La diversité des sols en Arabie saoudite, un terreau fertile pour de nombreuses cultures

Avec deux millions de kilomètres carrés de terres, le Royaume abrite des plantations diverses. (Photo fournie).
Avec deux millions de kilomètres carrés de terres, le Royaume abrite des plantations diverses. (Photo fournie).
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Publié le Jeudi 22 septembre 2022

La diversité des sols en Arabie saoudite, un terreau fertile pour de nombreuses cultures

  • L’Arabie saoudite exporte plus de 300 variétés de dattes dans le cadre d’une industrie qui vaut 7,5 milliards de riyals saoudiens (plus de deux milliards d’euros)
  • L’air humide et le sol fertile de Jazan, d’Al-Baha et d’Abha sont les conditions idéales pour la culture du café

DJEDDAH: Les paysages naturels de l’Arabie saoudite sont considérés comme les plus diversifiés à l’échelle mondiale. Avec deux millions de kilomètres carrés de terres, le Royaume abrite des plantations telles que des palmiers, des fruits, des olives, du café, du riz et des lentilles, entre autres.

Les palmiers, synonymes de croissance, de vitalité et de prospérité

Bien que le changement climatique constitue une menace pour l’agriculture à travers le monde, le climat variable dans différentes régions du Royaume le rend idéal pour la plantation des palmiers.

Les palmiers symbolisent l’Histoire, le patrimoine, la générosité et l’hospitalité de la nation saoudienne et de sa culture. Ils sont également une ressource naturelle pour l’un des fruits anciens les plus populaires au monde: les dattes.

dattes
Les 33 millions de palmiers du Royaume représentent 27 % de l’ensemble des palmiers à l’échelle mondiale. (Photo fournie).

Selon le Conseil international des dattes, il y a 200 millions de palmiers dans le monde, produisant 9,5 millions de tonnes de dattes par an dans quarante pays.

Le Centre national saoudien pour les palmes et les dattes a récemment annoncé que, selon le Centre du commerce international, le Royaume se classait, en 2021, au premier rang international parmi 113 pays en matière d’exportations de dattes, avec une valeur de 1,2 milliard de riyals saoudiens (323,4 millions de dollars; 1 dollar = 1,01 euro).

Les 33 millions de palmiers du Royaume représentent 27 % de l’ensemble des palmiers à l’échelle mondiale, avec 1,54 million de tonnes de dattes produites annuellement à travers treize régions réparties sur 123 000 exploitations agricoles.

«Cet exploit remarquable et le niveau élevé d’excellence que le Royaume a atteint dans l’exportation de dattes sont dus aux efforts déployés au fil des ans par le ministère de l’Environnement, de l’Eau et de l’Agriculture», déclare Bachar al-Koraie, PDG de la société de dattes Zadna, dans un entretien accordé à Arab News.

Le ministère a également soutenu la marque saoudienne de dattes en améliorant la qualité de la production dans les fermes, en suivant les meilleures pratiques agricoles et en adoptant des normes de qualité pour les dattes exportables dans les usines et les stations de conditionnement.

L’Arabie saoudite exporte plus de 300 variétés de dattes vers différents pays, dont les États-Unis, l’Europe, l’Asie de l’Est, la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (Mena) et les États du Golfe.

M. Al-Koraie affirme que les variétés de dattes les plus célèbres au sein du Royaume sont la majdool, la khudari, la khlas, la sukkari, la shishi, la safawi, la sufri, la sagee, l’ajwa, la barhi et l’anbara.

La valeur du secteur des palmes et des dattes en Arabie saoudite s’élève à près de 7,5 milliards de riyals saoudiens, soit 12% de la production agricole totale et 0,4 % du produit brut total non pétrolier.

Les trois régions administratives les plus importantes pour la production de dattes dans le Royaume sont situées au centre, à l’est et à l’ouest du pays. Il s’agit de Qassim, d’Al-Ahsa – connue sous le nom de «Mère des palmiers» – et de Médine.

Les dattes de la province de Qassim sont exportées vers plus de 74 pays à travers le monde. La région produit plus de 300 000 tonnes de dattes par an.

«La Vision 2030 du Royaume a accordé une grande attention au secteur des palmiers et des dattes à travers son développement et sa durabilité. L’initiative a également permis de mettre en œuvre des programmes pour développer le secteur. Le taux global du produit intérieur brut (PIB) du pays a augmenté», soutient Bachar al-Koraie.

Jouf abrite plus de 984 000 palmiers et la région produit plus de 70 000 tonnes de dattes de différentes variétés chaque année.

Les arbres produisent un type spécial de datte, connu sous le nom de «Helwat al-Jouf».

Ce gros fruit noir et très sucré conserve sa qualité et peut être conservé jusqu’à cinq ans. Il est généralement servi en hiver et utilisé dans une variété de desserts arabes traditionnels.

Le secteur des palmes et des dattes du ministère de l’Environnement, de l’Eau et de l’Agriculture dispose désormais d’un soutien à l’échelle internationale. Le Royaume a réussi à enregistrer les dattes comme «fruit inhabituel» auprès de l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La FAO a également approuvé la proposition de l’Arabie saoudite de qualifier 2027 comme «Année internationale des dattes».

La banque de matériel génétique de palmes et de dattes de Mewa figure dans le livre Guinness des records, étant donné qu’elle abrite le plus grand nombre de variétés de palmiers, avec 127 types nationaux.

Pour soutenir les producteurs de palmes saoudiens et les aider à développer leurs activités agricoles, le Centre national saoudien pour les palmes et les dattes a créé une nouvelle plate-forme électronique, Mozare3, début août.

La plate-forme vise à être le premier et le principal soutien au développement et à l’augmentation de la production des agriculteurs, tout en contribuant à la durabilité du secteur de la palme et des dattes.

Les grains de café, l’or vert du Royaume

Le café et les dattes sont deux produits emblématiques et une célèbre combinaison saoudienne. Le café est ancré dans les valeurs saoudiennes d’hospitalité, de musique et de poésie au point d’occuper une place centrale au sein du patrimoine folklorique saoudien.

L’Arabie saoudite occupe le 50e rang mondial en termes de quantité de production de grains de café.

Almohanad al-Marwai, cofondateur et PDG de l’Arabian Coffee Institute, déclare à Arab News que les variétés de grains de café dans le Royaume restent à déterminer.

«Le principal type est l’arabica. Cependant, les principales variétés font encore l’objet d’études A.D.N. pour déterminer ce que le Royaume produit.»

Les plantations de café se trouvent principalement à Jazan, tandis qu’il existe plusieurs plantations de café à Al-Baha et Abha.

L’environnement humide et frais des zones montagneuses, ainsi que le sol fertile, est idéal pour la culture du café, qui dépend entièrement de l’eau de pluie saisonnière.

Ce qui distingue Jazan, ce sont les caractéristiques agricoles de ses hauts plateaux qui disposent de terrasses pour la culture du café.

Avec douze ans d’expérience dans l’industrie du café, M. Al-Marwai est également un formateur agréé de la Specialty Coffee Association.

«Jazan est le seul endroit au monde qui utilise actuellement cette méthode de plantation de café, ce qui joue un rôle majeur dans les notes et la saveur du café», souligne Almohanad al-Marwai.

La variété de café la plus populaire de Jazan, le khawlani, est connue sous le nom d’«or vert» et d’«arbre choyé». Elle est nichée au plus profond des forêts, sur des terres fertiles.

«Les notes aromatiques du khawlani sont généralement plus proches des fruits secs, des raisins secs, des dattes, des notes épicées, de la cardamome, de la cannelle et du chocolat noir», indique M. Al-Marwai.

«Le Royaume produit actuellement quelque 300 tonnes par saison. Cependant, il devrait atteindre 3 000 tonnes au cours des trois prochaines années, étant donné que le gouvernement prend des mesures sérieuses pour garantir la qualité et la durabilité de la production de café afin qu’elle soit autosuffisante», ajoute-t-il.

«Je constate qu’Al-Baha et Abha ont un énorme potentiel en matière de plantation de café, car les deux régions ont récemment produit une récolte de café remarquable.»

Pendant des siècles, cette boisson a été au cœur de la culture et des traditions profondément enracinées de l’Arabie saoudite. Le ministre saoudien de la Culture, le prince Badr ben Abdallah ben Farhane, a annoncé plus tôt cette année que 2022 serait «l’année du café saoudien».

Selon des statistiques récentes, la production nationale de café arabe à Jazan, Al-Baha et Asir a atteint 1 810 tonnes par an, provenant de 2 535 fermes et de 398 000 caféiers.

Les cultures de mangues prospèrent dans les régions du sud et de l’ouest du Royaume

Jazan est également célèbre pour ses manguiers. En 2018, la région a obtenu une indication géographique – un nom de produit ou un signe qui correspondent à une situation géographique ou à une origine spécifique – pour les mangues.

Le succès de la culture de la mangue dans la région est dû à son sol fertile et à ses eaux souterraines abondantes, qui font de cet arbre tropical l’un des fruits distinctifs de la région.

Grâce au programme de développement rural agricole durable initié par Mewa, la région de Jazan a fait des progrès considérables dans le développement de la culture de la mangue et l’expansion de la production.

Le programme vise à optimiser le secteur agricole rural et à élever le niveau de vie des familles rurales. Il vise également à accroître l’efficacité de la production, à améliorer le mode de vie et à assurer la sécurité alimentaire, notamment en soutenant la culture de la mangue.

Avec plus de 60 variétés de mangues, la production dans la région de Jazan a fait un bond en avant en termes de quantité de récolte annuelle, qui est passée de 18 000 tonnes en 2005 à plus de 65 000 tonnes en 2022, avec 19 109 exploitations et plus de 1 million de manguiers.

La réussite de la culture de la mangue dans la région a commencé en 1981, lorsque le Centre de recherche agricole, en coopération avec la FAO, a introduit à Jazan des variétés de mangue de haute qualité provenant de divers pays.

Jalan, toumi, kait, balamar, zebda, sensation et sandari sont des variétés populaires, ainsi que des types hybrides issus de pays comme l’Inde, le Pakistan, l’Égypte, le Kenya, le Soudan, l’Australie et les États-Unis.

Dans l’ouest du Royaume, la ville côtière d’Umluj abrite également 24 000 arbres qui produisent chaque année 10 000 tonnes de mangues de la meilleure qualité disponible au Royaume.

Le premier festival de la mangue de la région a été créé en 2021 sous le slogan «La mangue Umluj en vaut vraiment la peine».

Marwan al-Juhani, propriétaire de la ferme Muhammadiah à Umluj, déclare à Arab News que l’arrosage est crucial pour une récolte de mangues réussie.

«Pour obtenir une bonne récolte de mangues ici à Umluj, nous avons besoin d’un système d’arrosage développé», précise-t-il.

M. Al-Juhani déclare que chaque manguier doit être âgé de quatre ans au moins avant de produire des fruits et, plus il vieillit, plus la récolte sera importante.

Sa ferme compte 400 manguiers. Elle représente une destination populaire pour les visiteurs et les touristes, qui aiment se promener entre les arbres, cueillir des mangues et les manger sur place.

Les olives chéries du Royaume à la frontière nord

Avec son sol fertile et son climat tempéré, la région du nord de Jouf est devenue le plus grand producteur d’huile d’olive d’Arabie saoudite et elle abrite de vastes vergers contenant des millions d’arbres.

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Les oliviers les plus réputés de Jouf sont ceux qui sont compatibles avec les styles de récolte automatisés, comme l’arbequina, l’arbosana, le koroneiki et l’oliana. (Photo fournie).

Jouf possède également la plus grande ferme oléicole au monde, qui produit chaque année 10 000 tonnes de la meilleure huile d’olive.

L’utilisation de méthodes de plantation intensives fait la particularité des oliviers de Jouf, avec 1 600 arbres plantés sur une superficie d’un hectare. La région abrite plus de 18 millions d’oliviers.

Nasser al-Hamad, propriétaire de la Million Tree Farm, déclare à Arab News: «J’ai mis en place un système d’oliveraies à haute densité dans ma ferme, un modèle plus économique et productif qui a également fourni des récoltes et des saveurs de haute qualité, en plus de générer des économies d’eau.»

Les oliviers les plus réputés de Jouf sont ceux qui sont compatibles avec les styles de récolte automatisés, comme l’arbequina, l’arbosana, le koroneiki et l’oliana.

Selon M. Al-Hamad, 10 kg d’olives permettent de produire 1 L d’huile d’olive de haute qualité.

De nombreux vergers ont des systèmes de pompe d’irrigation automatisés qui ne nécessitent qu’un seul travailleur.

La ville de Sakaka organise un festival annuel de l’olive – l’un des plus importants du Royaume – pour soutenir les agriculteurs locaux, les cultures d’olives et la production d’huile d’olive.

Un climat diversifié conduit à des cultures diversifiées

À la lumière de la lutte mondiale contre le changement climatique, le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a créé l’Initiative verte saoudienne en 2021 avec un investissement qui s’élève à plus de 700 milliards de riyals saoudiens dans la croissance de l’économie verte.

Cette annonce souligne les efforts et les objectifs qui conduiront progressivement le Royaume à s’appuyer sur une énergie propre, protégeant l’environnement et l’améliorant pour les générations futures.

Dans le cadre de cette initiative, 450 millions d’arbres seront plantés et 8 millions d’hectares de terres dégradées seront remis en état d’ici à 2030.

Quatre millions d’arbres ont déjà été plantés pour contribuer à la restauration de la forêt de palétuviers du Royaume.

Quinze milliards de dollars seront investis dans le plan directeur d’AlUla pour créer la plus grande oasis du monde, avec plus de 10 millions de mètres carrés d’espaces verts et ouverts.

L’oasis d’AlUla, située au nord-ouest du Royaume, possède un patrimoine ancien qui ne se limite pas aux inscriptions sur ses montagnes ou à l’érosion de ses rochers; elle abrite une nature unique qui se reflète dans ses oasis vertes et ses riches fermes.

Selon le site Experience AlUla, l’oasis jouera un rôle essentiel dans la prospérité agricole de la région.

L’oasis abrite plus de 200 000 citronniers qui prospèrent dans le désert d’AlUla. Elle est entourée d’un grand nombre de palmiers verts qui maintiennent les citronniers à l’abri du soleil d’été.

Dans un rayon de 20 km autour de l’oasis, 29 variétés d’agrumes sont cultivées, dont des oranges jaffa, baladi, abo surra, torounge, des clémentines, des mandarines, des citrons sucrés, des citrons verts, des pamplemousses, des pomelos, des kumquats et des cédrats.

Mubarak al-Enizi, qui possède 250 arbres fruitiers dans la région, déclare: «Les agrumes d’AlUla se distinguent des variétés d’autres pays par leur qualité et leur goût, et cela s’explique par la fertilité de la terre, l’abondance de l’eau et le climat approprié.»

L’art de cultiver les agrumes à AlUla se transmet de génération en génération. «La connaissance de la culture des agrumes est héritée de nos ancêtres», conclut M. Al-Enizi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trois journalistes libanais, dont un de la chaîne du Hezbollah, tués par une frappe israélienne

Des hommes se tiennent à côté d’un immeuble endommagé après le largage de tracts d’avertissement par Israël, dans un contexte d’escalade des hostilités entre Israël et le Hezbollah, alors que le conflit entre les États-Unis et Israël avec l’Iran se poursuit, à Beyrouth, au Liban, le 28 mars 2026. (Reuters/Stringer)
Des hommes se tiennent à côté d’un immeuble endommagé après le largage de tracts d’avertissement par Israël, dans un contexte d’escalade des hostilités entre Israël et le Hezbollah, alors que le conflit entre les États-Unis et Israël avec l’Iran se poursuit, à Beyrouth, au Liban, le 28 mars 2026. (Reuters/Stringer)
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  • Trois journalistes ont été tués dans une frappe israélienne au sud du Liban, suscitant de vives condamnations des autorités libanaises, qui dénoncent un « crime de guerre »
  • Le conflit entre Israël et le Hezbollah s’intensifie, avec de lourdes pertes civiles, des attaques contre des secouristes et une aggravation de la crise humanitaire

BEYROUTH: Trois journalistes libanais, dont un correspondant vedette de la chaîne al-Manar du Hezbollah, ont été tués samedi au Liban, les autorités dénonçant un "crime flagrant".

L'armée israélienne a affirmé avoir tué Ali Shoeib, qu'elle qualifie de membre de la force al-Radwan, unité d'élite du Hezbollah, opérant "sous la couverture d'un journaliste".

Depuis que le Liban a été entraîné le 2 mars dans la guerre régionale par une attaque du Hezbollah pro-iranien contre Israël, 1.189 personnes ont été tuées, dont 124 enfants et 51 secouristes et membres du personnel de santé, dans les frappes israéliennes massives, et plus d'un million ont été déplacées.

Les trois journalistes ont été tués par une frappe qui a visé leur voiture dans la région de Jezzine, éloignée de la frontière, dans le sud du Liban, selon une source militaire et les médias pour lesquels ils travaillaient.

Outre Ali Shoeib, correspondant de guerre de longue date d'al-Manar dans le sud du Liban, la journaliste d'al-Mayadeen, chaîne proche du Hezbollah, Fatima Ftouni, et son frère, le caméraman Mohammed Ftouni, ont été tués.

Le Hezbollah a dénoncé dans un communiqué l'assassinat de son reporter, tandis que des journalistes ont organisé un rassemblement dans le centre de Beyrouth.

- "Crime de guerre" -

Le président libanais Joseph Aoun a qualifié cette frappe de "crime flagrant" et a rappelé que "les journalistes bénéficient d'une protection internationale en temps de guerre".

Le premier ministre Nawaf Salam a quant à lui dénoncé "une violation flagrante du droit international humanitaire".

"Ces actes relèvent de la catégorie des crimes de guerre", a fustigé le ministre de l'Information, Paul Morcos.

Cette attaque intervient alors que deux journalistes de la chaîne russe RT ont été blessés le 19 mars dans une frappe israélienne, qui n'était pas "accidentelle" selon Moscou.

Le 17 mars, le directeur des programmes politiques d'al-Manar, Mohammed Cherri, avait été tué aux côtés de sa femme dans une frappe ayant visé son appartement du centre de Beyrouth, et blessé ses enfants et petits-enfants.

Ce n'est pas la première fois que des journalistes de ces deux chaînes sont visés par l'armée israélienne. En octobre 2024, trois reporters, deux d'al-Mayadeen et un d'al-Manar avaient été tués dans une frappe israélienne dans le sud.

En novembre 2023, deux autres journalistes d'al-Mayadeen avaient été tués par une frappe israélienne dans le sud du pays.

Un mois plus tôt, une frappe a tué le vidéaste de l'agence Reuters, Issam Abdallah, et blessé six autres reporters, dont deux de l'AFP, Dylan Collins et Christina Assi, amputée de la jambe droite.

- Neuf secouristes tués -

Le secteur de la santé est aussi durement touché par l'offensive israélienne: samedi, neuf secouristes ont été tués dans plusieurs frappes israéliennes, selon le ministre de la Santé.

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué 46 secouristes et cinq membres du personnel soignant, a précisé Rakan Nassereddine, ajoutant que 75 attaques ont visé des services de secours et de santé.

Samedi, Israël a poursuivi ses frappes aériennes sur plusieurs localités du sud du Liban, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le Hezbollah a annoncé des attaques contre les forces israéliennes qui progressent dans la région frontalière.

Il a notamment dit avoir frappé un char Merkava à l'aide d'un drone dans la localité de Debel, à majorité chrétienne, où certains habitants sont restés malgré la guerre.

Près de cette localité, un homme qui conduisait sa voiture et son fils ont été tués par "des tirs israéliens", selon l'Ani.

L'armée israélienne a de son côté annoncé poursuivre ses frappes "contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à travers le Liban".

Elle a aussi tenté de larguer des tracts au-dessus de Beyrouth, mais le conteneur ne s'est pas ouvert en vol et est tombé sur un immeuble au sud de Beyrouth, selon un journaliste de l'AFP.

L'armée israélienne a ajouté avoir frappé pendant la nuit des dizaines de cibles du Hezbollah et avoir tué vendredi deux responsables de l'unité de communications du mouvement dans une frappe à Beyrouth.

L'armée libanaise, qui reste à l'écart des violences, a annoncé samedi la mort d'un soldat de 29 ans dans une frappe israélienne dans la région de Nabatiyeh.

Il n'était pas en service, selon un porte-parole de l'armée joint par l'AFP.


Au Liban, un demi-million d'élèves privés d'école à cause de la guerre et des déplacements forcés

Une photographie prise depuis la région de Marjayoun, dans le sud du Liban, montre de la fumée s’élevant du site d’une frappe aérienne israélienne visant le village de Deir al-Zahrani, le 28 mars 2026. (AFP)
Une photographie prise depuis la région de Marjayoun, dans le sud du Liban, montre de la fumée s’élevant du site d’une frappe aérienne israélienne visant le village de Deir al-Zahrani, le 28 mars 2026. (AFP)
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  • La guerre au Liban prive près de 500.000 élèves d’école, beaucoup étant déplacés et contraints de suivre des cours à distance dans des conditions précaires
  • Les difficultés d’accès à internet et le manque de ressources aggravent les inégalités, faisant craindre abandon scolaire, fracture numérique et risques accrus pour les élèves les plus vulnérables

BEYROUTH: Dans une salle d'un lycée transformé en centre d'accueil pour déplacés, Ahmad Melhem essaye tant bien que mal de suivre sur sa tablette un cours préenregistré. Comme des centaines de milliers d'élèves libanais, il est privé d'école en raison de la guerre.

"Nous essayons, avec les moyens du bord, de continuer à étudier pour réaliser nos rêves", explique à l'AFP cet adolescent de 17 ans, alors que certains cours à distance ont repris.

Avec sa famille, ils ont dû fuir la banlieue sud de Beyrouth, pilonnée par l'armée israélienne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, lorsque le Hezbollah a commencé à tirer des roquettes sur Israël, pour venger l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei au premier jour de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran le 28 février.

Avec d'autres familles, ils ont trouvé refuge dans cette salle du lycée Abdel Kader, au coeur de la capitale.

"On a pris des risques pour aller chercher nos livres scolaires", alors que les frappes israéliennes sont quotidiennes sur la banlieue sud, raconte encore Ahmad Melhem, qui veut à tout prix terminer le lycée.

- "La guerre a tout détruit" -

Au total, près de 500.000 élèves ont dû cesser de se rendre en classe depuis le 2 mars, selon l'Unicef; quelque 350 écoles publiques ont été transformées en centre d'accueil, et les établissements scolaires dans les quartiers et localités bombardés par Israël ont fermé leurs portes pour une durée indéterminée.

Les frappes israéliennes ont tué plus de 1.100 personnes, dont 122 enfants, et déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités libanaises.

Dans la salle de classe où s'étalent matelas et couvertures, Ahmad, qui espère plus tard suivre des études d'ingénieur, s'est aménagé un coin avec ses livres et un écran d'ordinateur, mais il ne dispose pas de connexion internet.

Son école privée de la banlieue sud de Beyrouth a fini par reprendre des cours à distance, deux semaines après le début de la guerre, mais avec des aménagements: les matières facultatives restent suspendues, et les cours durent moins longtemps.

Une ONG a installé une connexion internet dans la cour, qui grouille d'enfants en train de jouer et d'adultes qui discutent autour de narguilés, mais Ahmad dit avoir a du mal à se concentrer.

"Les travaux de groupe et les projets scientifiques me manquent", confie le lycéen, qui décrit les cours en présentiel comme "plus stimulants".

Sa mère, Amira Salameh, 41 ans, tente d'aider son fils cadet, huit ans, à suivre lui aussi l'école en ligne.

"Si je laisse tout seul, il se met à rêvasser", dit-elle.  "La guerre a tout détruit, l'éducation est la seule chose qu'il reste à mes enfants."

- "Fracture numérique" -

L'Unicef s'est en particulier inquiété pour les lycéens comme Ahmad qui doivent passer le baccalauréat cette année, craignant qu'ils ne puissent rejoindre les rangs de l'université l'an prochain.

Autre sujet d'inquiétude: un possible abandon de l'école par les filles et adolescentes sous la menace de "mariages forcés", explique le directeur de l'éducation de l'Unicef au Liban, Atif Ratique.

Dans un lycée professionnel de la banlieue nord de Beyrouth, à Dekwaneh, Aya Zahran, 17 ans, passe ses journées "à cuisiner et à travailler à rendre l'endroit vivable", après avoir elle aussi fui la banlieue sud avec sa famille.

"Nous n'avons qu'un téléphone que l'on partage avec mes frères et soeurs" pour suivre les cours en ligne, et souvent, les liens transmis par l'école publique ne fonctionnent pas, dit l'adolescente.

Une illustration du manque de moyens de ces établissements publics, qui n'ont pas les ressources pour donner des cours à distance, et de la "fracture numérique" entre élèves, notamment ceux du sud du pays, les plus affectés par la guerre, selon M. Rafique.

Ces lacunes ont poussé le ministère de l'Education et l'Unicef à lancer une plateforme en ligne de cours préenregistrés. Un service d'assistance par téléphone où les élèves peuvent joindre un professeur sans avoir besoin de connexion internet a aussi été mis en place par l'Unicef et une ONG libanaise.

"Mes enfants sont d'excellents élèves, je ne veux pas qu'ils arrêtent l'école comme nous quand nous étions enfants", clame Nassima Ismaël, déplacée de l'est du pays, en évoquant sa propre enfance pendant la guerre civile (1975-1990).


L'armée israélienne dit faire face à un tir de missile du Yémen

Les Houthis manifestent en solidarité avec l’Iran et le Liban dans la capitale yéménite Sanaa le 27 mars 2026. (AFP)
Les Houthis manifestent en solidarité avec l’Iran et le Liban dans la capitale yéménite Sanaa le 27 mars 2026. (AFP)
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  • L'armée israélienne a détecté un missile tiré depuis le Yémen par les Houthis, première menace directe depuis un mois de conflit, déclenchant l'activation des systèmes de défense anti-aérienne
  • Les Houthis, alliés à l'Iran et à l'"axe de la résistance", menacent d'intervenir militairement contre Israël et les États-Unis en cas d'escalade régionale

JERUSALEM: L'armée israélienne a indiqué samedi avoir détecté un tir de missile depuis le Yémen, une première en un mois de guerre au Moyen-Orient, après que les rebelles Houthis soutenus par Téhéran ont menacé de se joindre au conflit.

Les forces israéliennes ont "identifié le tir d'un missile depuis le Yémen en direction du territoire israélien, les systèmes de défense anti-aérienne sont en action pour intercepter cette menace", a indiqué l'armée sur Telegram.

Les Houthis sont alliés à Téhéran au sein de ce que l'Iran a baptisé "axe de la résistance", aux côtés du Hezbollah libanais, du Hamas palestinien et de groupes armés irakiens pro-iraniens.

"Nous sommes prêts à une intervention militaire directe en cas de nouvelle alliance avec les Etats-Unis et Israël contre l'Iran (...), de conduite d'opérations hostiles à l'Iran ou tout pays musulman depuis la mer Rouge (...), et en cas de poursuite de l'escalade contre la République islamique" d'Iran, a déclaré vendredi le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, dans une vidéo diffusée sur X.

Ces insurgés pro-iraniens, qui contrôlent une grande partie du Yémen, avaient mené de nombreuses attaques contre Israël et les navires commerciaux en mer Rouge pendant la guerre entre Israël et le Hamas palestinien à Gaza, entre 2023 et 2025.

Leurs tirs de missiles et de drones avaient fortement perturbé le trafic dans cette voie maritime stratégique, aujourd'hui utilisée notamment par l'Arabie saoudite pour exporter son pétrole sans passer par le détroit d'Ormuz, où la navigation est bloquée par Téhéran.