'il accuse de violer le cessez-le-feu.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" que l'armée israélienne a établie dans le sud du Liban à une dizaine de kilomètres de la frontière, zone qu'elle interdit d'accès aux habitants et où elle mène de larges opérations de démolition.

Parallèlement à cette avancée, Israël a annoncé mardi étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la "ligne jaune", malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril.

"Nous intensifions notre action au Liban" et "nous renforçons la zone de sécurité afin de protéger les localités du nord" d'Israël, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.


L'Iran juge peu probable la reprise de la guerre avec les Etats-Unis

L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis
  • Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces

TEHERAN: L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre.

Dans le même temps, comme une étape de plus vers un retour à la normale, l'accès à internet a été partiellement rétabli en Iran, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks. Et dans le ciel, le trafic a désormais pleinement repris dans 10 aéroports du pays.

Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis. Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces.

"La probabilité d'une guerre est faible en raison de la faiblesse de l'ennemi", a lancé mercredi Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens, cité par l'agence de presse Tasnim. Mais "les forces armées se tiennent en alerte, leurs chargeurs pleins", a-t-il ajouté, jurant de "transformer la zone" allant de l'est à l'ouest du Golfe en "un cimetière pour les agresseurs".

La veille, la République islamique avait déjà menacé de riposter à tout "acte malveillant", accusant Washington d'avoir violé le cessez-le-feu dans le sud du pays.

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait annoncé plus tôt avoir frappé dans la nuit de lundi à mardi des sites de lancement de missiles.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas.

Alors que les pays musulmans célèbrent l'Aïd al-Adha, fête majeure de l'islam, le président iranien Massoud Pezeshkian a délivré à cette occasion un message contre "les tyrans de notre époque".

 "Globalement positives"

Mercredi, les cours du pétrole fléchissaient de nouveau et les Bourses européennes ont ouvert en petite hausse.

Si l'enthousiasme des marchés est retombé après les signaux positifs du weekend, "il subsiste un air d'optimisme prudent quant à la signature et aux détails d'un protocole d'accord (MoU) entre les Etats-Unis et l'Iran", commente Chris Weston, responsable de la recherche chez le courtier Pepperstone.

Car le dialogue n'est pas rompu: l'agence iranienne Isna a fait état de "négociations globalement positives" après la visite de hauts responsables au Qatar, une première depuis le début des hostilités.

Ce déplacement avait pour but de discuter des "modalités d'accès" aux fonds gelés à l'étranger, dont une partie au Qatar, en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon Isna.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps. Washington, qui soupçonne Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique, réclame la destruction du stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain depuis de précédentes frappes, en juin 2025.

Au-delà de la "ligne jaune" 

Donald Trump, qui doit réunir mercredi son gouvernement, cherche de son côté une issue à cette guerre impopulaire qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du quasi blocage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

"Si le mémorandum est signé (...), Trump revendiquera un succès diplomatique, les prix du carburant devraient baisser et l'Iran aura obtenu ce qu'il recherchait depuis le début: la fin des hostilités actives et un répit économique, avant d'être contraint de faire des concessions sur la question nucléaire", écrit sur son site le groupe de réflexion International Crisis Group.

A condition que son allié israélien, désireux de renverser la République islamique, ne fasse pas dérailler les discussions.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé une intensification de l'offensive de l'armée israélienne au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril.

De nouvelles frappes mardi ont fait 31 morts, selon le gouvernement libanais. Et Israël a dit étendre ses opérations terrestres au-delà de la "ligne jaune" qu'elle a établie dans le sud du pays.