Liban: 94 morts dans le naufrage d'un bateau de migrants au large de la Syrie

Des personnes en deuil portent le corps de l'une des victimes du naufrage lors de ses funérailles dans la ville portuaire de Tripoli, au nord du Liban, le 23 septembre 2022 (Photo, AFP).
Des personnes en deuil portent le corps de l'une des victimes du naufrage lors de ses funérailles dans la ville portuaire de Tripoli, au nord du Liban, le 23 septembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 24 septembre 2022

Liban: 94 morts dans le naufrage d'un bateau de migrants au large de la Syrie

  • «Le nombre de victimes du bateau qui a coulé au large de Tartous s'élève désormais à 94», a indiqué la télévision d'Etat syrienne samedi soir
  • L'armée libanaise a fait état de son côté de l'arrestation d'un passeur présumé impliqué dans ce drame

DAMAS : Dix-sept nouveaux corps ont été repêchés samedi portant à 94 le nombre de cadavres récupérés depuis le naufrage jeudi au large des côtes syriennes d'un bateau transportant des migrants en partance du Liban, selon les médias officiels syriens.

Le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi, a déploré vendredi "une nouvelle tragédie", après ce naufrage, parmi les plus meurtriers survenus en Méditerranée orientale.

"Le nombre de victimes du bateau qui a coulé au large de Tartous s'élève désormais à 94", a indiqué la télévision d'Etat syrienne samedi soir, alors que 20 personnes ont été jusqu'à présent secourues.

"Quatorze personnes se trouvent à l'hôpital Al-Basel, dont deux en soins intensifs", a déclaré Iskandar Ammar, un responsable de cet hôpital Al-Basel de la ville syrienne de Tartous (ouest), cité par l'agence de presse Sana.

Les recherches se poursuivent pour tenter de retrouver d'éventuels survivants, plusieurs personnes étant toujours portées disparues.

Selon les autorités syriennes, environ 150 personnes, principalement des Libanais et des réfugiés syriens et palestiniens, se trouvaient à bord du petit bateau qui a fait naufrage au large de la ville portuaire de Tartous, à une cinquantaine de km au nord de la ville libanaise de Tripoli d'où était partie l'embarcation.

L'armée libanaise a fait état de l'arrestation d'un Libanais qui "a admis avoir organisé" ce périple "qui devait s'achever en Italie par voie maritime".

Le Liban devient de plus en plus un point de départ d'embarcations illégales de migrants depuis le début en 2019 d'une grave crise économique et financière.

Dix enfants morts noyés

Dix enfants figurent parmi les naufragés, a de son côté affirmé samedi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

Au Liban, des familles endeuillées enterraient leurs proches, dont les corps ont été rapatriés depuis la Syrie voisine.

Dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared, au nord de Tripoli, des centaines de personnes ont pris part aux funérailles de l'une des victimes.

Entre colère et douleur, elles brandissant le poing en l'air tandis que des proches pleuraient en portant un cercueil de fortune dans les rues.

"La population libanaise vit dans des conditions désastreuses, mais la situation est particulièrement grave pour les personnes les plus démunies, y compris les réfugiés", a souligné vendredi la directrice régionale de l'Unicef pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Adele Khodr dans un communiqué.

«Quête de dignité»

M. Grandi a appelé la communauté internationale à venir en aide pour "améliorer les conditions des personnes forcées de fuir leur pays, ainsi que celles des communautés qui les accueillent".

"Ceux qui embarquent dans ces bateaux de fortune en quête de dignité (...) risquent leur vie", a pour sa part dit Philippe Lazzarini, commissaire général de l'agence de l'ONU responsable de l'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa).

"Nous devons faire davantage pour (...) aider les Libanais et les autres peuples de la région à surmonter le sentiment de désespoir."

A la suite de l'effondrement économique au Liban, des réfugiés syriens et palestiniens et des Libanais ont tenté de traverser la Méditerranée à bord d'embarcations de fortune pour se rendre vers des pays européens, notamment l'île de Chypre, située à 175 kilomètres des côtes libanaises.

En avril, le naufrage d'un bateau de migrants surchargé, pourchassé par la marine libanaise au large de Tripoli, avait fait des dizaines de morts.

Le 13 septembre, les garde-côtes turcs ont annoncé la mort de six migrants parmi lesquels deux bébés, et secouru 73 personnes au large de la province de Mugla (sud-ouest). Ces migrants auraient embarqué depuis Tripoli, devenue une plaque tournante de l'immigration illégale en Méditerranée.

Selon l'ONU, au moins 38 bateaux transportant plus de 1.500 personnes ont quitté ou tenté de quitter illégalement le Liban par la mer, entre janvier et novembre 2021.

"Les personnes en quête de sécurité ne devraient pas être contraintes d'entreprendre des voyages migratoires aussi périlleux et souvent mortels", a plaidé Antonio Vitorino, ledirecteur général de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.


Plus d’un million de Libanais risquent de souffrir de la faim d’ici août, avertit l’ONU

Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
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  • Les récents progrès en matière de sécurité alimentaire ont été anéantis par une forte escalade de la violence, replongeant le Liban dans un état de crise, selon des analystes
  • Cette situation intervient alors que les autorités israéliennes émettent un nouvel ordre de déplacement visant 16 zones du sud du Liban, enjoignant les habitants à se rendre dans la ville voisine de Saïda

​​​​​​NEW YORK : Plus d’un million de personnes au Liban risquent de faire face à une insécurité alimentaire aiguë dans les mois à venir, alors que la violence, les déplacements massifs et les difficultés économiques aggravent une situation humanitaire déjà fragile, a averti l’ONU mercredi.

Cette annonce intervient le même jour où les autorités israéliennes ont émis un nouvel ordre de déplacement pour 16 zones situées au sud du fleuve Litani, demandant aux habitants de se relocaliser dans la ville voisine de Saïda.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que ce nouvel ordre accentue les pressions liées aux déplacements à travers le pays, alors que les civils continuent de payer le prix des hostilités en cours.

Les femmes et les enfants restent particulièrement touchés, a-t-il ajouté, avec des rapports faisant état d’une hausse des détresses psychologiques. Beaucoup font face à des difficultés accrues liées au déplacement, à la séparation familiale et à la dégradation des conditions économiques. Les abris surpeuplés augmentent également le risque de violences basées sur le genre, aggravant encore la vulnérabilité des populations déplacées.

« Nous et nos partenaires répondons aux besoins croissants là où l’accès le permet », a déclaré Dujarric aux journalistes à New York, tout en soulignant que les opérations humanitaires restent limitées par un accès restreint aux zones touchées.

La crise est encore aggravée par la détérioration des conditions de sécurité alimentaire. Une nouvelle analyse de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme alimentaire mondial conclut que les progrès récents ont été inversés par la récente escalade de la violence, replongeant le Liban dans une situation de crise.

Les dernières données de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire indiquent qu’environ 1,24 million de personnes — soit près d’une sur quatre parmi celles évaluées — devraient faire face à une insécurité alimentaire de « phase 3 » (niveau de crise) ou pire d’ici août. Cela signifie que les ménages sont contraints d’adopter des stratégies d’adaptation sévères, comme sauter des repas ou vendre des biens essentiels pour pouvoir se nourrir.

Malgré l’ampleur de la crise, le financement des efforts humanitaires reste gravement insuffisant. L’appel éclair pour le Liban n’a jusqu’à présent recueilli qu’un peu plus de 117 millions de dollars, soit seulement 38 % des 308 millions nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents.

Dujarric a averti que sans un soutien financier immédiat supplémentaire et un meilleur accès humanitaire, la situation risque de se détériorer davantage, exposant des millions de personnes à un risque accru de faim et de précarité dans les mois à venir. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com