Sur le front sud ukrainien, l'éducation pilonnée par la Russie

Cette photo prise le 24 septembre 2022 montre une vue d'un jardin d'enfants qui a été utilisé par les troupes comme leur base dans le village de Lyptsi, dans la région de Kharkiv, récemment repris par l'armée ukrainienne. (Photo de Sergey BOBOK / AFP)
Cette photo prise le 24 septembre 2022 montre une vue d'un jardin d'enfants qui a été utilisé par les troupes comme leur base dans le village de Lyptsi, dans la région de Kharkiv, récemment repris par l'armée ukrainienne. (Photo de Sergey BOBOK / AFP)
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Publié le Dimanche 25 septembre 2022

Sur le front sud ukrainien, l'éducation pilonnée par la Russie

  • D'après l'Unesco, citant le ministère de l'Education ukrainien, 291 écoles ont été détruites depuis le début de l'invasion russe et 2.551 sont endommagées
  • Parce que les écoles n'ont pas suffisamment d'abris, parce qu'elles sont en territoire contesté... ou parce que les parents ont trop peur d'y envoyer leurs enfants, 40% des élèves ukrainiens ont commencé l'année scolaire en ligne

MYKOLAÏV, Ukraine : A une poignée de kilomètres du front sud, dans la région de Mykolaïv, les ruines d'une école incarnent les destructions infligées par la Russie à l'éducation ukrainienne. Quelques peluches gisent au sol. De petits pupitres sont couverts de gravats tombés du plafond.

L'avant du bâtiment a été éventré. A l'arrière, le toit n'est plus et un mur s'est écroulé, laissant voir les restes d'un gymnase. Autour, des carcasses de voitures calcinées et des jeux pour enfants laissés à l'abandon.

L'armée russe a traversé le village au tout début de la guerre, sans s'y arrêter, puis elle s'est repliée début mars, le laissant alors intact, raconte Serguiï, 51 ans, le chef du conseil municipal, joint par téléphone par l'AFP à Mykolaïv, où il vit désormais.

Mais une fois que les troupes ukrainiennes y ont pris position, «les Russes se sont rendu compte de leur erreur et ils ont tout bombardé», poursuit-il.

Ici, les toits ont largement été soufflés. Seuls 25 habitants sur 1.700 sont restés, selon Serguiï.

De jour, les rues sont absolument désertes, le grondement de l'artillerie tonne des deux côtés depuis que l'Ukraine a lancé une contre-offensive dans la région.

Jeudi, un projectile s'est écrasé sur un terrain vague du village. Le cratère, profond de cinq mètres, témoigne de la puissance du «cadeau russe», ironise le lieutenant Andriï Grouchelsky.

«La bombe devait faire au moins une tonne. Dieu merci, elle est tombée à 20 mètres de notre campement !, sourit-il. Sinon, je ne serais pas là pour vous parler aujourd'hui».

Et de désigner l'école : «Au début de la guerre, elle était assez belle. Mais jour après jour, bombe après bombe, on voit ce qu'elle est devenue».

Serguiï se remémore avec émotion l'établissement, dans lequel 190 enfants étudiaient de la maternelle au lycée. Sa femme y dirigeait le laboratoire d'informatique, son aîné y avait passé son bac.

«Nous avions investi tant d'heures et d'efforts pour que l'école soit la meilleure possible. Les classes étaient magnifiques. Même notre cantine était meilleure qu'ailleurs», se lamente-t-il.

- Futur compromis -

A l'intérieur, des lettres peintes au mur accompagnées de dessins - «A» pour autobus, «T» pour «tracteur»... - font désormais face à des meubles retournés, des livres gisent au sol.

«Les Russes ont délibérément visé l'école. Je les hais», lance Serguiï.

Dans le village voisin, où 8 civils ont péri en sept mois de guerre, selon les autorités locales, un obus de mortier a explosé face à une jolie école de brique beige, soufflant de nombreuses fenêtres. L'une d'elles pend désormais sur la façade du bâtiment.

«Mon âme se détache de mon corps quand je vois toutes ces destructions. Ils ne nous privent pas seulement de nos écoles, mais aussi du futur de nos enfants», enrage Alla Kovalenko, dont le fils vient d'y terminer ses études secondaires.

Et de montrer des photos de son fils, lors du bal célébrant la fin du lycée l'été dernier. Là où la fête se tenait, l'escalier est à présent troué par l'explosion. Des restes de l'obus ont été soigneusement amassés sur une marche.

«Si je pouvais, je prendrais les soldats russes et je les découperais millimètre par millimètre», s'emporte Mme Kovalenko.

D'après l'Unesco, citant le ministère de l'Education ukrainien, 291 écoles ont été détruites depuis le début de l'invasion russe et 2.551 sont endommagées.

Si la directrice générale de l'institution onusienne Audray Azoulay demande régulièrement «la cessation des attaques contre les lieux d'enseignement, les professeurs et les étudiants», la réalité du terrain montre qu'elle n'est pas entendue.

En Ukraine, parce que les écoles n'ont pas suffisamment d'abris, parce qu'elles sont en territoire contesté... ou parce que les parents ont trop peur d'y envoyer leurs enfants, 40% des élèves ont commencé l'année scolaire en ligne, selon le ministère de l'Education. Dont ceux des deux établissements visités samedi par l'AFP.


Le pétrole monte fasse à l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
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  • "Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous"
  • "L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown

LONDRES: Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars.

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

"L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, "pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe", rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre "ce chiffre s'approche du milliard de barils" perdus pour le marché.

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record.

"On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés", juge M. Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, "nous devrons peut‑être commencer à nous inquiéter d'une ré‑escalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région", a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier "n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser", a précisé M. Patterson.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.