Istanbul, refuge pour les Russes fuyant l'ordre de mobilisation de Poutine

Des gens faisant leurs courses dans le bazar d'Istanbul (Photo, AFP).
Des gens faisant leurs courses dans le bazar d'Istanbul (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 25 septembre 2022

Istanbul, refuge pour les Russes fuyant l'ordre de mobilisation de Poutine

  • La Turquie, est l'un des rares pays à proposer encore des vols au départ de la Russie
  • Et il ne leur réclame pas de visa, facilitant les voyages de dernière minute

ISTANBUL: Soulagement et inquiétude pour les proches restés au pays animent le flot de Russes débarqués à Istanbul samedi pour fuir l'annonce par le Kremlin d'une mobilisation partielle de ses réservistes afin de poursuivre son offensive en Ukraine.

Depuis mercredi, quand le président Vladimir Poutine a annoncé la première mobilisation en Russie d'hommes en âge de combattre depuis la Seconde Guerre mondiale, le prix de certains billets en provenance de Moscou a été multiplié par dix.

Parmi les personnes rencontrées, transportant leurs affaires emballées à la hâte, personne ne veut donner son nom complet de peur de représailles de la police russe contre ceux qui ne sont pas partis.

Tous décrivent une anxiété qu'ils n'avaient plus ressentie depuis les premiers jours de l'invasion par la Russie de son voisin le 24 février.

"Nous avons parlé à nos amis et beaucoup pensent à partir", dit Daria, 22 ans. "Tout le monde ne voulait pas partir en février. La décision du 21 septembre a obligé beaucoup d'entre eux à y réfléchir à nouveau".

Son mari Andrei, 23 ans, déclare qu'il songeait à partir depuis les premiers jours de la guerre. La mobilisation a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. "Beaucoup de gens ont décidé de partir tout de suite", dit-il.

Peur de la fermeture des frontières

L'ordre de mobilisation de Poutine vise à enrôler des centaines de milliers d'hommes après une série de revers qui semblent avoir changé le cours d'une guerre qui dure depuis sept mois.

La Turquie, l'une des principales destinations de vacances de nombreux Russes, est l'un des rares pays à proposer encore des vols au départ de la Russie. Et il ne leur réclame pas de visa, facilitant les voyages de dernière minute.

Les vols à destination de la Turquie se sont donc arrachés dès l'annonce télévisée de  M. Poutine, entraînant une flambée du prix des billets qui a rendu l'évasion trop chère pour beaucoup.

Turkish Airlines a aussi commencé à utiliser des avions plus gros sur ses liaisons avec la Russie parce qu'elle ne pouvait pas immédiatement programmer davantage de vols.

"La Turquie est notre destination intermédiaire. Nous sommes ici temporairement parce qu'il y a un risque que les frontières soient fermées pour de bon", explique Daria.

Sasha, un chef d'entreprise de 48 ans, raconte connaître des personnes qui essaient de fuir mais ne peuvent pas le faire. "Je pense que beaucoup de gens aimeraient quitter la Russie mais il y a très peu de vols", déclare-t-il à l'AFP à l'aéroport.

Selon lui, il est difficile d'évaluer le véritable état d'esprit des Russes après l'ordre de mobilisation, car certains soutiennent toujours la guerre et sont prêts à se battre. "Il n'y a pas de consensus en Russie en ce moment. Certaines personnes soutiennent Poutine, d'autres ne le soutiennent pas".

Aussi, beaucoup ont peur de dire ce qu'ils pensent, dit-il. "Bien sûr, nous ressentons une pression. En Russie, il existe un système de surveillance faciale. Et si quelqu'un voit votre visage, il est très facile d'identifier qui vous êtes".

"Cet entretien pourrait être interprété comme étant mauvais pour l'armée russe. À l'avenir, les personnes qui donnent une interview comme celle-ci pourraient avoir des problèmes", ajoute-t-il.

Andrei se dit lui particulièrement inquiet pour l'un de ses amis d'enfance. "Mon ami n'a pas pu acheter de billet car il coûtait déjà 400.000 roubles (7.130 euros). C'est dix fois plus cher qu'avant".


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.