Fin de campagne polémique pour l'alliance conservatrice en Italie

De jeunes militants agitent des drapeaux du parti lors d'un rassemblement clôturant la campagne politique du Parti démocratique (PD) de centre-gauche italien, le 23 septembre 2022 sur la Piazza del Popolo à Rome, en vue des élections générales du 25 septembre. (AFP).
De jeunes militants agitent des drapeaux du parti lors d'un rassemblement clôturant la campagne politique du Parti démocratique (PD) de centre-gauche italien, le 23 septembre 2022 sur la Piazza del Popolo à Rome, en vue des élections générales du 25 septembre. (AFP).
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Publié le Vendredi 23 septembre 2022

Fin de campagne polémique pour l'alliance conservatrice en Italie

  • A gauche comme à droite, tous les ténors de la politique italienne ont tenu vendredi leur dernier meeting dans l'espoir de mobiliser leur base et de séduire les 20-25% d'électeurs indécis avant le scrutin de dimanche
  • Même si les sondages prêtent à Meloni une large avance, «les jeux ne sont pas complètement faits», avertit Franco Pavoncello, de la John Cabot University à Rome

NAPLES: Silvio Berlusconi, en dérapage contrôlé sur l'Ukraine, et Matteo Salvini, à couteaux tirés avec Bruxelles, ont fait le buzz vendredi, à deux jours des législatives, tandis que la favorite Giorgia Meloni bouclait dans le sud pauvre une campagne éclair.

A gauche comme à droite, tous les ténors de la politique italienne ont tenu vendredi leur dernier meeting dans l'espoir de mobiliser leur base et de séduire les 20-25% d'électeurs indécis avant le scrutin de dimanche, pour lequel l'alliance dominée par l'extrême droite est donné archi-favorite.

Meloni, cheffe du parti post-fasciste Fratelli d'Italia (FdI), a choisi Naples, la grande ville du sud, où elle espère prendre des voix au Mouvement 5 Etoiles (M5S) qui avait aspiré une grande partie du vote dégagiste de 2018 mais a depuis perdu du terrain, affaibli par sa participation aux derniers exécutifs.

"Je suis une patriote", a-t-elle lancé devant plusieurs centaines de partisans réunis sur le front de mer, réservant ses ultimes attaques à la gauche, accusée de "cracher sur l'Italie".

A 45 ans, cette Romaine dont le parti est le seul à avoir refusé d'intégrer le gouvernement d'union nationale de Mario Draghi inspire confiance à ses partisans: "tout ce qu'elle dit, elle le fait", a déclaré à l'AFPTV Leone Carmelo, un cuisinier de 71 ans venu de Trente, dans le nord.

Le M5S de l'ex-chef du gouvernement Giuseppe Conte reste cependant populaire dans le sud, où des millions de personnes pauvres bénéficient du "revenu citoyen", un minima qu'il a mis en place en 2019 et que les conservateurs veulent supprimer.

Même si les sondages prêtent à Meloni une large avance, "les jeux ne sont pas complètement faits", avertit Franco Pavoncello, de la John Cabot University à Rome. Pour lui, les M5S, crédités de 11%, "feront mieux que prévu".

«Vote souverain du peuple italien»

Silvio Berlusconi a pour sa part provoqué un tollé en estimant que Vladimir Poutine avait été "poussé" par sa population et les forces prorusses du Donbass à envahir l'Ukraine, tout en dénonçant une guerre "injustifiable" et en réaffirmant son soutien à l'Otan, à l'UE et aux Etats-Unis.

Le leader de la Ligue, Matteo Salvini, a lui exigé "des excuses ou la démission" d'Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne qui a évoqué "les instruments" à la disposition de Bruxelles pour sanctionner d'éventuelles atteintes aux principes démocratiques de l'UE.

"Si les choses vont dans une direction difficile, j'ai parlé de la Hongrie et de la Pologne, nous avons des instruments", a mis en garde Mme von der Leyen en marge d'un déplacement aux Etats-Unis.

"Nous verrons le résultat des élections, nous venons aussi d'avoir des élections en Suède" remportées par la droite avec l'appui de l'extrême droite : "Mon approche est que quel que soit le gouvernement élu démocratiquement, nous travaillons ensemble", a-t-elle aussi souligné.

Matteo Salvini a vivement répliqué vendredi: "C'est quoi, une menace? Arrogance honteuse. Respectez le vote, libre, démocratique et souverain du peuple italien! Amis de tous, valets de personne", a-t-il tweeté.

"L'Italie mérite le respect, les menaces et les chantages à trois jours  du vote sont inacceptables de la part de quelqu'un qui devrait représenter toute l'Europe", a-t-il dit plus tard au cours d'un sit-in devant le siège de la représentation de la Commission à Rome.

"Nous attendons des excuses au peuple italien. Soit ce sont les excuses qui arrivent soit c'est la démission", a-t-il conclu.

Craintes à Paris

Même écho chez le vice-président de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi qui a fait alliance pour ce scrutin avec la Ligue et Fratelli d'Italia. Les déclarations de Mme von der Leyen sont "une interférence" dans la campagne, a jugé Antonio Tajani.

Ces propos à deux jours des élections, perçus par beaucoup en Italie comme un avertissement, pourraient être contre-productifs, estiment les analystes.

"Les Italiens réagissent négativement aux +leçons+ venant de l'étranger", explique Flavio Chiapponi, du département de Sciences politiques de l'université de Pavie.

Par ailleurs Stéphane Séjourné, secrétaire général de Renaissance, le parti du président français Emmanuel Macron, était à Rome vendredi pour soutenir l'alliance centriste, donnée entre 8 et 10%.

La perspective d'une victoire du camp souverainiste en Italie nourrit des craintes, à Bruxelles mais aussi à Paris, a expliqué l'eurodéputé à l'AFP. La France "pourrait malheureusement être un catalyseur politique à des fins électorales" et être la cible privilégiée des critiques du futur exécutif. "On voit bien comment le système nationaliste et populiste fonctionne, il faut à la fois un ennemi interne et un ennemi externe".


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.