Gaz naturel: nouvel investissement majeur de TotalEnergies au Qatar

TotalEnergies «aura un rôle stratégique renforcé» dans le développement gazier au Qatar, a assuré M. Kaabi. (AFP)
TotalEnergies «aura un rôle stratégique renforcé» dans le développement gazier au Qatar, a assuré M. Kaabi. (AFP)
Short Url
Publié le Samedi 24 septembre 2022

Gaz naturel: nouvel investissement majeur de TotalEnergies au Qatar

  • Le géant français avait déjà signé en juin un accord de plus de 2 milliards de dollars avec Doha pour le développement du projet North Field East (NFE)
  • Le Qatar, l'un des principaux producteurs de GNL au monde et dont le gaz est l'un des moins chers à produire, souhaite augmenter sa production de plus de 60% pour atteindre 110 millions de tonnes d'ici à 2027

DOHA: Le Qatar a annoncé samedi la signature d'un important contrat de 1,5 milliard de dollars avec le géant gazier et pétrolier français TotalEnergies pour le développement du plus grand champ de gaz naturel au monde.

L'annonce survient sur fond de crise de l'énergie en Europe provoquée par la guerre russe en Ukraine, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, et le ministre de l'Energie et PDG de QatarEnergy (QE), Saad Sherida Al-Kaabi, soulignant l'importance des contrats de longue durée pour assurer l'approvisionnement énergétique de l'Europe.

"QatarEnergy (QE) a sélectionné TotalEnergies comme premier partenaire étranger pour le développement du champ de gaz naturel North Field South (NFS)", a affirmé le géant qatari des hydrocarbures dans un communiqué.

Le géant français avait déjà signé en juin un accord de plus de 2 milliards de dollars avec Doha pour le développement du projet North Field East (NFE).

Le North Field South et le North Field East sont des projets d'extension du champ offshore North Field, le plus grand gisement de gaz naturel au monde que le Qatar partage avec l'Iran.

«Rôle stratégique renforcé»

L'accord de samedi a été signé à Doha par MM. Kaabi et Pouyanné.

TotalEnergies investira 1,5 milliard de dollars dans le nouveau projet, a affirmé M. Pouyanné lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre qatari.

TotalEnergies "aura un rôle stratégique renforcé" dans le développement gazier au Qatar, a assuré M. Kaabi.

Selon QE, la participation de TotalEnergies dans ce projet est de 9,375%, alors que le Qatar a fixé à 25% la part totale des sociétés étrangères.

"D'autres partenaires seront sélectionnés à un stade ultérieur", selon l'agence de presse qatarie QNA.

North Field représente environ 10% des réserves de gaz naturel connues dans le monde, selon QE. Il s'étend sous la mer jusqu'à l'Iran, qui peine à exploiter sa partie du gisement en raison des sanctions internationales.

Le Qatar, l'un des principaux producteurs de GNL au monde et dont le gaz est l'un des moins chers à produire, souhaite augmenter sa production de plus de 60% pour atteindre 110 millions de tonnes d'ici à 2027.

La Corée du Sud, le Japon et la Chine en sont les principaux clients, l'Europe s'étant longtemps opposée aux accords à long terme souhaités par l'émirat. Mais suite à la guerre en Ukraine, les importateurs de GNL s'empressent de sécuriser des alternatives au gaz russe.

Contrats à long terme 

L'arrêt total des livraisons de gaz russe via le gazoduc Nord Stream depuis le 2 septembre fait craindre en Europe une grave crise énergétique cet hiver.

"Nous avons besoin de nouvelles capacités, c'est certain et (cet investissement) tombe à point", a affirmé samedi le PGD de TotalEnergies.

"La plupart des dirigeants dans le monde connaissent maintenant (l'importance) du GNL", a-t-il ajouté, prônant la conclusion de contrats à long terme.

"La question est simple, plus il (le contrat) est long, meilleur sera le prix pour l'acheteur", a-t-il dit. "Si l'on veut un prix bon marché pour une courte durée, la réponse sera +non+, a insisté M. Pouyanné.

Cette annonce intervient alors que le chancelier allemand Olaf Scholz a entamé samedi une tournée dans le Golfe. Il doit rencontrer dimanche M. Kaabi, qui n'a pas voulu donner des détails sur les négociations avec Berlin.

M. Kaabi s'est toutefois dit surpris par des informations de presse selon lesquelles le Qatar insiste pour la conclusion de contrats de 20 ans.

"Pour nous, (un contrat de) 15 ans ou plus est un contrat à long terme", a-t-il dit.

Il a en outre affirmé que son pays menait des "négociations avec la plupart des acheteurs à travers le monde, et certaines sont dans un état plus avancé" que d'autres, confirmant par ailleurs que Doha est en discussions avec la Grande-Bretagne.

En juillet, le géant énergétique britannique Shell a été choisi comme cinquième et dernier partenaire étranger pour développer le projet North Field East, où la production doit débuter en 2026.

A travers une co-entreprise avec QE, la compagnie britannique a pris une part de 6,25% dans le projet, équivalente à celle du français TotalEnergies et de l'américain ExxonMobil.

L'Italien Eni et l'Américain ConocoPhillips ont chacun pris des parts de 3,125%.


Elon Musk s'en va-t-en guerre contre le tout-puissant Apple

D'après le Washington Post, au premier trimestre cette année, Apple était le principal annonceur sur le réseau, avec 48 millions de dollars de dépenses (Photo, AFP).
D'après le Washington Post, au premier trimestre cette année, Apple était le principal annonceur sur le réseau, avec 48 millions de dollars de dépenses (Photo, AFP).
Short Url
  • Le tempétueux milliardaire a assuré qu'Apple «menaçait» de retirer le réseau social de son magasin d'applications, incontournable sur les iPhone
  • «Apple a menacé de retirer Twitter de son App Store, mais ils refusent de nous dire pourquoi», a déclaré le patron de Twitter

SAN FRANCISCO: Elon Musk, propriétaire de Twitter depuis un mois, a déclaré la "guerre" à Apple lundi, après avoir déjà mis le réseau social dans une position périlleuse en s'aliénant annonceurs, (ex) employés et régulateurs.

Le tempétueux milliardaire a assuré qu'Apple "menaçait" de retirer le réseau social de son magasin d'applications, incontournable sur les iPhone.

"Apple a menacé de retirer Twitter de son App Store, mais ils refusent de nous dire pourquoi", a déclaré le patron de Twitter, après une série de tweets accusant la marque à la pomme de censure et d'abus de position dominante.

"Apple a essentiellement arrêté de faire de la publicité sur Twitter. Est-ce qu'ils détestent la liberté d'expression en Amérique?", a-t-il notamment lancé, avant d'interpeller le dirigeant du groupe californien en ces termes : "Qu'est-ce qui se passe Tim Cook?".

"Est-ce qu'Apple menace la disponibilité de Twitter sur l'App Store ou formule des exigences en matière de modération des contenus ?", a demandé un internaute à Elon Musk, qui a répondu "oui".

Apple n'a pas immédiatement répondu à une sollicitation de l'AFP.

Elon Musk a lui publié un meme (image parodique) représentant une voiture baptisée "Elon" qui prend une sortie d'autoroute en direction de "déclarer la guerre", au lieu de continuer tout droit vers "payer 30%", la commission d'Apple sur les dépenses des utilisateurs effectuées via l'app store.

«Pouvoir énorme»

Le patron de Tesla prône un relâchement de la modération des contenus sur le réseau social, en accord avec sa vision absolutiste de la liberté d'expression. Il a récemment fait rétablir le compte de Donald Trump et d'autres personnalités bannies après avoir enfreint les règles.

Son approche fait peur à de nombreuses marques, de General Motors à Pfizer, qui ont suspendu leurs publicités sur la plateforme. Or le chiffre d'affaires de Twitter dépend à 90% des recettes publicitaires.

D'après le Washington Post, au premier trimestre cette année, Apple était le principal annonceur sur le réseau, avec 48 millions de dollars de dépenses, soit plus de 4% du chiffre d'affaires trimestriel.

La lutte contre les messages problématiques (harcèlement, désinformation, discours haineux, etc) est aussi essentielle vis-à-vis des autorités (l'Union européenne impose par exemple aux plateformes de retirer rapidement les contenus illicites) et des systèmes d'exploitation mobile, soit iOS (Apple) et Android (Google).

Les deux géants peuvent bannir toute application qui ne respecte pas leurs règles sur les contenus, souvent assez vagues, avec des conséquences "catastrophiques" pour ladite application, a expliqué il y a dix jours Yoel Roth, ancien responsable de la sûreté de Twitter.

"Apple et Google ont un pouvoir énorme sur les décisions que prend Twitter", a-t-il résumé dans un éditorial publié par le New York Times.

Leurs représentants "font régulièrement valoir leurs objections au sujet de certains contenus", a-t-il détaillé, conduisant "à retarder des projets et à susciter des crises qui peuvent durer des semaines ou des mois".

«Twitter files»

Elon Musk, qui a licencié plus de la moitié du personnel de Twitter, fait déjà face à de nombreux problèmes stratégiques, mais il semble déterminé à provoquer Apple.

"Suppression secrète de la liberté d'expression par Apple. Les clients n'ont jamais été informés. Qu'est-ce que c'est que ce bordel?", a-t-il tweeté en réponse à un message d'un autre compte, accusant Apple de censure sur le thème de la Covid.

Il a ensuite promis de publier prochainement des "Twitter files" (terme désignant des documents révélés par des lanceurs d'alerte), sur la "suppression de la liberté d'expression", car "le public mérite de savoir ce qui s'est vraiment passé".

"Saviez-vous qu'Apple a une taxe secrète de 30% sur tout ce que vous achetez via leur App Store?", a-t-il encore demandé.

De nombreux éditeurs d'application, Epic Games (Fortnite) en tête, sont publiquement montés au créneau ces dernières années contre la commission de 15 à 30% prélevée par Apple et Google sur les dépenses via leurs magasins d'applications.

Elon Musk a d'ailleurs relayé une vidéo d'Epic Games - qui a largement perdu sa première bataille contre Apple au tribunal - comparant le fabricant de l'iPhone à la dictature du roman "1984".

Son projet d'abonnement à 8 dollars par mois, pour obtenir des fonctionnalités supplémentaires et l'authentification du profil, sera concerné par la commission.

"La nouvelle bataille entre Musk et Apple n'est pas ce que les investisseurs veulent voir", a réagi Dan Ives, de Wedbush Securities.

"Le marché veut moins de théâtre, pas davantage", a continué l'analyste, "alors que chaque jour, chez Twitter, un nouvel acte vient encourager les investisseurs qui parient sur Tesla à la baisse"


Primark va créer 800 emplois en France et ouvrir 7 nouveaux magasins

Primark, qui appartient au groupe britannique Associated British Foods (ABF), a réalisé 7,7 milliards de livres sterling (8,9 milliards d'euros) de chiffre d'affaires lors de son exercice 2021-2022 (Photo, Twitter).
Primark, qui appartient au groupe britannique Associated British Foods (ABF), a réalisé 7,7 milliards de livres sterling (8,9 milliards d'euros) de chiffre d'affaires lors de son exercice 2021-2022 (Photo, Twitter).
Short Url
  • Au total, la marque va investir 100 millions d'euros et se déployer sur 29 000 mètres carrés de surface de vente supplémentaires
  • Implanté depuis 10 ans en France, Primark possède actuellement 20 magasins, employant 5 820 salariés, pour une surface de vente de 100 000 mètres carrés

PARIS: La chaîne de vêtements à bas prix Primark a annoncé lundi un "plan de croissance ambitieux" pour la France, avec l'ouverture programmée de sept nouveaux magasins, une extension à Lyon et la création de 800 emplois.

L'enseigne va ouvrir ces sept nouveaux magasins entre fin 2022 et fin 2023 (à Brest, Nantes, Angers, Rouen, Mulhouse, Saint-Etienne et Grenoble). Le groupe va aussi étendre sa surface de vente à Lyon, au sein du centre commercial de la Part-Dieu, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Au total, la marque va investir 100 millions d'euros et se déployer sur 29 000 mètres carrés de surface de vente supplémentaires.

Implanté depuis 10 ans en France, Primark possède actuellement 20 magasins, employant 5 820 salariés, pour une surface de vente de 100 000 mètres carrés, a détaillé sa directrice générale France, Christine Loizy.

Dans le monde, l'enseigne entend passer de 409 magasins actuellement à 536 magasins d'ici à septembre 2026. Elle emploie au total plus de 70 000 personnes dans 14 pays en Europe et aux Etats-Unis.

Primark, qui appartient au groupe britannique Associated British Foods (ABF), a réalisé 7,7 milliards de livres sterling (8,9 milliards d'euros) de chiffre d'affaires lors de son exercice 2021-2022, soit un bond de 43% sur un an.

Interrogée sur une éventuelle répercussion de l'inflation sur le coût des marchandises, Christine Loizy a admis que "sur la collection hiver adultes" au niveau mondial, le groupe a "été obligé, pour certains produits, d'augmenter les prix (...) de 3 à 4% environ".

La directrice générale a toutefois souligné que "pour plus de 1 000 références" de l'habillement enfants, les prix n'avaient pas varié, afin de ne pas pénaliser les familles au moment de la rentrée.


Menace de grève pour Noël chez easyJet France après l'échec de négociations

Cette photographie prise à Genève le 28 juillet 2022 montre des avions de la compagnie aérienne à bas prix EasyJet (Photo, AFP).
Cette photographie prise à Genève le 28 juillet 2022 montre des avions de la compagnie aérienne à bas prix EasyJet (Photo, AFP).
Short Url
  • Aucun préavis de grève n'a encore été formellement déposé, mais les syndicats des hôtesses et stewards et la direction se sont séparés jeudi dernier sur un échec des négociations annuelles obligatoires
  • EasyJet France reste «toujours dans une logique de dialogue», a affirmé son directeur général Bertrand Godinot

PARIS: Des syndicats de la filiale française d'easyJet menacent d'une grève pendant la période des fêtes pour obtenir des hausses de salaires et la direction de la compagnie s'est dite lundi prête à continuer à discuter afin d'éviter des annulations de vols.

Aucun préavis de grève n'a encore été formellement déposé, mais les syndicats des hôtesses et stewards et la direction se sont séparés jeudi dernier sur un échec des négociations annuelles obligatoires (NAO), a expliqué à l'AFP William Bourdon, délégué du Syndicat national du personnel navigant commercial (SNPNC-FO).

Selon lui, alors que l'intersyndicale formée avec l'Union des navigants de l'aviation civile (Unac) réclame des augmentations en rapport avec l'inflation, ce que propose la compagnie est "en dessous de 6%" pour la rémunération totale, comprenant parts fixes et variables.

Et "dans le même temps", a assuré M. Bourdon, "la compagnie a choisi de changer d'assureur sur notre prévoyance santé". "Les augmentations de cotisations qu'on va subir en janvier du fait de ces mauvais choix-là ne seront pas compensées. (...) Sur la prévoyance, on a +94%".

Après l'échec des NAO, s'est ouvert lundi un "processus de résolution de conflit" entre direction et syndicats, mais M. Bourdon s'est dit pessimiste quant à l'issue de ces discussions: "c'est mal engagé".

Jeudi, le SNPNC avait mis en garde contre "un risque très important d'arrêt de travail du personnel navigant commercial pendant les fêtes de fin d'année" et "exhort(é) la direction à reconsidérer sa position".

EasyJet France reste "toujours dans une logique de dialogue", a affirmé lundi à l'AFP son directeur général Bertrand Godinot, même si "on est très déçus que le SNPNC menace publiquement de prendre les clients en otage pour les fêtes alors que les discussions sont toujours en cours".

Pour lui, lors des NAO, les syndicats de navigants en France "se sont vu proposer (...) une offre très compétitive et supérieure à l'inflation moyenne lors des 12 derniers mois, et malheureusement cette offre a été rejetée".

Il a estimé que les demandes syndicales "étaient sans doute assez déconnectées de la réalité économique de l'entreprise" alors qu'"on vient de vivre la plus grande crise de notre histoire, on a perdu de l'argent sur les trois années précédentes, on est toujours dans une situation fragile".

"Évidemment, on fait le maximum pour éviter toute grève qui impacterait nos clients", a promis M. Godinot.