Russie: 100 arrestations lors d'une action anti-mobilisation au Daguestan

Au moins 101 personnes ont été arrêtées par la police à Makhatchkala, la capitale du Daguestan, dans le sud-ouest de la Russie (Photo, AFP).
Au moins 101 personnes ont été arrêtées par la police à Makhatchkala, la capitale du Daguestan, dans le sud-ouest de la Russie (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Lundi 26 septembre 2022

Russie: 100 arrestations lors d'une action anti-mobilisation au Daguestan

  • Des protestations ont éclaté en Russie contre la mobilisation partielle ordonnée le 21 septembre par le président Vladimir Poutine
  • Des critiques accusent le Kremlin de vouloir mobiliser en priorité des hommes vivant dans des régions pauvres et reculées

MOSCOU: Une centaine de personnes ont été interpellées dimanche au Daguestan lors d'une manifestation contre la mobilisation militaire, dans cette région russe du Caucase qui a déjà payé un lourd tribut depuis le début de l'offensive en Ukraine.

Selon l'ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des actions d'opposition, au moins 101 personnes ont été arrêtées par la police à Makhatchkala, la capitale du Daguestan, dans le sud-ouest de la Russie.

Des médias russes ont publié des vidéos montrant des femmes se disputant avec des policiers lors de cette manifestation. "Pourquoi prenez-vous nos enfants?", demande l'une d'entre elles.

D'autres vidéos ont montré des protestataires être brutalement interpellés par la police.

Région multi-éthnique à majorité musulmane, la république du Daguestan est l'un des territoires les plus pauvres de Russie. Il a été ensanglanté dans les années 2000 par une guerre entre les forces russes et une guérilla djihadiste.

Russie: un militaire blessé lors d'une fusillade dans un centre de mobilisation de l'armée

Un homme a ouvert le feu lundi dans un centre de recrutement de l'armée russe en Sibérie, blessant grièvement un militaire qui y travaillait, a indiqué un responsable, en pleine mobilisation partielle pour combattre en Ukraine.

"Le commissaire militaire Alexandre Elisseïev est en réanimation, dans un état très grave (...) Le tireur a été immédiatement arrêté. Il sera obligatoirement puni!", a indiqué sur Telegram le gouverneur de la région d'Irkoutsk, Igor Kobzev.

Il a précisé que la fusillade a eu lieu dans le centre de recrutement militaire d'Oust-Ilimsk, une ville industrielle située en pleine Sibérie, à 600 kilomètres au nord d'Irkoutsk.

Dans un communiqué, le Comité d'enquête russe a précisé que le suspect était un habitant de cette ville âgé de 25 ans.

"J'ai honte qu'une telle chose se produise à un moment où, au contraire, nous devrions être unis, et ne pas se battre les uns contre les autres, mais contre les menaces réelles", a ajouté le gouverneur.

Cet incident survient alors que des protestations se sont fait entendre en Russie contre la mobilisation partielle ordonnée le 21 septembre par Vladimir Poutine.

Depuis le début de l'offensive russe contre Kiev, c'est aussi l'une des régions russes qui a la plus forte proportion d'hommes tués au combat en Ukraine, selon les avis de décès publiés sur les réseaux sociaux et rassemblés par des médias russes indépendants.

Pour apaiser la population, le commissaire militaire du Daguestan, Daïtbeg Moustafaïev, a assuré ce week-end que seuls les hommes détenant "une spécialisation militaire" seront mobilisés en priorité, et qu'aucun conscrit ne sera envoyé en Ukraine.

Des protestations ont éclaté en Russie contre la mobilisation partielle ordonnée le 21 septembre par le président Vladimir Poutine.

Selon OVD-Info, plus de 2 300 personnes ont été interpellées depuis cette annonce lors d'actions contre la mobilisation militaire. D'importants départs de Russes vers des pays frontaliers ont également été signalés.

Des critiques accusent le Kremlin de vouloir mobiliser en priorité des hommes vivant dans des régions pauvres et reculées.


Espagne: une autre lettre piégée adressée la semaine dernière au Premier ministre

Un quatrième colis piégé a été retrouvé au siège du ministère de la Défense en Espagne. (Photo, AFP)
Un quatrième colis piégé a été retrouvé au siège du ministère de la Défense en Espagne. (Photo, AFP)
Short Url
  • Selon le ministère de l'Intérieur, l'enveloppe contenait du matériel «pyrotechnique» et a été adressée «au président du gouvernement Pedro Sanchez»
  • La lettre piégée, aux caractéristiques «similaires» à celle ayant explosé mercredi à l'ambassade d'Ukraine à Madrid, avait été adressée la semaine dernière au Premier ministre

MADRID: Les autorités espagnoles ont révélé jeudi qu'une lettre piégée, aux caractéristiques "similaires" à celle ayant explosé mercredi à l'ambassade d'Ukraine à Madrid, avait été adressée la semaine dernière au Premier ministre Pedro Sanchez.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué dans un communiqué qu'une "enveloppe contenant du matériel pyrotechnique" et adressée "au président du gouvernement Pedro Sanchez" avait été "détectée et neutralisée par les services de sécurité de la Présidence du gouvernement" le "24 novembre".


Après les manifestations, Pékin semble vouloir alléger le «zéro Covid»

Cette photo prise le 30 novembre 2022 montre des personnes marchant dans une rue du district de Haizhu, dans la ville de Guangzhou, dans la province du Guangdong, au sud de la Chine, suite à l'assouplissement des restrictions de Covid-19 dans la ville. (Photo CNS/AFP)
Cette photo prise le 30 novembre 2022 montre des personnes marchant dans une rue du district de Haizhu, dans la ville de Guangzhou, dans la province du Guangdong, au sud de la Chine, suite à l'assouplissement des restrictions de Covid-19 dans la ville. (Photo CNS/AFP)
Short Url
  • Les restrictions ont été allégées, à divers degrés, dans les 11 districts de Canton, dont Haizhu, épicentre des mobilisations
  • Alors qu'on s'approche du troisième anniversaire des premiers cas détectés à Wuhan, il est clair que les habitants sont lassés

PEKIN: Les autorités sanitaires chinoises ont donné des premiers signes d'un possible allègement de leur stricte politique "zéro Covid", après une vague de manifestations de colère contre les restrictions sanitaires et pour davantage de libertés.

L'approche de la Chine vis-à-vis du virus "fait face à de nouvelles circonstances et de nouvelles tâches", grâce au caractère moins dangereux du variant Omicron et à l'avancée de la vaccination, a déclaré la vice-Première ministre Sun Chunlan, s'exprimant mercredi devant la Commission nationale de la santé (NHC).

Mardi, Pékin avait déjà décidé d'accélérer la vaccination des personnes âgées, encore insuffisante.

Figure centrale de la stratégie chinoise face à la pandémie, Mme Sun n'a fait aucune mention de la politique "zéro Covid" dans ses remarques - selon les propos rapportés par l'agence d'Etat Chine Nouvelle -, laissant espérer que cette stratégie, qui bouleverse depuis trois ans la vie quotidienne des Chinois et l'économie du pays, serait bientôt assouplie.

Excédés par des confinements à répétition et des tests PCR quasi-quotidiens, des milliers de Chinois ont manifesté le week-end dernier, à Pékin, Shanghai, Canton ou encore Wuhan - où les premiers cas avaient été détectés en décembre 2019.

Pour les autorités communistes, c'est la vague de contestation la plus étendue depuis les mobilisations pro-démocratie de Tiananmen en 1989.

Prises par surprise, elles ont appelé à la "répression" pour contenir ce mouvement, mais semblent aussi donner un gage sur le front de la politique sanitaire.

Chiffres records mais infimes

Ainsi, dans la mégapole industrielle de Canton (sud), où mardi des heurts avaient opposé manifestants et forces de l'ordre, le confinement en place depuis plusieurs semaines a été levé, malgré les chiffres record de contamination.

Car, si les chiffres sont effectivement parmi les plus élevés depuis le début de la pandémie, ils restent infimes: 35.800 cas locaux signalés jeudi, sur une population de 1,4 milliard d'habitants et avec une immense majorité de cas asymptomatiques.

Les restrictions ont été allégées, à divers degrés, dans les 11 districts de Canton, dont Haizhu, épicentre des mobilisations.

A l'exception de quelques quartiers considérés "à haut risque", selon la Commission locale de santé, "les autres sont gérés comme des zones à faible risque".

La ville de Chongqing (centre) a aussi annoncé mercredi que les cas contacts remplissant certaines conditions auraient le droit d'effectuer leur quarantaine à domicile, un net changement par rapport à la politique appliquée jusque-là qui imposait à tous - cas positifs et contacts - d'aller en centre de quarantaine.

Ces allègements au niveau local, ainsi que les déclarations de Mme Sun, "pourraient être le signe que la Chine commence à envisager la fin de sa stricte politique zéro Covid", estiment les analystes de ANZ Research dans une note.

"Nous pensons que les autorités chinoises sont en train de passer à une stratégie de +vivre avec le Covid+, comme le montrent les nouvelles règles qui permettent aux gens de s'isoler à domicile au lieu d'être transportés dans des centres de quarantaine", ajoutent-ils.

Jeudi matin, deux importants journaux chinois ont publié des remarques d'experts pour rassurer sur la non-dangerosité du Covid dans la majorité des cas, après des publications similaires ces derniers jours qui semblent préparer la population à un changement de mentalité.

Demandes politiques

Alors qu'on s'approche du troisième anniversaire des premiers cas détectés à Wuhan, il est clair que les habitants sont lassés.

Un incendie mortel à Urumqi, la capitale de la région du Xinjiang (nord-ouest), a été l'élément déclencheur des manifestations du week-end, certains internautes ayant accusé les restrictions sanitaires d'avoir empêché le travail des secours.

Mais les manifestants ont aussi scandé des demandes politiques, certains exigeant même le départ du président Xi Jinping, reconduit le mois dernier pour un troisième mandat inédit.

Le contrôle strict des autorités sur l'information et les restrictions sanitaires sur les voyages à l'intérieur de la Chine compliquent l'évaluation du nombre total des manifestants dans le pays.

Mais un soulèvement aussi étendu est rare, compte tenu de la répression contre toute forme d'opposition frontale au gouvernement.

Les mobilisations de 1989 avaient terminé par une répression sanglante quand l'armée était intervenue, notamment sur la fameuse place Tiananmen à Pékin.

Mercredi, à l'annonce de la mort de l'ex-président Jiang Zemin, arrivé au pouvoir juste après Tiananmen, le Parti communiste a justement souligné sa capacité à ramener le calme durant ce soulèvement.


«Venez en Ukraine» lance Zelensky à Musk après une proposition de paix controversée

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'entretient avec Andrew Ross Sorkin lors du sommet DealBook du New York Times dans la salle d'appel du Jazz At Lincoln Center le 30 novembre 2022 à New York. (AFP)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'entretient avec Andrew Ross Sorkin lors du sommet DealBook du New York Times dans la salle d'appel du Jazz At Lincoln Center le 30 novembre 2022 à New York. (AFP)
Short Url
  • Le milliardaire américain suggérait notamment que la Crimée reste partie intégrante de la Russie
  • Il propose l'organisation de nouveaux réferendums sous supervision de l'ONU dans les régions ukrainiennes «annéxées» par les Russes, et un statut de pays neutre pour l'Ukraine

KIEV: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a critiqué mercredi une proposition de plan de paix controversée faite par le milliardaire américain Elon Musk pour mettre fin à l'offensive russe en Ukraine, l'invitant à venir dans son pays meurtri par la guerre.

Elon Musk avait suscité une controverse sur Twitter en octobre avec une proposition de plan de paix entre Kiev et Moscou.

Le milliardaire américain suggérait notamment que la Crimée reste partie intégrante de la Russie mais aussi l'organisation de nouveaux réferendums sous supervision de l'ONU dans les régions ukrainiennes "annéxées" par les Russes, et un statut de pays neutre pour l'Ukraine.

Lors d'un événement organisé par le New York Times, le président Zelensky a semblé tourner en dérision la proposition du milliardaire non-conformiste, disant qu'il devrait plutôt venir en Ukraine.

"Je pense que soit quelqu'un a une influence sur lui, soit il tire des conclusions par lui-même", a déclaré Zelensky lors d'une visio conférence à l'occasion du DealBook du New York Times, faisant allusion à Elon Musk.

"Si vous voulez comprendre ce que la Russie a fait ici, venez en Ukraine et vous verrez tout par vous-même", a déclaré M. Zelensky. "Et ensuite, vous me direz comment mettre fin à cette guerre, qui l'a déclenchée et quand elle pourra être terminée."

En octobre, le fondateur de Tesla et SpaceX a lancé un sondage pour laisser ses plus de 100 millions de followers voter sur sa proposition de plan de paix.

Zelensky a répondu avec son propre sondage Twitter, demandant: "Quel @elonmusk aimez-vous le plus?" avec les options "Celui qui soutient l'Ukraine" et "Celui qui soutient la Russie".

Le président russe Vladimir Poutine a envoyé des troupes en Ukraine le 24 février en prétextant que la finalité de cette offensive était la "dénazification" de ce pays pro-occidental.

Il a appelé l'Ukraine à cesser les hostilités et à négocier après avoir ordonné une mobilisation partielle pour renforcer ses forces sur le terrain.

Le président Zelensky a déclaré qu'il ne négocierait jamais avec la Russie tant que Poutine serait au pouvoir