Assassinat de Samuel Paty: trois nouveaux suspects mis en examen

Samuel Paty, enseignant de 47 ans avait été décapité à la sortie de son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par Abdoullakh Anzorov (Photo, AFP).
Samuel Paty, enseignant de 47 ans avait été décapité à la sortie de son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par Abdoullakh Anzorov (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 07 novembre 2020

Assassinat de Samuel Paty: trois nouveaux suspects mis en examen

  • Un homme de nationalité française, un Russe tchétchène et une mineure de nationalité française ont été mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle"
  • Les deux hommes sont notamment soupçonnés d'avoir échangé des messages avec l'assaillant Abdoullakh Anzorov

PARIS: Deux jeunes hommes de 18 ans et une mineure de 17 ans ont été mis en examen vendredi dans l'enquête sur l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty, décapité le 16 octobre par un jihadiste russe, portant à dix le nombre de personnes mises en cause dans ce dossier qui a suscité un émoi international.

Un homme de nationalité française, un Russe tchétchène et une mineure de nationalité française avaient été interpellés et placés en garde à vue mardi matin. L'un d'entre eux a été interpellé en Haute-Saône et un autre en Haute-Marne, selon une source proche du dossier.

Vendredi, ils ont tous les trois été mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Le parquet national antiterroriste (Pnat) avait requis la détention provisoire pour les trois, mais à l'issue d'audiences devant des juges des libertés et de la détention, les deux hommes ont été placés en détention provisoire tandis que la jeune femme a été placée sous contrôle judiciaire et dans une structure, a indiqué la source judiciaire.

Les deux hommes sont notamment soupçonnés d'avoir échangé des messages avec l'assaillant Abdoullakh Anzorov, selon une source proche du dossier, via un groupe de discussion dans des messageries.

Ismaïl G., le Russe tchétchène, est également soupçonné d'avoir voulu partir en Syrie, selon des sources concordantes.

Vêtu vendredi d'un blouson aviateur, cheveux et collier de barbe très courts, cet homme est né en janvier 2002 à Grozny, dans la république russe de Tchétchénie, et est arrivé en France en 2003, selon des déclarations de ses parents.

Le père et la mère, qui sont séparés, ont déclaré avoir été tous deux interrogés par les enquêteurs antiterroristes, et ont affirmé qu'il fallait "respecter les lois du pays dans lequel on se trouve". Selon eux, leur fils est "innocent" et "regrette" l'assassinat de Samuel Paty.

Le domicile de la mère, où Ismaïl G. vivait, a été perquisitionné, d'après celle-ci.

La jeune femme de 17 ans mise en examen est elle soupçonnée d'avoir été en contact avec l'un des deux hommes, selon la même source proche du dossier.

Samuel Paty, enseignant de 47 ans avait été décapité à la sortie de son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par Abdoullakh Anzorov, un réfugié russe tchétchène de 18 ans, pour avoir montré des caricatures de Mahomet lors de deux cours début octobre sur la liberté d'expression.

Anzorov, radicalisé depuis plusieurs mois selon sa famille mais inconnu des services de renseignement, avait été abattu par les policiers qu'il attaquait après son crime.

Dix mises en examen

Outre ces trois-là, sept personnes avaient déjà été mises en examen le 21 octobre dans ce dossier, dont six pour "complicité d'assassinat terroriste".

Parmi eux, deux collégiens de 14 et 15 ans, accusés d'avoir désigné contre rémunération l'enseignant à l'assaillant. Ils ont été laissés libres sous contrôle judiciaire.

Brahim Chnina, un parent d'élève à l'origine d'une campagne de dénigrement de Samuel Paty, et le militant islamiste qui l'avait soutenu, Abdelhakim Sefrioui, sont également poursuivis pour "complicité".

Placés en détention provisoire, ils sont accusés d'avoir "nommément désigné comme une cible" sur les réseaux sociaux le professeur d'histoire-géographie "au moyen d'une manœuvre et d'une réinterprétation des faits", selon le procureur antiterroriste Jean-François Ricard.

Anzorov, le jeune jihadiste, avait contacté M. Chnina, qui assure n'avoir eu aucune idée de son projet, à la suite des vidéos publiées par ce père de famille qui accusait le professeur de "discrimination" envers les collégiens musulmans, dont sa fille.

Deux amis de l'assaillant, Naïm B. et Azim E., ont également été placés en détention provisoire, soupçonnés de complicité pour avoir accompagné Anzorov acheter un couteau, puis pour le second de l'avoir convoyé de sa ville d'Evreux vers l'Ile-de-France.

Une troisième relation du jihadiste, Yussuf C., est poursuivi pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et également incarcéré.

L'enquête explore aussi la piste de liens entre le tueur et au moins un jihadiste russophone en Syrie. Anzorov avait envoyé le 16 octobre sur les réseaux sociaux, un message audio en russe hésitant après avoir posté la photo du professeur d'histoire décapité.


La France va signer un accord de partenariat stratégique avec l'Arménie

Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
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  • La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants
  • Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

EREVAN: Emmanuel Macron achève mardi une visite d'Etat en Arménie, ex-république soviétique partagée entre aspirations européennes et liens historiques avec la Russie, par la signature d'un partenariat et de contrats destinés à intensifier une relation bilatérale déjà dense.

La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants.

Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

Au premier jour de la visite lundi, Emmanuel Macron a rappelé cette "relation singulière", l'accueil à Marseille (sud de la France) des réfugiés fuyant les massacres d'Arméniens perpétrés par l'Empire ottoman lors de la Première guerre mondiale, la mobilisation de la France lors du tremblement de terre de 1988 en Arménie, l'influence du chanteur Charles Aznavour dans les deux pays.

La chanson française était d'ailleurs à l'honneur au dîner d'Etat : Emmanuel Macron a entonné la "Bohême" de Charles Aznavour avec le président arménien Vahagn Khatchatourian au piano et le Premier ministre Nikol Pachinian à la batterie. Son homologue a aussi interprété les "Feuilles mortes" d'Yves Montand.

"La Russie pas là"

La France a aussi toujours soutenu l'Arménie dans son combat meurtrier face à l'Azerbaïdjan après la chute de l'URSS en 1991. "Beaucoup en Europe nous regardaient comme des bêtes étranges" quand d'autres préféraient cultiver leurs relations énergétiques et commerciales avec Bakou, a raconté le président français.

Au plus fort de la guerre autour de l'enclave séparatiste du Karabakh en 2023, la Russie qui compte encore 4.000 soldats en Arménie, "n'était pas là, pas plus qu'elle n'est là pour le Venezuela quand il a des problèmes (...) ou le régime malien lorsqu'il est bousculé par les terroristes", a-t-il lancé.

Le président a aussi salué le choix de l'Arménie et de son Premier ministre, Nikol Pachinian, de "se tourner vers l'Europe", malgré les avertissements à peine voilés de la Russie.

Une aspiration consacrée par la tenue lundi du sommet de la Communauté politique européenne, avec une quarantaine de dirigeants de toute l'Europe, et du premier sommet UE-Arménie mardi à Erevan.

"Le choix que vous avez fait de l'indépendance pleine et entière, de la paix, de la stabilité dans cette région, le choix de l'Europe et de la prospérité sont ceux que nous soutenons (...). Nous voulons être de cette aventure", a lancé M. Macron lors du dîner en son honneur au palais présidentiel.

Le rapprochement avec l'UE reste toutefois entravé par les liens forts unissant Erevan et Moscou, tous deux membres de l'Organisation du traité de sécurité collective, alliance militaire dont fait toujours partie l'Arménie malgré le gel de sa participation en 2024.

L'Arménie, enclavée entre l'Azerbaïdjan, l'Iran, la Géorgie et la Turquie, avec laquelle la frontière est toujours fermée, mise sur la paix pour développer ses connexions terrestres, énergétiques et commerciales et sortir de son isolement.

Efforts de défense 

"Cette nouvelle ère de coopération régionale peut mettre le Caucase encore plus au milieu d'un carrefour entre l'Europe et l'Asie", souligne l'Elysée.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat.

La coopération de défense inclut déjà un volet aérien avec la commande de trois radars français et la formation par la France de soldats arméniens. L'Arménie a aussi passé commande de 36 canons Caesar en 2024.

Des contrats vont également être signés dans le domaine des transports, a indiqué l'Elysée, évoquant des "prospects potentiels pour Airbus" ainsi que "l'engagement de l'Etat français" dans la construction d'un tunnel sur l'axe routier arménien nord-sud.

Le président s'inclinera dans la matinée au Mémorial commémorant les massacres d'Arméniens à Erevan. Il visitera le musée Matenadaran qui renferme une vaste collection de manuscrits anciens arméniens et va conclure un accord de coopération avec la Bibliothèque nationale de France.

Le président Macron et le Premier ministre Pachinian se rendront aussi à Gyumri, ville martyr du tremblement de terre qui fit quelque 25.000 morts le 7 décembre 1988 dans le nord-ouest du pays.


Macron dénonce les frappes iraniennes «inacceptables» contre les Emirats

Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
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  • "Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables"
  • Il a de nouveau appelé à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis, qui ont fait état lundi des premières attaques de Téhéran en plus d'un mois dans la guerre au Moyen-Orient, avec des drones et des missiles de croisière.

"Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables", a dénoncé M. Macron tôt mardi sur X, assurant les Emirats du soutien de la France et appelant de nouveau à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région.

Les frappes iraniennes aujourd’hui contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables.

Comme elle l’a fait depuis le début du conflit, la France continuera de soutenir ses alliés aux Émirats et dans la région pour la défense de leur territoire.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) May 4, 2026

Seine-saint-Denis: un homme fuyant un contrôle de police mortellement percuté sur l'autoroute

 Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
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  • L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier
  • L'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute

BOBIGNY: Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser, a-t-on appris de source policière, confirmant une information du Parisien.

L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier.

Il a été déclaré mort par le Samu (service d'aide médicale d'urgence) peu après 15H30. Des policiers avaient tenté de le ranimer avant l'arrivée de pompiers, selon la même source policière.

Selon cette source, l'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute.