Budget Sécu: les études des généralistes allongées d'un an, en priorité dans les déserts médicaux

Le président de la République avait en effet promis durant sa campagne de «déployer la quatrième année d'internat pour les médecins généralistes dans les zones rurales». (AFP).
Le président de la République avait en effet promis durant sa campagne de «déployer la quatrième année d'internat pour les médecins généralistes dans les zones rurales». (AFP).
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Publié le Samedi 24 septembre 2022

Budget Sécu: les études des généralistes allongées d'un an, en priorité dans les déserts médicaux

  • «Compte tenu de la démographie médicale et de la répartition des professionnels sur le territoire, cette année de consolidation aura vocation à se dérouler en priorité en zone sous-dense», écrivent les ministres de la Santé et de l'Enseignement supérieur
  • Incluse dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale présenté lundi en Conseil des ministres, cette réforme devrait «entrer en vigueur à la rentrée universitaire 2023», précisent les deux ministres

PARIS : Le budget de la sécurité sociale pour 2023 comprendra une mesure pour allonger d'un an les études des futurs médecins généralistes, incités à terminer leur cursus dans les déserts médicaux, selon un document des ministères de la Santé et de la Recherche que l'AFP a consulté samedi.

"Compte tenu de la démographie médicale et de la répartition des professionnels sur le territoire, cette année de consolidation aura vocation à se dérouler en priorité en zone sous-dense", écrivent les ministres de la Santé François Braun et de l'Enseignement supérieur Sylvie Retailleau dans une lettre de mission adressée à quatre praticiens chargés de mener la concertation sur le projet.

"L’ajout de cette phase de consolidation au diplôme d’études spécialisées de médecine générale, qui serait exercée exclusivement en pratique ambulatoire, viserait à compléter la formation, ainsi alignée sur les autres diplômes d’études spécialisées", expliquent les ministres rappelant une promesse du candidat Macron.

Le président de la République avait en effet promis durant sa campagne de "déployer la quatrième année d'internat pour les médecins généralistes dans les zones rurales", moyen parmi d'autres d'envoyer "un renfort massif dans les déserts médicaux".

Incluse dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale présenté lundi en Conseil des ministres, cette réforme devrait "entrer en vigueur à la rentrée universitaire 2023", précisent les deux ministres.

L'objectif affiché est aussi d'"armer les jeunes médecins généralistes en prévision d'une installation rapide", quand beaucoup privilégient aujourd'hui le statut de remplaçant.


La Chine donne 100 millions de dollars à Cuba

Le vice-premier ministre cubain, Alejandro Gil (Photo, AFP).
Le vice-premier ministre cubain, Alejandro Gil (Photo, AFP).
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  • Le président cubain a conclu vendredi une visite officielle en Chine
  • La Chine est le second partenaire commercial de l'île, après le Venezuela, et un important allié politique

LA HAVANE: La Chine a fait un don de quelque 100 millions de dollars à Cuba, au cours d'une visite officielle du président cubain Miguel Díaz-Canel qui vient de s'achever dans ce pays, a annoncé samedi son vice-premier ministre cubain, Alejandro Gil.

Durant les discussions officielles que Díaz-Canel a menées vendredi avec son homologue chinois Xi Jinping, "la partie chinoise a fait un don à notre pays de l'ordre de 100 millions de dollars", a affirmé M. Gil, dans des déclarations rendues publiques par la télévision cubaine.

Celui qui est également ministre de l'Economie a souligné que cette donation était destinée en "priorité" à l'économie de l'île, qui est confrontée à sa pire crise économique depuis trois décennies, et causée par le renforcement de l'embargo des Etats-Unis, en vigueur depuis 1962, et les conséquences de la pandémie mondiale du Covid-19.

Le président cubain a conclu vendredi une visite officielle en Chine, une étape de la tournée internationale qui l'a mené en Algérie, Russie et Turquie avec l'ambition de renforcer le secteur critique de l'énergie électrique, qui souffre depuis mai d'une forte crise de production se traduisant par des pannes de courant et des pénuries de carburant.

Alejandro Gil a annoncé qu'au cours de la visite, les deux pays ont signé "douze instruments juridiques", dont certains sont "liés à la réouverture de nouveaux financements" pour les investissements chinois à Cuba.

Les parties ont également abordé le "thème de la dette" que l'île a accumulée durant "ces (dernières) années" avec la Chine, et dont le montant n'a pas été révélé.

"Notre président a expliqué la situation à laquelle nous faisons face, la partie chinoise s'est montrée compréhensive et nous allons voir ensemble les positions de chacun pour trouver des formules acceptables par chacun des pays, pour assurer l'ordre et la restructuration des dettes", a ajouté M. Gil.

La Chine est le second partenaire commercial de l'île, après le Venezuela, et un important allié politique.

Durant la visite de Miguel Díaz-Canel en Algérie mi-novembre, le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé la reprise de l'approvisionnement en carburant de Cuba, le don d'une centrale solaire et l'annulation des intérêts de la dette cubaine, dont le montant n'a pas davantage été révélé.


Brexit: Meta plaide pour le maintien de règles européennes au Royaume-Uni

Logo de Meta (fourni)
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  • Le gouvernement britannique a déposé en septembre un projet de loi pour abandonner au 31 décembre 2023 toute la législation héritée de l'UE après le Brexit qui n'aurait pas été explicitement maintenue dans le droit national
  • Meta fait référence à la transposition dans le droit britannique en 2002 d'une directive européenne qui limite la responsabilité des plateformes sur le contenu qu'elles véhiculent

LONDRES : Meta, la maison mère de Facebook, plaide pour le maintien dans la législation britannique d'une partie des règles européennes qui limitent la responsabilité des plateformes internet, à l'heure où Londres envisage l'abandon de toute législation héritée de l'UE.

Le géant américain dit vouloir «attirer l'attention sur un domaine clé de la législation européenne qui, selon (l'entreprise), pourrait être affecté» par une proposition de loi actuellement étudiée par les députés britanniques, d'après une lettre à la commission parlementaire en charge du dossier et publiée vendredi sur le site du Parlement.

L'entreprise fait référence à la transposition dans le droit britannique en 2002 d'une directive européenne qui limite la responsabilité des plateformes sur le contenu qu'elles véhiculent, notamment «lorsqu'elles agissent comme un simple conduit», précise Meta dans ce document.

«En pratique, cela garantit que les plateformes en ligne ne sont pas principales responsables des contenus, informations et/ou activités illicites de tiers effectués sur la plateforme dont ils n'ont pas connaissance», précise Meta.

Le gouvernement britannique a déposé en septembre un projet de loi pour abandonner au 31 décembre 2023 toute la législation héritée de l'UE après le Brexit qui n'aurait pas été explicitement maintenue dans le droit national. Il est en cours d'examen au Parlement.

Meta appelle donc les députés à maintenir explicitement la législation dont il est question, ou à l'exclure du champ d'application de la nouvelle loi, faute de quoi «les plateformes et les sites web seront moins susceptibles de vouloir opérer au Royaume-Uni».

Le projet de loi a suscité une très large levée de boucliers au Royaume-Uni, de nombreux groupes d'intérêts ou organismes publics comme privés accusant notamment le gouvernement de vouloir aller beaucoup trop vite.

«Le projet de loi propose de balayer automatiquement des milliers d'actes législatifs et de bouleverser des décennies de jurisprudence», a par exemple dénoncé la fédération syndicale britannique TUC dans une autre contribution écrite.

«Il est frappant que les ministres n'aient pas encore expliqué quelles lois ils ont l'intention de conserver, de modifier ou de laisser expirer», a poursuivi la TUC, jugeant que «le but ultime est la déréglementation».

TheCityUK, l'un des principaux lobbies financiers londoniens, n'est pas en reste et s'interroge sur «la pertinence de ce projet de loi dans les circonstances actuelles», notamment en raison «de risque d'aggravation des relations avec l'UE» mais aussi «d'augmentation potentielle des charges pesant sur les entreprises».

«Au minimum, le projet de loi devrait être modifié pour permettre une période beaucoup plus longue de mise en oeuvre, sans gaspiller les moyens limités» du gouvernement, préconise TheCityUK.


Aux Etats-Unis comme en Europe, l'ombre de l'inflation pèse sur le Black Friday

Les ventes de jouets du Black Friday sont présentées dans un magasin Walmart à Wilmington, Delaware, le 25 novembre 2022. (Photo, AFP)
Les ventes de jouets du Black Friday sont présentées dans un magasin Walmart à Wilmington, Delaware, le 25 novembre 2022. (Photo, AFP)
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  • La première économie mondiale fait face depuis plusieurs mois à une envolée des prix, qui jette un voile sur l'ensemble de la période des fêtes de fin d'année
  • Au Royaume-Uni, GlobalData anticipe un recul du volume de ventes pour les journées commerciales de Black Friday malgré une progression du chiffre d'affaires

NEW YORK: Traditionnel coup d'envoi de la saison des achats de Noël, le Black Friday, journée de promotions en magasins et sur internet, risque d'être marqué par l'inflation. Aux Etats-Unis et en Europe, les commerçants espèrent malgré tout que les consommateurs seront au rendez-vous vendredi.

La première économie mondiale fait face depuis plusieurs mois à une envolée des prix, qui jette un voile sur l'ensemble de la période des fêtes de fin d'année.

Pour l'heure, le cabinet Deloitte et la Fédération nationale de la vente de détail s'attendent à une hausse des revenus à un chiffre, inférieure à l'inflation.

L'indice des prix à la consommation ralentit peu à peu aux Etats-Unis mais s'élevait encore à 7,7% sur un an le 10 novembre, ce qui signifie qu'une hausse de cette ampleur durant les soldes d'hiver conduira à une baisse du volume de ventes.

Ces inquiétudes existent aussi outre-Atlantique, où le Black Friday s'est popularisé depuis environ une décennie.

Au Royaume-Uni, GlobalData anticipe un recul du volume de ventes pour les journées commerciales de Black Friday malgré une progression du chiffre d'affaires.

En Espagne, les dépenses des internautes devraient atteindre en moyenne 183 euros, contre 200 euros l'an dernier, selon le cabinet spécialisé Tandem up.

Risques de surstocks

L'an dernier, les préoccupations étaient différentes, le secteur devant faire face à des difficultés d'approvisionnement à cause de la désorganisation du transport mondial et des fermetures d'usines provoquées par la pandémie.

Pour éviter pareille mésaventure, les industriels ont anticipé leurs commandes, avec cette fois un risque de surstocks, alors que les consommateurs réduisent leurs dépenses.

«Hier, le problème c'était les pénuries d'approvisionnement, aujourd'hui c'est d'avoir trop de choses», résume Neil Saunders, directeur général du cabinet spécialisé GlobalData Retail.

Selon lui, le trop-plein de commandes pourrait profiter aux chasseurs de bonnes affaires dans de nombreux secteurs, comme l'électronique ou l'habillement.

Pour de nombreux Américains, la hausse du coût de l'essence et de l'alimentaire représente un défi, mais tous ne sont pas égaux face à l'inflation. «Les bas revenus sont clairement plus touchés», rappelle Claire Li, analyste pour Moody's, «car ils dépensent proportionnellement plus dans les produits essentiels».

Jusqu'ici, les consommateurs américains se sont montrés peu sensibles aux diverses crises traversées depuis le début de la pandémie, dépensant plus qu'attendu, même quand les indicateurs de confiance soulignaient leurs inquiétudes.

«Pression continue» -

Une partie de l'explication est à chercher du côté d'une épargne inhabituellement élevée chez de nombreux foyers ayant profité d'aides gouvernementales durant la pandémie, alors que la consommation était au plus bas.

Mais le coussin commence à s'affaisser: après un pic de 2.500 milliards de dollars mi-2021, l'épargne américaine est retombée à 1.700 milliards de dollars un an plus tard, selon Moody's.

Les consommateurs avec un revenu annuel inférieur à 35.000 dollars sont les premiers concernés, leur épargne ayant baissé de 39% au premier semestre. Conséquence: les crédits à la consommation sont en hausse, selon les données de la Réserve fédérale.

«On voit une pression continue», explique Michael Witynski, directeur général de la chaîne à bas prix Dollar Tree, qui observe une «évolution» des consommateurs «bien plus concentrés sur leurs besoins et qui tentent de s'assurer d'avoir suffisamment d'argent pour finir le mois».

Les résultats du secteur de la vente au détail offrent un tableau contrasté de la santé des consommateurs.

La chaîne Target a accusé le coup face à la forte baisse des achats en octobre, présage d'une mauvaise saison de Noël. Le groupe table sur de fortes promotions pendant les fêtes, selon son directeur général Brian Cornell.

«Les consommateurs font face à une inflation persistante trimestre après trimestre», a-t-il expliqué lors d'une conférence téléphonique avec des analystes, «ils se montrent très prudents, sont très attentifs et se disent +d'accord, si je dois acheter, je veux faire une très bonne affaire+».

Chez Lowe's, spécialiste du bricolage et de la décoration, l'ambiance est toute autre, avec un troisième trimestre «solide» et aucun signe d'essoufflement attendu. «Nous n'observons rien qui ressemble à un repli des achats», a estimé son directeur