La junte guinéenne essuie à son tour la rigueur des Etats ouest-africains

Le président du Burkina Faso, Paul Henri Sandaogo Damiba, assiste à la 77e Assemblée générale des Nations Unies au siège de l'ONU à New York, le 23 septembre 2022 (Photo, Reuters).
Le président du Burkina Faso, Paul Henri Sandaogo Damiba, assiste à la 77e Assemblée générale des Nations Unies au siège de l'ONU à New York, le 23 septembre 2022 (Photo, Reuters).
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Publié le Samedi 24 septembre 2022

La junte guinéenne essuie à son tour la rigueur des Etats ouest-africains

  • Ils ont donné aux militaires un mois pour renoncer à leur projet de gouverner encore trois ans, et accepter un délai «raisonnable et acceptable» pour céder la place
  • À défaut, la Cédéao, qui a dit antérieurement pouvoir se satisfaire d'une période transitoire de deux ans, adoptera des «sanctions plus sévères»

CONAKRY: La Guinée dirigée par les militaires fait à son tour face à la rigueur de l'organisation des Etats ouest-africains, et encourt un régime endurci de sanctions si la junte n'accepte pas de revoir ses plans sur la restitution du pouvoir aux civils.

Les leaders des pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) réunis en sommet extraordinaire jeudi à New York ont signifié leur impatience au colonel Mamady Doumbouya et à ceux qui commandent avec lui depuis le putsch qui a renversé le pouvoir civil en septembre 2021.

Ils leur ont donné un mois pour renoncer à leur projet de gouverner encore trois ans, et accepter un délai "raisonnable et acceptable" pour céder la place, indique un communiqué de l'organisation.

À défaut, la Cédéao, qui a dit antérieurement pouvoir se satisfaire d'une période transitoire de deux ans, adoptera des "sanctions plus sévères" que celles annoncées le jour même.

La Cédéao décide dès à présent de suspendre toute assistance et transaction financière de ses institutions financières avec la Guinée. Un certain nombre de personnalités sont par ailleurs frappés de gel de leurs avoirs financiers et d'interdiction de voyager dans l'espace Cédéao.

La Cédéao avait déjà annoncé de telles sanctions individuelles contre les membres de la junte une dizaine de jours après le putsch de 2021. L'application de ces mesures depuis n'est pas claire. Dans un apparent signe de fermeté, des listes de travail des sanctionnés ont circulé, comprenant le colonel Doumbouya, une volée de colonels, le Premier ministre Bernard Goumou, une flopée de membres du cabinet et des responsables du conseil tenant lieu de Parlement, installé comme le gouvernement par la junte.

Le Premier ministre Bernard Goumou et l'une des principales figures de la junte, le colonel Amara Camara, se sont illustrés jeudi avant le sommet par des attaques personnelles d'une rare violence contre le président en exercice de la Cédéao, le Bissau-Guinéen Umaro Sissoco Embalo, qui avait prévenu mercredi que la Guinée risquaient de "lourdes sanctions".

«Guignol»

M. Goumou a qualifié M. Embalo de "guignol".

Vendredi, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a montré plus de retenue et exprimé la "sérénité" des autorités face aux sanctions.

Ce n'est "pas la durée qui pose problème, c'est, qu'est-ce qu'il faut faire ?" pendant la période précédant le retour des civils, a-t-il dit à Radio France Internationale. Il a évoqué le temps nécessaire pour régler des problèmes anciens comme celui du fichier électoral et pour mener à bien des réformes profondes. Il s'est montré ouvert à la discussion avec la Cédéao. "La Guinée a besoin de moins de sanctions que d'accompagnement", a-t-il déclaré.

Depuis deux ans, la Cédéao a vu se succéder les coups de force militaires en Afrique de l'Ouest, à deux reprises en 2020 et 2021 au Mali, en 2021 en Guinée et en 2022 au Burkina Faso. Elle multiplie les sommets, les missions et les pressions pour abréger les périodes dites de transition et endiguer la contagion, mais est confrontée à des autorités qui n'entendent pas lâcher les commandes de sitôt.

Après près d'un an de condamnation mais aussi de médiation, la Guinée commence à subir le sort de son voisin malien, avec lequel elle a été une des rares à se solidariser.

La Cédéao a infligé au Mali en janvier un sévère embargo pour sanctionner le projet des militaires de rester au pouvoir jusqu'à cinq années supplémentaires. Ces mesures passent pour avoir durement touché l'économie.

La Guinée, comme le Mali, figure parmi les pays les plus pauvres de la planète.

La junte malienne s'est depuis engagée à organiser des élections en février 2024, et la Cédéao a levé l'embargo en juillet.

Mais le Mali et la Guinée restent suspendus des organes de la Cédéao.

La Cédéao maintient aussi les sanctions individuelles contre des dizaines de membres de la junte malienne.

Pays «frères»

Un nouveau noeud de tension s'est formé avec l'arrestation de 49 soldats ivoiriens le 10 juillet à leur arrivée à l'aéroport de Bamako.

Trois ont été libérés, mais le sort des 46 autres nourrit une vive querelle entre Abidjan et Bamako.

Les soldats devaient, selon Abidjan et l'ONU, participer à la sécurité du contingent allemand des Casques bleus au Mali. Bamako dit les considérer comme des "mercenaires" venus attenter à la sûreté de l'Etat.

La Cédéao "condamne avec fermeté" leur incarcération et "dénonce le chantage exercé par les autorités maliennes", dit-elle.

"Mardi, la Cédéao dépêchera au Mali les présidents du Ghana, du Togo et du Sénégal pour obtenir leur libération", a déclaré Omar Aliou Touray à New York.


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.

 

 


Washington examine une proposition iranienne sur le détroit d'Ormuz

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
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  • Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte
  • Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient"

WASHINGTON: La Maison Blanche étudie une nouvelle proposition de l'Iran pour débloquer le détroit d'Ormuz, quasiment paralysé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Téhéran jugeant de son côté mardi que les Etats-Unis n'étaient plus en mesure de dicter leur politique à d'autres pays.

Le blocage d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce du pétrole et du gaz naturel liquéfié, a fragilisé l'économie mondiale et sa réouverture est un enjeu majeur pour un règlement durable du conflit, déclenché par des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée.

Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte.

Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient".

"Exigences illégales et irrationnelles" 

Selon un article du site américain Axios - relayé par l'agence officielle iranienne Irna - l'Iran a transmis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, négocier sur le dossier nucléaire.

Les Etats-Unis "ne sont plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes", a affirmé le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, appelant Washington à renoncer à ses "exigences illégales et irrationnelles".

Le Parlement iranien prépare parallèlement une loi prévoyant de placer le détroit sous l'autorité des forces armées. Selon ce texte, les navires israéliens auraient l'interdiction d'y passer et des droits de passage devraient être acquittés en rials iraniens.

"Nous ne pouvons pas tolérer que les Iraniens tentent d'instaurer un système dans lequel ils décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut leur payer pour l'utiliser", a répliqué Marco Rubio sur Fox News.

Il a par ailleurs insisté sur le volet nucléaire: "nous devons faire en sorte que tout accord conclu les empêche définitivement d'avoir à tout moment l'arme nucléaire à leur portée", a-t-il dit. Téhéran nie nourrir cette ambition et défend son droit au nucléaire civil.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, un méthanier, chargé à plein en GNL, a pu franchir le détroit d'Ormuz courant avril, et se trouvait lundi au large de l'Inde, selon les données du cabinet spécialisé Kpler.

"Conflit gelé"? 

Alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines, les négociations piétinent sur un arrêt durable des hostilités. Face à cette impasse diplomatique, le Qatar a mis en garde mardi contre un "conflit gelé" dans le Golfe.

Après l'annulation par les Etats-Unis d'un deuxième round de négociations au Pakistan, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a rencontré lundi à Saint-Pétersbourg son allié Vladimir Poutine.

Moscou, un des principaux soutiens de Téhéran, fera "tout" pour que "la paix puisse être obtenue le plus rapidement possible", a assuré le président russe.

M. Araghchi a aussi démenti tout affaiblissement de l'Iran malgré les nombreuses frappes qui ont visé le pays durant les premières semaines de la guerre et le blocus maritime imposé par Washington à ses ports.

La guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban.

Le bombardement au premier jour de la guerre de l'école de Minab, dans le sud de l'Iran, un des drames les plus spectaculaires du conflit, a été ramené à 155 morts (dont 120 enfants) contre au moins 175 précédemment, selon un bilan révisé diffusé mardi par la télévision d'Etat iranienne.

Sur le front libanais, l'armée israélienne - qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Des frappes israéliennes dans cette région ont fait quatre morts et 51 blessés lundi, selon le ministère libanais de la Santé. Cela porte à au moins 40 le nombre de personnes tuées au Liban depuis le début de la trêve théoriquement en vigueur sur ce front depuis le 17 avril, d'après un décompte de l'AFP à partir des chiffres du ministère de la Santé.


La stabilité dans le Golfe passe par des « garanties crédibles» de sécurité pour l'Iran

L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
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  • L’ambassadeur iranien à l’ONU affirme que la stabilité du Golfe dépend de garanties crédibles empêchant toute nouvelle attaque contre l’Iran et du respect de sa souveraineté
  • De nombreux pays critiquent l’Iran pour son contrôle du détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran accuse les États-Unis de blocus naval et d’actions assimilées à de la piraterie

NATIONS UNIES: Le retour de la sécurité et de la stabilité dans le Golfe passe par des "garanties crédibles" pour l'Iran contre toute nouvelle attaque américano‑israélienne, a déclaré lundi l'ambassadeur iranien aux Nations unies.

"Une stabilité et une sécurité durables dans le Golfe et dans toute la région ne peuvent être garanties que par une cessation durable et permanente de toute agression contre l'Iran, accompagnée de garanties crédibles de non-répétition et du plein respect des droits et intérêts souverains légitimes de l'Iran", a déclaré Amir Saeid Iravani lors d'une session du Conseil de sécurité convoquée par Bahreïn.

Lors de la réunion à New York, des dizaines de pays ont condamné l'Iran pour son contrôle du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les exportations d'hydrocarbures des pays du Golfe vers le reste du monde.

S'adressant ensuite à la presse, M. Iravani a regretté que les critiques aient visé exclusivement l'Iran, sans mentionner le blocus naval décrété par Washington.

"Les États-Unis agissent comme des pirates et des terroristes, ciblant les navires commerciaux par la coercition et l'intimidation, terrorisant les équipages, se saisissant illégalement des navires et prenant des membres d'équipage en otage", a-t-il déclaré. "Pourtant, parmi ceux qui ont exprimé leur inquiétude quant à la sécurité de la navigation internationale, personne lors de la réunion d'aujourd'hui n'a osé évoquer ni condamner ces actes terroristes."