Négocier avec les Houthis, une cause perdue selon le dirigeant yéménite

Al-Alimi a affirmé que les Houthis et leurs alliés ont à plusieurs reprises ignoré les engagements pris dans le cadre des traités (Photo, Capture d'écran/UNTV).
Al-Alimi a affirmé que les Houthis et leurs alliés ont à plusieurs reprises ignoré les engagements pris dans le cadre des traités (Photo, Capture d'écran/UNTV).
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Publié le Vendredi 23 septembre 2022

Négocier avec les Houthis, une cause perdue selon le dirigeant yéménite

  • La diplomatie avec les «milices terroristes» sape les fondements de l'ONU, selon le président du Conseil présidentiel yéménite
  • «Des partenaires en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis ont contribué à protéger notre peuple», affirme Rachad Mohammed al-Alimi

LONDRES: Le président du Conseil présidentiel du Yémen a souligné l'inutilité de la diplomatie face à la milice Houthi soutenue par l'Iran.

S'adressant à l'Assemblée générale des Nations unies jeudi, Rachad Mohammed al-Alimi a déclaré que la diplomatie ne fonctionne qu'avec des «régimes légitimes» et que persister à l'utiliser avec des «milices terroristes» sape les fondements de l'ONU en tant qu'institution.

«Pour la huitième année consécutive, un dirigeant yéménite parle de la destruction au Yémen, parle de la pire souffrance dans le monde en ce moment», a-t-il révélé.

«Nous perdons tellement de personnes à cause de cette guerre. Avec chaque année qui passe sans une riposte vigoureuse, les milices et les groupes terroristes qui attaquent notre république se renforcent, devenant de plus en plus dangereux. Ils ne sont pas seulement une menace régionale mais une menace transnationale.

«Je suis ici pour partager à nouveau cette histoire et le mal que le peuple du Yémen a enduré. N'y a-t-il pas un moyen efficace de remédier à cela, de permettre aux Yéménites de mener une vie normale?»

Al-Alimi a affirmé que les Houthis et leurs alliés ont à plusieurs reprises ignoré les engagements pris dans le cadre des traités, notamment l'accord de Stockholm de 2018 et la trêve conclue à Sanaa il y a deux mois.

Il a exprimé sa gratitude pour la position unifiée de la communauté internationale sur la situation au Yémen, et a souligné qu'il n'y avait «aucune excuse» aux agressions des Houthis.

«L’ONU exige que les principes de paix soient respectés, ce qui signifie que nous avons besoin de modes alternatifs de contestation et de dissuasion de ce qui se passe au Yémen», a-t-il ajouté.

«Les partenaires saoudiens et émiratis ont contribué à protéger notre peuple en accueillant des réfugiés yéménites et en soutenant le gouvernement technocratique mis en place aux côtés du Conseil présidentiel.»

Soulignant la menace que les Houthis font peser sur la communauté internationale, Al-Alimi a évoqué le problème du pétrolier FSO Safer au large des côtes yéménites, qui, selon lui, est utilisé afin d’exercer des pressions sur son gouvernement.

Le gouvernement yéménite a acquis le navire de fabrication japonaise dans les années 1980 pour l'utiliser comme plate-forme de stockage offshore pour environ 3 millions de barils de pétrole.

Après avoir pris le contrôle des ports de l'ouest de la mer Rouge, notamment Ras Issa, à seulement 6 km de l'endroit où le Safer est amarré, les Houthis ont également pris le contrôle du navire lui-même, et des rapports indiquent qu’ils avaient miné les eaux.

Cependant, le navire, abandonné depuis, n'a pas fait l'objet de l'entretien nécessaire pour éviter une fuite qui pourrait potentiellement provoquer une marée noire pire que celle survenue au large de la côte sud des États-Unis en 2010.

Alors que l'ONU négocie depuis des années avec les Houthis pour tenter de faire évaluer l’état du pétrolier par des experts, les retards et les faux-fuyants du groupe se succèdent.

Al-Alimi a averti que le fait de ne pas s'occuper du navire, qui a été décrit comme une «bombe à retardement», représente une menace évidente pour la liberté de navigation.

«Ces milices menacent la navigation internationale, l'approvisionnement en énergie, et génèrent une situation dans laquelle vous avez 20 millions de personnes qui souffrent de la famine», a-t-il conclu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Piratée, l'application de Tunisie Telecom envoie un message critique du pouvoir

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
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  • L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application
  • Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche

TUNIS: Au lieu d'une offre promotionnelle, un message critique du pouvoir: à la suite d'une cyberattaque, des clients de Tunisie Telecom ont reçu, via l'application de l'opérateur public tunisien, un texte dénonçant la situation politique et économique du pays.

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante".

"Des promesses et des slogans, pour quel résultat?", demandait-il.

Incrédules et surpris, de nombreux Tunisiens ont aussitôt partagé des captures d'écran sur Facebook.

Il n'a pas été possible de confirmer combien de personnes avaient reçu ce message.

L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application.

Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche.

"Tunisie Telecom confirme que son application numérique MyTT a fait l'objet d'une cyberattaque aujourd'hui, qui a été détectée immédiatement et neutralisée avec succès en un temps record grâce aux mécanismes de protection et de surveillance mis en place, sans aucun impact sur la sécurité des données ni sur la continuité du service", a écrit l'opérateur.

"Par ailleurs, Tunisie Telecom souligne que la notification reçue par certains clients est sans lien avec les activités de l'entreprise ni avec les objectifs de cette application purement commerciale, conçue avant tout pour servir nos clients", a-t-il ajouté.

Des ONG tunisiennes et internationales dénoncent un recul des droits et libertés en Tunisie depuis le coup de force, en juillet 2021, du président Kais Saied, à la suite duquel il s'est octroyé de très larges pouvoirs.


Sud du Liban: Israël annonce la mort d'un de ses soldats

Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
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  • Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails
  • Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats survenue la veille dans le Sud du Liban, portant à 23 le nombre de morts dans ses rangs depuis le déclenchement le 2 mars de la guerre avec le Hezbollah.

Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails.

Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah.

 

 


Sous des chaleurs extrêmes, le hajj met les pélerins à rude épreuve

La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures. (AFP)
La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures. (AFP)
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  • Pour protéger les fidèles, les autorités ont déployé sur les esplanades de la Grande Mosquée  - dont le marbre blanc brûle sous le soleil de plomb - un puissant circuit de climatisation
  • Immenses ventilateurs, brumisateurs et systèmes de refroidissement des sols complètent le dispositif, tandis que des bouteilles d'eau glacée sont distribuées gratuitement aux pèlerins

LA MECQUE: Sous des températures dépassant les 40°C, Inas Gamal s'est résolue à rester dans la chambre, climatisée, de son hôtel, pour faire, entre le lever et le coucher du soleil les prières du hajj, qui débute lundi en Arabie saoudite.

"Il fait très chaud, beaucoup plus que je ne l'imaginais", dit à l'AFP cette Egyptienne mère de quatre enfants, qui effectue pour la première fois le grand pèlerinage annuel musulman.

"Je n'arrive pas à m'adapter" à la chaleur extrême de la péninsule arabique, admet avec gêne cette quadragénaire, en ajustant ses lunettes de soleil.

"J'avais prévu de faire toutes mes prières à la Grande Mosquée", au coeur de laquelle trône la Kaaba, ce cube noir géant vers lequel les musulmans du monde entier se tournent pour prier, "mais je n'ai pas pu y aller pour les prières qui se tiennent en journée", explique-t-elle.

Le Centre national de météorologie prévoit des températures diurnes comprises entre 42 et 47 degrés pendant le hajj et sa série de rites codifiés se déroulant, souvent en plein air, sur plusieurs jours à la Mecque et dans ses environs.

Sous un soleil brûlant et dans une atmosphère étouffante, les pèlerins s'exposent aux coups de chaleur, malaises et même arrêts cardiaques.

Comme Mme Gamal, 1,5 million de fidèles sont déjà arrivés en Arabie saoudite pour effectuer ce pèlerinage, un des cinq piliers de l'islam, qui doit être entrepris par tout musulman au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens.

"Le seul obstacle" 

Pour beaucoup, la chaleur et l'aridité du climat sont un choc.

"Je veille à boire de grandes quantités d'eau et des boissons riches en sels et en minéraux, parce que nous transpirons en permanence et que nous sommes constamment en mouvement", assure à l'AFP Imad Ahmed, venu du Royaume-Uni.

Pour protéger les fidèles, les autorités ont déployé sur les esplanades de la Grande Mosquée  - dont le marbre blanc brûle sous le soleil de plomb - un puissant circuit de climatisation, que la télévision d'Etat saoudienne vante comme sans équivalent au monde.

Immenses ventilateurs, brumisateurs et systèmes de refroidissement des sols complètent le dispositif, tandis que des bouteilles d'eau glacée sont distribuées gratuitement aux pèlerins.

Mais quand même "il fait vraiment très chaud", souffle sous son chapeau Mohamed Nabil, Algérien venu d'Oran, où les températures ne dépassent actuellement pas les 25°C.

Pour ce professeur de 43 ans, qui explique parcourir plus de 30.000 pas par jour, la chaleur constitue "le seul obstacle" au plaisir d'accomplir les rites à La Mecque, berceau de l'islam.

Coups de chaleur 

Les stands de glaces sont pris d'assaut, les pèlerins faisant la queue pour obtenir un pot vendu environ deux euros.

La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures.

Certains rites du hajj restent particulièrement éprouvants, comme l'étape phare du Mont Arafat, mardi, où les pèlerins seront exposés au soleil brûlant sur un promontoire rocheux.

Le ministère saoudien de la Santé a annoncé samedi que ses équipes médicales avaient déjà pris en charge 144 personnes souffrant de coups de chaleur.

En 2024, plus de 1.300 pèlerins avaient péri sous des températures dépassant les 50°C, d'après les autorités.

Dans la vallée de Mina, près de La Mecque, où le pèlerinage doit se conclure avec le rituel de la lapidation de Satan, un hôpital se tient prêt à accueillir les personnes souffrant de coups de chaleur.

Sans cacher sa préoccupation, Jamil Abualenain, directeur général exécutif du Centre national de gestion des crises et des catastrophes sanitaires, y répète pour l'AFP les consignes de base: "consommer suffisamment d'eau, utiliser des parapluies et éviter toute exposition prolongée aux rayons du soleil".